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4 juin 2019 2 04 /06 /juin /2019 07:00

Vous me direz que je ne suis pas obligé de l'écouter, ni la radio  ni l'émission. Je veux parler des "Chemins de la Philosophie" diffusée sur France Culture. C'était le quatrième volet consacré à "Salo, les 120 jours de Sodome", film INSOUTENABLE de Pier Paolo Pasolini (1975) qui occupait la station réputée intelligente de Radio France.

Lundi 3 juin 2019 l'animatrice, Adèle Van Reeth, avec des réserves et d'authentiques précautions interrogeait Hervé Joubert-Laurencin, professeur en études cinématographiques à l'université de Paris Nanterre, codirecteur du département des arts du spectacle et de l'unité de recherches "HAR", traducteur et spécialiste de l’œuvre de Pier Paolo Pasolini. Un de ces "illuminés" (c'est mon opinion) qui consacre sa vie entière à des personnages assez répugnants mais en "intellectualisant" absolument tout de son sujet.

Je ne suis pas pour la censure, de ce film comme de n'importe quel autre et estime que le film existe et doit continuer d'exister.  De même je n'ai jamais compris l'engouement d'une certaine intelligentsia pour le Marquis de Sade et ses œuvres mais considérerait dommageable qu'elles soient inaccessibles.

La trilogie des cinglés incompréhensibles, Roland Barthes, Philippe Sollers et Jacques Lacan ayant décrété qu'ils étaient, à grand renfort de phrases obscures, de concept fumeux et d'arguments fallacieux les seuls habilités, avec l'éditeur Pauvert, de dire -éventuellement- du mal du "divin" marquis mais surtout de le recouvrir de fleurs; il est malaisé, sinon impossible, d'aborder ce sujet sans prendre d'extrêmes précautions verbales. Comme Pasolini bénéficie de cette même passion obscure et verbeuse on comprendra que Pasolini adoptant Sade égale prodige pour initiés.

Ce Marquis dont les textes sont souvent mortellement ennuyeux et l'expression non d'une sexualité "libérée" mais un florilège de passions noires et de perversions psychiatriques... que l'on trouve, le monde est bien fait, dans "Salo" qui est "le" film le plus abject que j'aie jamais vu. D'ailleurs il fait partie de ceux pour qui j'ai quitté la salle.

France Culture a trouvé quelqu'un capable  de discourir pendant 45 minutes sur cet objet filmé répulsif montre que son élitisme culturel reste son point d'ancrage.

 

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3 juin 2019 1 03 /06 /juin /2019 07:00

Comme Aznavour mais dans un autre domaine Claude Lelouch aura eu la critique et le public à l'usure. Tout le monde sait qu'il n'a que très peu de talents parmi lesquels la durée est le plus évident.

Je pense que cet homme, ni méchant ni stupide, s'est simplement trompé à l'origine: comme il réussissait, au "temps des yé-yé" (Oui... ça date un peu, du début des années soixante précisément) des petits  films qu'on appelait "scopitones" il s'est cru cinéaste. Sa deuxième erreur a été de croire quue plus il ferait de films meilleurs ils seraient. Moyennant quoi il en a tourné un par jour -ou presque- et sa filmographie est à la fois gigantesque et remplie de navets.

Sans agressivité je dirais même qu'aucun cinéaste au monde n'a autant tourné autant de daubes. Il possède un palmarès qui suscite une forme particulière d'admiration!

Outre des scénarios ni faits ni à faire Claude Lelouch a souvent (euphémisme) fait tourner les pires acteurs qu'il était possible d'envisager: Charles Gérard, Aldo Maccione, Gilbert Bécaud, Johnny Hallyday, Bernard Tapie, Patricia Kaas et.... ses femmes successives qui étaient souvent bien braves mais piètres comédiennes.

Pendant des lustres il a demandé à Francis Lai, qui est à la musique ce que Sophie Davant est à la métaphysique, d'illustrer musicalement ses films. Récapitulons: scénars bidons, comédiens au rabais et musique pourrie.... ne reste pas grand chose.

Pour le malheur du cinéma, de Cannes et des millions de Français qui ne demandaient rien il a eu la palme d'or à Cannes en 1966 pour un méga-navet "Un Homme, une Femme". Ce film est tellement surévalué que plus personne ne se souvient de ses dialogues "Nous Deux" et que la caméra est tenue par un parkinsonien. Pour ne rien dire des lieux communs qu'aligne le scénario.

Depuis, tous les 20 ou 30 ans la presse bat le rappel pour voir la suite que Lelouch a concoctée: Cette année la caméra ou le comédien ont, paraît-il, tous les deux la maladie d'Alzheimer. Quand à Annouk Aimé elle serait sponsorisée par "Noir Corbeau", le colorant pour cheveux des stars.

A la fin de sa vie Aznavour était révéré par tout un chacun. Tous les grands étant morts il s'était, faute de concurrence, hissé tout seul sur la plus haute marche. Lelouch est en train de faire de même.

Son 2371ème film, à 98 ans sera un évènement à Cannes: Lescure et Frémaux sont déjà en train d'écrire leur hommage.

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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 07:00

Je n'ai retenu le nom que de quatre d'entre eux mais en fait ils sont six ou sept. Au grand maximum. Ce sont les "spécialistes" qui sont inévitablement invités par toutes les télévisions (robinets à images incluses), toutes les radios, tous les journaux (gratuits inclus) dès lors que l'on parle élections.

Jérôme Fourquet, Bernard Samanès, Brice Teinturier et Dominique Reynié sont considérés par l'ensemble du monde journalistique comme des experts insurpassables qui doivent impérativement faire partager leur science des scrutins. Ils défilent, les uns sur France 2, les autre sur BFM puis intervertissent mais, même avec 40°c de fièvre, on n'imagine pas des élections sans l'analyse de Brice Teinturier.

Cependant comme ils pensent et disent la même chose on a tendance à les confondre. Il ne faudrait pas non plus s'imaginer qu'ils sont égaux avec les "services politiques" des chaînes ou avec des journalistes vedettes spécialisés qui jouent dans une cour inférieure.

Nathalie Saint-Cricq et tant d'autres de ses "confrères et consoeurs" font l'analyse mais sont moins révérées que nos "experts dans l'expertise". Jean-Michel Apathie ou Laurent Neumann n'auront jamais l'aura du quatuor en question.

Ce n'est pourtant pas une question d'infaillibilité. Quoi qu'ils s'en défendent, leurs travaux ne sont pas exempts d'à peu près, d'erreurs et de parti-pris. Mais tout le monde l'oublie et, à chaque élection qu'ils commentent il redeviennent purs et vierges.

N'oublions pas qu'ils s'appuient sur les mêmes sources, ont fait les mêmes études, fréquentent les mêmes personnes et ont des pensées similaires. Tous préféreront Michel Barnier à Alexis Corbière, Carlos Ghosn à Julian Assange...

Parfois, sur leurs visages, semble se lire un sentiment fugace d'imposture (ou n'est-ce que de l'ennui?) sans doute lié au fait qu'ils répètent en boucle les mêmes sornettes depuis des années. Ainsi, les voyant, on peut être certain que l'on va entendre: "les sondages ne sont qu'une photo à l'instant T, pas une prévision" ou "la marge de manœuvre de X (ou Y) est étroite sans oublier "le Président de la République est maître du temps grâce à la constitution". Vous compléterez vous-mêmes la liste de toutes ces phrases toutes faites qu'ils utilisent tout le temps.

Je suis sévère. Je ne déteste pas, de temps à autre, les écouter pérorer avec la voix de celui qui sait. Mais je m'étonne qu'ils soient si peu nombreux et si rarement remis en question.
J'avoue qu'ils font le métier que j'aurais aimé faire et que mes qualités personnelles ne m'auraient sans doute pas permis de l'exercer aussi bien qu'eux!

 

 

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30 mai 2019 4 30 /05 /mai /2019 07:00
Soirées de défaite electoraleSoirées de défaite electorale

J'ai passé tant et tant de soirées électorales devant la télévision que l'exercice amer n'a plus de secrets pour moi et que j'en connais absolument toutes les phases et tous les développements.

J'ai, je le confesse, plus souvent qu'à mon tour, misé sur le mauvais cheval, choisi la liste maudite ou le candidat tocard.

Je me souviens qu'en 1981 j'avais sournoisement (et discrètement) glissé un bulletin "François Mitterrand" dans l'urne et étais allé à une soirée chez des supporters de la réélection de Giscard. On a les perversités qu'on peut!

C'est plus fort que moi: voir le pli amer se dessiner au coin de la bouche des recalés me conduit à un authentique plaisir intellectuel et physique.

Presque à l'orgasme dans le cas de 2017 quand j'ai vu les membres de la bande à Retailleau livides devant le score de leur Fillon de champion. Je ris encore en songeant à la tête de François Baroin et celle de Valérie Boyer.

Dimanche 26 mai 2019, il y a 4 jours c'est l'abbé Retailleau et la canaille Wauquiez qui m'ont réjoui. Presque autant que Mélenchon. Le "Che"(ex-sénateur socialiste!!!!) a mordu la poussière. Tant d'amertume et d'incompréhension de ce qui leur arrivait était un pur bonheur...

... pour moi qui ai, dans mes salons successifs, suivi avec accablement l'effondrement de mes rêves électoraux.

Après les plaisirs sont moindres. La mauvaise foi des perdants, les éléments de langage, les fausses consolations, les promesses de jours meilleurs et de victoires futures apportent des frissons frelatés.

Rien ne vaut la colère froide, l'ébahissement et la noyade en direct de ceux qui perdent des élections. Les "lieutenants" des grands chefs, ceux qui font tout et ne sont récompensés de leur fidélité que par un poste subalterne en cas de victoire doivent aller prendre les coups d'un autre sur les plateaux de télévision. Alexis Corbière (France Insoumise) mérite le César du meilleur, assurément.

 

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 07:00
A la télévision même les avocats se comportent comme des hooligans
A la télévision même les avocats se comportent comme des hooligans

Ça sera court. L'affaire Vincent Lambert, du nom de ce quadragénaire en état végétatif depuis une dizaine d'année a suscité tant d’éloquence et d'écrits que je ne me vois (ni ne m'autorise à) ajouter les miens. Je n'ai tout simplement pas d'avis arrêté sur ce cas précis et ma pensée n'a rien formulé de définitif pour le cas où de tels évènements me touchaient de près ou un de mes proches.

Alors? si je ne parle pas de Vincent Lambert je me permettrais juste de parler de son singulier avocat, de celui de ses parents ou de je ne sais qui ayant accueilli la décision (provisoire) du jury par des acclamations de singe en rut -ou de supporters au moment du but, ce qui est la même chose-, le mot "remontada" qu'il a employé me permettant cette comparaison simiesque. Les avocats des adversaires de la cessation d'hydrater le malade en état végétatif ont eu une réaction ignoble, grotesque et, pour tout dire, indigne de leur qualité.

Je ne veux pas accorder crédit aux sous-entendus parlant d'intégrisme, d'extrême-droite et de "Civitas" mais les beuglements des deux avocats et de leurs soutiens m'ont parus particulièrement indécents. Ils l'étaient certainement puisqu'on les a vus 187000 fois sur tous les écrans le jour même.

 

 

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 07:00
Tels pères tels filsTels pères tels fils

Je ne suis pas certain que Valéry Giscard dit d'Estaing (particule et nom relevés en 1922 par son père qui voulait "faire" noble) est encore vivant. On le voit bien de temps à autres en photo mais sa figure de poulpe des grandes profondeurs aux yeux presque clos ne plaide pas en faveur de la vie.

On n'est pas loin, comme durant son lointain septennat (1974-1981) du vaudou et des zombies.

Ses rares titres de gloire consistent à avoir remplacé les rails de la gare d'Orsay (Paris 7ème, qu'alliez-vous imaginer?) par des cimaises pour tableaux impressionnistes, à avoir rapproché la France et la Centrafrique et à avoir donné un boulot à Maurice Papon*. Pas étonnant que les Français l'aient complètement oublié! Il en est qui croient que Giscard était accordéoniste et d'autres moniteur de ski à Brégançon. Finalement ce sont eux qui sont les plus proches de la vérité historique.

En son for intérieur, l'ex battu à plate couture par "Mitran" se voit comme le plus grand chef d’État que la France ait jamais eue, supérieur à Louis XIV et à Charles Gaulle. Il condescend à accepter Henri IV comme égal.

Ce président prétentieux et incapable d'empathie envers qui que ce soit a été froidement congédié un 10 mai 1981 et, malgré une volonté opiniâtre de revenir n'a pu se faire réélire ailleurs qu'à Clermont-Ferrand où, c'est bien connu, on se drogue aux dérivés de pneus.

La campagne des Européennes 2019 de l'UDI (un groupuscule "centriste") s'orne du portrait de son fils cadet, Louis qui possède comme lui une particule indue, une calvitie aux ambitions aristocratiques mais en plus un air de benêt des beaux quartiers.

Ces monarchies au rabais nous imposent même leurs dauphins incapables!

* Maurice Papon est un grand serviteur de l'état qui a considérablement aidé l’État Français à regrouper puis éloigner (avec leurs familles) les apatrides et les Israélites. Il a aussi servi la République en traitant sévèrement mais justement les Algériens qui manifestaient et lui a rendu d'autres services que sa rigueur administrative et sa retenue émotionnelle lui permettaient.

 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 07:00

Le monde de la connivence et de la déconnexion s'auto-congratulait en circuit fermé en direct du festival de Cannes pour le "palmarès" (prononcer ce mot avec un souffle court et une révérence quasi religieuse). France Inter y avait délégué les vieux sbires du "Masque" (comme s'appellent eux-mêmes avec prétention les inamovibles crabes du "Masque et la plume"). Eva Bettan, ma bête noire, qui représente sans doute la quintessence de l'arrivisme béat, de l'adoration énamourée de ce que le cinéma fait de pire dans l'élitisme prétentieux et de la critique vaseuse les accompagnait.

On relayait l'animation de la cérémonie par Edouard Baer, ce qui se fait de mieux comme comédien sans talent et humoriste pas drôle. D'ailleurs, pour l'occasion, il ne m'a pas fait mentir: il a été pitoyable et ses pseudos traits d'humour ont tous fait flop. Cet idiot ne s'est pas même aperçu qu'il commençait à être trop vieux et gras pour minauder comme il le fait.

Valéria Bruni-Tedeschi, la caution déjantée de l'hypra bourgeoisie bohème du cinéma intello-chiant était là, alignant péniblement 3 phrases absconses et hors sujet.

Naturellement ces parasites Cannois, hyper-privilégiés sans scrupules se sont donnés bonne conscience en couronnant de leurs vilaines palmes tout ce que le cinéma mondial fait de mieux dans le genre "cinéma engagé et insoumis". Le tandem Dardenne et sa purge filmée étant leur mètre étalon..

Je me fichais tellement de leur Palmarès que je n'ai retenu le nom d'aucun des "récipiendaires".

Curieusement on n'a révéré ni le croûton Truffaut et sa filmographie microscopique, ni Jean-Luc Godard et ses impostures, ni le Demy et ses couillonnades chantées. Almodovar était cette année le Dieu devant lequel on se prosternait.

Chacun y allait de son "Monsieur le Président" (les révolutionnaires de la pellicule flattent à palme rabattue la hiérarchie pelliculaire), Monsieur Frémaux par ici, Monsieur Frémaux par là, Pierre Lescure a léché la planète cinéma et a fini par le tapis rouge, ton sur ton, carpette sur carpette.

On a eu droit au faux scandale des "treize minutes de cunnilingus" qui a fait réagir l'EPHAD euh.... les journaleux du "Masque" et on a enchaîné, à la radio, sur une interview d'Alain Delon par Laure Adler (qui n'a posé que des questions imbéciles et, naturellement, cité Godard). Les deux sucraient les fraises.

Ces gens-là sont extraordinaires: leur façon de parler du cinéma nous rend leur passion insupportable!

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 07:00

Je suis allé aux obsèques, selon les rites protestants, du fils d'amis très chers ici, à Toulouse. Je ne connaissais pas très bien celui que l'on portait en terre. Il était très jeune (25 ans) et secret. Effacé, presque hautain.

C'est la première fois que cela m'arrivait et je pensais, idée préconçue, que les catholiques et les protestants se valaient. Grave erreur si j'en juge par ce que j'ai vu et entendu.

C'était, si je ne me trompe, un "office" ou une "bénédiction". (Nul n'a communié).

Deux pasteurs, l'un jeune et noir l'autre, barbe poivre et sel, élégant et "dogmatique" se relayaient pour accompagner le défunt. Le Temple était plein et l'assistance était recueillie et infiniment triste.

J'avais beaucoup de peine et de compassion pour les parents nos amis. L'assistance avait elle aussi cette peine pour celui qu'on enterrait comme pour sa mère, A***, et ses deux frères.

Le pasteur a parlé dix minutes du défunt et, l'église entière a suspendu sa respiration pour en recueillir tous les termes. Un magnifique portrait, tout en nuances mais clair et concis, ne cachant rien des conditions du décès ni des problèmes douloureux que le défunt avait affrontés puis renoncé à affronter. La complexité et la difficulté de cette jeune vie stoppée net apparaissaient comme clairement à ceux qui l'avaient côtoyée de loin sans en voir les implications.

Ce langage de vérité et de compréhension dans un lieu de culte; je n'en avais jamais eu d'exemple avant. C'était une nouveauté. Plus de longues périphrases, d'euphémismes et de synonymes affadissants. Les choses étaient dites, clairement, simplement sans filtre ni gêne. Tous ceux avec j'en ai parlé m'ont dit leur étonnement devant la clarté et la beauté simple de cette prise de parole. C'était tellement sincère et juste, moments de silence inclus, que je l'ai dit au pasteur qui m'en a remercié en me disant qu'il avait beaucoup parlé avec les proches et qu'il lui semblait connaître le défunt.

Le reste de l''office, musiques choisies par la famille et diffusées en sourdine (c'est important) et texte bibliques inclus ne portèrent pas ombrage à la première impression. On respectait l'homme qui n'était plus, le chagrin de l'assistance et le Dieu que l'on célébrait, tout à la fois.

Cela m'a semblé inédit.

 

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23 mai 2019 4 23 /05 /mai /2019 07:00

Je suis étonné par la place que prend le cinéma dans l'actualité quotidienne et hebdomadaire. Plus surpris aussi par le temps qu'on y passe à décortiquer plan par plan tel  ou tel film en disséquant doctement les intentions de l'auteur.

Le cinéma est une des rares matières artistiques qui déclenche des superlatifs avec une telle régularité. Comédiens, réalisateurs mais aussi producteurs se voient révérés, pour certains, comme des génies absolus. Tout récemment, dans un demi-sommeil, j'entendais les épigones d'une critique autrefois inspirée jeter des pétales de roses sur "les-frères-Dardenne" comme si ce monstre bicéphale était la réincarnation de Stanley Kubrick, d'Orson Welles ou de Nagisha Oshima. Rien de moins!

A de (très) rares exceptions près le cinéma est une industrie de loisirs produisant des objets calibrés destinés à satisfaire les attentes d'un public donné. Qu’on le déplore ou s'en félicite les gens de cinéma recherchent des recettes éprouvées en sacrifiant ce qui a fait la richesse du 7ème art: l'artistique.

Alors c'est vrai; on ne peut tourner tous les quatre matins "Citizen Kane", "Assurance sur la mort", "Les dames du Bois de Boulogne" ou "Quand la ville dort". Mais on peut conserver de l'ambition et vouloir offrir à un public exigeant des films de qualité exempts des "gimmicks" de l'époque...

Plus le cinéma se vautre dans le convenu, la fausse réflexion (Xavier Dolan) ou son contraire, le toc et les paillettes et moins on a envie de craquer un billet de 10€ pour entrer dans une salle sombre, enquiller 20 minutes de publicité et voir une daube recyclant les principes d'une psychanalyse pour nuls.

C'est ça ou un bellâtre en slip Eminence aux couleurs des States qui sauve le monde! à peu de choses près.

Les frères Dardenne qui font défaillir la critique féminine de France Inter ne sont pas sur le point de nous offrir "la Fièvre dans le sang", "There will be blood", ou "la barbe à papa"...

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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 07:00

Nous avons, ma femme et moi, un couple d'amis que nous apprécions beaucoup tout en les dissociant. En effet lui c'est lui et elle c'est elle comme disait (à peu près) le Président Mitterrand en parlant du mirobolant premier ministre qu'il avait donné à la France, Laurent Fabius, une ébauche de mauvaise qualité d'Emmanuel Macron.

Mais je m'égare.

F*** est rationnel, calme, réfléchi et scientifique. Sa femme, qu'il adore, est littéraire et passionnée. Elle même écrivain elle ne vit que pour et par les livres. Quand elle sature elle reporte sa fougue curieuse et avide sur le cinéma.

Chez eux la musique, les livres, les revues ou journaux ou magazines et les films sont présents partout. Vous ne pouvez surprendre M*** qui a déjà vu le film hongrois que vous pensiez être le seul à avoir découvert, elle a lu la critique du disque qu'il faut avoir lue et a réservé pour le spectacle dont tout le monde parlera.

Aucune forfanterie et nul snobisme dans leur passion mutuelle. Ils n'envisagent pas la vie autrement que baignée dans une culture ouverte et riche.

Pour sa carrière lui a été nommé dans un pays où celle-ci est réduite à sa plus simple expression. On y confond Batman et le Bauhaus, on pense que Beethoven est un gros chien et on considère Harry Potter à l'égal de la Comédie Humaine.

Ils ne se plaignent pas mais je les imagine, regardant l'océan et pensant à la séance du vendredi 19H30 d'Utopia Tournefeuille...

Pourquoi diable je vous parle d'eux?

Parce qu'au moment des adieux (ils sont partis pour trois ans) M*** m'a donné, presque négligemment, une pile de 3 ou 4 livres. Tout juste si elle ne m'a pas dit qu'elle allait les jeter si je ne les prenais pas.

Je les lis en fonction du hasard et je les trouve différents et bons. Comment fait-elle pour les choisir? en ce moment je termine un livre de David Goudreault, un Canadien, "La bête à sa mère" que je trouve tellement drôle et "bien" écrit (original, très original) que je trouve des prétextes pour ne pas en achever la lecture trop vite. Quelle imagination.

Sans eux la ville rose est assez ennuyeuse.

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