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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 07:00

En 24 heures j'ai entendu deux "ragots" médiatiques qui disent tout de notre époque, de sa décadence et de sa superficialité.

Le magazine "Le Point" a consacré un article en ligne (4/03) au décès d'un homme qualifié de "diamantaire israélien" (sic) pendant une opération de chirurgie esthétique consistant à lui élargir le pénis. Je ne sais pas où est l'esthétique là-dedans mais je sais où est l'insignifiance.
Cet homme de 65 ans avait des préoccupations bien mineures!

Tanguy Pastureau, un des rares humoristes multi-cartes à posséder une "griffe" et un talent personnel était chez Nagui (France Inter 5/03) et parlait, pour s'en moquer, d'une "mode" américaine  qui toucherait nos rivages et qui consiste à "se faire maquiller le vagin".

Si on pense à ces "bars à sourcils" et à ces "ongleries" qui ouvrent partout leurs boutiques on a une idée assez nette de la futilité abyssale de notre pseudo-civilisation.

On peut mourir pour la Patrie, pour la République, pour l'Alsace et la Lorraine, pour la Démocratie.... sans doute pas pour la société du maquillage vaginal, de l'élargissement pénien, du sourcil parfait ou des ongles en majesté.

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6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 07:00

Mon ex-belle-mère était à ce point conforme à la caricature de la belle-mère qu'on pouvait parfois se demander si elle ne l'avait pas prise pour modèle. Si un divorce possède des aspects positifs assurément le fait de rompre définitivement avec cette femme "bête et méchante", hystérique même, a été le côté le plus positif du mien.

Singeant les bonnes manières et les codes d'un milieu auquel elle n'appartenait en rien elle m'offrit, comme cadeau de mariage, des "beaux livres d'art" sur les peintres qu'on désigne aujourd'hui comme inestimables. Je veux dire ces peintres dont la moindre esquisse fait valser les superlatifs et les dollars.

C'était un drôle de cadeau. J'eus droit à une vingtaine de volumes, les autres annoncés ne venant jamais. Le principe même du livre d'art est de prendre de la place et la poussière. D'être beau mais, paradoxalement, peu consulté et de coûter cher.

La vingtaine de volumes n'a pas dérogé à la règle: encombrante et oubliée elle se rappelait à moi lors de mes nombreux déménagements. J'ai du respect pour les livres et ai du mal à m'en séparer. Ceux-là avaient de belles reproductions...

Mais à bien y réfléchir à quoi cela sert-il d'avoir chez soi des livres sur Seurat, Bacon ou Le Nain? mes enfants ne les ont jamais ouverts (et encore moins pour un "devoir" d'école ou de collège) et moi je les voyais vieillir, le soleil toulousain les achevant en s'en prenant à leur reliure.

Puisque ce n'était pas par respect pour la personne qui me les avait donnés (elle n'a jamais mérité le respect, jamais!) je gardais ces grands livres par habitude.

J'ai fini par m'en débarrasser à la déchetterie car personne n'en voulait, même gratuitement et que leur poids leur interdisait les containers à papiers.

Drôle d'idée que ces livres d'art, si on y pense...

J'ai acheté, il y a quelques années, le coffret "Palettes" d'Alain Jaubert qui contient des DVD consacrés à tel ou tel aspect de la peinture. Ils sont remarquables mais les critiques que j'adresse aux livres restent valables. Ça ne vieillit pas bien, ça prend de la place et les choix d'artistes sont par trop "évidents".

... Et, par rapport aux livres d'art, ils ajoutent ce défaut que c'est le réalisateur qui nous impose son temps d'observation et sa façon de regarder l’œuvre.

Rien ne semble remplacer la visite au musée où se trouve exposée l’œuvre, A ceci près qu'on est seul devant sa bibliothèque et nombreux devant la cimaise qui présente une œuvre réputée..

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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 07:00

En voyageant on "oublie" (un peu) le climat très malsain qui règne en France. Privé d'informations et de leurs scories on s'aperçoit avec une sorte de soulagement qu'on se passe aisément de la glose quotidienne, des commentaires et jugements sur tout et, pour dire le fond de ma  pensée, de la "méchanceté" ambiante dans notre beau pays.
Toute cette hargne, toute cette bile, ces comiques pas drôles qui tirent sur de pauvres ambulances, ces commentaires attendus, ces critiques prévisibles, ces faux actes de courage  qui ne sont en réalité que des postures intellectuelles donnent à nos vies un fond pénible et "poisseux".

Celui-ci s'évanouit dès qu'on s'éloigne de l'hexagone. On s'aperçoit soudain que nous sommes au contraire un pays plutôt respecté. Considéré comme aisé. Une démocratie.

Faire une cure sans ce background est une jouvence et s'apparente à un traitement médical.

Notre pays serait un être humain qu'on lui diagnostiquerait des troubles bipolaires. Actuellement nous serions dans une phase aigüe de dépression.

Et le seul remède qu'on lui propose est de se suicider ou de s'en prendre à d'autres en les accusant de nous avoir donné leur maux...

En survolant le sud de la France après le Maroc et l'Espagne il est pourtant clair que les frontières n'existent que dans nos têtes et qu'il n'y a aucune raison de penser que tout va mal ici et pas là.

Ce qui nous manque c'est un projet d'avenir et de retrouver le moral...

 

 

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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 07:00

Maduro n'innove en rien. Sa position est connue et a déjà été largement Imposée par d'autres "chefs d’État", en l'occurrence dictateurs qui, élus par un peuple pour un mandat n'ont pas souhaité le renouveler et se sont retrouvés avec le même dirigeant (ou son frère....) pendant 5 décennies. Il y en a même qui ne sont pas passés par la case "élections", trop aléatoires pour eux.

L'Amérique du Sud mais aussi l'Afrique a connu une "palanquée" de ces chefs d'états incapables de se retirer.

En Russie Poutine et Medvedev ont inauguré une direction de l'état façon chaises musicales: je suis président tu es premier ministre puis on échange nos postes pour se moquer de la constitution et garder le pouvoir.

En France nous avons eu un coup d'état "légal" en 1958 mais aussi une longue succession de régimes autoritaires plus ou moins légitimes. En gros du Consulat à la fin du Second Empire. Cela nous dispense de donner des leçons et de regarder d'un œil trop critique ce qui se passe ailleurs.

Mais tout de même ce qui arrive aux Algériens est à la fois inouï et inédit: un président malade au point d'être invisible la plupart du temps qui se représente à 81 ans pour un 5ème mandat..
Les Algériens, une population très jeunes, restent traumatisés par la guerre civile des années 90. Mais de là à "réélire" un morceau de bois!

A.Bouteflika a sans doute été pour quelque chose dans la fin des exactions, cela lui donne t'il le droit de confisquer le pouvoir jusqu'à la mort? Il est vrai que son jeune frère et le parti au pouvoir tirent les ficelles.

Ces sangsues inamovibles (qu'on se souvienne de Robert Mugabe au Zimbabwe, de Franco à l'agonie qui n'en finissait pas, des gérontes soviétiques qui se succédaient (Brejnev, Andropov et Tchernenko), aux fous dangereux (Idi Amin Dada, N.Ceaucescu, Hun Sen, Sekou Touré et tant d'autres nous rappellent ce que devient le pouvoir lorsqu'il est concentré dans les mains de personnes qui ont de la démocratie l'image qu'en ont les gilets jaunes du centre du mouvement.

 

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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 07:00

Le prix du mètre-carré étant ce qu'il est à Toulouse (cher mais très abordable par rapport à Paris) et les conditions légales d'extorsion de fond par les syndics d'immeubles et autres malfaisants étant ce qu'elles sont nous n'avons pas assez de rangement pour ce que j'ai accumulé.

Pour faire plus de fric le promoteur a transformé en "box" fermés les selliers qui figuraient sur les plans d'origine.

Puisque je suis dans la plainte signalons, même si cela n'a rien à voir avec le sujet, que les places de  stationnement, extérieures ou couvertes seraient, avec leur accès, parfaites si tout le monde roulait en Zoé Renault. En Clio ou C3 c'est déjà du sport de prendre la rampe...tant elle est étroite et raide.

le plan de circulation, dans l'immeuble, a été conçu soit par un dément soit par un bourreau: des portes successives se condamnent l'une l'autre, des balcons fuient et des ascenseurs font un bruit terrifiant et auquel personne n'a pu apporter de solution et j'en oublie.

Mais revenons au manque de rangement. Je garde des livres, des disques, des trucs depuis des années et j'ai aussi une bibliothèque tournante, une table de vigne, quelques objets de décoration chinés ici ou là, de la vaisselle et des souvenirs que, faute de place, j'ai entreposés dans un box dans une tour réservée à cet usage. Il y a toujours quelqu'un qui s'adapte et vous vend le "truc" dont vous avez grand besoin.

Cher le truc, sinon ce ne serait pas drôle. J'ai donc loué un "box" chez un garde-meuble cheap.

Au bout de 3 ans pleins la location de location du box rend onéreux le service et fait se poser la question du bien fondé de payer 100€ (assurance comprise) tous les mois pour des "pouilleries" qui s’abiment doucement. Les livres, par exemple, jaunissent et leur couverture se défraichit. 

Alors j'ai pris la décision de commencer à vider le box. A trier son contenu et même à en jeter une partie. J'ai sélectionné quelques cartons de livres pour les revendre, d'autres pour les déposer dans les "boîtes à lire" du quartier et enfin d'autres pour les conserver à l'appartement.

Je me retrouve avec plus de choses que je ne l'imaginais et une incertitude de plus en plus marquée sur ce qu'il convient d'en faire. Invariablement je stoppe alors mon travail, je referme le box en me disant que "j'ai avancé" et fait "du bon boulot". Je fuis le box un jour ou deux et... c'est reparti.

 

 

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 07:00

Je crois que c'est le premier livre que j'ai lu. J'ai lu tard. Vers 12 ou 13 ans. Une "jaunisse" (Hépatite) comme on disait à l'époque m'a cloué au lit. Pendant 1 mois. Je ne tenais pas en place; il a bien fallu que je m'occupe. J'ai commencé par Ponson du Terrail et les livres de la série "Rocambole" (sur un conseil de mon frère) puis "Mathias Sandorf" en 2 tomes de Jules Verne et donc "l'Odyssée".

Avec le "Robinson Crusoë" de Daniel de Foe un livre qui m'a marqué pour la vie.

Très récemment (j'en ai achevé la lecture -en 4 jours- cette nuit j'ai lu "Une Odyssée" de Daniel Mendelsohn, un auteur américain dont j'avais adoré "les disparus". Un livre dont je n'ai jamais oublié le thème et l'auteur: j'étais fait, je dirais même programmé pour cette "Odyssée".

Mendelsohn est professeur de littérature classique. Il anime un séminaire sur le livre attribué à Homère. Avec ses étudiants et en présence de son vieux père il analyse le classique. Il décortique l'ouvrage de son introduction au deux vers de sa conclusion en s'arrêtant sur les chapitres, sur l’œuvre, sur la transmission orale et écrite, sur le caractère d'Ulysse, de Penelope, de Télémaque mais aussi sur celle des autres personnages, humains, demi-Dieux ou Dieux.
Une sourde lutte entre le père et son fils est étudiée, en parallèle à l’œuvre et Mendelsohn et son père ont une relation que l'Odyssée peut aider à expliquer et comprendre.

La partie "analyse comparée" de l'Odyssée est absolument ÉBLOUISSANTE et donne à ce livre toute sa place: un véritable trésor de l'Humanité. Je le subodorais dès la première lecture, la profondeur de ce texte ancien est vertigineuse. Homère a donné sur la condition humaine un outil de compréhension et de prospection qui vaut toute la production de ce vieux Sigmund. Moins les scories et les tricheries.

Les pages sur l'amour entre autres, sont remarquables.

Le livre est subtilement construit et la partie "vécue", très américaine est intéressante parce qu'elle permet de respirer entre deux analyses pointues. Je ne peux citer de passage tant j'en ai soulignés qui le mériteraient.

Mendelsohn et son père terminent le séminaire par une croisière en paquebot sur les traces d'Ulysse. Même ce passage est drôle et profond par les réflexions que cela inspire à l'auteur.

Un livre, est-il besoin de le dire, qui fera le plaisir de vos prochaines journées si vous me faites confiance et le lisez.

 

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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 07:00
Chez le colonel

Je fais partie de ceux qui abhorrent les fast-food et qui n'y mettent les pieds qu'obligés (!) et le moins souvent possible (1 fois par an, et encore).
Par fast-food j'entends aussi bien les épouvantables Burger King, McDonald's et Quick et leurs imitateurs mais aussi les Kébabs de quartier sans oublier les pizzas du style Domino.

Hum! on voit que j'ai oublié les fast-food spécialisés dans le "poulet"... le KFC du gourou-Colonel Sanders... C'est que, voyez-vous, et toute honte bue, j'aime ses "Tenders" avec la sauce "2Hot4U" ("to hot for You").

C'est inexplicable! j'ai des alibis mais ils ne sont pas béton: j'étais allé au "Kentucky Fried Chicken" à Londres en 1973 et c'était le nouveau monde pour moi. Avec Françoise, au Cambodge en 2009, nous avions avec surprise vu un "KFC" à Battambang, au coeur du pays. Oui, un "KFC" au pays Khmer.

Pourtant, je le concède, manger avec les doigts (malgré leur slogan qui prend le contrepied) c'est sale et désagréable. La queue devant les machines où l'on passe commande et le comptoir où on les retire est aussi flippante que dans les autres fast-food. Les clients y sont aussi bruyants et jeunes, voire très jeunes et la propreté y laisse autant à désirer. Tout semble gras et poisseux.

On a faim 3 heures après avoir englouti -avec mauvaise conscience, ça fait partie du package- beignets de poulet-frites mais fier d'avoir résisté au sirop de sucre qu'ils qualifient de dessert. Ainsi qu'au soda qui en contient autant, naturellement.

Vieux au milieu de gamin(e)s on est surpris de ne pas comprendre les bribes de conversation que l'on entend. On croit comprendre que Mario "ne kiffe pas les filles genre qui se la pètent en mode c'est moi la plus belle" mais on n'en est pas certain.

En sortant on se demande si on sent plus l'huile de friture ou le poulet pané. On se jure de ne pas y revenir jusqu'au jour ou ça nous reprend..

 

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 07:00

Le narrateur est né en 1982 il a donc 1 an de plus que mon fils. Le père, sujet du livre "l'homme des bois" est mort en 2015 à 61 ans.

Pierric Bailly dans un livre à la fois intime et discret parle de son père sans l'idéaliser ni le démolir. Il se le rappelle en vidant son appartement, en conduisant sa voiture, en préparant sa crémation puis en dispersant ses cendres (un moment rare de pudeur mais aussi d'humour. J'ai trouvé le détail des ongles noircis amusant: il m'a rappelé la légende qui veut que Keith Richards ajoutait les cendres de son père à sa coke pour les fumer!).

C'est un petit livre d'atmosphères inséré dans une région , un paysage, une humanité définis depuis l'éternité. Le caractère du défunt s'affirme par petites touches, tantôt positives, tantôt critiques, tantôt admiratives et parfois émues.

L'auteur est un homme très différent de son père dont il fait le portrait: seuls les paysages du Jura et quelques traits de leurs caractères les rapprochaient.

Sans être de ces livres qui sont trop géographiquement situés "l'homme des bois" décrit à merveille une région bien définie (autour de Lons-le-Saunier) qu'il donne envie d'aller visiter séance tenante.

J'aime bien des passages personnels tel celui-ci

"il était chauve, comme ses trois frères, tandis que leur père à tous les quatre, à quatre-vingt dix ans passés, possède encore tous ses cheveux. A l'adolescence on me répétait que je n'avais pas de souci à me faire, puisque le phénomène sautait une génération. Une belle connerie." (p.100)

J'aime aussi l'originalité des obsèques telles qu'il les a envisagées et organisées ("sans chiens ni curés") et la façon dont elles ont été commentées. J'aime la réflexion sur Léo Ferré ("Et...basta!", "l'âge d'or") qui définit l'auteur mieux qu'un portrait. (j'ai renoncé à lire sa biographie sur le net pour rester sur mon impression de lecture). la liste exhaustive des prénoms des femmes de sa vie est drôle aussi: plus qu'un acte d'état civil elle donne l'âge, elle situe l'époque du mort et de ses conquêtes.

Ses digressions sur les empreintes de lignes de chemin de fer déposées, les tunnels désaffectés et les chercheurs bourrus de morilles m'ont enchanté. Ce qu'il décrit de la vie à la campagne, sans l'idéaliser, aussi. Les fratries, la vie de famille... sont criantes de vérité. Jusqu'aux réflexions des uns et des autres.

J'ai choisi ce livre (Folio) pour la beauté de sa couverture et la quatrième page de couverture. Je ne connaissais ni l'auteur ni le sujet.

... je vous le recommande donc!

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 07:00

Sommes-nous nombreux à être stupéfaits et atones devant la situation critique du pays depuis disons l'été dernier?

Ça a commencé avec "l'affaire Benalla", montée en épingle pendant des mois par une presse qui en faisait moins quand Mitterrand faisait sauter des bateaux de Greenpeace en Nouvelle Zélande et quand son ami et conseiller Grossouvre se suicidait... à l'Elysée.
Guère plus, elle en faisait guère plus quand Sarkozy donnait à l'Europe, par le traité de Lisbonne, ce que les Français avaient clairement refusé par référendum deux ans auparavant. Et moins encore quand la France traquait subitement Kadhafi pour le faire taire sur ses "largesses financières" pour la campagne présidentielle du mari de Carla Bruni...

Macron était donc dans l'essoreuse et ses sondages de popularité, perpétuellement rappelés, étaient dans la roue de ceux de Hollande, deux ans auparavant: au ras des pâquerettes.

Arrive la révolte des "Gilets Jaunes". Une initiative spontanée qui exprime des revendications parfois surprenantes mais est générée par une situation effectivement insupportable.

On s'habitue à ces foules remuantes et grossières "tenant" des rond-points et manifestant tous les samedis. A ses débordements aussi et à sa violence. Qu'elle soit de leur fait ou de celle de "casseurs" opportunistes ne changeant rien à l'affaire.

Avant Noël la violence et les incantations douteuses sont de plus en plus difficiles à masquer par des médias nationaux tétanisés et partagés entre l'admiration et l'observation au jour le jour des sondages sur l'état de l'opinion. Les politiques de l'opposition espèrent profiter du mouvement pour se refaire une santé mais la caractéristique du mouvement des gilets jaunes est de ne profiter à personne: pas même aux gilets jaunes. (enfin... on a vite oublié les 10 milliards (sic) débloqués par l'Etat)

On a bien vu et entendu les symptômes de la radicalisation du mouvement et son noyautage par des "éléments incontrôlés" et les débats lunaires que cela suscitait.

Aujourd'hui, 3 mois après le début, on en est aux invectives racistes, sexistes et antisémites.

Le gouvernement est aux abris, le 1er ministre, entre deux lapsus, joue les utilités et le président pense, paraît-il, aux Européennes et à sa réélection. On croit rêver. A moins que les éditorialistes soient dans le fantasme et racontent n'importe quoi.

Alors on débat, on saccage les centre-villes, Juppé verse une larme en se dirigeant, pour 9 ans au Conseil Constitutionnel, on insulte Finkelkraut (ça a remplacé l'entartrage de BHL!) et on défile en jaune et en casseurs en demandant la tête du président, le départ des juifs vers Israël et le RIC...

Je donnerais cher pour qu'on sorte de cette période.

 

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 07:00
Une des antichambres de l'enfer

J'ai regardé avec dégoût et fascination le film documentaire "Saigneurs" de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier. C'est un document sans fard sur le personnel d'un abattoir au travail à la chaîne.
Si la mort des bêtes nous est épargnée tout le reste nous est montré et les haut-le-cœur voire l'envie de vomir vous prennent devant l'invraisemblable monstruosité du travail que font ces hommes et quelques femmes.

On le dit tellement souvent qu'on n'y croit plus pourtant jamais les expressions toutes faites relatives à "l'enfer" ne s'imposent à vous avec une telle force. A l'éviscération des vaches répond la peau blanche et la figure blême de l'ouvrier, quel que soit son poste, son âge ou son ancienneté. Ces hommes n'ont pas besoin de le dire: l'image parle pour eux. En travaillant une matière presque vivante (la chair, les os, les cornes, les pattes, les rognons, les langues...) ils martyrisent celle dont ils sont faits.

On a de la compassion pour eux, on les observe avec bienveillance en se demandant comment on peut atterrir dans un tel endroit à faire ce qu'ils font. Certains disent qu'ils s'empêchent de penser, qu'ils n'ont pas le choix, qu'ils veulent partir mais on sait bien que l'emploi est rare et que même celui-là est difficile à quitter volontairement.

Dans cet antre de la mort la mesquinerie humaine se donne libre cours: entretiens de fin d'année qui donnent envie de sauter à la gorge du "col blanc", cadences ahurissantes, remarques pitoyables et vexantes du petit chef... quitte à être en enfer n'oublions surtout pas les démons et les tortures.

On parle des blessures professionnelles, de l'usure du corps, des troubles liés aux postures et des gestes répétitifs. Tous, dans cette lumière livide semblent noyés dans un non-lieu dont ils ne savent comment sortir.

Les ouvriers noirs sont les plus philosophes qui n'en reviennent pas du nombre d'animaux qu'on tue au quotidien. Ils se marrent, littéralement, lorsqu'on leur dit que certains font toute leur vie professionnelle à l'abattoir: impensable pour eux.

L'un de ces noirs les yeux perdus, nous invite à regarder (3 secondes) l'agonie d'une vache. Il répète six ou 7 fois que le travail "n'est pas dur mais qu'il faut du courage".

Toutes ces vaches, réduites à l'état de carcasses sanglantes, tous ces veaux pendus par une patte et tous ces moutons attendant la mort lui font avoir cette réflexion pleine de bon sens: "si les gens voyaient ce qu'on fait ici tous les jours ils ne mangeraient plus de viande".

C'est aussi ce que se dit le spectateur. Avant de craquer sur un T-bone steak!

 

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