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21 octobre 2021 4 21 /10 /octobre /2021 07:00

Certains livres sont tellement bien écrits, tellement novateurs et tellement prenants qu'ils font oublier tantôt le sujet traité tantôt la personnalité détestable de leur auteur. Céline, l'homme, est ainsi le repoussoir de sa propre écriture qui est pourtant l'une des plus novatrices de la littérature du vingtième siècle.

En rentrant tard de la chorale mercredi j'ai regardé sur Arte la fin d'un document sur la "Lolita" de Vladimir Nabokov. Ce livre est un archétype de ce que je disais dans mon paragraphe d'introduction: son sujet (l'amour total d'un écrivain pour une enfant de 12 ans qu'il "trimballe" à travers les USA) est non seulement casse-gueule (dans les années 50 on ne plaisantait pas -à juste titre- avec la pédophilie)* mais osé (situations hardies quoi que seulement suggérées, différence d'âge prononcé, personnalité de Dolorès Haze (Lolita), amour fou de Humbert traduite en mots...) mais moralement indéfendable.

Et, malgré cela le livre est une merveille. Admirablement écrit, parfois drôle, prenant et intelligent. Ne s'en tenir qu'à la situation de départ, à l'âge des protagonistes ou à leur relation c'est passer à côté du livre qui, je le répète, vaut mille fois mieux.

Notre époque, qui s'intéresse presque exclusivement à l'écume des choses ne voit que le côté scandaleux du roman et, naturellement, passe à côté.

* c'est toujours vrai et ça doit le rester.

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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 07:00

Personnellement je suis las des pizzas qui, rarement, sont à la hauteur des premières qui m'ont marqué lorsque ce genre de restaurant/plats à emporter s'est imposé ici. Trop d'ingrédients, une pâte pas toujours réussie et une sensation de ""trop" m'en ont sinon dégouté du moins éloigné.

J'ai du mal avec les olives encore noyautées, avec le blanc d’œuf pas cuit ou le jaune dégoulinant, les oignons trop rares ou carbonisés, les jambons secs comme du papier et la pâte trop fine ou, au contraire, trop épaisse. Je déteste ces tupperware remplis de dés de fromage ou de tomates pelées 3 jours auparavant dans lesquels les pizzaiolos prennent parcimonieusement de quoi garnir leur pizzas.

J'ai, en fait, l'impression que ces italiennes là ne sont pas généreuses et qu'il y a longtemps que l'on ne trouve plus celles qui ont crée le désir.

Dans ma rue il y a au moins 4 endroits dans lesquels on fabrique des pizzas standard, ni bonnes ni mauvaises mais sans personnalité. Cela "dépanne" parfois quand on est pressé. Je ne parle même pas des pizzas surgelées qu'on trouve au Casino et chez Picard. Celles là sont des erstaz, des pis-allers.

Au retour des vacances j'ai vu s'installer, sous mes fenêtres, une pizzéria "à l'italienne". Rien que pour passer le four il a fallu faire vibrer tout mon immeuble pendant 3 jours! Le décor a pris du temps et puis est venue l'inauguration. Musiques italiennes (voix graves et le mot "amour" en V.O toutes les 2 phrases), serveurs, barman et pizzaiolos 100% Italiens, décor réaliste et conforme à ce qu'on attend et..... des pizzas excellentes et "simples". Pas d'ananas, de chorizo ou de poivrons. Une carte en italien et offrant un choix restreint mais sérieux.

J'y ai repris goût.

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19 octobre 2021 2 19 /10 /octobre /2021 07:00

J'ai regardé une partie de l'émission "tous nus avec Mary Beard" sur Histoire TV le lundi 11 octobre. J'ai trouvé ça intéressant et drôle. La dame en question visite les musées du monde et regarde surtout les nus, en sculpture comme en peinture.

Après des digressions très amusantes sur l'ajout de feuilles de vigne sur des statues antiques au dix-neuvième siècle pudibond elle en est venue à "L'Origine du Monde" de Gustave Courbet qui représente le sexe d'une femme sans fard. Elle s'est demandée qui avait bien pu baptiser ainsi cette toile "sulfureuse" et a ajouté en souriant malicieusement que si ce tableau s'était appelé "le minou de Jeannette" les choses auraient peut-être été différentes et le tableau moins censuré!

La réflexion venait ensuite, de Mme Beard et du spectateur.

 

Xavier Bertrand, qui s'était déjà ridiculisé en expliquant sa candidature à l’Élysée comme permettant "d'éviter la guerre civile" n'avait qu'une stratégie: fuir le parti LR et tout tabler sur son profil d'homme seul. Cette situation devait le faire monter dans les sondages et les autres candidats de la droite et du centre devaient se rallier au terne Président des "Hauts de France"....

Rien n'a marché comme prévu. Il patauge dans une campagne au ras des pâquerettes et a dû, après un suspens téléphoné, rallier son ancien parti, la queue basse et l’œil torve.

Les sondages sont plats. Sa campagne est moins pétillante (!) que celle de Michel Barnier et son programme ne fait rêver que quelques experts comptables et un dentiste à la retraite.

Chapeau la stratégie électorale.

 

PS: Depuis deux jours un rien me tire le cœur. Ma Smirnoff, siamoise de presque 20 ans est morte. Ce ne sont pas les interactions que nous avions qui me manquent, elles étaient réduites à leur plus simple expression. C'est l'absence définitive de cet animal gracieux et ô combien mystérieux qui est si pénible.

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18 octobre 2021 1 18 /10 /octobre /2021 07:03

Combien de temps aura-t'il-fallu à l’Église pour comprendre que la chasteté, exigée des prêtres, évêques et cardinaux était une ineptie, une utopie, une hypocrisie et une cruauté avérée? Je crains, à lire les réactions ampoulées et mal à l'aise de l’Épiscopat que le rapport et les chiffres  de la Commission Indépendante sur les Abus Sexuels (CIASE) ne soit pas suffisant. D'ailleurs "ils" n'en parlent même pas.

216000 mineurs victimes de curés depuis les années 50 en se basant sur un échantillon de 28000 personnes chiffres notoirement sous-estimés pour des raisons statistiques, de sources et pratiques (personnes décédées, secret, archives indisponibles...). La commission, on le sait, a estimé que 2900 à 3200 curés pédophiles ont sévi durant ces années. Chiffres là aussi certainement minimisés. Cette épouvantable statistique et ce qu'elle recouvre fera encore les unes de l'actualité 1 jour ou 2 et la mort d'un Tapie ou même d'un Mougeotte la fera glisser en dernière page avant de la faire disparaître.

Le Pape, pouvait-il faire moins? Il a confessé un "immense chagrin". C'est le service minimum et sans doute même une insulte pour les enfants abusés.

Le pire, dans cette affaire, est le silence obtenu dans la majeure partie des cas, l'hypocrisie des autorités ecclésiastiques qui résolvaient les problèmes en déplaçant les prédateurs (tout en demandant à leurs malheureuses proies de leur "pardonner") et leur absence presque totale de compassion et de sens de leur responsabilité.

On a presque là affaire à de la criminalité connue et sue de tout le monde mais tue on ne sait pourquoi.

Ces sordides histoires devraient -dans un monde normal- déstabiliser une institution séculaire mais non exempte de "casseroles" tolérées jusqu'ici. L'association du "sabre et du goupillon", qui existe encore au XXI ème siècle, le dogme intangible  qui ne résiste pas à l'étude scientifique, les immenses richesses et l'immuabilité de la vision de l'homme et de sa destinée par une église incapable d'évoluer laisse entrevoir son déclin irrémédiable mais lent.

Je pense que ces affaires de pédophilie sont un des poisons qui terrassera l'Eglise universelle.

 

 

 

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15 octobre 2021 5 15 /10 /octobre /2021 08:24

Il existe une sorte de planète exogène que l'on fréquente sans le savoir bien que nous n'en maîtrisions ni la langue ni les usages. Cette planète c'est la banque. Tant que l'on n'a besoin que de ses services superficiels on arrive -à peu près- à s'en sortir. Langue des signes, sourires et hochements de têtes suffisent à calmer cette entité qu'on sent aussi apaisée qu'elle doit pouvoir être éruptive.

Les indigènes nous ressemblent mais ils sont trompeurs: ils ne pensent qu'à nous rouler dans la farine. Demandez leur un crédit, une carte de débit ou de crédit, un chéquier (oui, ça existe encore!) ou un agenda de l'année à venir et ils se mettent en trois pour vous satisfaire. Dès que votre demande dépasse ce cadre ils deviennent incompréhensibles, parlent votre langue mais l'émaillent de termes barbares et obscurs et vous vous sentez livrés à leur bon vouloir. Amortissement, taux, crédits, découvert, rendement ils sortent l'artillerie sémantique et vous ne comprenez plus rien.
Avec les assureurs (mais le monde est bien fait: les banquiers sont souvent également assureurs!) ils savent comme personne rendre compliqué ce qu'ils touchent et incompréhensibles ce qu'ils disent.

Rarement profession n'aura élevé un tel mur entre ses clients et elle. Vous gagnez c'est grâce à ses conseils avisés, vous perdez c'est de votre faute. Dans ce cas estimez-vous heureux qu'elle ait limité la casse.

Frais de banque, taux et produits financiers: ils maîtrisent, vous pas. Vos cours d'économie sont loin et la banque s'est considérablement complexifiée. Vous vous en remettez à la chance et... vous avez bien tort: elle ne joue jamais en votre faveur. Jamais. La banque c'est génial, à tous les coups elle gagne. Placements hasardeux, faillite... le gouvernement paiera. Dividendes, rentrées miracles? c'est pour elle.

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14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 07:00

Tout récemment Nicolas est venu à Toulouse pour un passage éclair. Notre appartement étant trop petit pour le recevoir et souhaitant sans doute avoir ses aises il a loué un petit duplex en R B'n'B absolument superbe. Dans un immeuble très ancien du centre historique, à deux pas d'Esquirol, des Carmes, du Capitol et de la Daurade, un appartement magnifiquement restauré tout en gardant son charme et sa beauté historiques. Confortable et ingénieusement agencé.

L'immeuble lui-même est une splendeur du XVIII ème qui est offert aux regards lors des "Journées du Patrimoine", une fois par an. La disposition de la cour m'a fait me souvenir que j'y étais venu avec mon père il y a plus de quinze ans et qu'on y avait pris une ou deux photos sur l'escalier ancien.

Je ne sais pas pourquoi mais je me souvenais d'un manteau rouge que mon père aurait alors porté (mais mon père ne s'habillait qu'en couleurs passe-partout!) et d'un froid intense ce jour là.

J'ai retrouvé une des photos. La cour rappelle beaucoup celle dont je parlais mais je ne jurerais pas qu'il s'agit d'elle. Et c'est moi qui ai une doudoune rouge. Mémoire, mémoire.

Cette journée a d'ailleurs été marquée par le passé et ses traces. A l'aéroport, en attendant l'avion retardé de Nicolas j'ai longuement feuilleté une grosse revue sur les lieux historiques de France. On y voit surtout des peintures mais les photos sont plus parlantes parce qu'elles sont mises en perspective avec des clichés pris actuellement. La persistance de lieux chargés d'Histoire est génératrice d'émotions et favorise la réflexion.

J'adore les photos constituées d'un montage autrefois/maintenant, noir et blanc (ou sépia)/couleurs.

Dans les brocantes et chez les antiquaires je regarde parfois ces vieilles cartes postales en noir et blanc de la France d'autrefois. Tramways antiques, trains tractés par des locomotives à vapeur, présence envahissante des voitures sur des places depuis longtemps rendues aux piétons... la confrontation du présent et du passé dans un lieu unique est intéressante et parfois pleine de nostalgie.

Mon père et moi n'étions pas proches et ne l'avons jamais été. En voyant son emplacement "virtuel" dans la cour de l'immeuble de la rue des Changes j'aurais souhaité qu'il soit là, hologramme du passé. Un instant, juste un instant.

Mais, sur la photo, il tourne la tête et on ne voit pas sa figure. J'y vois comme un signe.

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 07:00

Dans ce bureau il y a des personnes salariées à plein temps et d'autres qui sont rémunérées pour un travail donné. La cohabitation entre les uns et les autres se fait bien et chacun semble y trouver son compte. Les salariés sont un peu plus surveillés que les autres et du coup, sont plus ponctuels, mieux habillés et plus discrets. Mais c'est une nuance qui doit passer très au-dessus de l'entendement des clients et des fournisseurs. Pour eux c'est l'entité qui compte. Les contrats de travail et les conditions de rémunération les indifférent.

Pour qui reste un peu au sein de l'entreprise ces subtilités ne s'imposent pas mais se laissent deviner. On se côtoie entre personnes ayant même statut et l'on se méfie, même subliminalement, de ces catégories discriminantes. D'aucuns n'hésiteraient pas à parler de clivages.

Dès lors que la raison de votre présence est sue et acceptée les langues se délient et l'on apprend rapidement tout ce qu'il y a à savoir sur l'entreprise, sa santé financière, ses dirigeants, la concurrence, l'état du marché, les perspectives d'avenir et d'autres choses encore. Si vous prêtez l'oreille aux informations moins nobles les ragots et le "qui couche avec qui" vous seront livrés sur un plateau. Mieux, ils le seront avec les détails.

Maintenant vous faites partie de la machine. La période d'essai, renouvelée ou pas, a été concluante, vous avez été engagé et avez signé le contrat de travail.

Subitement les données que vous aviez mentalement absorbées ne sont plus justes. La situation du marché n'est pas florissante et celle de votre entreprise carrément mauvaise. On (sur)vit grâce aux aides de l’État et à l'habileté des commissaires aux comptes qui savent rendre attrayant un bilan cafardeux. L'ambiance est tendue et deux clans s'affrontent presque ouvertement. (oui, évidemment, les salariés (planqués) et les contractuels (des bons à rien qui ne savent que râler). Même les aventures de bureau tournent à l'aigre dans une atmosphère crapoteuse.

Tel qui était aimable et semblait s'intéresser à votre intégration dans l'entreprise semble ne plus vous voir et ne répond pas à vos "bonjours". Telle autre qui s'était proposée de vous aider semble vous fuir tant elle disparaît dès que vous êtes en approche. A la cantine, pardon, au "restaurant d'entreprise" personne ne vient manger ses frites grasses avec vous ou alors seulement la timbrée du courrier.

Et pourtant... vous l'avez voulu ce CDI. Vous en avez fait des pieds et des mains pour le décrocher! trois mois après vous réfléchissez déjà à la méthode la moins pénalisante pour déchirer le contrat de travail sans y laisser trop de plumes.

Le boulot; quand ça ne va pas, c'est tout simplement l'enfer. Et l'on se cache le nombre de psychopathes, de sadiques, de pervers, de crétins et de déprimés que recèlent les fichiers de salariés. Il n'y a guère qu'au cinéma que l'on semble s'épanouir au travail! c'est ben simple: même l'ennui mortel des "pots" d'entreprise semble gommée et on jurerait y entendre des rires et de la spontanéité.

 

 

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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 07:00

Film Français de Yves Boisset (1970) avec Michel Bouquet, Théo Sarapo, Henri Garcin, Françoise Fabian, Bernard Fresson, Rufus, Adolfo Celli et Michel Constantin.

J'ai vu (revu?) ce vieux film sur Arte le 4 octobre et ai été surpris par sa violence, sa dureté, le jeu de Michel Bouquet et son côté dépassé de polar-politique post soixante-huitard. Yves Boisset est connu pour ses films coup-de-poing peu nuancés voire manichéens. Ce "Condé" là exploite la veine des policiers-justiciers peu regardants (c'est un euphémisme!) sur leurs méthodes. On songe au Charles Bronson justicier ou aux Clint Eastwood de la même époque. Michel Bouquet y est un flic impitoyable et manipulateur qui se fait justice lui-même pour venger un collègue assassiné par des truands caricaturaux. Il est tout d'une pièce, animé par une colère froide et un sentiment d'impunité totale. Il ne déserre quasiment pas les dents et sa bouche est un trait amer. Dans les films de cette décennie truands et policiers portent chapeau, fument à chaque plan, conduisent des voitures de sport (Alpine, Triumph) et sont plus armés que la Deuxième DB. On tue plus qu'à Stalingrad et la mort est très photogénique. Constantin meurt poétiquement, presque philosophiquement!

Le dialogue est édifiant: "Tu as un flingue, moi aussi mais je suis assermenté", "le boulot de flic consiste à fouiller les poubelles, "Il faut que je l'interroge. Oui, la police interroge les victimes, pas les coupables", "C'était un flic honnête. Un naïf, quoi. "La police c'est un métier sale qu'on ne peut faire que salement" et enfin, la meilleure formule: "la fonction de policier n'est pas une fonction noble. Un corps qui fonctionne bien produit des déchets. Il convient de les éliminer convenablement. Les fonctions d'élimination doivent être assurées rapidement, proprement et discrètement". Sans humour ces citations montrent la pesanteur du propos et le moralisme de l'affaire.

A l'époque le film avait choqué mais avait aussi, paradoxalement, profité de la publicité involontaire donnée par le ministre de l'intérieur Marcellin qui avait essayé de censurer le film et même de l'interdire en partie, eu égard à la violence des situations et au propos antiflic évident. La scène "difficile" du tabassage de Rufus n'y étant pas pour rien.

Que reste t'il, 51 ans après, de cette écume là? un ennui, des scènes vues partout, un propos juste mais exagéré, et un film ennuyeux et prévisible. Le seul personnage féminin, joué par Françoise Fabian est inexistant et faible. C'est "sois belle et tais-toi".

Du cinéma qui n'a pas bien vieilli et qui du propos à la mise en scène accuse son âge.

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11 octobre 2021 1 11 /10 /octobre /2021 07:00

Après une journée passée à Paris j'ai repris le TGV de 19H00 pour retourner dans ma bonne ville de Haute-Garonne qui me manquait déjà! Fatigué et décidé à éviter le métro plus le tramway je choisis un taxi, lumière verte allumée mais sans chauffeur. Celui-ci était sur le parvis de la gare, fumait et buvait un café. M'apercevant il vint vers sa voiture, mais sans se presser.

Une fois dans la Mercedes rutilante extérieurement et impeccable intérieurement il entama la discussion par deux ou trois banalités d'usage. L'observant rapidement je lui donnais une petite trentaine.

Au pont de la Halle aux Grains, à quatre minutes de la gare, le chauffeur se met à parler du pass et des manifestations anti-pass.  Je n'ai pas eu le temps de dire "ouf" que le couplet complotiste ("c'est la faute du gouvernement global", "les laboratoires (médicaux) se goinfrent par milliards (sic), les adolescents de 12 à 17 ans vont tomber comme des mouches (après la vaccination. re-sic) et enfin "le vaccin ne sert à rien"(re-re-sic) m'était servi sans omettre une virgule et un argument.

Dans le fond de mon fauteuil en cuir blanc je me posais la question de savoir si je répondais aux pauvres arguments du chauffeur ou si je lui intimais de se taire. Après tout je n'étais pas obligé d'écouter ces conneries. La course n'était pas gratuite et j'avais, il me semble, le droit d'avoir la paix et de ne pas entendre des fadaises après une journée épuisante.

Finalement je me suis tu, j'ai même vaguement grommelé de temps à autres lui donnant à penser que je l'approuvais et, lorsqu'il m'a enfin laissé devant chez moi.... je lui ai laissé un pourboire.

Il n'y a pas de quoi être fier!

 

 

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8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 07:00

Je confesse à nouveau faire une réelle "fixette" sur les Beatles et ce depuis la déflagration qu'a été pour moi l'écoute de l'album "Abbey road" sur l'instigation de mon frère qui, ceci le prouve, n'a pas que des torts. 

Comme de nombreux représentants de ma classe d'âge les Beatles ont marqué d'une trace indélébile et sans doute exagérée notre adolescence en particulier mais aussi, d'une certaine manière, toute notre vie. 

Je n'en suis pas au stade de mon ami L***  qui a TOUT acheté, dans tous les formats et dont la collection monumentale comprend jusqu'à la discographie de Yoko Ono,et celle de Linda McCartney.

J'ai, moi aussi, guetté le 45tours de George, l'album de Paul ou le CD collector des quatre. Quand les disques n'ont plus suffit il y a eu les livres, les vidéos, les DVD et je dois en oublier. Nous avons eu du mal à vivre dans un monde où leur influence, prépondérante à leur apogée, est devenue moins importante puis marginale au fil des années. Aujourd'hui seul (ou presque) Paul maintient le flambeau avec un regain de créativité et une capacité stupéfiante à composer encore et toujours des titres séduisants. Son public a vieilli avec lui et les deux sombrent petit à petit.

Décédé en 2001, Beatle-George (il haïssait qu'on l'appelle ainsi!) est plus oublié encore. Lui aussi semble n'être reconnu par la postérité que pour deux titres (mais quels titres...) de sa carrière solo à éclipses "My Sweet Lord" et "Got my mind set on You" (dont il n'était qu'un interprète).

Le batteur, Ringo Starr, n'ayant vécu toute l'affaire qu'en qualité de super-témoin privilégié n'existe plus, médiatiquement et musicalement. Non qu'il n'ait pas de talent mais parce qu'il n'était tout simplement pas au niveau des trois autres. (tout en étant bien meilleur musicien qu'on ne le dit).

Parmi les raretés âprement disputées par les fans, groupies et autres discophiles le coffret de mai 70 "Let it Be" avec son carton comprenant le vinyl 33t1/3 et un livre des photos du film fait figure de Graal. ll me restait le livret, en mauvais état mais à moins de n'avoir jamais ouvert le coffret ils le sont tous, mauvaise colle et défaut d'impression obligent, et le disque vinyl. Le carton Garrod & Lofthouse ayant disparu depuis 51 ans au moins.

Dimanche, aux Brocantes François Verdier, sur une pile de vieux vinyls oubliés j'avise le carton noir dans un état correct. J'ouvre le coffret il y a bien la découpe en carton noir dans lequel s'insère le livre. Absent dans le cas qui me préoccupe. Je cherche le responsable du stand et vois une dame, occupée à discuter avec un prospect. Je me fais tout sucre (mais pas tout miel), prêt à lâcher 100/150€ pour l'objet de ma convoitise.

Je lui demande, l'air de rien (ne pas montrer que je tire la langue, que j'ai des palpitations, que je sue à grosses gouttes et que JE VEUX CE CARTON) combien elle demande pour l'objet. Elle me regarde, me dit: "il n'y a pas le disque dedans, prenez-le, je vous le donne".  Comme dans la chanson je défaille. Pas longtemps! Je la remercie sans en faire trop et pars avec ma pochette sans demander mon reste. Des fois qu'elle se ravise! son interlocuteur, qui n'a rien perdu de notre échange, me regarde avec un drôle d'air. Comme s'il avait compris que je venais de faire une bonne affaire mais surtout de trouver quelque chose que je cherchais depuis longtemps.

Je regarde le carton une fois à bonne distance du marché à la brocante. C'est bien lui. Le seul, le vrai, l'unique. En état plutôt flatteur quand on sait combien tout l'ensemble était fragile à l'époque de la sortie. pour une bonne surprise c'est une bonne surprise!

J'ai nettoyé l'ensemble au coton-tige imbibé d'eau-oxygénée. Il a franchi un nouveau seuil de propreté. Et puis, une fois l'excitation retombée, j'ai trouvé la pochette triste et les photos moches.. 

Encore un truc que mes enfants jetteront dans les bacs papier de la déchetterie quand je ne serais plus là!

 

 

 

                                                           

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