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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 07:00

Je reste (ou deviens) optimiste. Je suis incapable de comprendre et de m'associer à toutes ces études qui soulignent le pessimisme des Français, leur désaffection face à la politique, leur colère et leur manque d'espoir en l'Avenir.

Sans être le "ravi de la crèche" j'estime que notre pays va plutôt pas mal, qu'à part des "gens" comme Cahuzac ou Fillon les politiques Français ne doivent pas nous faire rougir, que l'Avenir, sans être radieux a de quoi nous captiver et, en fin de compte que nous vivons une période ni plus excitante ni pire que celles qui l'ont précédées.

Évidemment il y a beaucoup de choses qui ne vont pas et d'abord la confiscation par les plus riches des fruits du travail de tous, je n'oublie pas non plus les scandales dus à l'immoralité et à la rapacité des laboratoires pharmaceutiques ni à celles des industriels de la malbouffe. La pollution m'inquiète et l'instabilité du monde aussi.

Mais je reste persuadé que l'Homme trouvera dans sa réflexion les solutions pour que ce désastre écologique qu'on nous impute et dont on veut se servir à des fins politiques et idéologiques soit tempéré et contourné.

Je ne crois pas non plus à l'affrontement armé entre les croyants fanatisés et la civilisation des loisirs...

Je sais reconnaître les bons et les mauvais même si ces derniers s'avancent masqués. Je pense que les peuples ont beaucoup appris et que nous sommes désormais prévenus contre ceux que j'appelle "les néfastes".

 

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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 07:00

En général les "grand hommes morts" se parent, avec le temps, de qualités tellement nombreuses et élevées qu'ils semblent définitivement s'éloigner du commun des mortels.

Il n'y en a qu'un qui, plus le temps passe, voit s'ébrécher sa statue et écorner sa légende. Je veux parler d'Yves Montand qui, allez savoir pourquoi,  n'est évoqué que  négativement.

Le seul? non. Henri Salvador partage avec lui ce purgatoire médiatique qui met à mal ce paradoxe qui fait qu'à l'instant de son trépas le mort se pare instantanément de toutes les vertus et qualités qui lui avaient fait défaut une heure avant.

C'en était presque drôle tant l'éloge funèbre était parfois "énorme". Le décès de Jacques Chirac en a été l'illustration par l'absurde.

Quand on accompagne quelqu'un à la tombe ne reviennent en mémoire que les bons moments et les aspects les plus positifs de la personne décédée. Ce n'est qu'après que le portrait nuancé se dessine puis s'impose.

Pour les célébrités il apparaît -sauf cas rares- qu'immédiatement la personnalité est comme transfigurée. Les trompettes célestes vous lessivent les âmes les plus noires pour en faire des Saints laïques du plus bel effet. Tel ou telle dont chacun a connaissance du caractère "contrasté" et des agissements douteux, ripoliné et verni, fait figure de regretté sans aspérités.

Le trépassé rirait lui-même s'il pouvait entendre la litanie de compliments et la ferveur des hommages qui sont adressés à sa dépouille mortelle.

Je reviens sur le cas Montand qui est, à ma connaissance, le seul "cher disparu" que l'on évoque pour ne jeter qu'une pelletée d'ordures sur sa sépulture et sa mémoire.

Il ne mérite sans doute pas cet excès d'honneur!

 

 

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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 07:00

Il n'y a pas lieu de se désespérer de la médiocrité de la télévision en général. D'abord parce qu'elle n'est pas ou plus le loisir unique, ensuite parce qu'elle est diverse.

Prenez ce qu'on appelle la "télé-réalité": c'est sans doute un de ses avatars les plus gluants, médiocres et révoltant. Je veux dire qu'il contient ce que la télévision fait de pire en matière de programme.

Eh bien la chaîne "Planète + Crime Investigation" a inventé et réalisé une "télé-réalité" unique en son genre: "dans la tête d'un juré" se proposait, en temps presque réel, de nous faire nous mettre à la place d'hommes et de femmes sélectionnés pour être jurés d'Assises et de décider du sort d'un homme "coupable" d'un meurtre particulièrement ignoble. 
La reconstitution de la salle, des intervenants (témoins, médecin légiste, familles, avocat général, enquêteurs, avocats de la partie civile et de la défense, experts...) tous comédiens jouant leur rôle à la perfection mettait à leur insu les jurés dans leur rôle comme si c'était vrai. Jusqu'aux pièces à conviction qui semblaient plus authentiques que des vraies!
Comme si c'était vrai? oui. Ils ne savaient pas qu'ils étaient dans un faux procès et donc que les enjeux étaient nuls.

De ce  fait il était passionnant de voir la rigueur, le sérieux, la vigilance et, disons-le, l’intelligence qu'ils mettaient dans ce rôle citoyen qui, littéralement, "leur tombait dessus".

On a tendance à croire que les jurés populaires ont la main lourde et surtout qu'ils possèdent les défauts de ceux qui les composent: ce document sobre et profond s'inscrivait en faux. La prison, les circonstances atténuantes, les antécédents de l'accusé, les circonstances du passage à l'acte, les derniers instants de la victime; tout était pesé avec humanité. Personne n'influençait personne, même de manière subliminale.

On était loin des clichés et le procédé était déroutant mais intéressant. Quand la télévision veut.... elle peut.

 

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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 07:00

En 2003, un tueur en série manipulé par des avocats et le torchon local ivre de jalousie livraient à la vindicte médiatique le nom de Dominique Baudis, responsable de l'audiovisuel en France et maire de Toulouse  en ajoutant son nom dans une effroyable affaire de mœurs, de viols, et de meurtres.

Ses dénégations, sa stupeur d'être mêlé à une affaire aussi sordide (dénoncé par des prostituées et un travesti mythomanes) ne lui permirent pas de se laver des accusations tant le torrent de boue qui visait à le détruire était fort.

Plus jamais,  après "l'affaire Alègre", Baudis ne fut le même. Son fils, alors adolescent fut la victime collatérale d'après ce que dirent mes enfants qui étaient dans le même lycée.

Déjà à cette époque les hyènes ne lâchaient pas leur proie, essayant de la pousser au suicide et ce par tous les moyens.

Et cette ignominie, au départ liée à une rivalité politique, fut poussée jusqu'à ses limites extrêmes: arrivés au bout de la calomnie et de l'abjection les fouilleurs de poubelles n'ont plus que la fosse d'aisance à curer...

Dans la hargne mauvaise des mêmes hyènes après Roman Polanski je vois -peut-être en me trompant- la même jubilation méchante, une semblable envie de meurtre symbolique.
L'exagération (l'inflation ridicule du nombre de victimes de viols par le cinéaste), l'acharnement (la principale affaire et seule avérée date de 1977) et la condamnation sans appel du tribunal médiatique (me) laissent un goût de cendres. Et si.....

Polanski a été emporté par la Shoah. Plus tard il a vu sa femme, enceinte de 8 mois, massacrée par des cinglés dont un gourou fascinant les médias...

Adèle Machin et les féministes me semblent trop "témoins à charge" pour qu'en cette affaire justice soit sinon rendue du moins respectée.

 

 

 

 

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3 mars 2020 2 03 /03 /mars /2020 08:31

Tout a été dit sur la purge qu'est la remise des César et sa diffusion télévisée en particulier.

Rien de plus factice que cette pseudo "grande famille du cinéma". Rien? si! la sensation très forte que le public est quantité négligeable, les films sélectionnés et récompensés étant de manière à peine voilée ceux choisis par la frange la plus prétentieuse des "professionnels de la profession".

On assiste là à une soirée privée avec la même sensation qu'aurait eue un manant assistant au souper du Roi Louis XIV. Condescendance, préciosité et mépris inclus.

Comme à l'époque du Roi-Soleil des hommes et des femmes attifés comme au carnaval se font des salamalecs en se présentant leurs descendants appelés à reprendre les charges parentales. Dynasties au rabais les fils et filles de remplissent la salle Pleyel et se préparent à toucher de gros cachets que leur vaut leur immense talent héréditaire.

On distingue des films emmerdants comme un dimanche de novembre, on célèbre des longs-métrages "engagés", on se pousse du coude pour être féministe ou guévariste selon la tendance du moment et on s'adore devant les caméras avant de se détester au Fouquet's pour l'after.

Quoi de plus insupportable que ces passages convenus de rire forcé, de fausses audaces, de vocabulaire compassé, de discours préparés, de remerciement sans fin et de "combats" hypocrites?

Avec "le palmarès du festival de Cannes", les "Molière", les "Victoires" de la musique, classique ou de variété etc. ces soirées de remises de prix sont l'un des plus grands pensums que (presque) plus personne ne regarde. Qui, à part au travail, s'imposerait un tel ennui?

 

 

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3 mars 2020 2 03 /03 /mars /2020 07:00

Revenons un instant sur la "soirée des César" de cette année. Notons au passage que le jugement s'applique parfaitement aux "Molière", aux Palmarès du Festival de Cannes, aux "Victoires" de la Musique (classique et de variétés), aux "Oscar" et à toutes ces remises de trophées aux "professionnels de la profession": on s'y emmerde ferme parce qu'il n'est pas possible de faire autrement.
Petits déjà les remises de prix et autres tableau d'honneur ne nous intéressaient que si notre nom était cité dans un rang élevé...

L'inflation de prix et de remises de hochets au plus obscur des machinos, la litanie de remerciements, les faux suspenses, les gaffes, les textes convenus et les plans de caméra évidents rendent ces manifestations assommantes. Quand on en a vu une ( à fortiori 3 ou 4) on les a toutes vues.

Et cette cérémonie des César est sans doute -avec Cannes- la plus ennuyeuse: le spectateur est "exclu" de la soirée: il assiste, comme un valet, à la récréation des puissants. il voit des riches faire étalage de leurs privilèges et est contenu physiquement par des barrières et un service d'ordre, moralement par un vocabulaire et des mœurs le maintenant loin. Un paysan débarquant au "petit lever" du Roi Louis XIV donne l'idée qui existe de la distance entre ces jargonneux du cinéma et le public.  D'autant que pour continuer sur la comparaison avec l'ancien régime, des dynasties cooptées trustent désormais les casting..

Ecartés les spectateurs? ô, pas tous... les lecteurs de Télérama et ceux des "Cahiers" croient faire partie du jeu parce qu'ils aiment les mêmes choses absconses et politisées mais ils sont dans l'illusion. Ils ne votent pas pour les sélections et ne dînent pas au Fouquet's après les César.

Journalistes spécialisés (comme la dinde Eva Bettan de France Inter) et émissions consacrées privilégient systématiquement le film Kurde sous-titré en roumain ou une purge intello prétentieuse (pléonasme) vue par 12 spectateurs en France.

Ils peuvent réfléchir pendant un an la solution pour rendre attractive la "soirée des César" n'existe pas. Même réduite à une durée de 5 minutes elle sera chiante.

Évidemment ce point de vue n'engage que moi!

 

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 07:00

Contraint de m'économiser je regarde des podcasts un peu dans le désordre. J'ai ainsi visionné l'intégrale du concert à Hyde Park (Londres) qu'ont donné les Rolling Stones en juillet 2013.

Quarante ans auparavant ces mêmes Stones avaient donné au même endroit une prestation (gratuite!) légendaire: il s'agissait d'introniser Mick Taylor, le remplaçant du multi-instrumentiste et fondateur du groupe Brian Jones.

Le décès au fond d'une piscine de ce dernier dans la maison de Winnie l'ourson en décida autrement et le concert de Hyde Park en juillet 69 devint un hommage à Jones.

A un moment du concert le plus récent Jagger annonce Mick Taylor devenu une sorte de camionneur difforme et sinistre. Parti en 1975 du groupe il était là en "guest-star" ayant conservé sinon son aura du moins sa virtuosité sur un "Midnight rambler" d'anthologie.

Autre personnage important le saxophoniste, mort en 2014, m'a permis de comprendre  la période du concert auquel j'assistais. Le pauvre Bobby Keys portait sur sa figure sa fin prochaine, son talent intact.

Mick Jagger, silhouette d'elfe et visage buriné donnait une prestation de diva androgyne: voix grave et tortillements du corps. Le spectacle était dans les expressions des visages de Keith Richards et Ronnie Wood aux "changements de robe" de leur front-man.  Les spectateurs viennent précisément pour voir un show immuable et entendre quinze à vingt titres inamovibles du trio original, du quatuor depuis 75 et de la troupe du moment. Lisa Fisher (très en forme(s), Bernard Fowler, Daryl Jones, Chuck Leavell.... indispensables sidesmen.

L'audience était innombrable, jeune et heureuse. Le cameraman s'attardait sur des filles à la beauté stupéfiante. le crépuscule tombait doucement sur une sublime nuit d'été.

Les Rolling Stones et leurs acolytes donnaient une prestation convenue, attendue mais parfaite. deux sommets: "Midnight Rambler" (déjà cité) et "You can't always get what you want" avec, comme dans "Let it bleed" une chorale classique absolument magnifique.

Seule surprise dans le set la présence de "Doom and gloom" un titre (assez) récent et peu connu, ici très bien rendu.

"Start me up", "Satisfaction", "Ruby Tuesday", "Brown Sugar", "You got the silver" (de toute beauté), "Happy", "Gimme shelter", "Street fighting-man", "Jumping jack flash","Midnight rambler", "It's only rock'n roll", "You can't allways get what you want", "Doom and gloom", "Hunky Tonk Woman" et "Sympathy for the devil" furent interprétés avec ce qu'il faut d'âme et de plaisir.

Si Keith Richards est dans l'amitié et la connivence avec les musiciens Jagger donne l'impression d'être seul dans sa tour d'ivoire. Il fait une prestation solo tout en jouant dans un groupe avec lequel il n'a pratiquement pas d'échanges.

Il fait ça depuis si longtemps............

La tournée "No Filter" est en cours ou va avoir lieu, en 2020, aux USA. Je ne suis pas certain que le "But I like it" soit à ajouter au titre de 1974: "It's only rock n'roll".

 

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 07:00

Avez-vous remarqué que la publicité, souvent, nous "engueule" pour le passé et s'affranchit de toute critique pour elle-même? un spot pour les voitures tchèques Skoda nous dit carrément, photos de coupes de cheveux "mulet" et fringues aux couleurs gerbantes aidant, que nous aussi (sous-entendu "comme la gamme Skoda" des années 90) nous étions moches. Bref eux ont changé et on est priés de changer vite-fait.

(notons qu'au passage ils reconnaissent implicitement que leurs voitures, à cette époque, n'étaient pas stylées.)

Autre cas, un grincheux qui grimace en avalant une cuillerée de soupe industrielle. "trop salée" constate t'il sévèrement. Là nous sommes clairement interpellés pour avoir consommé, sans rien dire, des potages au goût de saumure. Même constat: ce n'est pas Liebig le responsable mais l'acheteur de ces produits industriels qualitativement discutables.

Heureusement, et il ne nous reste qu'à le croire, Skoda construit désormais des voitures aux formes magnifiques tandis que Liebig prépare industriellement des soupes dignes des livres de cuisine de nos aïeux...

....Et on doit avaler ça!

Qui a farci ses préparations d'huile de palme, d'exhausteurs de goût, d'arômes artificiels, de colorants chimiques, d'épaississants et autres ? les mêmes industriels de la malbouffe qui, la main sur le cœur viennent nous parler de bio et de la qualité irréprochable de leurs produits. Qui essaie de nous les faire acheter en utilisant les mêmes méthodes qu'autrefois affinées par l'expérience? les mêmes publicitaires méprisants.

Tous se conduisent comme le malotru qui vous bouscule et vous insulte d'être dans son chemin.

On devrait collectivement refuser ce modèle consumériste qui nous oppresse et nous ruine. 

 

 

 

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 07:00

Existe t'il une autre voie entre les nouvelles con-cons de Pernault (TF1, 13H00) et celles, démoralisantes de quasiment toutes les autres chaînes?

Peut-on échapper à la sinistrose de l'information?

Y a t'il place pour des actualités complètes qui ne soient pas angoissantes?

Qu'est censé apporter aux spectateurs captifs une litanie de calamités et d'horreurs?

Comment, par exemple, est-t'on supposés réagir devant l'abomination Russo-Syrienne en cours?

On se souvient qu'en 1968 l'irruption d'images sans fard des "opérations" au Vietnam a changé et le cours de la guerre et son approbation par le peuple américain. Et ce n'est qu'un exemple. Ceci pour dire qu'il ne s'agit pas de se soustraire aux nouvelles du Monde mais de les gérer pour soi-même.

Personne n'est pour une actualité "disney-isée" dans laquelle l'information serait ripolinée façon Stéphane Bern ou le Pernault déjà cité.

Cependant. Cependant. Ne sommes-nous pas trop soumis à un flot impétueux et jamais diminué d'informations largement stressantes qui nous paralysent en rappelant et notre impuissance et notre indifférence?

Pour ma part je découvre des journées sans informations avec délectation.

C'est un peu l'histoire enfantine qu'on se racontait du fou qui se tape la tête contre le mur. Lorsqu'on lui demande le pourquoi de cette étrange manie il répond: "ça fait tant de bien quand j'arrête"!

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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 07:00

Entre deux jobs j'ai vaguement travaillé dans un "cabinet de gestion de patrimoine. Des bureaux beaux et bien situés, l'ambiance était sympathique et les rentrées d'argent l'étaient aussi. J'avais réussi à n'être pas trop mauvais dans cet exercice même si je ne maîtrisais pas entièrement le process et pouvais, parfois, être sec si mon vis-à-vis me poussait dans mes retranchements.
Je réussissais mieux lorsque le couple de prospects en face de moi était dominé par la femme et que celle-ci me faisait confiance. Car le client type était un couple de particuliers payant un certain montant d'impôt sur le revenu. Les rendez-vous étaient pris par une équipe d'escrocs qui entendaient "oui" lorsqu'on leur disait "non" et "peut-être" lorsqu'on les envoyait au diable.
Je réussissais, tant bien que mal, à vendre 2 ou 3 biens tous les deux ou trois mois, ce qui n'était pas honteux, financièrement s'entend. Le dispositif était garanti par l'état.

Je me revois avec l'équipe constituée d'un directeur assez agréable, d'une vendeuse très "fashionista" plutôt belle et de quinze ans ma cadette et d'un commercial pas trop motivé.

 Presque immédiatement j'ai senti que j'intéressais la jeune femme. J'étais sincèrement sage à cette époque et n'envisageais aucune entorse à cette règle non écrite. Mais je n'étais pas insensible à la Belle et étais flatté de lui plaire. 

Nous allions parfois en clientèle ensemble (nous partageant les commissions) et sa connaissance du produit et la confiance que j'inspirais nous faisaient obtenir de bons résultats. Son regard se faisait parfois insistant et, sans me tromper, je sentais bien que si nos genoux ou nos jambes se touchaient parfois sous la table le hasard n'y était pour rien.
Nous déjeunions ensemble et nos rendez-vous avaient souvent lieu en fin d'après midi. Du coup il arrivait que nous discutions des rendez-vous, après qu'ils aient eu lieu, devant un verre à l'heure du dîner.

N'éprouvant aucun sentiment autre que le plaisir de cette séduction j'observais tout cela d'un oeil détaché et l'aventure était des plus plaisantes. Car l'aventure prenait forme. Nous ne prenions qu'une voiture. nous attendions l'heure du rendez-vous dans le véhicule et, un homme et une femme qui ont du temps et de l'attirance l'un pour l'autre trouvent vite comment meubler l'attente.
Certains clients potentiels nous ont parfois dévisagés comme si nos activités de préparation des rendez-vous se lisaient sur nos mises...

Car nous avions franchi le pas et passé notre premier "5 à 7" ensemble. Et il avait été très au-dessus des promesses. Nous étions dans l'impossibilité de s'accueillir mutuellement chez nous et avons dressé une sorte de guide Michelin des endroits acceptant les escapades de 2 à 4 heures l'après-midi.

Il n'y avait de sentiments, je crois, ni d'un côté ni de l'autre. Juste une attirance physique évidente et l'envie de ne pas se poser trop de questions.
Je me souviens d'une vente (le process prévoyait deux rendez-vous assez rapprochés) pendant laquelle je parlais en sentant son regard sur moi. Puis elle a pris le relais et, soudain, s'est tue en me regardant pendant un temps qui m'a semblé très long.

Les clients aussi nous regardaient se demandant ce qu'il se passait.

L'histoire a été assez courte -5 ou 6 mois- comme toutes les histoires où seule une attirance physique est en cause. Ma "partenaire" est devenue pénible et agressive et la vie au cabinet a pris un tour pesant. Heureusement moins d'une quinzaine après la rupture je commençais un nouveau boulot et partais trois semaines en formation à Paris.

Je l'ai aperçue une fois ou deux depuis et nous nous saluons comme deux étrangers. Nous avons oublié la buée sur les vitres de la Golf, le fou-rire à Montgiscard et les péripéties de l'hôtel de l'Ours Blanc. Par contre la soirée devant la cheminée du bar allemand de Cornebarrieu je suis prêt à parier qu'elle s'en souvient comme si c'était hier!

Nos relations devaient sauter aux yeux du cabinet mais nous faisions en sorte de ne pas donner de preuves. Nous arrivions chacun notre tour avec un délai de décence.
Une seule fois cette aventure aurait pu mal tourner lorsque nous sommes tombés nez-à-nez, sans équivoque possible, devant une amie à moi qui avait oublié d'être stupide.

Elle n'en a jamais parlé, ni à moi ni à d'autres et a gardé ses questions en ne faisant aucune allusion. La vraie classe.

 

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