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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 06:50

Moi je vois le succès des "Tuche 2" (qui en est à 3 000 000 de spectateurs en 2 semaines) comme la preuve tangible que le pays est en coma dépassé.
Je m'explique. Je n'ai rien contre Jean Paul Rouve (qui était formidable dans "Podium") et encore moins contre Isabelle Nanty (dont j'ai dit beaucoup de bien récemment et entre autres vérités qu'elle sauvait le "Agathe Cléry" d'Etienne Chatiliez). J'adore Claire Nadeau qui, bien que sous-utilisée et encore moins reconnue est une des comédiennes Française au plus fort potentiel comique. Je n'ai rien non plus contre les comédies qui se moquent des Français et de leurs travers, qui prennent des archétypes pour en faire des caricatures grotesques quoi que...Comme jadis les "Deschiens" il y a un snobisme très "show-business" qui consiste à se moquer du peuple tout en s'en défendant.
La critique, faux-cul et complice parle alors de "tendresse" et hop, c'est emballé.

Les Tuche 2, donc que je n'ai pas vu et n'irai pas voir est dans la lignée de ces films qui caricaturent.... leur coeur de cible, façon "Camping" et autres "Ch'tis".

Il est réalisé par la moitié la moins intéressante de l'ex duo comique Kad et Olivier, un authentique bon à rien qui surfe sur le pessimisme du pays et sa soif de divertissement bas du plafond.

J'avais vu un film qu'il avait signé, "Safari" (en DVD) et n'ai pas de mot(s) pour définir la bouse filmique qui avait ce titre. Qu'on puisse appeler ça du cinéma me rend perplexe. C'était plutôt une longue enfilade de sketches foireux et vulgaires qu'un CM2 des années 60 aurait boudée.

Les Tuche 2 est un carton. Tous les 2 ans les frontons des cinémas afficheront désormais les séquels et le public se précipitera pour ricaner en engloutissant des pop-corns arrosés de soda.

Comme disait Proust (Gaspard, pas Marcel!): "Elle est pas belle la vie?"

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 06:23

J'ai revu le film d'Olivier Hirschbiegel "la Chute" qui narre les derniers jours d'Hitler, des derniers de ses fidèles et de Berlin peu avant le suicide du Führer et la reddition sans condition de l'Allemagne en avril et mai 1945.

Comme lors de sa première vision je suis ébahi par Bruno Ganz qui est ici habité et qui campe un Hitler plus vrai que nature. Quand il pique une de ses célèbres colères toute la folie du modèle semble se livrer à nous.
Atteint de la maladie de Parkinson, obnubilé par des détails, passant de l'abattement à l'invective et de la mansuétude à la cruauté la plus sauvage le Hitler des derniers jours est un chef d'état et de guerre dont on se demande stupéfait s'il a toute sa raison.
C'est trop commode d'évacuer sa responsabilité en répondant par la négative et cela ne permettrait pas de dédouaner un peuple qui a confié les rênes de la démocratie à un cinglé criminel. (qui, de plus, n'avait pas caché ses noirs desseins)

Je penche plutôt pour une sorte de naufrage progressif dû à l'abus de drogues, un régime stupide, une personnalité instable, une adoration incompréhensible et les circonstances qui ont fait d'un caporal inculte le chef incontesté d'un des pays les plus avancés de la planète au début du XXème siècle.

La défaite de la guerre de 14-18 et l'humiliation supposée du traité de Versailles venant ajouter du chaos mais n'en étant pas, comme on le dit trop souvent, la cause principale.

N'oublions pas les forces révolutionnaires prêtes à submerger l'Allemagne et la faiblesse intrinsèque de la "République de Weimar" et on a le cocktail morbide qui a conduit un homme certainement perturbé et non moins certainement démagogue à la chancellerie.

Autour de ce chef qui vit dans le déni des militaires à la fois serviles et cruels, jaloux les uns des autres mais tous prêts à mourir pour Hitler alors même qu'il en constatent la folie meurtrière et les raisonnements déments.

Complètent le tableau une Eva Braun presque déficiente mentale tant elle est stupide, des dignitaires fanatiques et un pouvoir qui se délite tandis que chacun hésite entre le "sauve qui peut" et un suicide crépusculaire et inutile.

Tout ceci le film "La chute" le montre et le démontre, sans faillir. Une précision d'entomologiste et aucune complaisance. On a parfois l'impression d'un reportage ou d'un documentaire.
Une seule vraie critique: l'acteur qui interprète Goebbels a une "trop sale gueule". Ses actes et ses paroles suffisent, inutile en plus de lui prêter un physique de dément criminel...

C'est d'ailleurs, je le répète, le risque de toute reconstitution de cette époque: en faire trop et donner un caractère démoniaque à ses acteurs. Leurs actes étaient réfléchis, pensés. Ils savaient pourquoi ils les commettaient et n'en rougissaient pas. pire ils en étaient fiers.

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 06:37

Si j'émets les plus expresses réserves sur la première partie professionnelle de la carrière d'Etienne Chatiliez dans la publicité je considère qu'au cinéma il a renouvelé la comédie "à la Française" et signé quelques unes des meilleures des vingt dernières années.
Avec "Tanguy", "Tatie Danielle" et surtout "La confiance règne" Chatiliez est le réalisateur de trois comédies aussi réussies que novatrices.
On se souvient aussi de "La vie est un long fleuve tranquille" savoureux et du "Bonheur est dans le pré" particulièrement réussi.
On peut oublier "Agathe Cléry" (malgré quelques bons moments et des trouvailles scénaristiques) comme on a complètement oublié "Oncle Charles".

Chatiliez possède une "patte" faite de rythme, de couleurs, de dialogues (en baisse très nette dans ses deux derniers films) et un recours à des comédiens impeccables.

Sabine Azéma, Carmen Maura et Eddy Mitchell sont royaux dans "Le bonheur...", Sabine Azéma est impériale dans "Tanguy" et son partenaire Andre Dussolier ne lui cèle en rien, Vincent Lindon comme Cécile de France est exceptionnel dans "La confiance..." et on pourrait continuer longtemps ainsi car lorsqu'il fait appel à des comédiens connus Chatiliez leur donne des occasions de donner d'autres facettes d'eux-mêmes et qu'il a aussi révélé des acteurs qui ont fait leurs preuves ensuite. Eric Berger ("Tanguy") ou Eric Prat (le danseur de Sirtaki de "Tatie Danielle").
Une mention particulière aux prestations de Patrick Bouchitey en prêtre, à Isabelle Nanty excellente dans "Tatie" comme dans "Agathe Clery", à Tsilla Chelton (la fameuse Tatie Danielle qui, ne nous connaissant pas encore nous détestait déjà selon le slogan du film) à Hélène Duc magnifique belle-mère dans "Tanguy" et, naturellement, Catherine Jacob inoubliable bonne enceinte sans avoir couché...

En demandant à des comédiens qui viennent de tout sauf de Canal+ et des filières du comique "krypté" Chatiliez a fait un choix gagnant. Lorsqu'il a cru devoir céder à cette impossible loi qui veut que le comique vient de là, en faisant tourner Antony Kavannagh (Agathe Clery) il a manqué son but et montré à quel point on attend autre chose de lui.

On ne tire pas sur une ambulance: Agathe Cléry est un ratage et Valérie Lemercier n'y est pour rien. Clin d'yeux nombrilistes, autocitations, dialogue parfois vulgaire, comédiens principaux peu concernés (Jean Rochefort entre autres) le film ne possède que par instants le savoir-faire et l'humour décalé du réalisateur.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 06:19

Une autre voix féminine me plaît énormément depuis que je la connais: celle de l'Irlandaise Sinéad O'Connor.

Je n'aime pas tout d'elle et, par exemple, ne supporte pas le "Nothing compares to U" de Prince dont elle a fait une version qu'on entend partout, à tort et à travers.
Pour moi c'est lorsqu'elle est proche de l'Irlande qu'elle fait passer le plus d'émotions. J'adore son album "Sean-Nôs Nua" que j'ai "usé" et certaines chansons de "How about I be me (and You be you)".
J'ai un authentique coup de coeur pour la chanson extraite de la bande originale du magnifique film "Au nom du père" au titre cucul inversement proportionnel à l'émotion qui s'en dégage: "You made me the thief of your heart". Une splendeur.

Sa vision de "London town" aussi est superbe.

Cette chanteuse à la vie compliquée et aux positions politiques rigides et heurtées peut surprendre par son impossibilité à faire des concessions. En tant que chanteuse elle est irréprochable et sa voix ferait fondre le plus sec des auditeurs. La fragilité et la détermination qui s'en dégagent sont garants de son authenticité.

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 07:10

Juste un petit paragraphe écrit avant mon départ pour les vacances au soleil et dicté par l'ahurissement qui m'a saisi en apprenant que Jean-François Copé, ce qui se fait de pire en politique de nos jours, est candidat à la primaire de la droite.
Copé est tellement "pourri" que Sarkozy reprendrait presque des couleurs dans la comparaison. Homme sans convictions, prêt à tout pour arriver nonobstant une pauvreté rare de la pensée et une malhonnêteté éclatante des actes et des paroles, traînant derrière lui des casseroles aussi bruyantes que bien attachées, il a une image si méprisante des Français qu'il pense qu'ils pourraient en vouloir comme président. Personnellement je ne lui confierais pas ma voiture.


Woerth, lui, a bénéficié (mais il faut lire les termes du jugement qui sont ACCABLANTS pour lui) de la chance d'être relaxé dans diverses affaires où son nom et sa silhouette de comptable ont été compromis. Des valises de liquide de Mme Bettencourt à l'hippodrome de Compiègne, domaine public bradé à des "amis" restent attachées à son nom et le voilà qui, porte parole de Sarkozy vient jouer les Monsieur Propre de l'opposition. Je crois rêver... la définition du nouveau sarkozysme est-ce le recyclage de tous ceux qui ont eu maille à partir avec la justice? Ce Woerth avec sa morgue de haut fonctionnaire et ses airs de prince de Ligne mériterait bien qu'on l'oublie, non?

Quant aux Balkany, mâle ou femelle, je ne les juge pas sévèrement: je réserve cela aux électeurs de Levallois-Perret qui les réélisent en connaissance de cause.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 06:52

Dans "Marianne" cette semaine un article laudatif appelait Oxmo Puccino, présenté comme un électron libre du rap français le "Jacques Brel noir". C'est trop d'honneur votre honneur!

Je ne connais pas et le peu que j'ai entendu des paroles de ce brave type ne me donnent pas envie de le connaître mais je trouve -comment dire?- osé, abusif, pénible, agaçant, ridicule, insultant, offensant voire déprimant cette comparaison qui, à coup sur, n'est pas raison.

On aime ou pas Jacques Brel mais il fut unique en son temps et n'a jamais (parce que cela n'était pas nécessaire) été remplacé. Des mauvais copieurs ont bien essayé (qu'on se rappelle Lama ou, plus récemment Bruel qui n'a dans son nom qu'une lettre de différence avec son devancier mais dont les talents sont séparés par des années lumières). Ils se sont fracassés sur cette vérité: les paroles de Brel n'existent que chez Brel, le monde de Brel est clos.
Un peu comme l'oeuvre de Hergé ou celle de Stanley Kubrick qui se suffisent à elles-mêmes et forment un ensemble cohérent et unique.

Je ne dénie pas à Stromae un certain talent ni même un "univers" mais le comparer à Brel (lui aussi y a droit dans un article sur deux) n'est pas lui rendre service. Au pire c'est le flatter avec un brin de flagornerie, au mieux c'est souligner à quel point il lui reste du travail.

Cette manie de voir "la nouvelle Bardot", "le nouveau Gabin" ou le "nouveau Dewaere" chez n'importe qui est un tic de langage qui ne grandit pas celui (ou celle) qui l'utilise.
Il n'y a eu qu'une Romy Schneider, qu'un seul Brassens ou un seul Georges Moustaki. Des jeunes artistes peuvent (parfois) rappeler tel ou tel trait de quelqu'un d'autre mais là se termine l'analogie.

...C'est le nouveau Pierre Dumayet qui vous le dit!

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 07:00

Ecrite en 1966 par l'excellente Carole King la chanson "Going Back" a été maintes fois interprétée et par des artistes aussi différents que les Byrds, Freddy Mercury, Carole King elle-même , Marianne Faithfull, Chrissie Hynde et en 1990 par Phil Collins dont ce fut le dernier single. Désastreux est-il utile de le préciser?

C'est la chanteuse aujourd'hui terriblement oubliée Dusty Sprinfield qui a fait de cette chanson nostalgique ce petit morceau de moins de 3 minutes si mélancolique et poignant.

Je l'ai découvert dix ans après sa sortie et l'avais reproduit sur une cassette sans connaître le nom de l'interprète. Perdue ou effacée un jour sans que je la retrouve jamais. Shazam et le net n'existaient pas et je me souvenais de cet air si triste et si juste sans pouvoir le réentendre.

Je me souvenais d'une orchestration démodée (elle l'est!) et d'une chanson aux paroles un peu larmoyantes mais aussi d'une voix prenante et d'un ton si triste qu'il en tirait presque les larmes.
Un concentré d'émotion en musique. un petit miracle d'interprétation.

Je ne vous fais pas "mariner" plus longtemps: avec les quelques indications que je lui avais données Marine m'a apporté, il y a deux ou trois ans, "ma" chanson que je cherchais depuis des années. Fidèle à mon souvenir j'ai retrouvé intactes les sensations des écoutes passées.
Elle a dû être bien malheureuse cette Dusty Sprinfield pour mettre autant d'elle dans une simple chanson.

Quand je vois le factice de certaines voix unanimement fêtées aujourd'hui je me dis qu'il faut ignorer ce qu'est le sentiment d'abandon, de tristesse de vide même pour ne pas détecter l'imposture de ces chanteuses préfabriquées...

Je connais peu Dusty Sprinfield (j'ai écouté deux ou trois fois l'album "Dusty in Memphis" et connais le titre "Son of a preacher man" que Tarantino a remis à la mode un temps) mais son interprétation de "Going back" pulvérise toutes les autres. Collins et Mercury sont pitoyables et les autres ne lui arrivent pas à la cheville question émotion.

Voilà une chanson qui est dans mon panthéon personnel, sans doute dans les 10 premières places.

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 06:05

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J'ai travaillé, il y a 600 ans de cela, dans une maison d'édition dont la spécialité était le "livre scolaire".

Comme les librairies classiques les éditions scolaires ont leur "best-seller" (celle-là avait la grammaire dite "Bescherelle" du nom de son auteur), ses collections ("profil d'une oeuvre") et son fond d'éditeur constitué de livres de la 6ème à la Terminale dans toutes les matières étudiées en classe. Cette maison était à l'époque familiale et assez modeste bien qu'installée rue d'Assas dans un hôtel particulier.

Je n'ai pas l'habitude d'embellir les souvenirs. Ca sentait le vieux papier et je m'ennuyais ferme au milieu de croulants ennuyeux et prétentieux et de femmes dont l'unique préoccupation était de dire du mal de leurs consoeurs. A moins de 20 ans ce genre d'endroit semble être une maison-témoin de l'enfer!

Un souvenir parmi d'autres: en ces temps préhistoriques l'ordinateur n'existait pas et les courbes quotidiennes des ventes du Bescherelle étaient matérialisées par des cases coloriées en rouge et bleu (à l'aide d'un crayon de couleur bicolore) par le préposé à cette tâche de confiance. Les jeunes générations seraient peut-être étonnées que ma pire crainte, à l'époque, était qu'on me propose un CDI.

Les maisons d'éditions scolaires dépendent des "programmes scolaires" et cela explique la folie réformatrice de tous les zozos qui se sont évaporés dans le ministère de l'éducation nationale. Pour qu'un livre scolaire soit acheté il faut qu'il soit préconisé par l'établissement scolaire. Il faut donc régulièrement modifier leur contenu pour obliger les parents à acheter des livres neufs tous les ans. On étudiera ainsi en 2016 la guerre de 14-18 en 6ème mais seulement en 5ème en 2017. Le livre d'histoire de Benjamin ne conviendra donc pas à Bérénice, tout comme le livre de lecture de Kevin ne pourra aller à la petite Séphora.

Et cela est vrai pour toutes les matières ou presque.

La réforme de l'orthographe dont on nous rebat les oreilles vient de là. Elle a été retardée, retardée, retardée et apparaît soudain sous les cris hypocrites de ceux qui l'ont décidée (Bernard Pivot) et pour de mauvaises raisons (politiques chez papy d'Ormesson).

Lisez, recherchez la genèse de cette réforme: vous verrez que ceux qui crient le plus fort sont ceux qui racontent le plus de mensonges ou sont les plus hypocrites.
Cette réforme est idiote mais le niveau du pays est tel que l'accent circonflexe ne mérite pas qu'on en parle plus de 10 secondes.
Surtout avec d'énormes arrières-pensées.

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 06:29

Mon amie Marie-Eve qui est morte il y a peu plus d'un an avait, avec son second mari Pierre, acheté une grande maison dont ils étaient tombés amoureux ensemble.
Cette gigantesque bâtisse, constituée de plusieurs bâtiments avait un charme indéniable.

Faite de grandes pierres blanches typiques de la région Aquitaine la maison près d'Agen était un rêve derrière lequel ils ont couru sans le rattraper tout-à-fait pendant près de 20 ans.
Le grand jardin arboré n'y était pour rien (si ce n'est que le temps passé à le bichonner ne l'était pas à d'autres tâches tout aussi urgentes). Le beau pigeonnier viabilisé non plus. Les bords du Gers sur lequel donnaient les grandes pelouses non plus.

La grande quantité d'arbres d'ornement, d'arbres fruitiers, d'arbres à fleurs décoratifs et des grands pins spécifiques à la région nécessitait aussi attention et soins. Le vent en couchait quelques uns qu'il fallait alors élaguer, débiter et entasser tandis que d'autres produisaient des masses de noix, de cerises, de pommes et de fleurs.

On ne peut pas, en un week end et même aidé par des amis en quantité, cueillir les cerises, tondre les pelouses (l'équivalent de 3 ou 4 terrains de football), tailler les haies, curer les fossés, remettre des tuiles, poncer les volets, aller au marché, se reposer sur des transats, préparer des tablées de 8 ou 10 personnes et faire les fous autour de la piscine. Il faut faire des choix et éliminer des activités.

Il y avait toujours quelque chose à faire: détruire un nid de guêpes, consolider les rive du Gers, peindre une pièce (Marie aimait changer souvent de décor et les baptisait de noms amusants: "la chambre ticket de métro", la "boucherie" (chambres aux murs rouge-sang) et autres "Louf" (loft) sans oublier "la brocante" ou "la vieille maison".

Si le rêve n'a pas tenu ses promesses c'est justement à cause de la vieille maison. 7 à 10 pièces minimum et tout, du sol au plafond, à faire.

Pierre était perfectionniste. Lent et perfectionniste. Il travaillait magnifiquement mais n'avait que deux mains et il lui en aurait fallu 25 fois plus pour espérer arriver au bout de son travail.

De ce fait la partie vieille n'a pratiquement pas bougé, le "vandalisme" du départ achevé (en 4 ou 5 week ends tout fut déposé: cloisons, portes, tuyauterie, radiateurs, parquets.... il ne restait que le squelette en pierres blanches de la belle et vénérable habitation.
Elle s'est ensuite endormie faute de combattants, d'argent, de temps et de plan défini.

La vie s'est installée dans le jardin, sur la terrasse, dans le pigeonnier et dans la maison centrale (4 ou 5 pièces). Il faudrait un livre pour dire les bons moments passés là et dire que Marie-Eve et Pierre avaient table (et cave) ouverte est encore peu dire.

Marie et Pierre disparus les enfants essaient de voir ce qu'ils peuvent faire mais on n'entre pas facilement dans un rêve échoué. Les agents immobiliers, pour qui la poésie est une grossièreté, raisonnent en "volumes" et mettent de vilains mots sur les idées des anciens propriétaires.

Les beaux objets, les peintures, les meubles, les lampes, les cadres chinés ou faits par Marie soulèvent des sourcils dédaigneux de commissaires-priseurs qui privilégient la première partie de leur fonction. L'ancien, le beau, le recherché n'a plus la côte. Dans les maisons en placo avec chambres de 9m² on décore à la hussarde ma bonne dame.

Ce dimanche nous avons donc défait les frises, peint en blanc et donné un coup de banalité à la maison de Marie. Elle se vendra peut-être mieux.
Une chose est sûre: Marie-Eve n'était plus dans les lieux.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 06:47

Un fait récent m'a amené à me poser la question de la transmission et des formes qu'elle pouvait revêtir.
J'ai entendu une émission de radio consacrée à la mise en BD du "journal d'Anne Frank". Ma première réaction a été un mélange de consternation et d'incompréhension. Elle a été suivie du rejet et enfin de la réflexion selon laquelle, finalement, il valait mieux découvrir ainsi Anne Frank que l'ignorer.

Le célèbre "Journal d'Anne Frank" est un des livres les plus vendus au monde. Je n'ai pas dit lu. C'est un livre "scolaire" souvent étudié en classe, ce qui ne signifie pas forcément lu en son entier. Ce livre qui est connu dans le monde entier pose un problème.

Beaucoup souhaiteraient qu'ils ne soit plus soumis au copyright et que les droits d'édition en soient publics. (dans le but, louable s'il est vérifié, de l'éditer dans des versions économiques).

Ce témoignage si sensible d'un éveil à la vie, si atrocement contrarié, a remué des générations de jeunes filles et aussi de lecteurs ou lectrices plus âgées. L'intelligence, la dualité et le monstrueux destin de cette Anne Frank à qui il est si facile de s'identifier a marqué toutes celles et tous ceux qui l'ont lue.
Aux autres, ils sont nombreux aussi, les films tirés de l'oeuvre ont laissé une trace de "l'annexe" et de la vie si ténue et douloureuse mais aussi d'espoirs de ces personnes emmurées aux Pays Bas.

Les vicissitudes de l'édition du livre (duquel furent retirées les critiques souvent sévères qu'Anne Frank faisait à propos de sa mère mais aussi les remarques crues sur son éveil à la sexualité) sont elles aussi passionnantes et expliquent les difficultés que rencontrent les juristes pour définir l'année de l'édition "originale" qui semble cependant rester celle de la première, 1947.

Il semble que sa mise dans le domaine public pose des questions à n'en plus finir. On dit que celle-ci pourrait être retardée puisqu'il existe donc plusieurs versions (dont une expurgée par le père de la jeune fille) et que la dernière est loin d'être dans le délai prévu. Selon moi le "journal" se suffit à lui-même et les 150 ou 200 pages qu'il contient ne devraient pas être de nature à rebuter un adolescent à peu près éduqué. Il semble que non et que, pour lui faire toucher un autre public, il ait été nécessaire d'en faire une bande dessinée. Nos ados incultes et paresseux apprendraient le martyre juif par des bulles.... pourquoi pas?

Je regrette simplement que les "éducateurs" n'essaient jamais de promouvoir l'effort et aillent au plus simple, voire plus simpliste.

Je suggère à ces braves gens un album à colorier comme étape suivante tandis que Luc Besson ferait un film avec Mylène Farmer en Anne Frank, à moins qu'un jeu sur playstation...

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