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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 07:00
André Mare et le Premier Conflit Mondial

Je n'avais jamais entendu le nom d'André Mare. Je ne savais ni qui il était ni ce qu'il avait fait. C'est la chaîne de télévision "Toute l'Histoire" qui me l'a fait découvrir.

C'est un peintre proche du cubisme qui a connu l'enfer de la Première Guerre Mondiale, qui l'a racontée par écrit à sa femme Charlotte, qui a dessiné ce qu'il voyait et qui a été affecté à la première section de camouflage de l'Histoire mondiale des armées.

En prenant ce peintre méconnu et ses splendides carnets pour sujet d'un film documentaire sur le premier conflit mondial la chaîne a eu le nez creux. Ce film est remarquable et absolument passionnant.

J'ignorais totalement que les ballons captifs puis les avions qui photographiaient les lignes ennemies désignaient ensuite, par ces clichés mêmes, les terrains des futurs carnages. Pour y remédier on eut recours à toutes sortes d'expédients: maquillage (des armes et des lieux saillants) création de leurres, peintures etc. C'était à la fois ingénieux et pratique, vital.

Nous est donné l'exemple filmé du remplacement d'un tronc d'arbre par son jumeau en acier qui comprend un poste d'observation blindé et invisible, d'un faux cadavre en plâtre qui abrite la même chose ou de bustes de soldats factices pour faire nombre.

Quant à André Mare j'ai été ébloui par la qualité des illustrations de ses carnets qui oscillent entre l'art déco avant la lettre et la bande dessinée de la ligne claire. ses réflexions donnent le sentiment de l'intelligence de cet homme de 29 ans qui saisit le détail et l'ensemble et sait les décrire.

Ce film, comme tous ceux que j'ai vus sur les chaînes dédiées à l'histoire pendant le centenaire de 14/18 a été digne. On pouvait craindre le pire, genre congratulations militaires et grandiloquentes à l'armée; il n'en a rien été. Tous les aspects de ce drame européen et Français ont été évoqués et si l'on voulait le connaître dans sa globalité on le pouvait.

...Et découvrir des "inconnus" comme André Mare par la même occasion.

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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 07:00

Le duo diabolique Davet/Lhomme, qui sévit au "Monde" a encore écrit "le" livre qui fait trembler le landerneau politique et son extension médiatique.

Leur précédente bombe à fragmentation est un livre qui a, excusez du peu, empêché un Président de la République de solliciter un second mandat. "Un Président ne devrait pas dire ça..." On se souvient encore aujourd'hui de la polémique moins sur quoi elle portait, preuve que le fameux landerneau (et son extension) se noie souvent dans des flaques d'eau.

"La haine", tome 1 est consacrée à la droite avec, nous dit-on, des révélations grinçantes à tous les chapitres. Un peu échaudé (à écouter les critiques le chef d’œuvre est quotidien et dans tous les domaines) je suis allé à la FNAC et ai longuement feuilleté le brûlot.

Ce faisant j'avais un autre livre en tête qui me semblait raconter les mêmes choses et que j'ai lu il y a au moins un an. Mais oui, "La déflagration" de Patrick Stéfanini.

Admettons que les livres soient moins semblables que je l'ai envisagé... Davet et Lhomme disent partout que ce sont les confidences de jérôme Lavrilleux qui leur ont permis d'écrire le leur.
Cet homme qui pleurait dans les interviews à l'époque de l'affaire de financement frauduleux de la campagne Sarkozy connue sous le nom de Bygmalion ne m'inspire aucune confiance.

Un Cahuzac de droite qui vous assure les yeux dans les yeux qu'il ne ment pas. Un faux-témoin à la Lucky-Luke ("le Juge").

Je crois que j'ai eu mon comptant sur la haine entre Sarkozy et Fillon, entre Fillon et Copé, entre Baroin et Juppé, entre Sarkozy et Juppé tout comme sur leurs coups en vache. Les coulisses de la dernière présidentielle ne m'intéressent pas ou plus. J'attends juste que le couple Fillon soit jugé, ait épuisé les recours, soit condamné s'il est, comme tout le porte à croire, coupable et basta.

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9 mai 2019 4 09 /05 /mai /2019 07:00
Un film remarquable, "Tremblements" en provenance du Guatemala

Les salles de cinéma d'Art et Essai sont une bénédiction. Si l'on veut continuer à aimer le cinéma mais refuser d'être condamné à "Tanguy: le retour" ou à la 8ème resucée de "Batman" il n'y a plus guère que ce circuit-là pour nous satisfaire.

Alors c'est vrai: c'est un cinéma un peu militant, un peu altermondialiste, en tous cas loin du cinéma excessivement industriel que nous connaissons aujourd'hui.

Je suis allé voir "Tremblements", un film d'origine Guatémaltèque signé Jayro Bustamante qui, à des qualités esthétiques ajoute un scénario solide interprété par des comédiens impeccables. Le film dénonce, en filigrane, la fermeture d'une société, la persistance de préjugés, les différences sociales, l'emprise de la bourgeoisie mais surtout des églises évangéliques sur la société du Guatemala sans jamais être caricatural ni outré.
Le film raconte la descente aux enfers d'un homme marié de la bonne société qui s'amourache d'un autre homme qui représente la Liberté pour lui.

Naturellement, avec une cruauté d'autant plus sauvage qu'elle a la bonne conscience pour elle, ce renégat sexuel va être rejeté, puni puis "sauvé" par l'alliance de la religion et d'une "médecine" ésotérique.

L'appartement étouffant de la famille aisée, celui affreux et sale où les deux hommes se retrouvent, la propreté au cordeaux des salles de prières sont filmées pour mettre en image le chaos mental et physique dans lequel se meut l'homme qui a transgressé "les" morales. Il est interprété par Juan Pablo Olyslager qui m'a beaucoup rappelé Mel Gibson et sa femme par la très belle Diane Bathen qui, elle, ressemble à Carla Bruni avant les bistouris.

Que peut faire un homme à qui on reprend son travail, donc son argent, sa dignité, ses enfants, sa réputation et son désir de vivre? se soumettre. C'est ce que fait, dans une scène glaçante de la fin du film le transfuge revenu à de meilleures intentions hétérosexuelles.

Le film ne traite pas de l'homosexualité (il en prend prétexte) mais des normes sociales et de la manière qu'ont les institutions de les imposer. Le film montre que la religion, quelle qu'elle soit et sous quelque latitude qu'elle soit est toujours l'intolérance et l'hypocrisie incarnées.

Celles et ceux qui hurlent au loup pour un foulard feraient bien d'aller voir ce film.

 

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8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 07:00

Je me souviens vaguement d'une séance scolaire, lorsque j'étais petit, pendant laquelle on avait évoqué ce que seraient les lointaines années 2000. Je revois une planche format tableau sur laquelle des engins volants (genre ULM) se croisaient dans un ciel orange en surplombant des tours façon Hong-Kong.

Maintenant que je vis ces fameuses années Deux-mille, que j'ai l'âge canonique que je calculais en soustrayant mentalement l'année en cours aux années 2000, 2010, 2020... je me rends compte que rien -ou presque- n'est comme on l'imagine lorsque l'on se livre à de la prospective, tout en étant pourtant éminemment prévisible.

Certes j'ai connu la caravelle (et les terrasses d'Orly sur lesquelles on regardait les avions s'envoler), les rues pleines d'Arondes, de Frégates, de DS19 et autres 403.

J'accompagnais mon père le dimanche soir à la gare de Montargis, au train remorqué par une loco vapeur et nous écoutions le transistor...

Je ne vais pas prendre une voix chevrotante pour évoquer "5 colonnes à la Une" ou Gagarine dans l'Espace: mes préoccupations étaient alors constituées par les billes que j'avais perdues en cour de récréation, l'Ami 6 Dinky-Toys (avec capot ouvrant) et l'autorail Unifié Jouef que je convoitais en passant devant le magasin de jouets du haut de l'avenue Mozart.

Kennedy, Khrouchtchev, Nasser, la bombe et la guerre froide m’indifféraient. On allait, c'était certain, vers des années meilleures,  pleines de technologies insoupçonnées. J'irai sur la Lune ou sur Mars à défaut de Saïgon, Athènes, Cuba ou Leningrad...

La vie a t'elle tant changé? je ne le crois pas. On se déplace (beaucoup) plus, la vitesse est devenue le maître-mot de notre époque, on a amélioré toutes les techniques et en avons découvert d'autres. On vit mieux et plus longtemps, le divertissement est multiforme, l'homme ne connaît plus les famines structurelles (il en reste mais sciemment planifiées), la guerre froide a vécu... et, dans  les écoles on doit peindre l'avenir aux couleurs sombres du désastre écologique annoncé.

C'est sans doute la seule chose à noter: l'optimisme -en France- a disparu avec le progrès.

...J'ai vu chez un antiquaire (!!!) la fameuse Ami 6 (qu'on m'a achetée et que j'ai perdue en 1965 à Ramatuelle) en vente avec sa boîte jaune pour 250€.

PS: le correcteur intégré veut remplacer "Ramatuelle" (Var) par "Contextuelle"...

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7 mai 2019 2 07 /05 /mai /2019 07:00

(Nota: Ce post a été écrit avant que chacun rétro-pédale en aboyant contre le pelé, le galeux Castaner, victime expiatoire de leur médiocrité).

Le Ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, a reconnu s'être laissé emporter en qualifiant d'attaque les faits qui se sont produits à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière en marge du bordel du 1er mai à Paris.

L'homme était sympathique mais pas la fonction. De plus ce ministère exposé (Ô combien actuellement) est contraint d'agir dans des conditions douloureuses (manifestations hebdomadaires, casse, soutien d'une partie de la population à un mouvement radicalisé aux exigences folles et ridicules, pression médiatique et de l'opposition multiforme etc.) sous l’œil extrêmement critique de tous.

Charge impossible, de Pasqua à Castaner en passant par Sarkozy et Valls. Presque par définition maintenir l'ordre Républicain est un travail prométhéen.

Revenons à l'hôpital et à mercredi soir. Des vidéos, des témoignages et les dépositions d'une trentaine de gardés à vue contredisent la première impression, celle qui a marqué l'opinion et qui faisait état d'intrusion, de casse et d'agressions. Télés chaînes-infos se sont précipitées sur cette "information" et l’ont faite défiler sur des bandeaux tandis que les animateurs-journalistes en faisaient des tonnes, au conditionnel certes mais si convaincants que tout le monde, ministre compris, a cru de bonne foi que des dégénérés s'en étaient pris à un établissement hospitalier.

Il semblerait qu'un mouvement de panique ait débordé sur l'hôpital de manière spontanée.

Le ministre aurait dû être plus prudent et surtout mieux informé mais les donneurs de leçons auraient, eux, pu comprendre qu'en fin de manifestations le ministre de l'intérieur avait fort à faire.

Cette façon d'aboyer systématiquement contre tout ce que fait le camp opposé a été sévèrement sanctionné en 2017 et le PS comme les Républicains ne semblent pas s'en être encore aperçus. Leur comportement "d'avant" est puéril et contre-productif. Il est aussi exaspérant.

Quant aux chaînes tout-info... leur nullité n'est plus à démontrer. Leur raison d'être est de diffuser de la publicité. Ce qui précède et suit les "pauses" n'a aucun intérêt et ne coûte rien à produire.

 

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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 07:00

Sur la scène du "Bijou", jolie petite salle de spectacles toulousaine située dans le quartier de la "Croix de Pierre" jouent et chantent un homme et une femme, la trentaine. Leur nom de scène? Jell-oO.
Leur style? Rock-Pop-Folk. Lui est un excellent guitariste, sobre et inspiré; elle attire la lumière, pas seulement parce qu'elle est jeune, fraîche, jolie et talentueuse. Ses gestes sont gracieux et, malgré sa timidité, elle se produit sur scène et joue avec ses mains lorsque aucun instrument le les occupe.

La surprise vient de leur son, acoustique mais dense: la guitare bien sur mais aussi des "compléments" qui, loin de nuire à l'atmosphère du concert en densifient le rendu.

Leurs deux voix s'harmonisent à la perfection et l'on sent une connivence sans faille.

Ils viennent interpréter, devant une salle conquise, les 4 titres de leur "E.P" et quelques uns de leur album "Sail" plus quelques reprises.

Il y a une unité de composition mais les morceaux qui se suivent ont chacun leur personnalité et sont tous intéressants.

J'ai passé, à les écouter, un moment de grâce au temps suspendu qui fût une surprise et une découverte.

 

 

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3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 07:00

Le site du magazine d'extrême-droite bourgeoise-catholique "Valeurs actuelles" que j'ai regardé ce dimanche 28 avril 2019 prend prétexte de la sortie d'un livre confidentiel sur lui pour enfourcher un de ses vieux "dadas": essayer de réhabiliter Robert Brasillach, écrivain fusillé en 1945 pour ses écrits collaborationnistes et antisémites. 
Ce combat d'arrière-garde la droite très à droite ne l'a jamais abandonné, prétextant du supposé talent littéraire des livres de Brasillach pour essayer de faire oublier les autres écrits qui lui ont valu le poteau d'exécution le 6 février 1945.

Or, et "Valeurs Actuelles" se garde bien de le dire, les œuvres littéraires du réprouvé ne valent pas tripette. C'est de la littérature de gare qui n'aurait, de toute façon, pas réussi à passer l'épreuve du temps. Que son odieux auteur de 35 ans ait fini sous les balles Françaises du peloton avant la Libération n'y change rien et, contrairement à ce que doivent penser les lecteurs de "Valeurs actuelles" ne lui octroient aucun talent posthume.

La traditionnelle mise en parallèle de Céline et Brasillach ne vaut pas: le premier est un génie littéraire le second un un écrivaillon. En résumé tout Brasillach ne vaut pas la 1ère page du "Voyage au bout de la nuit".

Cet angle littéraire n'est pas nouveau. "On" en a essayé d'autres (cf cette légende qui voudrait que de Gaulle ait refusé la grâce sur une erreur de personne photographiée en uniforme allemand). Qui croit qu'un jour on trouvera ce piètre auteur et cet homme détestable édité dans la pléïade?

Internet permet de survoler la presse dans son entière diversité. Ce magazine assez indigne possède quelques signatures de talent qui -il faut bien vivre- complètent leur pension de retraite en compagnie de gens obsédés par la 2 ème guerre mondiale, les immigrés, les complots et la gauche "socialo-communiste". Les conférences de rédaction doivent y être assez prévisibles et donc ennuyeuses...

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 07:00

Je sais! "comparaison n'est pas raison".

Cependant... Rue d'Alsace il y a un de ces magasins de camelotes (comment désigner les "pouilleries" qu'ils vendent?) sur la vitrine duquel était écrit: "Dix millions d'oreilles percées". Ils vendent des boucles d'oreille ou les percent ou les deux. Au milieu d'autres choses laides et inutiles. C'est un magasin réservé aux très jeunes filles et ça s'appelle "Claire's".

J'ai pensé, sur mon vélo, que personne, en France comme ailleurs, n'e s'est prononcé "contre le percement des oreilles". Jamais.

Dans une rue adjacente j'ai vu une échoppe réservée aux tatouages permanents et, derechef, j'ai pensé que personne, à ma connaissance, n'a demandé l'interdiction de cet art épidermique. Jamais.

Non que les dessins à même la peau ou les oreilles percées fassent l’unanimité mais il ne viendrait à personne l'idée d'interdire à quiconque un geste intime ou en tous cas personnel.

Ça m'a amené à  songer à ces légions d'abrutis qui se positionnent contre l'avortement, par principe. Avant toute autre chose il y a, de leur part, une violente et inadmissible chosification de l'autre dont le corps -avant le cerveau- leur appartient puisqu'ils en prennent le contrôle.

Décider ce qui est bon pour l'autre en lui retirant le libre arbitre est l'une des violences les plus complètes que l'on puisse lui faire. Le pire est que c'est Dieu qu'ils invoquent pour justifier cette violence.

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 07:00
Marielle, Pont-Aven ou Viole de Gambe?

Après Annie Girardot et Jean Rochefort, après Philippe Noiret et tant d'autres de cette génération Jean-Pierre Marielle est mort.  Le 24 avril 2019.

Je l'ai appris par le site du "Point" en ligne et n'ai (presque) pas été surpris que l'un de ses premiers films cités est "Tous les matins du monde", d'Alain Corneau, l'un de ses films les plus ennuyeux.
Il y a toujours un moment, dans la carrière d'un comédien qui s'est beaucoup illustré dans la comédie, où le monde du cinéma lui propose un rôle chiant dans un film chiant. Un film qui suscitera les bravos énamourés de la critique difficile sur l'air de "on vous le disait bien".

Sans aucun jugement de valeur le film qui a le plus fait pour Marielle est sans conteste "Les galettes de Pont-Aven", pas vraiment le genre de beauté du "Masque et la plume" ou de "Télérama". Pas le mien non plus d'ailleurs.

Jean-Pierre Marielle, c'est une banalité de le penser et de l'écrire était justement cet acteur qui était capable de jouer dans "Tous les matins du monde" et "les galettes de Pont-Aven". Avec, quand même, une spécialisation pour les grands cons d'anthologie. De l'expert-comptable, pardon, "l'expert en comptabilité" de "Signes extérieurs de richesse" (Jacques Monnet, 1983) au touriste à perruque du "Diable par la queue" (Philippe de Broca? 1969) en passant par l'excellent "Coup de torchon" (Bertrand Tavernier, 1981). Un acteur très Français, presque emblématique. Je tiens son rôle de VRP chef de "L'Entourloupe" (Gérard Pirès, 1980) comme sa meilleure composition. Un sommet.

Même si le film est raté et que les trois comédiens en font dix fois trop,  Marielle particulièrement, le film de Patrice Leconte "Les Grands Ducs" (1996) était le chant du cygne d'une certaine façon de jouer, d'une certaine façon d'être. Avec Rochefort et Noiret Marielle singeaient en la caricaturant une époque qu'ils avaient connue.

Ces hommages, "à chaud", restent étrangement loin de l'image que garde la postérité. Je doute cependant que l'insignifiante et, j'ose l'écrire, emmerdante histoire de  viole de gambe des "Matins du monde" restera le film qu'on citera pour parler de Jean-Pierre Marielle.

 

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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 07:00

J'ai de la chance. Quel que soit le "sujet" de son livre je suis passionné par le sujet que Jean-Paul Kauffmann a choisi. "Venise à double tour", son dernier essai, ne fait pas exception.

J'avais beaucoup apprécié et recommande chaudement "La chambre noire de Longwood" qui fut le premier de ses livres que j'ai lu. J'avais trouvé remarquable les parallèles qu'il faisait discrètement entre sa détention au Liban en tant qu'otage et la vie de proscrit d'un Napoléon déchu, retenu prisonnier sur l'île de Sainte Hélène. La description de cette geôle du bout du monde était en tous points passionnante.

D'autres livres, portant sa signature, m'ont beaucoup plu "L'Arche des Kerguelen: voyage au pays de la désolation", "la maison du retour" (une merveille), "Remonter la Marne" et "Outre-terre: le voyage à Eylau".

J'ai moins apprécié "Courlande" même si les qualités du texte et la profondeur du propos restent intéressants et je suis resté interdit devant "La lutte avec l'ange" qui est entièrement consacré à une peinture. Je me suis promis de le relire un jour; ils ne sont pas légion les livres que j'aimerais ainsi redécouvrir.

J'ai fait l'impasse sur ses livres consacrés au vin de Bordeaux car le sujet ne m'intéresse pas. Même si, ici ou là, il parle intelligemment et sans affèterie de sa passion.

Dans "Venise à double tour" l'argument est étonnant (Kauffmann tient absolument à visiter les nombreuses églises fermées de la ville lagune, quelque soit la raison de leur fermeture) et l'auteur raconte ses pérégrinations et les rencontres qu'il fait ou doit faire pour y parvenir.

C'est un livre dans lequel sa personnalité, son caractère, ses pensées, ses goûts et sa vie personnelle - et donc cette captivité à fleur de peau si longtemps après- affleurent beaucoup plus que dans le reste de son œuvre.

A l’occasion de la sortie d'Outre-terre je l'avais vu (et lui avait posé une question à laquelle il avait longuement répondu) lors d'une étape de sa tournée de présentation dans une bibliothèque de Toulouse. L'homme était intimidant et distant mais aussi souriant et accessible. Un homme d'une grande densité et d'une profonde intériorité.

... le contraire, bien qu'il ait ses lecteurs fidèles et une critique favorable, d'un auteur facile et "médiatique". Ce genre d'écrivain qu'on découvre au fur et à mesure qu'on lit son œuvre et avec lequel on a parfois l'impression d'être synchrone. D'avoir la sensation de partager quelque chose avec lui. C'est un leurre, je le sais bien, il n'aurait rien à ME dire si nous déjeunions ensemble..

Je suis étonné parfois de ce qu'il dit et par exemple par les descriptions extrêmement précises des visages de ses interlocuteurs lorsqu’il les observe lui parlant ainsi que des conclusions qu'il tire des regards ou mots échangés avec des tiers. Ses analyses psychologiques me semblent parfois hasardeuses. Et que dire de l'admiration pleine et entière du psychanalyste Jacques Lacan (voir mon post d'hier) dont il cite des locutions prétentieuses avec humilité? Cette admiration sans bornes me semble disproportionnée.

Je suis aussi surpris par son admiration pour Sartre mais il en donne les raisons dont une qui repousse tout jugement.

A ces réserves près le livre est prenant parce qu'il donne, malgré les touristes, malgré les bateaux de croisière, malgré la mauvaise bouffe et les clichés, envie de voir et revoir Venise.
Il fait, sans y toucher, un portrait réjouissant et juste de l'Italie et réfléchit brillamment sur le Catholicisme, la piété, le clergé, le pouvoir, la richesse, l'art, la peinture et...le salpêtre.

Un livre attirant et déroutant qui fait appel à notre réflexion.

 

 

 

 

 

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