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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 07:00

Le théâtre Sorano est, à Toulouse, une véritable institution. A chaque rentrée, dans l'incroyable quantité de brochures théâtrales disponibles on se jette sur la sienne pour trouver ce qui, dans la programmation, nous fera y aller.
C'est aussi un théâtre auquel on se rend sur impulsion lorsqu'une pièce vous invite à venir la voir. La façade du théâtre est éloquente et sait attirer le chaland avec des spectacles qui s'avèrent toujours intelligents et sortant de l'ordinaire.

Prenez "le Tartuffe ou l'imposteur" que le Sorano distribuait ce vendredi 15 et samedi 16 septembre: c'est un grand classique du répertoire et Molière n'est pas, à priori, un choix casse-gueule de programmation.

J'avais vu que la pièce serait donnée le 15. La veille en passant sur les Allées en levant la tête et lisant le drap bariolé de rouge et de noir tendu sur le fronton du théâtre j'avais été attiré. Ce drap bariolé était une façon cavalière de dire que la pièce allait être modernisée.

Oh! pas le texte, non, mais la mise en scène, comme le laissait prévoir le feuillet d'accueil distribué à l'entrée: "dépoussiérage", "fractures du temps", "alternance", "aucun décor", "laisse aux acteurs le libre choix de leurs costumes", "horloge accrochée au mur, fond de scène face aux spectateurs car la pièce ne doit pas dépasser 1H30", "cartoon à l'américaine", "pétage de plombs grimaçants", "théâtre de l'urgence...telles étaient les expressions définissant cette version du "Tartuffe" pour lequel j'ai pris 2 places en me disant que "ça ne me plaira pas".

Le public était jeune et bruyant mais sympathique et heureux. Des parents avaient emmené leurs enfants pensant voir un classique genre mâtinées de la Comédie française.

Les lumières ne se sont pas éteintes et les deux premières minutes ont été déroutantes: des jeunes garçons jouaient des rôles de filles et des filles tenaient ceux d'hommes. Mais ce n'était pas systématique. Les "costumes" étaient réduits à leur plus simple expression: ils n'ont pas dû faire exploser le budget. Même chose pour le décor: la pendule et un tambour annonçant les actes. C'est tout!

Les jeunes interprètes connaissaient leur texte au cordeau et le disait vite, très vite. Ils en soulignaient le coté vers par des appuis répétés sur certaines syllabes qui les rendaient drôles. (par exemple les fins de vers en i-ons). Parfois ils chantaient des vers façon rap ou  slam et du contraste entre la phrase très écrite et la scansion venait le décalage très amusant.

L'accent toulousain faisait merveille sur certains passages très écrits du texte de la pièce.

La pièce, en elle-même, est suffisamment forte pour supporter toutes les expérimentations, aussi hasardeuses soient-elles. Je dirais même que son aspect historique, son âge, étaient oubliés tant la mise en scène bouffonne et urgente la rendait moderne et d'actualité.

Pas de musique, pas de décor, pas d'accessoires, des jeunes comédiens ni beaux ni laids, ne jouant pas tous bien la comédie et pourtant une jubilation de la salle qui répondait à celle venant de la scène.

Je ne suis pas pour les mises-en-scène modernisées d'Opéra, pensant qu'on empêche la musique d'atteindre le coeur. Cette version échevelée du "Tartuffe" m'a donné envie d'aller voir ce que je refusais. Figaro en costume 3 pièces et la somnanbula de Bellini en jean rapiécé..

 

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 07:00

Ecoutant d'une oreille agacée une émission de France Inter vendredi 15 au matin je n'ai pas réussi à passer à l'antenne pour dire son fait à une dinde qui se faisait appeler Caroline Web.

Les auditeurs sélectionnés étaient de doux allumés et j'aurais détonné...

Le sujet de l'émission était l'ambiance au travail, les relations au travail, une journée au travail et cette Mrs Web, une anglo-saxonne qui prenait sa vessie pour une guirlande LED disait une ânerie toutes les deux secondes.

Elle parlait de "bienveillance", de "se parler", de respect et autres sujets totalement inconnus en entreprise voire interdits. Un DRH ici et maintenant est aussi loin de ces concepts qu'une girafe d'un brin de muguet.

J'ai une expérience d'un grand nombre d'années en entreprise, de la très grosse (Sacilor) à la plus petite (Bébé Confort) en passant par toutes formes et modèles de société.
Partout, je dis bien partout, j'ai retrouvé les mêmes cadres puants, les mêmes femmes insupportables, les hiérarchies incompréhensibles, le même arbitraire et, en fin de compte, le même enfer. Je maintiens ce mot car il désigne bien les sommes de stress et de dégoût qu'on ressent à l'année dans nos délicieuses unités économiques "à la française".

Le carburant des boîtes françaises c'est, du haut en bas et de bas en haut le mépris et l'absence presque totale de communication. Les patrons sont sur leur aventin et ne s'abaissent que très rarement à frayer avec la piétaille tandis que les soutiers s'en prennent à leurs semblables et leur pourrissent la vie à défaut de s'en pendre aux vrais responsables de l'atmosphère critique, des salaires minables, des augmentations décidées arbitrairement, des promotions données aux plus ternes, des écarts de salaires scandaleux et des consignes incompréhensibles.

Les commentaires et réflexions des animateurs et invités de France Inter étaient non pas décalés mais grotesques. Un idiot céleste qui a dû avoir sa place par copinage proposait des solutions toutes plus invraisemblables les unes que les autres. "Aimez-vous les uns les autres", "écoutez-vous", "rendez les réunions apaisantes par la respiration" et autres fadaises qui montraient clairement qu'il vivait sur le Mont Canigou et en redescendait assez rarement.

Je cite le modéré Jacques Julliard (Marianne N°1069 15/09/17) : " Toute l'histoire sociale française depuis le XIX ème siècle le démontre: si l'entreprise française a été et reste le lieu de la lutte des classes, c'est au patronat Français, à son autoritarisme, à son égoïsme catégoriel et à l'étroitesse de ses vues qu'on le doit." Il poursuit : "Nous avons depuis longtemps en France un des patronats les plus bêtes du monde. Aussi longtemps que la lutte sociale s'identifiera à l'affrontement stérile entre ces deux dinosaures, le Medef et la CGT, le chômage y jouira d'un bel avenir". Et j'ajoute, les entreprises seront gérées comme des casernes où les salariés deviennent fous à force de n'être que des pions interchangeables, maltraités et mal payés.

Proposer des espaces siestes comme France Inter ce matin c'est soit de l'humour au second degré soit se f... de la gueule du monde.

 

 

 

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 07:00

J'étais perplexe devant l'interview de Alain Finkelkraut par l'équipe de "C'à vous", équipe plus à l'aise pour encenser Sylvie Vartan ou Pierre Perret qu'un homme à la réflexion puissante même si pas exempte de scories.
L'homme n'est plus tout jeune, ses obsessions (l'antisémitismme surtout) l'assombrissent, sa formulation de ses pensées parfois compliquée mais on est en présence d'un homme qui a réfléchi, qui réfléchit et qui le fera jusqu'à sa mort.
Dans ces conditions il n'est pas étonnant que, du fait de sa réflexion sur la société, ses positions évoluent au fil du temps et paraissent parfois contradictoires.

Pas surprenant non plus qu'il semble ne pas être en phase avec une époque exagérément simplificatrice où tout se décline en bien ou mal, noir ou blanc.

Finkelkraut père n'est pas sympathique et n'essaie pas de l'être. Il est véhément et refuse de se conformer à la pensée-minute. Il ne participe aux joutes qu'affectionne le petit monde des médias que parce qu'il croit encore qu'il pourra y développer sa pensée.

Mais qu'est-ce qu'un Apathie, une Babeth Lemoine ou un Pierre Lescure ont à voir avec la pensée? leur univers de toc et d'immédiat les condamne... à condamner un homme qui certes est agaçant et l'expression de la pensée sans fioritures mais qui les survole à hauteur stratosphérique.

Finkelkraut et d'autres  souffrent de ce besoin de paraître qui, loin de les servir, caricature ce qu'ils sont et l'impressionnante capacité d'analyse qui est la leur.

Au lieu de se tenir à distance des médias ricanants et bébêtes ils voient de la lumière sur un plateau et se précipitent pour donner la réplique à des zéros pointés.
De ce fait les Ardisson, Hanouna et autres simplificateurs extrême traiteront Finkelkraut de facho et de converti au FN.

... Et on passera à Miss Eskimo ou à la météo.

Je ne dis pas qu'Alain Finkelkraut m'intéresse mais ses efforts de mouche empêtrée dans une toile d'araignée et le regard obtu de Pierre Lescure m'ont fait de la peine pour lui.
Sa place est à la Sorbonne, pas au barnum des télés.

 

* j'emploie à dessein ce verbe anglais conjugué en Français car il remplace désormais les mots combat, bataille, lutte, duel, guerre. En tous cas c'est celui qu'utilisent les satrapes de la télévision.

 

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 07:00

Comme la comète de Halley, mais plus souvent, Mme Sylvie Vartan (qui ne s'appelle ni Sylvie ni Vartan est de retour. Elle vient en France "relever les compteurs".

Cette accorte chanteuse de 74 ans a commencé à chanter en 1962, il y a donc 55 ans de celà. Elle chante alors principalement des traductions de succès débiles américains ("Locomotion", "Da-doo Run Run") et fait partie des "yéyés" ces vedettes so Frenchy qui feront presque à jamais de la variété française stupide (à l'exception de Françoise Hardy qui écrira ses textes et fera de jolies choses dès le début des années 70).

Invitée permanente de toutes les émissions du genre elle passera 2 ou 3 décennies à publier des disques idiots et chanter des trucs imbéciles (et réciproquement) du style "Qu'est-ce qui fait pleurer les blondes" et "l'amour c'est comme les cigarettes" jusqu'à ce que les modes changent et que même la variété française demande de nouvelles têtes. (on se croyait condamnés à vie à Annie Cordy, Dalida, Sheila et France Gall)

Elle aurait pu faire "un triomphe au Japon" (cimetière des carrières et euphémisme voulant dire attendre qu'on la rappelle") mais a préféré des endroits plus chics comme Vegas ou Los Angeles.

Mais l'entretien de la piscine ou celui de la Jeep Cherokee coûtent cher et Mlle Vartan, une fois son lifting bi-annuel effectué, revient avant d'être oubliée, dans sa patrie d'adoption.

Elle n'arrive pas les mains vides: elle a un bouquin sur sa mère, des recettes de cuisine, une vidéo d'aérobic, des nouvelles de sa fille (adoptive également), un disque ou des "concerts exceptionnels" à vendre. L'Olympia semble n'exister que pour elle et les adieux d'Aznavour).

Hop! La revoilà sur tous les plateaux de télévision qui sont un second chez elle. Elle répète depuis 40 ans les mêmes histoires, les mêmes anecdotes, les mêmes chansons? peu importe.

Comme elle n'a strictement rien d'intéressant à dire je l'observe et, à chacun de ses passages en France, je m'étonne de ses transformations physiques. Au premier abord on dirait une femme de 40 ans. Voire moins. Mais sa bouche est bizarre, comme figée. D'ailleurs tous ses traits sont figés. Un oeil tremble un peu et, lorsqu'elle daigne (ou parvient à) sourire il n'est pas au même niveau que l'autre. Plus haut je crois. Les cheveux sont magnifiques mais tellement statiques qu'on les dirait en acier trempé.

La cicatrice qu'elle a sous le menton a tellement évolué qu'on dirait une fermeture éclair. Au bout de 5 minutes (on ne peut pas l'écouter plus de 5 minutes) on est saisi par le fait qu'elle ne semble pas vivante. Elle ne fait plus quarante ans elle en fait 30 ou 100.

Ce qui me surprend toujours c'est l'admiration (non feinte) des gens qui la reçoivent: que trouvent-ils donc à ce néant lifté?

 

 

 

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 07:00

Ce serait drôle si ce n'était pas tragique. Je veux parler des rodomontades de Donald Trump et celles de Kim Jong-Un, respectivement Président des Etats Unis d'Amérique démocratiquement élu et dictateur héréditaire de la Corée du Nord.

Depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953) qui fit 3 millions de morts et vit s'affronter les Etats Unis et leurs alliés et les Coréens du Nord, la Chine et l'URSS la situation est bloquée au 38ème parallèle.

Le régime de Pyongyang, une dictature impitoyable qui a droit de vie et de mort sur les citoyens et intervient dans tous les moments de leur existence, considère que la guerre n'est pas finie et se vit en en citadelle assiégée.
La Corée du Sud est une société asiatique libérale avec tout ce que cela comporte de bien et de moins bien. De temps à autres elle est dirigée par des hommes forts et de temps à autres elle affronte de sérieuses crises économiques. La Corée du Sud est un pays libre et les élections y sont régulières.

Depuis quelques temps, et surtout depuis que le 3ème Kim a hérité du pays, la Corée du Nord menace son voisin du Sud avec constance et en profite pour narguer les USA et l'opinion publique mondiale.
Elle le fait avec la menace la plus sensible: les armes atomiques.

Ces provocations nombreuses et répétées trouvent d'autant plus d'écho que le hanneton de la maison blanche y répond d'une manière disproportionnée, désordonnée et, disons-le, inadaptée.

Il faut dire que lors de l'ahurissante campagne électorale de Donald Trump j'avais été consterné d'entendre le candidat dire que la Corée du Sud devrait se défendre elle-même contre son voisin.

Il paraît évident que ce que j'ai entendu l'état major de Kim et Kim lui-même l'ont entendu et y ont vu une opportunité pour faire parler d'eux et jouer les martyrs et les matamores.

Derrière tout cela il y a la volonté de pérenniser la dictature Nord-Coréenne et la "dynastie" Kim, la crainte de finir comme les tyrans (Kadhafi, Saddam etc.), la nécessité de forcer la main à la Chine et le besoin, en politique intérieure, de montrer que les USA sont humiliés.

Jusqu'ici c'est carton plein!

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 07:00

J'avais un préjugé plutôt favorable concernant Elise Lucet et sa manière plutôt rentre-dedans de faire du journalisme d'investigation.
Naturellement j'émettais des réserves sur ses modes opératoires (caméra cachée, harcèlement...) et sur ses "cibles" trop évidentes.
Mais quand même.. Dans ce monde si lisse des médias elle apportait, me semblait-il, un peu de cette fraîcheur dont on a tant besoin.
L'assemblée nationale a été profondément renouvelée, le Président de la République n'a pas 40 ans, la droite est dans les choux et le PS est laminé, exsangue.

Dans le petit monde des médias rien n'a changé: Ruquier ricanera une année encore, Ardisson posera des questions faussement dérangeantes à ses amis tandis que toutes les têtes à claques du paysage audiovisuel Français ronronneront de concert du dimanche au samedi et dans tous les supports.

Qu'à cela ne tienne, nous ne sommes pas obligés de les écouter ni de les regarder, pas plus de les lire.
Elise Lucet, donc, dans un "Envoyé Spécial" (7/09/17) consacré aux modes de gestion des hôpitaux a, selon moi, montré ses limites. Que nous soyons choqués par l'exigence de rentabilité d'un hôpital n'a rien de surprenant et elle nous donnait matière à l'être plus encore mais ces interviews "descente de flics", ces caméras insistantes, ces commentaires lourdingues et qui nous prennent pour des demeurés.... sont-ils nécessaires ces effets?

Et le summum était atteint avec l'interview de Patrick Pelloux, l'éternel Patrick Pelloux  qui sort de sa boîte à ressort dès que l'on prononce le mot "hôpital". N'y a t'il, dans ce pays, que Patrick Peloux pour donner des avis définitifs sur la médecine, Charlie Hebdo, le personnel infirmier et l'humour en bandes dessinées?

Sans faire d'esprit Pelloux passe tellement de temps dans les radios ou sur les plateaux de télévision que je me demande quand il pratique son "beaumétierd'urgentiste".

Dès que je vois sa figure replète de chéri des médias je fulmine et m'éloigne de l'écran.

" 'nous prennent vraiment pour des cons" accompagne ma fuite!

 

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 07:00
Toulouse 07/09/17

Toulouse 07/09/17

Il est un rite de rentrée que j'apprécie et dont je ne me lasse pas d'observer les manifestations. Tous les ans début septembre il signale la fin de l'été comme le lancer de pingouins indique l'hiver. C'est, vous l'aurez deviné, le bizutage des grandes et moyennes écoles.

Instauré jadis pour permettre une bonne intégration des nouveaux élèves dans des établissements renommés, par capillarité ce rite initiatique s'est aussi développé dans des écoles moins prestigieuses mais pas moins prétentieuses.

La première "école de commerce" autoproclamée venue a désormais ses bizutages qui lui confèrent une sorte d'onction professionnelle quand bien même ses diplômés seraient condamnés d'office au Pôle Emploi.

Il y a eu tellement de débordements qu'on assiste désormais à des clowneries dans lesquelles sont interdites les violences et les humiliations. Ce ne fut pas toujours le cas.

Les grandes épreuves classiques restent très focalisées sur l'ingestion de produits non conçus pour cet usage et la souillure corporelle par une gamme variée de liquides et nourritures repoussantes. Plâtre, purée, Coca-Cola  bananes écrasées se taillent la part du lion mais sont concurrencées par des défis idiots: embrasser les chaussures de la promo, faire le tour (ou plonger) du bassin du jardin public, courir en imitant des animaux disgracieux (et en imitant leur cri) et, indémodable, être vêtu sans élégance mais avec une indéniable recherche. 

Sac-poubelle ou fringues hideuses, chapeaux ridicules et chaussures éculées sont fortement conseillées.

Tout ceci est désormais "bon-enfant" et nul ne trouve à y redire d'autant plus que les étudiants et étudiantes sont jeunes et beaux, joyeux et épris de la vie, confiants dans l'avenir et pleins d'espoirs ce que les observateurs sont aussi, mais, reconnaissons-le, dans une moindre mesure.

 

 

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 07:00

Daté du dimanche 27 et du lundi 28 août dernier le supplément "L'époque" du journal le Monde était titré "Bébé éprouvant" et sous-titré: "On a tous un ami, un parent qui ne parvient pas à faire d'enfant. Génération infertile? Rencontre avec ces couples qui ont tout tenté pour enfanter.

Illustré en couv' par une photo regroupant un vrai bébé au milieu de poupées encapuchonnées de rose (le message SVP). L'article lui-même, on s'en serait douté, est animé par des photos d'Anne Geddes (bébés-fleurs, bébé-fruits et bébés cactus) et par des exemples tous tirés de familles CSP+ (cadres très supérieurs) habitant Paris et décidant, devant l'infertilité de leur couple, d'aller vivre en province. 
Pour le Monde vivre en province est une rupture sauvage.

L'article est intéressant et donne des informations capitales. Sur le vieillissement, sur l'âge (tardif) des femmes au moment de la conception du premier enfant, sur la baisse de concentration des spermatozoïdes dans le sperme et les causes probables de cette baisse, sur l'AMP (assistance médicale à la procréation, à ne surtout pas confondre avec la diabolique GPA qui fait trembler la droite décomplexée de L.Wauquiez) et donne des statistiques étonnantes sur les évolutions observées en France dans ce domaine depuis une cinquantaine d'années.

Fidèle à lui-même le Monde se caricature par ses formules ridicules:  "Fini le petit coup debout dans la cuisine, on va faire l'amour allongés, comme des vieux" et "je me sentais inférieur. Et je ne voulais pas hypothéquer l'avenir de Véronique".

Tous comptes faits "Le Monde" est au journal quotidien ce que France Inter est à la radio: un brin caricatural, répétitif, agaçant et élitiste. mais, vue la concurrence, on y revient toujours!

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 07:00

Je reviens sur le film "Shining" de Stanley Kubrick. Récemment, chez Joseph Gibert, J'ai feuilleté un livre qui est consacré à ce film et ai été ébouriffé par l'érudition de son auteur. Mais aussi stupéfait qu'après le film "Room 237" qui lui était déjà consacré on ait encore tant de choses à dire sur ce film.

On se souvient qu'il s'agit d'une adaptation d'un livre de Stephen King, un écrivain des plus prolixes qui s'est spécialisé dans les romans "fantastiques" et d'horreur. Un auteur de "best-Sellers" qui n'a jamais compris ni admis l'adaptation de Kubrick et la passion de ses spectateurs pour un film qui n'a que très peu à voir avec l'histoire un peu gnan-gnan qu'il avait imaginée. King tournera "sa" version de l'histoire pour la télévision, version qu'aucun spectateur du vrai "Shining" n'aurait le désir de regarder.

Kubrick a pris le livre comme point de départ et, avec une scénariste, Diane Johnson, l'a remanié considérablement pour en faire une oeuvre personnelle. Voire universelle. Il en a supprimé toutes les facilités et astuces enfantines (haies taillées en forme d'animaux et qui vivent etc.)

Abordant pour la première fois le cinéma d'horreur (difficile de trouver un autre nom) Kubrick y a intégré ce qui fait sa réputation d'intelligence et de très grand réalisateur de films.
En effet "Shining" contiendra des réflexions sur le couple, sur la paternité, sur les origines des Etats Unis, sur la violence, sur la famille, sur les traces que laissent les crimes dans les lieux où ils ont été commis, sur la folie, sur les rapports humains, sur le surnaturel, sur les craintes enfantines, sur la création littéraire et aussi sur les possibles forces maléfiques.

Ajoutons un sens inouï du dialogue, de la mise en scène, de la direction d'acteurs, de la maîtrise des images et du son et l'on a ce film étonnant qui n'est jamais le même à chaque visionnage.

Shining fascine par ses plans travaillés, ses détails surprenants, son image léchée mais utile, son atmosphère et sa progression dramatique.

Sans être fan de Nicholson je considère qu'il est au moins aussi grand dans "Shining" que dans "Vol au-dessus d'un nid de coucou" tout en étant très différent dans les deux films. J'adore la scène des toilettes qui est un miracle et les scènes au bar de l'hôtel.

La dernière image couplée à la musique surannée est un bijou dont je ne peux me lasser.

Comme la presque totalité de la filmographie de ce génie (j'assume le mot et je retranche "2001: Osyssée de l'Espace" tout en concédant que même dans ce film là il y a plus de trouvailles, de talent et de maîtrise que dans l'oeuvre de 95% de ses contemporains) "Shining" est une somme qui dérange, passionne et inquiète, tout à la fois.

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 07:00

Difficile à trouver le livre "Le journalisme sans peine" de Michel-Antoine Burnier et Patrick Rambaud donne des clés irrésistibles et vérifiées pour comprendre et débusquer les travers habituellement constatés de la presse.
Ce livre date de 1997 mais son contenu est toujours d'une redoutable actualité. Toutes les manies, tous les "trucs de langage" et toutes les sottises d'un métier qui montre moins de rigueur envers lui-même qu'envers ceux dont il parle sont répértoriés.

J'ai cependant lu un livre "sérieux" (et je vois que je fais comme ceux que je critique en mettant un mot par phrase entre guillemets) pour voir si d'autres constats sur la déliquescence de ce métier de journaliste avaient été faits.

Il s'agit du livre "La langue des médias" de Ingrid Riocreux qui est sous-titré: "Destruction du langage et fabrication du consentement". (Edition L'artilleur).
Je précise que l'auteur de l'étude est agrégée de lettres modernes et docteur de l'université Paris-Sorbonne.

Agrégée de lettres modernes ne la qualifie pas plus que vous ou moi pour analyser le fonctionnement des médias et émettre des jugements lapidaires.

Ingrid Riocreux est en colère: trop d'anglicismes, trop de constructions grammaticales erronées, trop de familiarité, trop d'accent parisien émaillent le discours des journalistes.
Elle donne des exemples vérifiables avec lesquels il est possible d'être d'accord et d'autres avec lesquels il est impossible de l'être. 

Elle voit dans le discours journalistique une prise de position "sociologique" qu'on pourrait traduire par idéologique. Ses exemples, s'ils peuvent être justes formellement, ne concernent que des sujets très marqués: les manifestations anti-mariage pour tous, l'IVG, les tâches ménagères dans le couple, la fille Le Pen etc.

Son livre est redoutable parce que l'on peut souscrire à certaines de ses remarques et être violemment opposé à sa pensée sur certains points.
Elle a raison, par exemple, de souligner que Patrick Cohen, face à Marine Le Pen, n'est plus journaliste mais "un adversaire politique déguisé en journaliste" mais se fourvoie quand elle insinue que les photos de Le Pen père sont choisies pour "qu'il ait l'air méchant".

Il est difficile de lui donner tort lorsqu'elle écrit que pour la population médiatique il y a des sujets valorisants et des sujets qui ne le sont pas. Le rapprochement avec les émoticônes qu'elle fait est particulièrement bienvenu. La Palestine un sourire, les agressions sexuelles de la Place Tahrir la gueule. Sa comparaison du monde des médias uniformes et des Schtroumpfs en territoire totalitaire d'où le langage intelligible est banni est amusante.

Sa "démonstration" serait crédible si elle ne se noyait pas dans des exemples douteux (Verner au lieu de Venner) et si ses exemples étaient moins connotés à la droite de la droite. Sa réflexion sur la photo de cet enfant syrien noyé sur une plage est abjecte.

Car tout l'ouvrage, cela s'impose au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture, est articulé autour de la "défense" subliminale des gens d'extrême droite, des idées de l'extrême droite et des obsessions de l'extrême droite.

Ce tropisme, j'allais écrire ce déséquilibre rend inaudible les passages intéressants d'un livre partisan. Entre autre la fin du livre et le chapitre sur la mode (grotesque et hypocrite) du décryptage de la politique par les journalistes mais aussi du journalisme par les journalistes. C'est dommage parce que ces pages sont, justement, les meilleures parce que détachées de cette gangue de la pensée politique très droitière.
Sur les anaphores de François Hollande au cours du débat de l'entre deux tours de la présidentielle 2012, sur l'interview par Claire Chazal de DSK juste après l'affaire du Sofitel de New-York et plus encore sur l'interview lamentable de Frédéric Mitterrand par Laurence Ferrari elle est neutre, excellente et intéressante.

Je précise que j'ai emprunté "La langue des médias" à la bibliothèque municipale ce qui contredit les affirmations d'un tri idéologique des achats de livres qui serait opéré par les bibliothèques publiques (toujours cette vision du monde assiégé). .

 

 

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