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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 07:00

Ils me manquaient! les livres de George Orwell ("A ma guise", "Tels, tels étaient nos plaisirs" et "dans le ventre de la baleine") que j'avais remisés au box que je loue depuis 2 ou 3 ans pour entreposer ce qui ne rentre pas dans l'appartement sont revenus dans mes rayonnages de bibliothèque.
En les ouvrant je retombe sur ces réflexions si proches que j'ai l'impression d'être en communion avec l'auteur: comme si je le connaissais personnellement.

Il est des auteurs qui mettent tellement d'eux dans leurs écrits qu'on retire, en les lisant, la forte impression qu'ils écrivent pour vous et qu'ils s'appuient sur ce que vous ressentez pour exprimer leur pensée.

Il n'est pas besoin de se livrer à une mise à nu comme le Jean-Jacques Rousseau des "Confessions" ou des "Rêveries du promeneur solitaire": un auteur de romans comme Emmanuel Bove ("Mes amis"), a mis tellement de lui dans ses livres qu'on les quitte en harmonie avec lui, quand bien même on ne partagerait ni sa façon de voir les autres ni son pessimisme.

Le sexe de l'écrivain n'est pas un obstacle: Irène Nemirowski est, je pense, toute entière, frémissante et indomptée dans sa superbe "Suite française".

Je parle ici des auteurs qui ne cherchent pas l'effet ni qui se dissimulent derrière des artifices littéraires. Orwell-Blair ne revendique rien d'autre qu'une pensée concise sur son époque et la faire partager. Même ses romans détiennent cette partie de lui qui lui survit.

La véritable trace que nous, mortels, pouvons espérer laisser de notre existence est cette fraternité humaine que l'on reconnaît d'instinct dans la "présence" d'une personne disparue.

L'écriture multiplie les chances de laisser une trace mais ne l'induit pas.

 

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 07:00

(Sincèrement, en entendant l'intitulé de l'émission consacrée à Andy Warhol, je me suis dit: "On va peut-être sortir des lieux communs: La Factorerie/New York/le Velvet Underground/Nico/ les soupes campell/les célébrités/la drogue etc." J'étais prêt à me faire une idée, pourquoi pas positive en fonction des informations contenues dans le document.)

Entendu une émission de radio dans laquelle la personnalité et l’œuvre d'Andy Warhol étaient en quelque sorte "autopsiées".
Du fait que c'était un document uniquement oral l'aura de l'oracle artistique (je me fais plaisir!) était fatalement amoindrie: les boîtes de soupe Campbell perdaient de leur pouvoir symbolique et/ou contestataire en étant seulement évoquées.
Même chose pour ces portraits de Jackie Onassis, de Marilyn Monroe ou de Mick Jagger: savoir qu'il barbouillait des photos retire une part de "génie" à son œuvre.

De même la frénésie qu'il mit à se composer un personnage à base de perruque et de fond de teint laisse une impression de malaise: quoi? le personnage emblématique du "pop art" était cet être mal dans sa peau et affecté?

Sa vie personnelle (un authentique fiasco), sa personnalité (un cinglé), sa soif inextinguible de reconnaissance... tout concourrait à s'imaginer non un artiste génial mais un génial manipulateur des médias, toutes disposées à servir de faire-valoir.

Notre époque est friande de ces personnages qu'on qualifie de "border-lines" tel Yves Saint-Laurent qu'une époque moins tolérante aurait enfermé en "cabanon".

Souvent américaines ces stars, malgré des dysfonctionnements personnels ou intellectuels évidents (Michael Jackson, Presley, Brando, Warhol, Prince...) bénéficient, du fait de leur notoriété et de leur fortune d'une sorte d’immunité critique et, bien plus déplaisant, juridique.

Mieux, grâce à leurs vies dissolues et absurdes ils deviennent intouchables et... universellement admirés. Une heure d'émission plus tard je serais bien en peine de dire en quoi Andy Warhol aura révolutionné le monde  des arts ni son apport à la culture.

Hormis des boîtes de soupe industrielle photographiée un grand nombre de fois...

 

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 07:00
Le combat de trop

On a tous connu ce chanteur, ce sportif ou même cet homme politique qui s'humilie en se ridiculisant parce qu'il fait "le combat de trop".
C'est un sentiment désagréable à proportion de la sympathie que l'on éprouvait pour lui que d'assister à ce naufrage inutile et souvent annoncé.

C'est -même si je reste nuancé- l'impression que je ressens en voyant Mick Jagger (et ses Rolling Stones!) s'auto-parodier à un âge où l'heure de la retraite a largement sonné.

Certes le chanteur lippu a conservé une forme dont je ne suis pas jaloux mais que j'admire. Forme qui, cependant, n'efface pas les soixante-quatorze ans qu'il affiche au compteur. Il a beau tortiller du croupion et arpenter les scènes du monde entier devant un public jamais rassasié il est à la limite du pathétique.

J'entends bien  que son patrimoine doit coûter cher en entretien et que les mannequins de cinquante ans de moins que lui qu'il affiche à son bras réclament des liquidités je ne peux m'empêcher de trouver un peu navrant de le voir chanter "Street Fighting Man", "Let's spend the night together" ou "(I can't get no) Satisfaction" en faisant les grimaces qu'il faisait il y a quarante ans.

On a parlé, pour des gens comme lui, de "syndrome de Peter Pan": une sorte de refus de voir le temps passer et le combat de tous les instants pour empêcher les stigmates de l'âge vous aborder.

Voir Keith Richards, vieille diseuse de bonne-aventure ridée et maniérée, Charlie Watts déjà naturalisé et Ron Wood fracassé et ridicule accompagner Peter Panpan dans ses gesticulations d'un autre temps est gênant. Moi, en tous cas, ça me met mal à l'aise.

Gênant parce que leur exhibition nous dit que l'arbitre a aussi sifflé la fin de la partie pour nous et gênant parce que ce que l'on admirait montre ses limites culturelles.

Le rock est devenu un Barnum d'attitudes faussement provocatrices dont profitent des petits malins qui ont su transformer les aspirations et malaises des jeunes en espèces sonnantes et trébuchantes jusqu'à atteindre la perfection de machines à fric comme U2.

Évidemment, en écrivant cela je me range dans le clan des vieux cons mais j'assume. Rien de plus "humiliant" que la lucidité sous-jacente qui accompagne la prestation d'un vieux cheval de retour qui refuse de rentrer à l'écurie. Une petite voix qui dit: "le rock, à 30 ans c'est fini".

Les contorsions du vieux Mick chantant "Start me Up" sont assassines.

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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 07:00

Naturellement il y a des "clans" et les affinités se font surtout par les années de naissance.

On ne peut nier non plus que certains sont très généreux et d'autres vraiment pingres ni que certains aident et se donnent du mal, à apporter des chaises et des tables tandis que d'autres se contentent de s'asseoir et de picorer quand tout a été installé.

De la même manière il est difficile de nier que la conversation, parfois, vole au ras des parties communes mais qu'importe, échanger des vraies phrases avec quelqu'un que l'on ne rencontre ordinairement que dans l'ascenseur est un plaisir qu'il serait dommage de bouder.

Découvrir le bébé qu'on a entrevu cet hiver dans sa poussette, les nouveaux qui viennent de s'installer ou profiter de ce "repas des voisins" pour saluer ceux qui déménagent sont des moments sympathiques.

La vie de l'immeuble, de la propriété ou de la résidence va son rythme et le repas convivial et bon enfant qui s'est instauré fin-mai, tous les ans depuis 8 années est le plus souvent une réussite.

Le parking extérieur, côté Garonne, est abrité du vent (mais pas du vent d'Autan qui heureusement n'a jamais fait le 13 ème à table!) et permet de s'étaler. Les personnes qu'on croise le jour du repas ont la couleur du ciel en tête et se le disent.
On les a prévenus avec de jolies affichettes participatives. Évidemment certains ont laissé libre cours à leur humour (!) en inscrivant 600 convives ou en laissant un commentaire incompréhensible aux non-initiés.

Le soir dit une sorte de colonne de fourmis installe chaises, pliants, tabourets, nappes colorées, assiettes et couverts en plastique et, bien entendu, les plats et tartes que tout le monde se partagera lorsque le mystérieux signal des agapes sera envoyé.

Pour le moment on picore une olive ici, un cake aux pistaches là. Les gobelets se remplissent (Tariquet blanc pour la majorité, jus de tomates ou de fruits pour les autres). Peu d'enfants entre 4 et 16 ans: le résidence abrite surtout des jeunes ou des vieux couples. Et un certain nombre de femmes seules. De grandes voyageuses toujours entre deux avions et deux pays lointains.

Je mentirais en disant que je n'ai pas pensé aux "pots" du travail et en taisant ce que la conversation a parfois de convenu (les charges, le syndic, les "incivilités", le bruit.....) mais c'est égal, ce moment estival est bien agréable et donne aux relations de voisinage le coup de vernis bienvenu.

 

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30 mai 2018 3 30 /05 /mai /2018 07:00
L'Obs du 24 mai 2018

Ayant envie de lire un hebdomadaire (je n'achète plus "Marianne" depuis deux ou trois mois, il m'agace trop) je suis entré à reculons chez le marchand de journaux.
Le Point titrait sur Erdogan de Turquie mais qu'importe... ce magazine est devenu tellement mauvais que je ne me vois pas payer pour le lire!

Même chose pour "l'Express". C'est un titre qui a connu ses heures de gloires mais le problème est qu'elles sont très loin derrière, très loin.

"M" supplément du Monde est insupportable, au même titre, mais pour des raisons différentes, que "le Figaro Magazine". Tout cela est vieux, indigeste, fossilisé.

A mes yeux le dernier avatar du "Nouvel Observateur", "l'Obs" ne valait guère mieux mais c'était le moins rebutant. Je l'ai donc acheté avec des pincettes.

J'avais tort! c'est un numéro de bonne tenue qui m'a donné plus de 2 heures de lecture de qualité. J'ai appris des choses et certains articles m'ont semblé particulièrement bien faits: j'en veux pour preuve celui qui a donné son titre à la couverture ("Déplastifions-nous!"), "Qui veut la peau de Françoise Nyssen (Ministre de la culture), "Europe 1 et ses névroses"  et enfin le "dossier" Orwell lié à la nouvelle traduction de "1984" et la récupération de l'écrivain Britannique par les ultraconservateurs (un comble!). On le constate: un véritable effort de renouvellement, d'explications plutôt objectives et d'informations pratiques vérifiées a été fait. Si j'ajoute que les éditoriaux sont signés de personnes jeunes et méconnues et que la politique tient une faible place dans le sommaire de ce magazine on conviendra qu'il y a matière à (se) féliciter et à espérer!

Seul bémol; un "hit-parade" des meilleures ventes de livres dominées par Claire Chazal pour les essais et Guillaume Musso pour les romans. Qui ce genre d'âneries, ce classement puéril, mercantile mais antédiluvien peut-il encore intéresser?

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29 mai 2018 2 29 /05 /mai /2018 07:00

Par suite d'un malentendu dont j'ai dit un mot sur le post daté d'hier je me suis retrouvé à attendre à l'extérieur à l'entrée de la grande Clinique St Jean du Languedoc à Toulouse. Grande par son étendue géographique, par ses spécialités mais sans doute aussi par sa rentabilité puisqu'elle fait partie du groupe Capio qui, c'est reconnu, est bien bénéficiaire.

Je dirais que ce n'est pas surprenant: en 20 ou 25 minutes j'ai vu défiler un nombre ahurissant de patients et d'accompagnants, à pied, en ambulance ou en auto qui (presque) tous venaient avec des radios sous les bras grandes comme les vitraux de la Cathédrale de Chartres.

Les journées chômées de mai comme les vacances scolaires étaient terminées mais, sous le soleil,on avait l'impression de voir des touristes visitant un château de la Loire ou d'ailleurs: habillés en été, certains en tongs (authentique) les "malades" savouraient leur temps.

Parallèlement aux valides s'avançaient vers des pavillons dédiés à telle ou telle partie du corps des personnages formant une cour des miracles d'éclopés, de boiteux et de vieux très fatigués qui tous, en se déplaçant, faisaient penser à une chorégraphie au ralenti.

Les parkings de la clinique étaient surbookés mais cela n'empêchait pas chacun et chacune d'entrer "tenter sa chance" en créant des embouteillages monstres. Tous avaient l'air de penser que sa souffrance ou sa maladie (ou les deux) dégagerai(en)t une place miraculeusement. Le quartier est excentré, les places n'y sont pas payantes (c'est une zone bleue à l'ancienne) et assez faciles à trouver mais tout le monde veut entrer dans l'enceinte de la clinique et ne comprend pas qu'une ambulance lui soit préférée.

J'ai certes "raté" mon rendez-vous mais l'observation du monde de la maladie a heureusement pris la relève.

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 07:00
I-Phone

I-Phone

Depuis quelques temps je m'aperçois que les personnes que je sollicite par téléphone, que ce soit par appels purement téléphoniques ou envoi de SMS ne répondent pas ou répondent à côté.
Alors que nous sommes de plus en plus connectés les messages simples ne nous parviennent plus bien et sont sources d'erreurs et même de malentendus.

Vous ne le croirez pas tant que vous ne l'aurez pas vécu mais une brouille peut naître d'un échange de SMS, une incompréhension d'un mail mal lu.

Nous sommes tellement branchés et à l'écoute des autres qu'un lieu ou une heure de rendez-vous ne s'expliquent pas et peuvent être incompris des deux parties: ce jeudi j'attendais à la clinique une amie qui l'avait quittée à toute vitesse pour être chez elle quand j'arriverais!

Faites le test: posez plus d'une question sur un SMS: au mieux vous aurez une seule réponse à une seule des questions.

Je demande à un interlocuteur s'il préfère un Indien (restaurant) ou un Chinois et il me répond "MdR" qui signifie mort de rire, un degré en-dessous de Pt2r qui lui veut dire "pété de rire" et indique une personne éclatée. Je suis ravi de l'avoir amusé mais guère avancé! Chinois donc!!!

Enfin il y a des messages qu'il faut traduire, interpréter, soumettre à la question pour tenter d'approcher la pensée de l'expéditeur. sur un SMS de 6 mots ce n'est rien moins qu'évident!

Le summum de la communication années 2015-2020 c'est cependant "quitte pas, j'ai un double appel". Difficile de mieux vous faire comprendre qu'on s'ennuie avec vous.

A l'origine la technique devait améliorer les rapports humains. Pas sur qu'elle soit sur le bon chemin.

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 07:00

Vous le savez, depuis que j'écris une page quotidienne sur ce blog j'ai fait part de mes atermoiements et questionnements à propos de l'écologie.

Mange t'on trop de viande? peut-on agir individuellement?, que faire face aux changements climatiques? que penser de la probable extinction prochaine de très nombreux animaux? comment empêcher la déforestation? comment limiter la prolifération de menaces (virus, OGM, plantes et semences...) nier que ces problèmes existent serait absurde, imaginer qu'il existe une solution globale le serait plus encore.

Après la diffusion d'un film sur les conditions de vie des poules élevées en cage, des prises de position, lundi de Pentecôte, de Brigitte Bardot et de Sophie Marceau, en écoutant des représentants du mouvement "Vegan" j'ai pris conscience que certains se sont emparés de ces sujets pour en faire un tout et, par le biais d'une culpabilisation, nous contraindre à penser comme eux avant de nous forcer à agir comme eux.

En d'autres termes les "Vegan", les obsédés de l'écologie, les cinglés de l'anti-spécisme et tout ceux qui veulent faire notre "bonheur" en nous forçant à vivre selon leurs oukases ne sont pas autres chose que des partisans d'une idéologie d'une part et d'une idéologie totalitaire de l'autre.

La définition exacte de l'idéologie totalitaire s'applique parfaitement à cette écologie de contrainte qui s'emploie à forcer le jugement et va jusqu'à des brutalités physiques contre ceux qui ne plient pas (destruction de matériel, vol d'animaux, intimidations et coups).

Je ne dis pas, loin de là, que nos sociétés ne sont pas devenues folles et qu'elles exploitent les ressources naturelles en dépit du bon sens et comme si elles étaient inépuisables. Qui pourrait le nier?

Il me semble qu'il n'y a pas de solution miracle à tous les problèmes liés à l'environnement que nous avons et aurons à affronter mais que la conversion aux énergies renouvelables à l'exclusion des autres, que l'obligation de rejeter la viande et autres préconisations coercitives m'apparaît comme ridicules, inadaptées, injustes et dangereuses. Elles n'ont que l'apparence de la justesse et c'est ce qui les rend si dangereuses. 

Certains défenseurs de ces causes (les "Vegan", les "Zadistes" etc.) se conduisent comme des "Khmers verts" et, s'ils ne tuent pas encore, leurs raisonnements jusqu’au-boutistes les y préparent. Les "zones humides" leur tiennent plus à coeur que les fins de mois des agriculteurs.

Pour sauver les Lycaons ou la forêt tropicale certains ne préconisent-ils pas la disparition de l’humanité?

 

 

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 07:00

Sur une des deux chaînes d'Histoire j'ai entr'aperçu un documentaire sur les négationnistes du génocide juif, une sorte d'internationale répugnante qui, pour des raisons différentes et parfois antagonistes s'escrime à dire que les Juifs n'ont pas été tués par millions dans les territoires de l'Est conquis et soumis par les nazis, de 1941 à la reddition sans condition de 1945.

Sous la "haute autorité" de l'ex-président de la République islamiste, Mamhoud Amhadinejad, ils s'étaient réunis pour vomir leurs misérables arguments et nier la Shoah. En tous cas pour en affaiblir le bilan et tenter de semer le doute chez ceux qui sont tout disposés, politiquement ou religieusement, à accepter des thèses absurdes et ignobles, toujours énormes et d'une mauvaise foi sans bornes.

Je n'ai pas pu regarder ce document qui, d'emblée, m'a mis terriblement mal à l'aise tant les intervenants et leurs discours suintaient la haine et même l'envie de meurtres de masse.

Je sais que, quoi qu'on fasse, il y aura toujours des personnes pour adhérer aux thèses anti juives/antisémites et d'autres pour remettre en question, j'allais écrire "par principe", les faits historiques les plus établis. Que des millions d'hommes de femmes et d'enfants juifs, du nouveau-né au vieillard impotent ont définitivement disparu après avoir été déportés leur laisse quand même un doute. Que des milliers de charniers, de fosses communes et des restes d'installations de massacres aient été retrouvés les laisse de marbre. Leur thèse étant que ça n'a pas existé ils s'y tiennent en défendant des thèses surréalistes et grotesques.

La difficulté est que, parfois, ils se servent d'erreurs ou d'approximations qui finissent par être répétées en permanence et donnent des arguments à ces négationnistes prêts à tout.

Par exemple on a coutume de dire ou d'écrire que "6 millions de Juifs sont morts dans les camps". C'est faux: dans les camps d'extermination entre 3 et 4 millions de victimes ont été assassinées, l'immense majorité étant asphyxiée et leurs corps brûlés et réduits en cendre.

Les 2 millions manquants ont été massacrés pendant l'Opération Barbarossa, c'est à dire l'offensive à l'Est, l'invasion de l'URSS en 1941 (et les années suivantes). Là les juifs étaient fusillés, brûlés, tués à la grenade, enterrés vivants et mis à mort par tous les moyens inventifs mis en œuvre par les "Einsatzgrüppen" derrière la Wehrmacht.

Les nazis ont trouvé, partout mais surtout à l'Est, des supplétifs qui ne se sont pas faits prier pour les aider à faire disparaître les victimes désignées. Ceux là, on s'en doute, n'ont pas été crier sur les toits leurs exactions et ont eu intérêt à ce qu'elles soient ignorées.

Si l'on n'est pas précis on offre le flanc à la critique et, dans ce cas, à la réfutation par amalgame ou minimisation.

Pareil pour les camps: bien que l'on ait tué (ou laissé mourir) à peu près dans tout l'univers concentrationnaire hitlérien on distinguait les "camps de concentration" et les "camps d'extermination": le but du plus connu de ces derniers, Auschwitz-Birkenau, était bel et bien la liquidation des 11 millions de Juifs que les Nazis comptaient faire disparaître.

Les monstrueux  propos tenus par les négationnistes dans les quelques minutes que j'ai pu supporter du documentaire demandaient: "qu'on leur donne les preuves". Ils jouaient sur du velours car les nazis ont tenu à effacer le maximum de traces possible. En rouvrant les fosses et brûlant les cadavres, en détruisant les corps mais aussi en employant un vocabulaire spécifique et neutre pour désigner ces "opérations".

Les ordres n'ont pas été écrits, les lieux de massacres souvent détruits par les Allemands eux-mêmes tandis que les bourreaux n'allaient évidemment pas se vanter d'avoir massacré à grande échelle.

L'iconographie est restreinte et souvent mal utilisée. certains films de massacres sont tellement diffusés qu'ils perdent de leur rigueur historique en l'étant parfois mal à propos.

Je pense en particulier à cette photographie poignante d'un très jeune garçon les bras levés (prise sans doute pendant la liquidation du ghetto de Varsovie) qu'on a tellement vue pour illustrer tant d'évènements qu'on ne sait plus la légender justement.

La mauvaise conscience des dirigeants des pays qui n'ont pas aidé les juifs, l'Himalaya de douleurs vécues, les nécessités de la Guerre Froide, la vulgarisation simplificatrice, l'inculture des médias et d'autres facteurs de ce type permettent aux négationnistes de semer leur immonde venin.

Il est impératif, quel que soit l'éventuelle justesse du combat de certains d'entre eux*, de les empêcher de le mener en niant le génocide le plus monstrueux et le plus stupéfiant de l'histoire de l'Humanité.

* Je pense aux Palestiniens qui s'égarent en attisant l'antisémitisme et en offrant des tribunes aux négationnistes.

 

 

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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 07:00

Il suffit parfois de mettre de la distance entre le sujet observé et l'observateur pour que l'observation échappe à la réduction de vues et cerne le sujet avec intelligence et objectivité.

J'en veux pour preuve les étonnements sincères et singulièrement justifiés d'un Canadien pour qui j'ai beaucoup d'affection à qui je servais des analyses inspirées, malgré moi, par les partis pris et automatismes politiques et culturels hexagonaux.

En gros le Président Macron serait "trop libéral" et Laurent Wauquiez serait un extrémiste de droite sans foi ni loi. Mon interlocuteur a levé un sourcil et demandé:

"qu'est-ce qu'être libéral et comment peut-on être "trop" libéral"?" et "Quels exemples peux-tu me donner des agissements d'extrême-droite de Wauquiez et que peut-on lui reprocher comme acte indigne dans sa vie publique?".

Non qu'il ne comprenne pas (et même n'admette que l'homme n'est pas sympathique) mais il faisait semblant d'avoir suffisamment de recul pour me mettre devant ma contradiction. Il n'est pas une semaine sans que je m'en prenne aux médias de ce pays mais je fais miens leurs présupposés ("Wauquiez est un facho") ou leurs bêtes noires. (ici, le libéralisme).

Or, et je pense que c'est là qu'il voulait en venir, on est libéral ou on ne l'est pas. On est pour le marché, la liberté de commerce, la démocratie et l'échange des idées (définition approximative du libéralisme) ou on ne l'est pas et donc il faut dire pour quoi on est. Et depuis la faillite du communisme, seul programme alternatif réalisé à ce jour, il n'y a que fantasmes et rabâchages. Songeons que Mélenchon et Besancenot en appellent aux mânes du vieux Léon (Trotski).

Pour mon interlocuteur il était clair que je raisonnais mal, sans doute parce que je baigne en permanence dans une atmosphère typiquement française faite de demies-vérités, de combinaisons intellectuelles fausses et de prospectives dépassées.

Dans un pays qui choisit Pétain contre de Gaulle, Sartre contre Camus et Lelouch contre Robert Bresson il n'y a pas lieu de s'en étonner.

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