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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 07:00
Les Pléiades

Avant (cette locution adverbiale remplaçant les connotés "de mon temps" et "à mon époque", le démodé "quand j'étais jeune" et le faux-cul "il n'y a pas si longtemps de celà..."; avant disais-je, dans un milieu pour lequel posséder des livres est naturel et aimer les belles éditions une manière d'être, la collection "Pléiade" était bien considérée et l'on trouvait presque toujours, en bonne place, des oeuvres complètes dans cette collection (assez) prestigieuse.

Appartenant à la non moins prestigieuse maison d'éditions de la NRF Gallimard, la Pléiade ne publiait que des auteurs sérieux et incontestables. A cette époque Jean d'Ormesson n'aurait pas même songé à poser la question de savoir si ses scribouillages étaient publiables dans la collection papier cigarette (papier bible), jaquette transparente et coffret carton.

Classiques, oeuvres complètes et auteurs "assis" la collection de prestige a évolué et on trouve aujourd'hui publiés Georges Perec et même des auteurs comme Marguerite Duras.

Un des aspects de cette collection est le prix, était le prix, assez élevé de chaque volume. Mais, de même qu'on avait des timbales en argent gravées au prénom des enfants, la louche en argent également de la tante Marie-Paule, les dictionnaires reliés du grand-père et la couronne ou le bouquet de mariée sous cloche de verre de bonne-maman on avait hérité de 5 ou 6 pléiades (qu'on n'ouvrait jamais) complétées des Maupassant ("c'est bien pour les enfants") ou de Mauriac ("il s'y connaît en âme humaine"). Sur une étagère, entre les livres reliés artisanalement par le beau-frère, trônaient ainsi 6 ou 7 pléiades dont la tranche avait légèrement, avec les années, perdu de son lustre.

Souvent la résidence secondaire a accueilli ces livres qui jaunissent doucement sous l'action conjuguée de la fumée de la cheminée (qui "tire" mal) et du soleil. A Paris on a besoin de place et les livres de François Fillon ou de Daniel Pennac (et de François Bégaudeau) sont désormais empilés sur la table basse de "la pièce à vivre".

En vidant une partie du box que je loue pour y entreposer des pouilleries que je n'arrive pas à me résoudre à virer je suis tombé sur quelques pléiades que je m'étais achetées. Elles n'étaient pas en mauvais état et le transparent et le carton ne manquaient pas.
J'ai essayé de les revendre... on m'a dit que "ça n'intéressait plus personne", qu'il y en avait plein en stock (Joseph Gibert), que les auteurs étaient dépassés (!) et quand enfin on m'en a proposé un prix c'était 10€ le volume soit moins cher que les recettes de boeuf de Cyrille Lignac en poche ou que le premier tome des mémoires en 16 tomes de Sophie Davant.

Inutile de dire que j'ai remis mes pléiades dans le carton, le carton dans le box en vitupérant contre le fait que tout ce que j'appréciais n'intéressait plus personne.

 

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 07:36
Nivellement par le bas.

Mitterrand était grotesque lorsqu'il s'essayait à parler une autre langue que le Français. Chirac était stupéfiant dans cette scène vue et revue de "do you want me to come back in my car?": un accent et une syntaxe diaboliques.
Sarkozy et Hollande, Hollande et Sarkozy qui à eux deux n'ont pas fait un demi-quinquennat correct tenaient, lorsqu'ils s'exprimaient dans la langue des Beatles, à la fois de Mitterrand et de Chirac. La part la pire.

Emmanuel Macron, lui, parle un anglais fluide et riche avec un très léger accent Français des plus amusants. Ce président-là (pour lequel j'éprouve de la sympathie teintée d'admiration, même si je ne suis pas un inconditionnel) honore son pays en étant capable de soutenir une conversation en Anglais et en tenant un discours dans la même langue mais se voit attaqué par des minus qui chipotent sur un mot (en l'occurence "delicious") que le Président aurait utilisé un peu légèrement à propos de la femme du Premier Ministre Australien.

Un comble! voilà un Président qui s'exprime dans un Français recherché et riche (là où un Sarkozy était fier de n'utiliser que 300 mots de vocabulaire!), qui parle bien des langues pour lesquelles nous, Français, ne sommes pas doués et on chipote -très mesquinement- sur un mot.

Quels journaleux tatillons qui lui font le reproche de l'avoir utilisé à mauvais escient savaient que "delicious" ne s'employait pas pour caractériser une femme? (ou alors dans un autre sens) Pas un sur cent. Pas un sur mille. Et cependant cette "bourde" est passée en boucle sur les radios, à la télévision, dans les émissions politiques, dans les talk-shows, dans les quotidiens, dans les magazines...

Macron eut-il giflé la première dame australienne qu'il n'eut pas été plus vilipendé!

Comme la grande médiocrité de ses prédécesseurs la grande qualité intellectuelle et la bonne fortune du Président Macron exaspère les commentateurs. C'est la loi du genre mais ça commence à devenir pesant.

On oppose à cet homme brillant et intelligent la lilliputienne personnalité de Wauquiez, de Clémentine Autain, de la fille Le pen et d'autres "pointures" de ce niveau. On ricane chez Hanouna et Barthès, on gronde au "Monde" et chez "Mediapart"...

En France l'égalité est souvent confondue avec le nivellement par le bas.

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 07:00
station "Palais de justice" du tram ligne T1 (Toulouse)

station "Palais de justice" du tram ligne T1 (Toulouse)

Samedi 5 mai il faisait gris et froid, oui froid, dans la ville rose. Je me déplaçais à vélo pour aller aux brocantes des Allées François Verdier qui se tiennent une fois par mois le premier week-end.
J'y trouve rarement quelque chose à acheter (les stands proposent un peu toujours les mêmes choses et les prix y sont élevés) mais j'aime y traîner et le public est celui des connaisseurs, des passionnés et des personnes de qualité qui on déserté depuis longtemps les vide-greniers.

J'y ai trouvé un jour le bureau sur lequel je m'appuie à l'instant présent, quelques bouquins que je cherchais et un pied d'appareil photo ancien en bois que j'ai fait monter en lampe.

Après le Pont St Michel (la Garonne était boueuse et très haute) en suivant les rails du tram je suis arrivé sur la plus belle perspective de Toulouse: les Allées Paul Feuga et Jules Guesde avec, au fond, le Grand Rond.

Comme j'arrivais à la station du tramway j'ai vu sur le quai une agitation qui a attiré mon regard. La station étant la dernière de la ligne, personne ne monte dans un tram de ce quai, l'agitation était due à autre chose: une équipe réduite de cinéma s'apprêtait à filmer une scène: un caméraman, un perchiste, une maquilleuse, un machino lumière et un metteur en scène. Une petite équipe donc. Pas le prochain James Bond.

Le tram est arrivé et l'équipe a filmé son arrivée (bel emplacement, les rails sont dans l'herbe bien verte et le ciel moins triste qu'il y a 5 minutes). Les portes s'ouvrent et une jeune fille pensive il y a un instant monte dans la dernière voiture et en ressort dans la foulée par la porte suivante en se jetant dans les bras d'une autre que j'avais pris pour la maquilleuse en parlant fort et en surjouant la surprise.

De mon vélo je suis surpris par le côté "comédie" de cette scène. C'est déjà du cinéma et c'est outré par rapport au quotidien. Dans le tram on ne se salue pas aussi démonstrativement! à l'aéroport oui, à la gare peut-être mais à la station "Palais de Justice" de la station T1 sûrement pas. Je regarderai l'équipe filmer la même scène 3 ou 4 fois sans voir de grands changements dans l'interprétation des retrouvailles.
(au retour, deux heures après, j'ai constaté que j'étais dans l'axe de la caméra et que celle-ci a du enregistrer mon déshabillage: j'ai enlevé mon blouson, retiré mon pull et remis mon blouson et c'est en faisant cela que j'ai vu ce qui se passait derrière moi!).

J'ai observé, pendant les quelques minutes de tournage auxquelles j'ai assisté à quel point la scène était artificielle mais cependant plausible. Le cinéma est une re-création et une supercherie. On fait semblant et les spectateurs font semblant d'y croire. Un jeu de dupes!

 

 

 

 

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 07:00

Ayant déjà vécu l'expérience j'avais prévu le coup: chemise longue (façon liquette!), boxer long également et surtout chaussettes jolies et impeccables (= pas usées au gros orteil). 

J'ai retiré ma chaîne autour du cou (cadeau de C***) et les rares objets métalliques que je porte habituellement et suis allé me livrer aux jeunes femmes qui faisaient passer l'IRM.

l'IRM c'est ce tunnel sombre impressionnant dans lequel on prend des clichés de la partie du corps qu'on souhaite étudier. Après le genou droit, opéré l'année dernière c'est celui de gauche qui donne des signes de faiblesse et surtout qui me fait ressentir de grandes douleurs heureusement intermittentes.

Première impression, mai ou pas, je tremble à cause du froid. Seconde impression l'immobilisation du genou examiné me fait atrocement souffrir mais je dois tenir "de dix à quinze minutes" comme m'a prévenu l'opératrice en me donnant un cordon de sonnette "pour le cas où...". Elle n'a pas parlé de la douleur et je n'ai pas osé en parler non plus.

10 minutes à trembler et supporter une douleur de compression... c'est long. Même avec un casque sur les oreilles diffusant de la musique mainstream et masquant mal le bruit de l'appareil.

Allez savoir pourquoi mais, par association d'idées, j'ai pensé à la Gestapo du 93 de la Rue Lauriston à Paris (j'ai habité à côté) et, de fil en aiguille, à la résistance à la torture.

Heureusement que je n'ai pas été chef de réseau ou clandestin: j'aurais vite balancé des noms! J'ai peu souffert, physiquement, dans ma vie (à part des dents lorsque j'étais ado) et n'ai donc pas une expérience soutenue de la souffrance. Je crois que la douleur du genou, vive et durable, est une des plus "dures" que j'aie eue à supporter jusqu'ici.

Voilà! je suis comme ces personnes emmerdantes qui vous font le récit complet de leurs infirmités, douleurs, maladies et états d'âme.

Comparer un passage à l'IRM aux tortures de la bande Bonny-Lafont (connue sous le nom de "Carlingue")... fallait oser!

 

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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 07:00
Etonnant, non?

On le dit et le répète partout: Pierre Desproges est mort il y a 30 ans. Incroyablement cet homme singulier à l'humour caustique et original est "récupéré" par tout le monde. On peut même parler de "coluchisation" tant celles et surtout ceux qui s'en réclament sont nombreux.

Elitisme? difficulté à partager? cet oecuménisme dans l'admiration et la louange me paraît suspect, et m'énerve. Je doute que ceux qui se réclament de Pierre Despproges ou de sa prose les connaissent bien l'un et l'autre.

Ou alors ils pensent aux éternels poncifs utilisés de manière systématique dès que l'on prononce son nom: la bataille de boudin blanc avec Daniel Prévost dans une charcuterie pour "le petit rapporteur", le début du sketch sur "les juifs" et, naturellement, la sentence exprimée dans l'émission de radio de France Inter "le tribunal des flagrants délires" selon laquelle "on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui". L'a t'on entendue celle-là!

Je doute que les "minutes nécessaires de M Cyclopède" soient toutes aussi connues, que ses textes de scènes le soient aussi et que ses drôles de livres aient un lectorat aussi fidèle qu'on le prétend.

J'aimerais bien qu'il en soit ainsi et que cet humour cultivé et recherché soit partagé mais, en voyant certains de ceux qui s'en réclament (et surtout en les entendant) j'ai des doutes. De sérieux doutes! il en va de leur connaissance de Desproges comme des rencontres de Pierre Perret et Paul Léautaud: il n'y a que ceux qui les évoquent qui s'en souviennent et qui peuvent témoigner de leur authenticité, autant dire personne!

C'est un fait que cet amuseur n'a ni prédécesseur ni successeur. Aucun des "comiques" actuels n'approche de son "nonsense" et de son humour vache et drôlatique. Parfois surprenant. Dans la jungle des "amuseurs" ceux qui ne plagient pas des pans entiers de spectacles américains essaient de se faire une virginité en évoquant une "filiation" avec ceux qui ont jadis fait l'unanimité comme l'angelot des Restos du coeur et, plus récemment, celui qui terminait ses minutes nécessaires souvent absurdes d'un curieux: "étonnant, non?" passé depuis dans le langage courant.

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 07:00

Je n'ai pas les compétences pour le faire mais je ne peux m'empêcher de crier "casse-cou" devant les bêlements pacifiques qui accompagnent les gesticulations de Kim Jong Un, le "leader" communiste dynastique de la Corée du Nord vers son voisin du Sud qu'il a, avec son père et son grand père juré d'anéantir en tant que système politique et d'absorber en tant que pays.
Les 3 Kim, qui ont inventé la société marxiste la plus aboutie et la plus  durable (les Khmers rouges du Cambodge sont allés plus loin et plus vite mais ils n'ont pas duré) tiennent par dessus-tout à conserver leur mainmise sur la Corée du Nord, ils ne tiennent pas à ce que le monde sache (mais le veut-il?) le régime d'esclavage et de terreur qu'ils imposent à leur peuple depuis plus de 50 ans. Ils n'ont aucune envie qu'on étudie les famines organisées, les meurtres et assassinats commandités, la vie de la "Nomenklatura" et le quotidien d'une dictature impitoyable.
Kim sait ce qui arrive aux dictatures qui essaient de se libéraliser: elles sont balayées dès les premiers signes allant dans ce sens et le dictateur molesté et exécuté sommairement avant d'avoir bougé un cil.

Les journalistes et commentateurs ont-ils réfléchi un quart de minute à ce que signifierait une "démocratisation" de la Corée du Nord? croient-ils une seconde que la Chine accepterait des soldats américains aux portes de leur pays? pensent-ils sérieusement à une "réunification"? et à laquelle?

La Corée du Sud, démocratie "à l'occidentale" (la présidente du pays, régulièrement élue a été limogée pour faits avérés de corruption...) absorberait sa voisine du Nord ou le contraire?

Croit-on vraiment que l'armée gigantesque du nord est un tigre de papier et les essais nucléaires de Kim des enfantillages? depuis 1953 la Corée du Nord prépare et rêve de reprendre les hostilités. Elle n'a jamais accepté le statu-quo ni la "trève" (c'est ainsi que la dynastie rouge désigne l'armistice) et ne songe qu'à détruire et asservir son voisin.

Alors, voir dans ces jérémiades de paix autre chose qu'une palinodie c'est faire preuve d'inconscience et d'immaturité. Pire, c'est faire prendre au monde des vessies pour des lanternes et pratiquer consciemment de la désinformation.

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 07:00
Smi sur la terrasse

Smi sur la terrasse

Ma plus jeune soeur, Sophie, m'a récemment demandé des conseils à propos des chats, chats que j'ai eus pratiquement sans discontinuer de 1993 à aujourd'hui. (Bagheera, Mia et Smirnoff très exactement).

Je me suis surpris moi-même à en dénigrer la vie en ville et à détailler les inconvénients à élever un tel animal en appartement plutôt qu'à en évoquer les plaisirs.

Il est vrai que la dernière n'est pas très sympathique (à part avec moi, et encore, quand elle l'a décidé) et que se pose parfois, devant son indifférence et son manque de contacts la question du pourquoi cohabiter.

Un chat devenu d'appartement (mais son caractère était exactement le même lorsqu'elle pouvait descendre tous les jours au jardin) a une activité des plus limitées: dormir, manger, boire, faire ses "besoins", se toiletter, prendre le soleil, faire ses griffes et réclamer de la nourriture. C'est tout. Et ça s'enchaîne dans le désordre et l'ordre parce qu''un chat est très casanier. (sauf avec les endroits où dormir: le chat en change brusquement, dédaignant subitement celui qu'il avait élu pour longtemps).

Maniaque comme je le suis je ne lui ai rien caché des désordres de la litière des poils partout, des nuits de bruits et de l'ennui de la vie en appartement pour ce carnassier équipé pour la chasse et le meurtre de ses proies.
J'ai détaillé les coûts (vétérinaire, croquettes hypoallergéniques, sachets de viande, sable pour la litière, gardes de week end et de vacances) et les contraintes sans en oublier une seule.

Je l'ai sentie ébranlée et l'ai immédiatement regretté. Elle voulait récupérer un chat de fourrière, jeune et en bonne santé pour lui offrir une vie agréable mais en appartement à Paris. "comme mes voisins" a t'elle précisé.

Notre rapport aux animaux dits "domestiques" est souvent pathologique et dépend d'autres facteurs que la rationalité. La somme des contraintes et le type de vie que nous leur offrons souvent ne peut leur convenir et nous leur transmettons peut-être à la longue des névroses spécifiquement humaines.

Parfois je suis persuadé que Smirnoff n'ignore rien de mes actes et de mes pensées et qu'elle me le signifie en soutenant intensément mon regard. Ou, au contraire en le fuyant délibérément. Elle m'ignore un jour et recherche ma compagnie un autre. Elle sait quand je suis patraque et quand j'ai vague à l'âme. Elle ne me soûle pas avec des raisonnements creux et ne se plaint jamais: c'est ça, ma Sophie, que j'ai oublié de te dire et qui est le plus important!

 

 

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 07:00
Christine PascalChristine Pascal

Je l'ai découverte, fiévreuse, dans "Les guichets du Louvre" de Michel Mitrani (1974) et, sans la suivre vraiment, j'aimais la retrouver actrice dans certains films, réalisatrice d'autres.
On la sentait fragile et entêtée, blessée mais brave. Une fille assurément intelligente mais compliquée.

Je parlais ici-même hier du film "la meilleure façon de marcher" où elle donnait la réplique à Patrick Dewaere, en macho sur de lui: elle était adorable et vraie.
Elle s'est suicidée en 1996 et a été oubliée depuis. Peu mettent un visage sur ces deux prénoms qui forment son nom de comédienne; c'est une erreur. Elle jouait très bien et réalisait des films intéressants.

Mais, comment dire, elle n'avait pas un physique à lutter contre les concurrentes: belle mais timide, trop effacée. Sans doute pas sûre de son charme ni de sa personnalité auxquels j'étais, comme beaucoup, très sensible. (elle me fait penser à quelqu'un qui compte pour moi et m'a fait penser à elle, avant que cette personne soit adulte. Même physiquement il y a des ressemblances).

Elle riait ("Que la fête commence" de Bertrand Tavernier) mais le tragique n'était pas loin. Sa mélancolie et un fond de tristesse ne la quittaient pas.
Facile de dire cela une fois sa fin connue et en ne l'ayant vue qu'au cinéma ou dans de rares interviews. Pourtant, je m'en souviens, sans rien savoir de sa vie, je n'ai pas été surpris lorsque j'ai appris qu'elle s'était tuée.

Beaucoup de films m'ont semblé faits pour elle depuis et je regrette sa silhouette fine et son beau regard triste.

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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 07:00
Cloaques quotidiens

Je me souviens d'un passage hilarant du film de Claude Miller "La meilleure façon de marcher" (1975) une "comédie-dramatique" avec Patrick Dewaere, Patrick Bouchitey, Christine Pascale (j'aimais beaucoup Christine Pascale*), Michel Blanc et Claude Pieplu.
Claude Pieplu était le directeur un peu dépassé d'une colonie de vacances peuplée de sales gosses et de moniteurs pires encore.
Il avait des méthodes surannées telle "la boîte à idées" qui ouvrait la séquence en question. Quand il ouvrait la fameuse boîte il en détaillait le contenu de manière scientifique alors que c'était dérisoire. Avec sa voix si particulière il disait les attaques personnelles, les jeux de mots à caractère sexuel, les insultes, les papiers gras etc. C'était irrésistible.

 

J'ai un peu fait mon "pieplu" récemment en remarquant combien la bonne idée de départ des "boîtes à livres" avait été dévoyée. Les boîtes sont taguées ou cassées et contiennent des saletés.Presque uniquement des saletés: livres sales et dépenaillés, souvent lamentables, brochures de propagande religieuse, journaux infects, annuaires dépassés et, dans l'ensemble, presque jamais rien d'intéressant. Une idée originale et intéressante qui débouche sur du répugnant.

On est en France!

Les autolibs, ces voitures partagées de Paris qui sont à la disposition de tous moyennant abonnement (il y a de nombreux articles sur ce sujet sur Internet) seraient elles aussi restituées dans un indescriptible état de saleté: certains font leurs besoins dedans, d'autres y fument, y jettent leurs poubelles, les saccagent..

Une idée pratique et de bon sens qui débouche sur une honte.

 

Parfois, je ne le cache pas, notre "latinité" m'em.... et me dégoûte.

* voir vendredi 4 mai 18

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 07:00
CDs

CDs

Encore un signe qui indique que le support musical sous forme de disque est désormais lié au passé: dans la voiture que nous nous sommes achetés la radio ne comporte pas de lecteur de CD.

Les rayons CD des quelques rares points de vente qui subsistent (genre FNAC ou CULTURA) voient la place dédiée à ce support la céder de plus en plus à d'autres produits et s'amenuiser leur superficie. Peu à peu ne restent exposés que les "soldes" et les "nouveautés". Le CD ne vaut plus rien mais les CD récents explosent leurs tarifs. Allez comprendre!

La musique est Dé-ma-té-ria-li-sée. On l'achète sur des banques de données (Spotify, Deezer) qui, il faut le reconnaître, sont pratiques, peu onéreuses et contiennent à peu près toute la musique disponible.

Le regain d'intérêt du 33t vinyl est un trompe l'oeil: il ne concerne que les baby-boomers qui fondent devant des (faux) témoins de leur jeunesse. On imagine mal un petit mec de 16 ans ou une petite nana de 15 s'offrir "Physical Graffiti" ou "Beggars' banquet" en galette de cire!

Ma génération feint de s'intéresser aux musiques actuelles qu'elle ne comprend ni ne supporte. Le rap nous parle comme le rock progressif à nos pères et le jazz aux leurs.

Le format que nous avons connu et qui  a évolué avec le temps, du vinyl au laser-disc en passant par la cartouche et la musicassette, est à l'agonie.

Dans la voiture on apporte(ra) une carte SD avec nos playlists pré-enregistrées où une clé USB qui, avec sa taille d'un sucre en morceau, contient de quoi écouter pendant 1 an.

Il n'y a plus les paroles, plus de photos, plus d'éditions "collectors" ni de pochette bariolée et on se lasse d'écouter un artiste au bout de 3 titres successifs.

J'ai bradé mes CD et les regrette parfois!

 

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