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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 07:00

Tout le monde disait du bien du film "Le sens de la fête" (Eric Toledano et Olivier Nakache) et l'unanimité spectateurs et critique étant parfaite je suis allé à une séance de rattrapage le dimanche soir au merveilleux cinéma d'art et essai "Utopia" de la banlieue chic de Toulouse, Tournefeuille.
Aller à Utopia c'est déjà être certain de voir un film dans les meilleures conditions: une salle superbe, un cadre magique, pas de publicité et aucun risque de croiser des bouffeurs de pop-corn ou de hamburgers.

Disons le tout de suite pour évacuer la critique: Jean-Pierre Bacri fait bel et bien du Jean-Pierre Bacri mais reconnaissons-le, mieux que personne. Il n'y a que lui qui puisse, de film en films, incarner ce personnage bougon, malheureux mais au fond humain et bienveillant.
Dans "Le sens de la fête" il tient le rôle principal, un rôle très important (même quand il n'est pas à l'écran on parle de lui!) tout en laissant les autres exister.

Les autres sont TOUS excellents avec un bonus pour Hélène Vincent qui est exceptionnelle et Jean-Paul Rouve qui est devenu, au fil du temps, un comédien de premier plan. Il est un photographe de cérémonies pitoyable avec un tel naturel qu'on lui passerait commande pour qu'il vienne immortaliser un des nôtres! il a des scènes de bravoure comme celle ou son jeune stagiaire lui dit son fait ou celle où le même stagiaire lui explique une application smartphone où il est vraiment très bon.

Gilles Lellouche est moins bon mais son personnage est moins intéressant et plus prévisible.
Il donne la réplique (et plus car affinités) à une Omar Sy au féminin qui crève l'écran (Eye Haidara).

Vincent Macaigne, que je ne connaissais pas, est lui aussi très bon et campe un parasite sympa mais collant avec un naturel qui risque de lui coller à la peau!

Le film est une bonne comédie, au rythme régulier (pas de ces moments d'émotion idiots qui ne servent à rien dans une comédie). Le scénario est excellent et malin, les gags sont réfléchis et intelligents (le feuilleté aux anchois, la montgolfière, le discours, les serviettes, le mariage cow-boy, l'odeur pomme d'amour etc.) et les acteurs et actrices en état de grâce.

Ce n'est pas vulgaire, pas "eau de rose et bons sentiments mielleux", pas putassier et pas dans l'air du temps tout en étant vrai et bien de notre époque.

C'est un film joyeux, drôle et réjouissant qui met de bonne humeur sans qu'on ai honte de ressentir ces impressions. Une réussite, quoi.

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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 07:00

Je ne suis pas "complotiste" et ne vois pas des gens animés de mauvaises intention derrière chaque homme doté d'un peu d'influence.
Cependant je suis persuadé que l'ensemble des dirigeants formels et informels de la société humaine (cela va des Rois et reines aux gouvernants en passant par les artistes, le monde du spectacle et du divertissement, les industriels et les opérateurs du tourisme), tous ont un programme "caché" qui est de nous abrutir par la consommation et le loisir.

Nous amener à réfléchir le moins possible, à nous cultiver moins encore.

Le but ultime des vendeurs de téléphones, de consoles de jeux, des professionnels du cinéma, de la chanson, des parcs de loisirs, des fabricants d'automobiles etc etc est de nous amener à ne pas penser et à dépenser. (pardon pour ce jeu de mot).

Rien ne démontre plus ce but qu'un regard critique sur la plus grande machine à décerveler qu'est, quasiment depuis son invention, la télévision: J'ai vu en Corée du Sud des programmes de divertissement qui feraient passer Hanouna ou Castaldi pour des poètes-philosophes.

Je ne dis pas que quelques exceptions n'existent pas, des ilots d'intelligence et de culture assiégés de toutes parts par la vulgarité mercantile. Le monde, cependant, à l'image d'un Trump, ne cache pas son ambition de nous ravaler à l'état d'unités de consommation, du berceau au cercueil.

Je reviens sur le téléphone portable, esclavage plus ravageur encore que l'automobile individuelle.

Qui a décidé un jour que nous avions besoin de nous "amuser"? ces consoles de jeux, que l'on donne aux enfants dont le cerveau n'est pas achevé ne sont-elles pas la preuve d'une volonté totalitaire de prendre contrôle de nos pensées et actes?

La nourriture omniprésente, la drogue en libre-service (le show-business donnant l'exemple), la mobilisation permanente de nos sens... Il n'y a pas de Deus ex machina mais des milliers de manipulateurs à travers le Monde qui ont tous un objectif précis: plus de guerres ou de révolution grâce à un contrôle des cerveaux qu'on aura, au préalable, endormis par des plaisirs artificiels mais consentis et recherchés.

On gloussera béatement avec Hanouna, on glougloutera avec Harribo ou Nutella, on s'occupera avec Star Wars et Disney, on crèvera dans l'huile de palme ou pire.

Vive le futur!

 

 

 

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15 mars 2018 4 15 /03 /mars /2018 07:00

Je ne sais pas (mais ne crois pas) que toutes les familles sont comme ce que je sais de la mienne.
Je veux parler de celle qui fut la mienne entre l'enfance et la fin de l'adolescence et qu'à un ou deux éléments près je n'ai pas revue depuis des siècles.

Mon père n'avait, sa mère à part, aucune famille connue et fils unique, il n'était encombré ni de frère et soeur ni de cousins ni d'aucun autre lien familial. Sauvage et peu aimable comme il l'était la nature avait bien fait les choses! même avec sa mère il était rien moins que démonstratif et lui en voulait de mille choses que je n'ai pas connues ni voulu connaître.

Côté maternel c'était au contraire le trop plein: 2 frères et 1 soeur tous à moitié fous. Je n'ai quasiment aucun souvenir du frère aîné qui était médecin et "jouait du piano": un accident de la route l'a rendu infirme et diminué et il est mort assez tôt. Laissant deux veuves et une myriade d'enfants tous plus cinglés les uns que les autres. Les 3 enfants du premier lit sont tous morts avant leur 30 ans dans des circonstances "scandaleuses" pour une famille si bourgeoise et si "comme il faut".
Ma cousine Isabelle a été enterrée dans la ferveur maoïste, son cercueil recouvert du drapeau rouge tandis que son frère insultait leur père...Le plus jeune des frères, drogué et voleur, à fini dans la Seine. Stéphane avait réussi l'exploit de cambrioler sa tante, ma mère, la seule personne qui ne se soit jamais intéressée à lui. Depuis elle a hérité du sobriquet de "Madone des barjots". Quand au second lit je n'ai jamais su combien d'enfants il y avait eu et ce qu'ils étaient devenus.
Avec mépris (tout était dit!) on n'avait rien à voir avec une femme qui travaillait et en plus qui travaillait au péage d'autoroute.....

le second frère de ma mère était persuadé, j'imagine, que ses gènes étaient de qualité supérieures puisqu'il les a disséminés au-delà du raisonnable. Des enfants officiels comme adultérins, des jumelles, des adoptions.... il a dû être père plus de 15 fois sans en savoir lui-même le nombre exact.
Paternité est un mot fort puisque l'oncle B*** a été incapable d'élever le quinzième de son "cheptel". Tous ratés. Tous malheureux et semés à tout vent, comme les pissenlits de Larousse.

La soeur de ma mère cumulait la folie des grandeurs de sa famille avec un surmoi explosif. C'était (elle vient de mourir) une très belle femme, intelligente mais à moitié siphonnée. Les apparences comptaient plus que la réalité et la beauté plus que les apparences. Elle a eu 3 enfants qui sont sans doute les personnes les plus malheureuses que j'aie jamais croisées. Délaissés, esclavagisés, niés, méprisés, rejetés... et sacrifiés comme leur père le jour où il a cessé de plaire. Ma tante était tellement égocentrique qu'elle en a oublié son rôle de mère.

Nous avions aussi des cousins dont les S*** qui vivaient dans une belle maison près de la Seine en banlieue parisienne chic. les rares fois où nous y allions l'harmonie familiale y semblait un leurre et, sans aimer notre atmosphère familiale, nous remarquions bien que nous n'aurions pas gagné au change. La compétition, sous toutes ses formes, y régnait et les études était le seul et unique critère d'appréciation.

Il y avait aussi ceux de Grenoble (que nous voyions encore moins) et leurs parents qui étaient gentils et bienveillants et qu'on voyait aux alentours des fêtes lorsqu'ils venaient à Paris.

Nous attribuions à "la capitale" le fait d'être isolés et de ne voir les cousins et alliés que lors de mariages, d'enterrements et de noces d'or.

J'ai voulu que mes enfants voient leurs cousins et la famille en général mais n'ai pas obtenu, sur ce plan, de meilleurs résultats que mes propres parents.
Frère(s) et soeur(s), le statut génère de tels malentendus, de telles incompréhensions que les liens se distendent rapidement à la fin de l'adolescence.
L'affection qui reste ne suffit pas, n'a pas suffi en ce qui nous concerne, à transférer sur les enfants ce sens de la famille dont on parle tant mais vérifie si peu.

C'est dommage car l'on sent des affinités possibles, des caractères et des personnalités qui s'entendraient. Je me console en me disant qu'avec le Net on peu désormais retrouver la première fille qu'on a embrassée et le type à qui l'on a vendu sa DS break ambulance municipale (jouet) alors un cousin et une cousine si on veut....

 

 

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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 07:00

Quand j'entends Jack Lang, profiteur de la République depuis son entrée en politique définir Donald Trump comme un "président de merde" je ne peux m'empêcher de penser à la façon dont son idole, François Mitterrand, a mis le pays en coupe réglée pendant ses deux mandats présidentiels et combien il a fait bénéficier ses affidés des largesses d'un état qu'il ne respectait guère qu'en paroles.

C'est entendu la présidence de Donald Trump est une anomalie, un accident politique et une calamité mais tant qu'elle est dénoncée par des étrangers et par des Jack Lang cela ne signifie strictement rien. Je dis calamité et anomalie en rappelant que je suis Français, pas électeur américain.

La presse française jette des tombereaux d'ordures sur le mandat Trump mais c'est juste une posture et cela n'a aucune conséquence. Il a été élu pour 4 ans et ses électeurs ne semblent pas donner raison à Jack Lang ni à nos "bonnes consciences" hexagonales.

Notre pays a un taux de chômage autour de 10% depuis de très nombreuses années quand tous les pays d'Europe ou presque ont vu le leur diminuer. L'endettement est très important, les chiffres du commerce extérieur sont consternants, l'industrialisation du pays décroît à une vitesse alarmante, l'extrême droite la plus à droite d'Europe a été présente au second tour de la Présidentielle 2017 mais... nous jugeons Trump et le condamnons.

Que ce président soit doté d'une personnalité discutable, qu'il tienne des propos lamentables et indignes nul n'en disconvient mais, au lieu de faire sempiternellement son "procès" on ferait mieux de voir ce qui se passe ici.

Une presse appartenant à des groupes industriels (Lagardère, Dassault, Bouygues...) des passe-droits ahurissants pour les plus fortunés (Pinault, Arnaud), des impôts élevés pour ceux qui ne peuvent s'y soustraire et la liste est longue de ces travers qui, s'ils ne font pas (encore) de la France un "pays de merde" l'apparentent plus à une république bananière qu'à une démocratie exemplaire.

Pratiquement tout ce que l'on déplore d'attitudes immatures et offensantes chez Trump a été vu chez le Président Sarkozy (2007-2012) avec, en plus, le hold up des biens de l'état. Trump n'a pas besoin de voler l'état: il était milliardaire avant d'être président. Les largesses de Liliane Bettencourt, les comptes truqués de Bygmalion et l'argent des Bruni-Tedeschi, Sarkozy les a eus tardivement!

De plus nos dirigeants faisaient moins de manières pour accueillir et aller voir Berlusconi qui n'était qu'un Trump avant l'heure, le "bunga-bunga" déjà présent.

Alors, les donneurs de leçons, les fesses bien casées dans un fauteuil des bords de la Seine devraient la jouer modeste. Hyper-modeste  même.

Rien n'est plus stupide que de faire entrer quelque chose dans une grille faite pour une autre. Or, avec Trump, on juge un rapport avec les armes, avec le bon goût, avec une discrétion et un public avec des critères inadaptés.

... et en traînant dans la boue le président qu'on a élus, nous, il y a moins d'un an, sans la moindre bienveillance. Mauvais juges chez nous, serions-nous qualifier pour juger à l'extérieur? je ne le crois pas.
 

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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 07:00

Pendant plus de vingt ans et toute mon enfance, j'ai habité le XVI ème arrondissement de Paris, entre Passy et la Muette. C'était déjà un quartier "chic" mais pas encore le temple du bon goût et de la fortune qu'il est aujourd'hui.

Curieusement cet arrondissement avait ses chapelles et la richesse était plus importante dans le périmètre Victor Hugo-Belles-feuilles que Porte de St Cloud, à Auteuil Molitor qu'à Chaillot.

On ne se mélangeait pas ou alors seulement à l'âge du lycée.

Mon école était rue des Bauches, près de la rue de Boulainvilliers. La gare de Boulainvilliers était alors désaffectée et abritait le cabinet (immense j'imagine!) d'un dentiste. Toute mon enfance j'ai imaginé des trains sur cette voie et ai été fort déçu lorsque mon espoir s'est réalisé et qu'un vilain RER l'a empruntée!

L'avenue Mozart, pour moi, c'était avant tout "le train bleu", un magasin de jouets situé près du métro la Muette. L'autre point d'attache était la boulangerie "A la flûte enchantée".

A Passy il y avait le magasin d'habits pour enfants "Mamby" qui faisait sa publicité sur les wagons ouverts du petit train du jardin d'acclimatation de Neuilly. Mon frère, je crois me souvenir, avait été choisi pour illustrer la collection une année sur leur catalogue. J'en avais conçu une certaine jalousie et n'avais pas compris le choix du commerçant car il perdait alors ses dents de lait et offrait un sourire incomplet.

A côté de Mamby il y avait la banque des parents où, adolescent, j'ai déposé des chèques et pris du liquide pour eux dans des opérations qui ne se font plus maintenant. La caissière ne craignait pas les hold ups et comptait les billets devant moi. Elle humectait ses doigts avec une petite éponge orange. Aller "aux coffres" était une expédition qui donnait le frisson.

Rue de Passy il y avait les Nouvelles Galeries, le Prisunic (méprisé mais fréquenté!) et, plus tard, "Inno". Dans les 3 la nourriture était au sous-sol et le reste au niveau rue. J'aimais le rayon disques d'Inno. Il était plus important que celui de la FNAC de Toulouse aujourd'hui. Le vendeur acceptait de me faire écouter les 45t que je convoitais. Forts! il les passait forts sur sa platine et le magasin s'emplissait de "ma" musique.

J'avais moins de chances avec le disquaire de la rue de Passy, face à Franck & Fils (habits pour femmes gigantesque et désert qui a survécu jusqu'à il y a un an ou deux):  il mettait (souvent) en vitrine les disques que j'aimais mais ne les faisait pas écouter. Et puis il était plus classique que pop, comme ses clients.

L'autre magasin de jouets du quartier c'était "au bonheur des enfants". J'y ai des souvenirs éblouis et ne comprends toujours pas comment Monsieur Shermann et sa mère avaient autant de choix dans une surface aussi réduite. C'était le Graal pour nous: les Dinky Toys et leurs boîtes jaunes, les trains Jouef (bon marché), Hornby (mieux) et Marklin (le top), les meccano, les legos.... ils avaient tout et le rayon "garçons" était au sous-sol.

Le marché de l'annonciation a longtemps été mon passage obligé. Quand j'y passe parfois il me fait l'effet de l'enclos pour la chèvre de monsieur Seguin: "que c'est petit".

Luce, le magasin d'alimentation incontournable de Passy m'a laissé un souvenir ineffaçable: j'ai, à tort, été accusé d'y avoir volé un article. Comme ce n'était pas le cas la fouille n'a rien donné mais le jeune adolescent que j'étais a été choqué de cette  suspicion et je n'ai jamais remis les pieds dans ce magasin. (la seule fois où j'ai volé, à Inno justement, j'avais l'impression que le magasin entier le savait!).

Place de Passy il y avait les magasins où l'on m'envoyait faire les courses en tant que garçon et cadet. LLe pain chez "Bourbonneux", la charcuterie chez "les dames": elles étaient deux à la caisse et donnaient un sucre d'orge aux enfants. (Mon Dieu! on dirait un souvenir datant d'avant le premier conflit mondial!).

A côté de chez Luce il y avait une boucherie comme on n'en fait plus. "Chez Roger" ça s'appelait. des deux côtés d'une allée centrale une dizaine de garçon-bouchers et une caisse qui trône. Le rouge-sang dominait partout. A l'automne une biche entière, un cerf ou un sanglier pendu par les pattes arrières à l'entrée sans vitrine.

La poissonnerie m'a laissé un souvenir inoubliable le jour où une otarie vivante était devant son entrée: ses cris, sa force et la curiosité m'ont éblouis.

Ma mère donnait des noms de fantaisie aux commerçants ou à leur magasin. "Rosalie", "le bandit" "6 Francs" étaient ainsi une charcutière, un droguiste et un marchand de boutons. Car il y avait une mercerie, rue Vital précisément.

Et un dispensaire de la Croix rouge, dans le saint des saints du fric, rue de Passy!

Ma géographie du quartier était précise et secrète: je savais passer par les entrée d'immeubles et sortir par l'arrière, les jardins du Ranelagh où nous jouions les jeudis puis les mercredis, la "Piste" sur laquelle nous avons tous les 5 appris à "faire du vélo" et du patin à roulettes (l'ancêtre du roller), le kiosque des bonbons, le guignol du XVI ème (pas le surnom de l'inamovible crétin, maire du XVI ème pendant des décennies mais un vrai théâtre de marionnettes qui existe encore), la gare de Passy, la voie ferrée d'Auteuil, celle dite des "souverains" qui traversait le quartier, la "Maison de la Radio" (Radio-France).

Et le Trocadéro. Ah! le Trocadéro... le jeu était d'aller jusqu'à l'école militaire à pieds. Là on était respecté: on était "allé loin"! 

Comme quoi même un quartier parisien pasteurisé et dédié au Dieu Argent peut avoir un âme.

 

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 07:00

Je me suis "tapé" l'intégralité des Césars. Comment dire élégamment qu'on a supporté un tel pensum?

Le cinéma Français ne m'intéresse plus guère et d'ailleurs je ne l'intéresse pas beaucoup non plus.

Je ne suis pas le genre de spectateurs à payer 12€ ma place pour voir les "Tuche 3" ou "les Ch'tis" de Dany Boon. J'aggrave mon cas en n'achetant pas de seau de pop-corn et en ne réservant pas ma place sur le net 3h à l'avance.

Honte à moi qui ne suis que très peu sensible à la demie-heure de publicités qui précède le film et qui n'est pas non plus concerné par le "placement de produits" dans ledit film.

J'aurais mérité ma condamnation quand j'aurais dit que je ne suis pas attiré par les films coup de poing sur le sida, sur les coups de foudre entre deux filles ou deux types qui forment l'essentiel de la production hexagonale (avec le divorce conflictuel).

Donc les Césars. 43 ème fois que ça existe. Manu Payet animait la soirée cette fois. Il est sympathique, talentueux et plein de bonne volonté mais comment "animer" un truc plus sinistre qu'une cérémonie des Pompes Funèbres? en voulant ressusciter "l'esprit Canal+" on nous montrait au contraire l'étendue de l'imposture.

PFG... d'ailleurs les hommages aux disparus ont occupé du temps dans le déroulement de cette soirée interminablement ennuyeuse. Certains "gags" tombaient à plat (la plupart!) tandis que les traits d'humour volaient bas. Qui a dit qu'à la suite de de Caunes, de Lemercier ou de Florence Foresti il était obligatoire de faire drôle? le clan Amalric ou le clan Garrel donnent envie de plaisanter peut-être?

La grande famille du cinéma n'arrive pas à masquer ses détestations et Guillaume Canet, Elsa Zylberstein (très seule), Julie Gayet (idem) ou Sophie Marceau ont été applaudis avec une retenue glaciale.

Dany Boon a reçu un César du public inventé pour la circonstance et qui récompense le nombre d'entrées de ses "films" plutôt que ceux-ci qui sont indigestes et de plus en plus navrants. Penélope Cruz a bien fait d'être là, Vanessa Paradis a frôlé la gaffe plus d'une fois et Line Renaud a fait un triste dernier tour de piste. On peut radoter avec talent, hélas elle a dépassé ce stade aznavourien.

Dans les "espoirs féminins" il y avait de belles révélations et c'est la fille de ses parents, qui joue comme un fer à repasser débranché qui l'a emporté. La famille élargie est la seule valeur sur laquelle le cinéma ne transigera jamais. On en est à la 3ème ou 4ème génération, artistes et techniciens confondus.

Marion Cotillard s'est abstenue de faire appel à une thèse complotiste ou de divulguer une fake-new. Elle s'est contentée de venir dans une bâche bitumineuse du meilleur effet.

La soirée a été lourde, longue, barbante, convenue... Lambert Wilson a dit du Lambert Wilson, Vincent Elbaz s'est essayé à l'humour (ça lui va comme un béret basque à une girafe) et l'idiot du Gorafi, Monsieur Poulpe a montré l'étendue de son manque de talent. Un naufrage!

Quand le film hystérique sur Act-Up a été désigné comme film de l'année je suis allé me coucher en me reprochant d'avoir passé 3 heures devant cette cérémonie mortelle.

On ne m'y prendra plus!!!

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9 mars 2018 5 09 /03 /mars /2018 07:00

Une sévère insomnie (de celles qui vous tiennent éveillés de 3H33 à 5H54) m'a conduit à me lever et à aller dans le domaine réservé du chat Smirnoff (qui aussitôt m'a demandé des croquettes); j'ai allumé la télévision avec la télécommande grise et suis donc tombé sur la dernière chaîne regardée, Planète.
Il y avait un documentaire qui venait de débuter et qui était consacré au portrait de deux personnes, un homme une femme, qui avaient aidé un proche à mourir.

C'était tout le contraire des émissions du "prime-time" avec le ludion médiatique Michel Cymès par exemple. Un film sobre, délicat, profond et humain. Un psychiatre, un juge, un psychologue, Marie de Hennezel et une femme "lama" boudhiste donnaient leur avis et ramenaient les cas étudiés à la généralité avec tact et intelligence.

De quoi se poser des questions et s'éloigner des raccourcis habituels galvaudés par la pensée dominante. L'homme avait sans doute abrégé la vie de sa mère adoptive (qu'il adorait) de quelques jours, une ou deux semaines peut-être. Il expliquait que, sans renier son geste, celui-ci l'avait dévasté et gâché vingt ans de sa propre vie.

La femme, elle, semblait avoir pris une tangente et s'être réfugiée dans une solitude ésotérique. Elle non plus ne reniait pas son acte mais elle aimait tellement sa fille qu'elle n'avait pu faire autrement que la délivrer de ses tourments. Vingt ans après elle était comme habitée par ce geste.

... le sommeil m'a pris dès que je me suis étendu.

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 07:00

J'ai été plus touché que je ne l'aurais cru par cette réflexion de Joey Star à propos de Henri Salvador. Sa phrase possédait la classe du personnage (en substance : "Salvador et son humour de nègre colonisé me donnait envie de gerber") mais, en y repensant, elle pouvait se comprendre et même se justifier.
Pour des blancs bien blancs comme ma famille et moi Salvador était un crooner à la belle voix, qui chantait les îles et la douceur, qui certes "faisait l'idiot" ("Nini petite souris", "Zorro est arrivé", "juanita Banana", "les aristochats"....) mais avec une gaité communicative, un clown parfois irrésistible (le seul homme déguisé en femme que j'ai jamais trouvé drôle) et un homme qu'on imaginait gentil et simple.

A sa mort le concert traditionnel et obligé d 'éloges n'a pas pu empêcher d'entendre des sons discordants et le portrait s'est un peu figé mais est resté largement positif.

J'imagine que pour un Antillais, un noir, un métis l'image que Salvador renvoyait de lui n'était pas aussi positive et que certains qualificatifs ("Oncle Tom") devaient venir aux lèvres et que ses pitreries ne faisaient guère rire de ce côté là.

Je n'avais jamais pensé à cela et je peux comprendre que certains aient reçu comme une offense Salvador déguisé en métisse languide, les sketches de Michel Leeb, les caricatures publicitaires ou cinématographiques et, en fin de compte, l'image artificielle et "colonialiste" qu'on véhiculait, peut-être à l'insu de notre plein gré.

Ce Joey Star, pour une fois, a soulevé un lièvre utile.

 

 

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 07:00

En attendant F*** qui revenait d'Ajaccio par une de ces compagnies "Low-Cost" qui mettent 5 fois le temps des compagnies traditionnelles car elles sont parquées en bout de piste et que toutes les autres compagnies ont priorité sur elles, j'ai regardé sur "Planète" un documentaire d'une heure consacré au "Serment des Hitler".
J'ouvre une parenthèse ici pour dire que si Adolf Hitler n'avait pas existé une grande partie des chaînes de la TNT aurait du mal à construire des programmes tant le dictateur occupe de leur temps d'antenne. Il y a, je crois, une curiosité malsaine, une fascination morbide pour lui dont se dédouanent les réalisateurs en expédiant rapidement "les 6 millions de juifs exterminés" qui, une fois rappelés permettent de s'esbaudir sur le Nid d'Aigle, les rassemblements de Nuremberg, la "grandeur" de l'Allemagne ou l'opération Barbarossa (du moins à ses débuts)...

De temps à autres, une vérité est rappelée (Hitler, par exemple, donnait l'impression d'être en transe -et donnait donc l'apparence d'un dément- à la FIN des ses discours de 2H00. C'était sa façon de mettre un point d'orgue à ses démonstrations. Ce sont les Britanniques et les Américains qui ont en connaissance de cause choisi ces moments gênants et grotesques et les ont isolés pour que les opinions publiques voient là un fou et le peuple allemand envoûté par un fou) qui justifie de regarder. Je referme la parenthèse en m'étonnant qu'une chaîne comme "Toute l'Histoire", au tropisme hitlérien avéré, puisse confondre Rudolf Höss et Rudolf Hess...

Revenons au document diffusé par Planète sur le "Serment des Hitler". C'était un ramassis de clichés people, de psychanalyse de bazar et de conjectures approximatives. Hitler n'avait pas une famille pléthorique et son neveu William-Patrick Hitler lui en tenait lieu. Ce dernier a eu 4 garçons qui n'ont pas eu d'enfants. De là à en déduire qu'ils ont signé un pacte pour ne pas avoir de descendance..

De même en arrivant aux Etats Unis le neveu d'Hitler s'est fait appeler Stuart Houston (comme un obscur théoricien raciste) et le réalisateur en fait tout un plat. Même chose pour la découverte d'une tombe dans un cimetière de Long Island (USA) qui n'apporte rien.

On le voit il s'agit là de délires journalistiques de pas grand chose pour pas grand chose. Il n'y a rien de passionnant et l'Histoire avec un grand "H" n'en sort pas grandie. Ni augmentée d'informations intéressantes.

 

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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 07:00

Grâce à mon fils j'ai pu suivre toute la série "Narcos" sur Netflix. Je n'étais pas très tenté car l'histoire de ce type ne m'intéressait pas beaucoup mais il a eu les arguments pertinents (as usual) et je n'ai pas regretté de l'avoir suivi.
C'était une série magnifique, haletante, prenante et, en fin de compte, particulièrement instructive.

L'acteur principal était tellement entré dans la peau de son personnage qu'il était devenu Pablo Escobar, un homme primaire et cruel qui a eu la mort de centaines de personnes sur ce qui devait lui servir de conscience. Sa seule humanité concernait sa famille très proche, mère soeur, femme et enfants.

Comme tant d'autres bandits réels ou imaginaires (Cartouche, Mandrin, Ned Kelly, Robin des Bois...) il a réussi à bluffer une partie des pauvres de son pays en faisant passer sa cruauté pour de la chevalerie, sa rapacité pour de la générosité et ses affaires de  drogue pour une revanche des pauvres sur les riches.

Aidé en cela par le jeu trouble des USA et celui plus trouble encore des gouvernements colombiens qui luttaient de manière désordonnée contre lui. Des milices plus ou moins spontanées se chargeant de répandre la "Loi du talion".

La série (horreur, j'allais écrire "feuilleton", mot qui signe ma naissance en 1866) ne fait pas de lui un héros et montre au contraire tous les aspects de sa sinistre personnalité.

Les images des vraies obsèques du vrai Escobar, ajoutées à la fin du dernier épisode, laissaient un pénible sentiment d'accablement. Ces hommes et ses femmes qui le pleuraient!

Il y a peu, dans le tramway T2 qui va des Arènes romaines au Palais de justice j'ai "voyagé" en même temps que 4 jeunes (3 garçons et une fille, moins de 20 ans) qui, justement, parlaient de Pablo Escobar.
Le moins timide des garçons parlait fort et en faisait des tonnes en s'étonnant que la fille (qui ricanait bêtement et parlait mal, sa phrase préférée semblant être: "ça me pête les couilles" (!) ne sache pas qui il était.

Il lui dit que "c'était le plus grand narco-trafiquant du monde, un caïd, un homme qui avait mis la police des USA à genoux" (sic).

Il m'a semblé distinguer une admiration non dissimulée dans ce portrait rapide. J'étais arrivé, perplexe, à ma destination. Je crains que ces séries réalistes n'aient une influence néfaste sur des personnes un peu limitées.

Oui, finalement. Je suis bien né en 1866.

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