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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 07:00

En attendant F*** qui revenait d'Ajaccio par une de ces compagnies "Low-Cost" qui mettent 5 fois le temps des compagnies traditionnelles car elles sont parquées en bout de piste et que toutes les autres compagnies ont priorité sur elles, j'ai regardé sur "Planète" un documentaire d'une heure consacré au "Serment des Hitler".
J'ouvre une parenthèse ici pour dire que si Adolf Hitler n'avait pas existé une grande partie des chaînes de la TNT aurait du mal à construire des programmes tant le dictateur occupe de leur temps d'antenne. Il y a, je crois, une curiosité malsaine, une fascination morbide pour lui dont se dédouanent les réalisateurs en expédiant rapidement "les 6 millions de juifs exterminés" qui, une fois rappelés permettent de s'esbaudir sur le Nid d'Aigle, les rassemblements de Nuremberg, la "grandeur" de l'Allemagne ou l'opération Barbarossa (du moins à ses débuts)...

De temps à autres, une vérité est rappelée (Hitler, par exemple, donnait l'impression d'être en transe -et donnait donc l'apparence d'un dément- à la FIN des ses discours de 2H00. C'était sa façon de mettre un point d'orgue à ses démonstrations. Ce sont les Britanniques et les Américains qui ont en connaissance de cause choisi ces moments gênants et grotesques et les ont isolés pour que les opinions publiques voient là un fou et le peuple allemand envoûté par un fou) qui justifie de regarder. Je referme la parenthèse en m'étonnant qu'une chaîne comme "Toute l'Histoire", au tropisme hitlérien avéré, puisse confondre Rudolf Höss et Rudolf Hess...

Revenons au document diffusé par Planète sur le "Serment des Hitler". C'était un ramassis de clichés people, de psychanalyse de bazar et de conjectures approximatives. Hitler n'avait pas une famille pléthorique et son neveu William-Patrick Hitler lui en tenait lieu. Ce dernier a eu 4 garçons qui n'ont pas eu d'enfants. De là à en déduire qu'ils ont signé un pacte pour ne pas avoir de descendance..

De même en arrivant aux Etats Unis le neveu d'Hitler s'est fait appeler Stuart Houston (comme un obscur théoricien raciste) et le réalisateur en fait tout un plat. Même chose pour la découverte d'une tombe dans un cimetière de Long Island (USA) qui n'apporte rien.

On le voit il s'agit là de délires journalistiques de pas grand chose pour pas grand chose. Il n'y a rien de passionnant et l'Histoire avec un grand "H" n'en sort pas grandie. Ni augmentée d'informations intéressantes.

 

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6 mars 2018 2 06 /03 /mars /2018 07:00

Grâce à mon fils j'ai pu suivre toute la série "Narcos" sur Netflix. Je n'étais pas très tenté car l'histoire de ce type ne m'intéressait pas beaucoup mais il a eu les arguments pertinents (as usual) et je n'ai pas regretté de l'avoir suivi.
C'était une série magnifique, haletante, prenante et, en fin de compte, particulièrement instructive.

L'acteur principal était tellement entré dans la peau de son personnage qu'il était devenu Pablo Escobar, un homme primaire et cruel qui a eu la mort de centaines de personnes sur ce qui devait lui servir de conscience. Sa seule humanité concernait sa famille très proche, mère soeur, femme et enfants.

Comme tant d'autres bandits réels ou imaginaires (Cartouche, Mandrin, Ned Kelly, Robin des Bois...) il a réussi à bluffer une partie des pauvres de son pays en faisant passer sa cruauté pour de la chevalerie, sa rapacité pour de la générosité et ses affaires de  drogue pour une revanche des pauvres sur les riches.

Aidé en cela par le jeu trouble des USA et celui plus trouble encore des gouvernements colombiens qui luttaient de manière désordonnée contre lui. Des milices plus ou moins spontanées se chargeant de répandre la "Loi du talion".

La série (horreur, j'allais écrire "feuilleton", mot qui signe ma naissance en 1866) ne fait pas de lui un héros et montre au contraire tous les aspects de sa sinistre personnalité.

Les images des vraies obsèques du vrai Escobar, ajoutées à la fin du dernier épisode, laissaient un pénible sentiment d'accablement. Ces hommes et ses femmes qui le pleuraient!

Il y a peu, dans le tramway T2 qui va des Arènes romaines au Palais de justice j'ai "voyagé" en même temps que 4 jeunes (3 garçons et une fille, moins de 20 ans) qui, justement, parlaient de Pablo Escobar.
Le moins timide des garçons parlait fort et en faisait des tonnes en s'étonnant que la fille (qui ricanait bêtement et parlait mal, sa phrase préférée semblant être: "ça me pête les couilles" (!) ne sache pas qui il était.

Il lui dit que "c'était le plus grand narco-trafiquant du monde, un caïd, un homme qui avait mis la police des USA à genoux" (sic).

Il m'a semblé distinguer une admiration non dissimulée dans ce portrait rapide. J'étais arrivé, perplexe, à ma destination. Je crains que ces séries réalistes n'aient une influence néfaste sur des personnes un peu limitées.

Oui, finalement. Je suis bien né en 1866.

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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 07:00

Je comprends cette réaction et la respecte. Du moins dans son principe initial. Mais elle n'est qu'un réflexe pavlovien déconnecté de toute réalité.

A chaque fois qu'un déséquilibré tire sur ses camarades des deux sexes du collège le port d'armes ou plutôt son autorisation, en est discuté pendant des jours sur les médias et réseaux dits sociaux hexagonaux.
Depuis une dizaine d'années, c'est comme l'échelle de Richter, à force on sait qu'elle a neuf graduations!, l'amendement N°2 de la Constitution des Etats Unis est connu et évoqué ainsi, c'est l'effet miroir, que la toute puissance de la NRA.

De grandes âmes qui vivent à Neuilly Sur Seine ou à Paris 7ème viennent nous dire combien c'est moche d'être armé et de tirer sur ses petits camarades avec la gravité qui sied à cette belle profession de journalistes. Des parangons de vertu démocratique.

Le testament de Johnny, les rapports sexuels présumés forcés de Gérald Darmanin ou le parc automobile de Nicolas Hulot chassent de la une ces douloureuses affaires de campus américains. Jusqu'à la prochaine fois.

Evidemment ces affaires sont atroces et la circulation des armes nous apparaît comme monstrueuse. Cependant... les 28 ou 40 morts annuels des quartiers Nord de Marseille ne sont pas tués au lance-pierre et les Kalachnikovs ne sont pas une forme évoluée d'arbalète...

J'ai cru entendre qu'elles circulaient gaiement dans les "Cités" et étaient très prisées des "jeunes"..

Nous sommes un pays très contrasté question tolérance mais nous évoquons le Ku Klux Klan dès que nous abordons les USA. Comme si des croix en feux étaient plantées à chaque carrefour!

Oublions nous les manifestations haineuses anti immigrés, anti-migrants, anti mariage pour tous et, tout récemment, la mobilisation des anti-GPA qui collent des auto-collants partout? Eux sont bien nombreux et actifs. S'ils avaient eux aussi des armes je ne doute pas un instant qu'excités par des "chefs" à parka rouge ils feraient des cartons sur tous ceux qui ne pensent et ne vivent pas comme eux.

Un peu de retenue sur ces affaires américaines et du silence plutôt que de l'anathème serait bienvenus. La France "paysdesdroitsdel'homme" est loin d'être exemplaire. Très loin.

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 07:00

Deux ou deux trois types sales et grossiers passent les tourniquets du métro de Toulouse, sans payer, en faisant entrer des chiens aussi repoussants qu'eux. A un agent de sécurité qui leur rappelle que les chiens ne sont pas autorisés dans l'enceinte ils répondent un sonore "Toi, ta gueule" avec un bel ensemble.

Le Val, trop petit depuis l'origine pour une ville de plus de 500 000 habitants est bondé malgré l'heure tardive. Un vendredi à 19H30 j'aurais cru la foule de voyageurs moins compacte. Evidemment il y a la femme voilée au regard bovin qui tient une poussette faite pour deux enfants assis l'un derrière l'autre. Elle emmerde tout le monde mais s'en fout. C'est sa revanche d'être vilaine et insignifiante.

Dernière avanie: à la station Jean jaurès (oui, l'originalité occitane s'arrête aux noms des stations de métro) l'escalier mécanique géant est en révision et ne fonctionne donc pas.

Je file au "théâtre du Capitole", c'est à dire l'Opéra où l'on donne "Orphée et Euridice" de Gluck présenté (c'est indiqué partout et jusque sur le ticket d'entrée) "en version de concert".

Je connais bien cet Opéra dont j'ai dit, ici même, tout le bien que je pense de la sublime version de la Fura Dels Baus sous la direction de Carlus Padrissa.

Qu'était "la version de concert" sinon une version non jouée? J'ai entendu le même argument musical, les mêmes airs et  les solos, duos et trios. Autre différence: Orphée est souvent interprété par une soprano et là un ténor tenait le rôle (Frédéric Antoun). Je me suis posé la question: la fin a t'elle été modifiée? après le final pendant lequel Orphée retrouve "son" Euridice il m'a semblé que la musique instrumentale était encore très longue.

L'interprétation était superbe (surtout les choeurs et le ténor, ainsi que l'interprète de l'Amour)* la musique superbe.

Je n'ai pas (du tout) retrouvé les fâcheux du métro mais des personnes qui s'habillent encore pour aller au concert. Un public bourgeois et sage, mélomane et connaisseur. Chez "ces-gens là" on initie les enfants adolescents à autre chose que le slam...

Contrairement à l'aller le retour a été agréable: le centre ville étant "Hidalgo-ïsé" il est illusoire d'espérer s'y garer. De ce fait les spectateurs n'habitant pas le centre ville se déplacent en métro et tramway. Ca coûte moins cher qu'une contravention, un parking Vinci ou la fourrière!

Evidemment j'avais l'air "j'ai perdu mon Euridice" dans la tête jusqu'au coucher.

... et même encore au réveil.

*Je suis plus réservé sur la soprano qui chantait Euridice, Judith Van Wanroij

 

 

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 07:00

Je ne le cache pas -ou plus-: il entre une part non négligeable de jalousie dans mon agacement contre les 50 à 60 invités permanents des médias.

A la réflexion et lorsque je les écoute avec attention je constate qu'ils savent de quoi ils parlent et qu'ils s'expriment clairement. Ils ne perdent pas le fil de leur pensée et savent éviter les pièges de l'interview tout en étant calme et souriants.

Disant cela je vois que, même des plus agaçants, je n'ai pas les talents nécessaires pour faire partie de leur club très fermé.

Je comprends donc, même si j'ai du mal à le reconnaître et donc à l'accepter, qu'ils ont en plus ce "je ne sais quoi" qui fait qu'on les écoute, parfois distraitement, comme on écoute quelqu'un qui a quelque chose à partager.

Ma première réaction, lorsqu'on annonce la présence de Michel Onfray, d'un sondagier, de BHL, de Michel Sarran ou d'Erik Orsenna est de bougonner en pensant: "encore lui"!

Leur défilé, de plateau en plateau m'exaspère mais il est facile de constater que les inconnus ne possèdent pas, comme eux, l'art de la conversation avec un interlocuteur médiatique devant des milliers de spectateurs comme s'ils étaient deux, à la campagne devant le feu de bois.

Un Séguéla, caricatural à souhait, trouvera toujours une anecdote plaisante à raconter. Une Clémentine Autain (qui ne représente qu'elle-même) dira des choses justes malgré un discours à géométrie variable.

Et moi dans tout ça? je me targue de m'intéresser à beaucoup de choses mais comme n'importe quel citoyen de ce pays. Ni plus ni moins. Je serais sans doute incapable de parler à l'aise devant des caméras et, surtout, j'aurais sans doute des "trous" et de pertes de suivi d'idées comme j'en ai dans la vraie vie.

Parler dans les médias? Erik Orsenna fait beaucoup mieux que je le ferais. Tous comptes faits!

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:00

Sophie Davant est la bécasse noeud-noeud de la télévision comme Maryse fut celle de la radio. Cela signifie qu'elle a commencé il y a longtemps et qu'elle restera encore longtemps avec une personnalité bébête et sans aspérités à asséner de la bêtise brute pour un public abruti. (Ouf, ça va mieux!)

Depuis peu elle sévit aussi sur les écrans publicitaires. Les repas industriels "comme j'aime" font appel à elle pour vendre leurs pouilleries culinaires qui font perdre 15 kg en mangeant du cassoulet allégé et la Poste pour fourguer un service hallucinant "Veiller sur mes parents".

La poste, qui fait disparaître les colis d'anniversaire qu'on vous envoie, qui met 8 jours pour acheminer une lettre "rapide" et vous fait faire son boulot sur des machines conçues par des trisomiques pour des mal-voyants (et réciproquement) a en effet crée un service stupéfiant: le postier est censé rendre à vos vieux parents la visite chiante que vous hésitez à faire.

Là, à des kilomètres de chez vous, le Bac-3 qui sait à peine lire votre nom prend votre place et doit écouter la litanie de plaintes sur leur santé défaillante, sur la malignité de Macron, sur le testament de Johnny et le quotidien passionnant des voisins de vos parents à votre place. Peut-être part-il même avec le billet de 20€ qui vous était destiné? mange-il les choux de Bruxelles préparés pour vous? déguste le riz-au-lait que vous avez toujours détesté? regarde les photos de mariage de la Laurence?

Réparera-t'il le cordon du fer à repasser? changera t'il les piles de la télécommande? expliquera t'il patiemment 1097 fois comment changer les sous-titres anglais en Français sur le lecteur de DVD? changera t'il l'ampoule du frigo? expliquera t'il sans s'énerver que c'est un peu normal qu'au mois de février il fasse un froid hivernal? Il lui faudra en effet bien de la patience pour ce "travail" et du temps aussi avant de récupérer sa bizarre bicyclette jaune.

La Poste, cette institution moribonde parce que désuète qui date du XIX ème siècle et a moins évolué que la SNCF (hors TGV) croit-elle tutoyer le monde moderne avec des services aussi grotesques que "veiller sur vos parents"? le simple fait d'en avoir confié la pub à Sophie Davant montre cependant qu'elle sait qui sont ses clients et à qui elle s'adresse.

 

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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 07:00

Ecoeurement, dégoût, révolte.... la soirée THEMA de la chaîne de télévision ARTE consacrée à l'Eglise Catholique et la pédophilie faisait ressentir ces sentiments tant sa mauvaise volonté pour reconnaître les brebis galeuses en son sein et les empêcher de nuire est forte.

On a beau le savoir la litanie des scandales dans lesquels des prêtres sont impliqués les sordides affaires avec de très jeunes enfants évoquées au long de la soirée sont renversantes. Sur tous les continents et dans tous les pays ces horreurs ont eu lieu, ce qui indique bien que l'institution elle-même non seulement n'est pas innocente mais, en quelque sorte, révèle et suscite cette abjecte perversion. Le documentaire est limpide sur cet aspect des choses. Ce rappel historique et institutionnel est d'ailleurs le moment le plus passionnant.


On le sait aussi l'Eglise éprouve le plus grand mal à empêcher ces abus de se produire mais elle est dans l'incapacité de "punir" ceux qui les font qu'elle se contente de déplacer.
A cet égard ce prêtre répugnant qui a sévi dans une institution italienne réservée aux sourds et muets, a été accusé d'actes de pédophilie sur les jeunes patients et...a été envoyé en Argentine dans une institution similaire où il a recommencé sur une plus large échelle est accablante.

Outre l'effroi causé par ces affaires et l'impunité qui leur est consubstantielle le peu d'empathie que manifeste l'Eglise pour les victimes est proprement insupportable. Des vies gâchées, souillées, détruites par des personnes ayant autorité morale mais il faut en plus aux très nombreuses victimes affronter le déni, le silence et le mépris de leurs bourreaux et de leurs responsables qui les protègent.

Pour des raisons de statut (très bien expliquées dans le film) l'Eglise est le lieu du secret dans lequel on étouffe tout ce qui pourrait lui nuire. Même les faits avérés.

Cela dure depuis très longtemps et l'on voit bien que le pape François, s'il n'est pas avare de condamnations verbales, agit peu et jamais contre les évêques qui ont couvert des ignominies.

On demande aux victimes de se taire et.. de prier pour leurs corrupteurs!

En France les saloperies proférées par un Wauquiez suscitent plus de commentaires que l'attitude déterminée de Mgr Barbarin de Lyon à refuser de punir des prêtres pédophiles reconnus de son diocèse.

Mais ce documentaire, sans doute visible sur podcast, avait l'immense mérite de montrer que ces affaires lamentables étaient non pas anecdotiques et peu nombreuses mais bien liées à l'Eglise et à son fonctionnement mondial.

 

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 07:00

Deux évènements récents m'ont permis de vérifier que les personnes qui "donnent de la gueule" sont plus craintes et donc respectées que les autres.

Je pense à ce film "Phantom Thread" dont j'ai parlé ici-même vendredi dernier et qui dépeint un personnage de fiction mais ô combien réel de tyran domestique qui ne supporte pas le bruit du pain grillé qu'on tartine, le thé servi 10 minutes en avance et, pour être clair, la moindre contrariété.

Mon père avait un caractère assez semblable et, lorsqu'il était grognon (c'est à dire les trois-quarts du temps) il fallait filer doux...Dans nos jeux,  mon frère et moi avions inventé un serrurier (pourquoi un serrurier?) qui portait au paroxysme ce caractère explosif. Pas besoin de Tonton Freud pour voir qui était notre modèle de départ!

L'autre est mon chef de choeur qui, bien que doté d'une grande culture et d'un sens de l'humour aiguisé est un emmerdeur jamais content et exigeant au-delà du raisonnable.

Inutile de dire, ici aussi, que la chorale est suspendue à ses oukases et qu'on entendrait une note voler. Il n'obtient pas qu'un chanteur amateur chante joliment mais il le cloue suffisamment à son siège pour qu'il ne moufte pas en répétant le même passage pour la septième fois.

Louis de Funès interprétait à la perfection ces personnages irascibles et, malgré son gabarit, il excellait à incarner ces emmerdeurs qui ont toujours raison.

Le plus insupportable, avec ces tyrans du quotidien, est de voir qu'ils obtiennent plus que ceux qui se comportent civilement. On les craint parfois, on les respecte souvent on ne les contrarie jamais. Carton plein!

C'est tellement un réflexe pavlovien que pendant la diffusion du film, lorsque sa muse transgressait ses codes inscrits dans le marbre on se surprenait à souffrir pour elle devant l'imminence de la crise impossible à éviter. Pour un peu, comme au guignol de notre enfance, on lui aurait crié à l'écran: "non! ne lui apporte pas de thé", "surtout, ne lui fais pas de surprise, il a horreur de cela" etc.

Moins que me frères et soeurs j'ai su éviter d'agacer mon paternel qui ne supportait pas grand chose. De ce fait j'étais constamment l'objet de ses ressentiments et colères et je n'ai de lui que des souvenirs de conflits "pour des broutilles".

L'honnêteté me contraint de reconnaître que, passée l'enfance, je faisais souvent exprès de l'exaspérer..

Vivre avec de tels gens est loin d'être un plaisir. On se demande pourquoi on l'accepte et on se blâme de notre lâcheté.

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23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 07:00

N'ayant plus personne à admirer jusqu'à la pâmoison l'Intelligentsia se retourne vers les "artistes" de la Mode.

Les "commandante" révolutionnaires ayant (un peu) déçu, les gangsters failli, les acteurs maudits ne courant pas les rues, il a fallu se rabattre sur du gibier plus frelaté: chorégraphes hystériques, metteurs en scène abscons, écrivains sans lecteurs, théâtreux atones et même architectes, rockeurs ou peintres confidentiels.

Même cette engeance a fait défaut! Où trouver un vivier de dingos mal dans leur peau mais suffisamment imbu d'eux-mêmes pour être tyranniques et caricaturaux?

Le milieu de la mode, connexe des autres, a fait l'affaire. Des dessinateurs de robes et de capelines à destination des femmes obèses de rois du pétrole ou celles plus minces d'oligarques russes sont subitement devenus des artistes faisant vibrer les ex-ministres de la culture qu'on reconnaît à leur vocabulaire laudatif inépuisable, leurs liftings et leurs cheveux teints noir-corbeau.

Le milieu du cinéma s'est mis à idolâtrer un de ces cinglés au nom de saint en tournant des biographies en série sur lui et sa pauvre vie de détraqué. Car, à ce qu'il semble, le "génie" des "créateurs" de la mode est triste et sinistre...

J'étais donc prévenu que je risquais de trépigner sur mon fauteuil en allant voir le film "Phantom Thread" de Paul Thomas Anderson avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps et Lesley Manville, une fiction qui s'attache à montrer un couturier des années 50.

Je suis allé voir le film car je tiens (tenais?) Day-Lewis pour "le" meilleur acteur du monde. Je l'ai trouvé prodigieux, oui, prodigieux, dans "Au nom du père" et pas loin de cela dans "There will be blood". La presse a mentionné, au moment de la sortie de "Phantom Thread" la possibilité que ce film soit son dernier, probabilité qu'aurait annoncée l'acteur.

Reconstitution historique des années 50, Daniel Day-Lewis et musique de Jonny Greenwood...de bonnes, de solides raisons d'aller voir le film.

Film qui est formellement magnifique et dont l'interprétation (évidemment) est exceptionnelle. La soeur du couturier, interprétée par Lesley Manville est remarquable. Sa muse (Vicky Krieps) est de ces femmes dont on ne se lasse pas de regarder le visage et le corps tant ils sont changeants et beaux. Une comédienne à suivre.

Il n'y a rien à dire de Daniel Day-Lewis. Il EST.

Alors d'où vient le sentiment que le film est creux et sans aspérités? du sujet! la mode est un non-sujet. Faire une belle robe pour une princesse ennuyeuse où une grosse femme âgée alcoolique ne présente aucun intérêt. Certains parlent de création; pour moi il s'agit, au mieux, d'artisanat. Rien de plus barbant qu'un défilé et qu'un atelier de couturières.

Il faudra s'y faire: la mode et les modeux sont à la mode: on en aura jusqu'à plus soif!

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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 07:00

Le séisme politique du printemps dernier a été absorbé par le pays. Les médias recommencent à ne s'appuyer que sur des sondages d'opinion pour savoir quoi dire et penser (et surtout quoi nous faire penser) tandis que ce qu'on appelle la "classe politique" reprend ses petites habitudes.

Le pays a élu un président presque inconnu, âgé de 39 ans et envoyé une nouvelle Assemblée Nationale peuplée de très nombreux nouveaux, elle a ridiculisé les deux formations qui occupaient le pouvoir en alternance depuis 1958, la droite dite de gouvernement et le PS et ses satellites à géométrie variable (écologistes, radicaux).
Le PS, qui a occupé tout le pouvoir de 2012 à 2017 avec François Hollande à l'Elysée est sorti essoré de cette période. Benoît Hamon, son candidat désigné par la primaire après le renoncement du président a fait 6% des voix. Une catastrophe absolue et inédite.
A droite le candidat a rassemblé 20% des électeurs se déplaçant pour voter, score bas mais pas accablant, en prenant soin tout de même d'écarter via la primaire l'ancien président Sarkozy (avec un score humiliant) et Alain Juppé, le favori absolu de deux années de sondages. (On voit par là leur fiabilité et l'importance qu'il faut leur accorder).

Un président possédant un programme de modernisation du pays et des habitudes politiques élu confortablement... il y avait pourtant de quoi se taire et observer pendant 2 ou 3 ans, non?

Au lieu de ça les Bourdin, Apathie et autres Ruth Elkrief ont immédiatement, la période de stupéfaction passée (Macron faisait mentir leurs présupposés de 30 ans de carrière!) repris leur petits fourneaux pour y cuire leurs vieux plats indigestes. Ca critique, ça grenouille, ça magouille et ça commente à vide, dans l'incapacité de se renouveler.

Quant aux politiques désavoués et ringardisés ils sont pires encore. La mauvaise foi est leur viatique et le mépris qu'ils ont des Français une seconde nature.

A droite ils se sont donnés Laurent Wauquiez comme "chef". Ce qu'il y a de pire en politique en rayon en ce début 2018: un mélange de Cahuzac, de Sarkozy, de Copé et des membres de la famille Le Pen. Un cauchemar intellectuel qui, malgré son pédigrée universitaire s'exprime comme un demeuré et flirte avec tout ce qui abaisse. Une horreur!

La "gauche", elle, incapable de se renouveler non plus, ni par ses représentants ni encore moins par son programme tourne à vide en dénonçant celui qu'elle a installé -par défaut- à la tête du pays. Un Mélenchon ramène les vieilleries de 1968 et pour un peu trouverait du progressisme chez Kim Jong Un (comme il en trouve chez tous les dictateurs de gôche) tandis que les socialistes hésitent à voir en Le Foll leur Mitterrand du 3ème millénaire!

Dans ce grotesque théâtre d'ombres la seule nouvelle réconfortante est la panne du front national qui, une fois encore, a été ensablé par un membre de la famille dirigeante. Décidément cette dynastie Clodoaldienne est la providence des démocrates.

Pour ne pas m'énerver je ne parlerais pas des syndicats qui rejouent les luttes de classe et, les rapports de force des années 50 ad nauseam et ne connaissent qu'un mode de négociation: la grève..

Parfois le désespoir guette.

 

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