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15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 07:00

"Et on repart en si bémol majeur", "Ca s'explique par la 7ème de dominante", "C'est ternaire mais c'est une pulsation", "je vous fais un accord arpégé"...

Ayant préféré faire le con au cours de musique du CP au Cours moyen 2ème année je n'ai pas même retenu le minimum syndical du solfège et suis fort dépourvu maintenant que la bise est venue. En clair les indications du chef de choeur de "ma" chorale me passent par-dessus la tête les 9/10èmes du temps.
Ses indications m'apparaissent aussi incompréhensibles qu'un texte de Leibniz en V.O, Plus poétiques aussi.

Je me demande si je n'ai pas un vice de fabrication qui fait que je m'intéresse à mille choses mais en suis rapidement dégoûté faute d'arriver à en posséder clairement les rudiments.

Sans battre ma coulpe ni me mésestimer moi-même je dois convenir que mon plus gros défaut est ce dilettantisme qui me fait tout aborder avec légèreté et en espérant que ma bonne volonté suffira à combler mes lacunes.
Malheureusement, du tennis au tarot, de la peinture au chant, du bricolage à la pratique d'un instrument de musique, du billard à la cuisine etc. l'improvisation peut se révéler intéressante parfois mais suffisante jamais.

Il y a des domaines, peu nombreux, où je possède les bases mais j'éprouve une vraie difficulté -que je n'arrive pas à expliquer- à être un apprenti modeste et à apprendre les rudiments d'une discipline avant de me lancer.
Mon impatience et ce besoin impérieux de commencer vite est le corollaire de cette soif de curiosité jamais étanchée.

J'espérais que la sagesse venant avec les ans je me deviendrais plus sérieux....

Mes deux derniers coups de coeur, la chorale et le billard sont emblématiques de cette disposition contraire qui est mienne: j'ai décidé d'apprendre seul (avec un livre et Internet) le solfège et n'ai, à ce jour, pas dépassé la page 1. (Oui, la préface!) Quant au billard je joue catastrophiquement mal faute d'avoir assez écouté les règles et par impatience.

 

 

 

 

 

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 09:59

Avant d'ouvrir ma messagerie Outlook je suis assailli de publicités dont certaines s'imposent à moitié, parfois visuelles et (très) sonores.
Des panneaux d'actualité, sponsorisés par je ne sais qui et rédigés par Dieu sait qui essaient de m'attirer sur des sites d'actualités dont la pertinence n'est pas la qualité première.
Aujourd'hui, 12 mai, je lis: "Les chances que Trump soit destitué augmentent".
C'est un sujet qui m'intéresse et que je n'ai vu traiter nulle part ailleurs sous cet angle.

J'ai bien lu que ce président décidément exécrable avait limogé le directeur du FBI mais pas que lui-même risquait d'être chassé de la Maison Blanche. Je ne crois d'ailleurs pas qu'une destitution soit, à ce stade de la vie politique américaine, envisageable.

Mais bon , je lis bien que "les chances que Trump soit destitué augmentent". et vais lire le sujet sur le site qui fait sa une dessus.
Et je lis: "Les Bookmakers sont de plus en plus nombreux à penser et à parier que Donald trump n'achèvera pas son premier mandat".

Voilà le net et les fausses informations qu'il véhicule trop souvent. Les Bookmakers (avec la majuscule) n'en savent pas plus sur une éventuelle destitution de Trump (procédure d'impeachment) que votre voisine d'à coté ou du dessous.

Ce sujet idiot n'apporte strictement rien et illustre ce que "parler pour ne rien dire" signifie.

Toute l'année le net fait des sujets sur ce modèle. Pour fourguer de la publicité derrière.

Parfois on peut regretter ce qu'il est devenu!

 

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 07:00

Mon opération du ménisque du genou droit s'est admirablement passée. Deux mois après je suis en pleine forme et, seule, une petite douleur résiduelle se manifeste de temps en temps pour me la rappeler.

J'ai cru, un temps, que l'autre genou allait me casser les pieds mais cette (fausse) alerte a vécu. Je vais pouvoir m'inscrire à des compétitions de trampoline sur galets cet été...

Tout va donc au mieux dans le meilleur des mondes? non! car le médecin m'a conseillé de faire faire 3 injections à une semaine d'intervalle d'acide hyaluronique dans le genou opéré.  Ceci dans le but de fluidifier l'articulation.

Je ne suis pas plus douillet que cela et, l'opération s'étant impeccablement passée, n'ai aucune raison objective de craindre cet acte médical bénin.

Acte médical? justement. Mon médecin traitant, l'air embarrassé, m'a dit de le faire réaliser rapidement parce que la Sécurité Sociale le "déremboursera" désormais, le considérant comme trop onéreux et relevant du simple confort. Au 1er juin 2017 c'est terminé il ne sera plus remboursé.

Je glisse sur le rendez-vous arraché au médecin, sur l'achat du produit (en 1 seule fois soit les 3 injections en une, 100€ au lieu du triple restant à ma charge) et le rendez-vous obtenu, avec maintes difficultés, avant mes vacances du mois de juin...

Dimanche de Pâques, la conversation roule sur ce sujet ("et ton genou?"....). Mon interlocuteur, un homme sérieux et ne parlant pas pour ne rien dire, me parle alors d'un de  ses amis qui s'est fait faire la dite injection, qui a été envoyé aux urgences un dimanche, n'a plus pu marcher pendant des semaines pour avoir contracté une énorme infection.

Je regarde tous les jours la boîte contenant la seringue et le produit. Je n'ai pas annulé le rendez-vous de la mi-mai mais suis incapable de dire quelle sera ma décision.

On doit vivre moins bien amputé au dessus du genou droit.

 

 

 

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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 07:00

Supposons que, comme votre serviteur, vous ayez un net penchant pour la tasse de café, à toute heure et sans craindre les palpitations ou les insomnies.
Supposons encore qu'au café fait maison (dans une cafetière italienne ou dans la "Bodum" offerte par Frédérique sur l'île de Ré) vous aimiez substituer celui de l'établissement qui porte le nom de la boisson.
Ca y est? vous supposez?

Vous entrez dans un de ces espaces où le gris domine. Le gris est "la" couleur des années 2015: les parquets sont gris, les salle de bains sont grises, les canapés sont gris. Tout est gris.

Une grand salle, façon loft, vous accueille froidement. Un bar ou ce qui lui ressemble trône devant un des quatre murs. A droite on fait la queue pour commander, à gauche pour réceptionner la commande. Les boissons ont des noms italiens ou américains, les prix, quoi qu'exprimés en euros, sont tellement élevés qu'on croirait des Francs CFA. Dans une vitrine sont proposés sous une lumière éclatante de mauvais gâteaux qu'on dirait cuisinés à l'eau: des croissants, des chocolatines, des scones, des muffins (y a t'il au monde quelque chose de pire que le muffin? oui! le muffin aux myrtilles) et des  trucs au chocolat blanc ou au sucre glace. Même animé d'une faim du fond des âges on hésite devant ces tristes pâtisseries devant lesquelles les gâteaux industriels vendus dans les hypermarchés seraient presque plus désirables.

Vous avez fini par choisir le café que vous désirez: il faut donner votre prénom à la caissière qui l'écrit sur le gobelet et encaisse votre achat.

Vous passez à gauche et piétinez dix minutes jusqu'à ce que votre prénom soit appelé. Là une quantité incroyable de liquide brûlant vous est remis qui peut, en plus, avoir été couvert de crème, de caramel, de chocolat en poudre et d'autres ingrédients stupides et inutiles qui transforment un simple café en agression calorique.

Insipide, le "café" ressemble à ces horreurs qu'on boit à tout instant aux Etats Unis et qu'ils baptisent, par humour sans doute, du même nom que l'expresso d'ici. Cette lavasse noire, gluante et fade est, pour la chaîne Starbucks, un "café".

Histoire de génération sans doute, les jeunes font la queue et attendent stoïquement leur gobelet de flotte teintée qu'ils paient le double ou le triple d'un vrai café et qu'ils paient avec leur carte de crédit.

Ca ne désemplit pas et pourtant c'est cher et franchement pas terrible. Comment ce genre d'escroquerie peut avoir cours? je me le suis demandé en quittant, perplexe, l'établissement des Allées Franklin Roosevelt plein comme un oeuf un samedi à 11H00.

 

 

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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 07:00

J'avais vu l'adaptation de "Thérèse Desqueyroux" qu'avait réalisée Georges Franju en 1962 avec Emmanuelle Riva, Philippe Noiret, Edith Scob et Sami Frey. Je m'en souviens comme d'une belle interprétation du roman de François Mauriac, écrivain injustement tombé dans les oubliettes de la littérature et qui comprenait remarquablement les passions humaines et la bourgeoisie bordelaise (concepts presque synonymes).

J'ai boudé le remake qu'a tourné Claude Miller de ce film en 2013 justement parce que je ne voyais pas l'intérêt d'un remake.
"Thérèse Desqueyroux", filmée par Claude Miller (mort en 2012) n'est pas un remake. Miller occupe une place à part dans le cinéma Français. Ni avant-gardiste ni vieillot. un bon faiseur, solide et qui filmait des histoires "solides" et souvent d'autrefois.
Son tout dernier film ne déroge pas à cette presque règle: c'est une reconstitution historique un peu empesée mais on sait que l'histoire l'est aussi.
Audrey Tautou, un choix à priori étonnant, entre dans la peau du personnage et devient Thérèse. Jusque dans son phrasé et ses attitudes.On aurait pu la croire trop jeune, pas assez "femme", trop marquée par d'autres rôles et puis non, Audrey Tautou devient cette femme idéaliste, contradictoire, insatisfaite, jalouse et presque résignée.

A ses côtés Gilles Lellouche donne à voir un Bernard Desqueyroux crédible, veule et sans caractère dont on comprend qu'il puisse ennuyer sa femme, voire la désespérer.

Un point particulier à Catherine Arditti en belle-mère bourgeoise conventionnelle et sûre de ses positions morales. Voilà un second rôle qui donne au film de l'épaisseur et de la vérité.

Comme pour "Un coeur simple" (post d'hier) la "lutte des classes" est évoquée qui n'a pas grand chose à voir avec le roman ni avec l'histoire mais on est obligé de sacrifier à la pensée dominante si on veut être programmé par Gaumont...

"Thérèse Desqueyroux" est un roman superbe qui a attiré des metteurs en scène intelligents et ambitieux. Les deux qui ont réalisé un film sur ce scénario l'ont fait avec leur vision et les deux sont couronnées de succès car leurs films sont au niveau du texte de Mauriac.

 


 

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 07:00

Le débat? je n'en ai regardé que la première minute et demie. Cela m'a suffit pour me conforter qu'on ne débat pas avec les Le Pen et que cette famille, sa boutique familiale, son fond de commerce et ses militants doivent être traités différemment des autres politiques car ils ne sont pas démocrates dans leurs projets comme dans leurs actes.
J'ajoute à cela qu'ils "salissent" ceux qui les écoutent par leur grossièreté et la "connivence" qu'ils installent sans qu'on puisse la rejeter totalement.

A la place je me suis installé devant mon ordinateur et j'ai regardé "Un coeur simple", un film de Marion Laine qui est une adaptation d'un des "Trois contes" de Gustave Flaubert.
C'est un film de "comédiens" dont la distribution est dominée par Marina Foïs (excellente) et Sandrine Bonnaire (bien mais trop proche de son interprétation de "La cérémonie" de Claude Chabrol).

Le film est lent, très beau, la mise en scène est fluide et réussie, la reconstitution de la fin du XIXème siècle magnifique et les dialogues vrais.

Les décors, tant extérieurs qu'intérieurs sont splendides et constituent, avec le ciel, la verdure normande et la pluie des protagonistes importants du film.

Curieusement se vérifie l'adage que l'érotisme est plus dans la suggestion que dans la démonstration: Madame Aubain, veuve encore jeune et belle (Marina Foïs) prend une leçon de violoncelle avec un jeune professeur maladroit et cette scène dégage une sensualité surprenante.
Les mêmes font l'amour sur le carrelage d'une pièce vide et l'on s'ennuie...

Le film insiste peut-être un peu trop sur les "rapports de classe" et sur la laideur des rapports humains mais tel qu'il est il était à des années lumière de ce débat dont les commentaires suffisent à mon information!

 

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 07:00

M le supplément du quotidien "Le Monde" du samedi est ce qui se fait de plus exaspérant en matière de presse.
C'est d'abord et avant tout une compilation spectaculaire de publicités de luxe. Dans le numéro du 29 avril: 30 simples ou doubles pages dont l'immense majorité pour des produits de grand ou de très grand luxe.
Avant d'aborder la partie écrite évacuons les pages d'autopromotion, celles de remplissage (le M de la semaine, citation narcissique du magazine), provocation inutile (une page consacrée à des artistes qui se livrent à "des performances artistiques cruelles avec les animaux" et " Au Japon,une méthode scatologique pour apprendre à lire")*, de l'ironie mal venue avec une page se moquant de la façon de s'habiller de François Hollande (les costumes de Fillon leur plaisent plus?) un article main-stream qui fait la couverture sur le gendre de Trump et un "dossier" culturel sur un cinéaste heureusement oublié (Jean Eustache) pour en dire du bien sur 6 pages navrantes et snobs ("Jean adorait le dérisoire, la bêtise, la cocasserie, le ridicule. Souvent il disait: "Abaissons le débat", tel est le titre d'un paragraphe).
Suit un portfolio de photographies grotesques qui précède 20 pages de réclame déguisées en rédactionnel. Naturellement, la Rolex de service à 5700€ n'est pas oubliée (page 78) et fait face à des "décorations de sacs" à 1100 et 900€. Oui, vous avez bien lu. une sorte de collier de chien à fixer sur son sac de dame, signé de marques de luxe.

Le "M"agazine se referme sur une série de photos prises à la montagne, prétexte à des publicités pour des lunettes de soleil, accessoires de luxe , vilaines et chères Intitulé "Haute Saison" ces pages mettent en scène des filles moches, portant un appareil dentaire, des hommes vieux et laids, ou mal coiffés ou une jambe dans le plâtre (que c'est amusant!). les lunettes, prétextes de ces pages sont siglées Kenzo, Gucci, Ray Ban, louis Vuitton, Celine, St Laurent et Swarowski. On se doute que la sécu ne rembourse pas la totalité!

C'est la gauche ultra-caviar qui mélanchonise pour se donner bonne conscience. On parle du racisme dans l'Amérique des Etats du Sud et vite on se console avec des chaussures à 290€.

Personnellement je déteste ce torchon que je trouve vain. Affreusement creux. Et inutile.

Pour moi c'est effectivement de la "M"...

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 07:00

Françoise (alias Violette) m'a entraîné (je n'ai pas dit "traîné") au cinéma pour voir le film de Grand Corps Malade "Patients" et je ne l'ai pas regretté.
C'est un film abominablement casse-gueule au départ: des tétraplégiques, l'hôpital, la souffrance et la reconstruction douloureuse de personnes abîmées.
A l'arrivée c'est un beau film, bien interprété, sensible mais pas larmoyant, pas non plus édifiant (ce que l'on pouvait craindre) qui nous prend comme témoin et nous laisse toucher du doigt ce que signifient ces accidents traumatiques et ce qu'est une reconstruction.

Le personnage principal mis à part (je n'ai pas suivi, le trouvant trop intériorisé, trop froid, trop sage) les comédiens interprètent à la perfection des êtres brisés qui se remettent (ou pas) avec des difficultés qui nous semblent phénoménales.

Les traumatisés de l'institut de rééducation mais aussi le personnel (infirmière, aide-soignant, docteurs, kiné) sont impeccables et l'on croit à cette belle humanité blessée et compatissante.

Bien entendu la musique du film ne m'a pas emballé (je suis allergique au rap) mais c'est la seule chose que j'ai à critiquer. Je dois quand même dire que les images d'un match de basket (fin du film) sont émouvantes et que je les ai appréciées!
Les 5 premières minutes du film sont impeccables et le spectateur est comme happé par cette histoire.
Une bonne surprise.
 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 07:00

Parmi les (trop) rares amis de mes parents il y avait le fils du fondateur des librairies Gibert Jeune à Paris. C'était un homme assez austère qui dirigeait ses entreprises avec une mentalité très dix-neuvième, je veux parler du siècle et non de l'arrondissement.

Son cousin, Joseph, dirigeait lui "Joseph Gibert", librairie aussi poussiéreuse mais moins archaïque à la marge. Mon frère et moi le préférions d'instinct parce qu'il roulait en Jaguar Type E.

Celles qui, abusivement, se faisaient appeler "Jeune" étaient principalement situées dans le quartier St Michel mais il y avait aussi une librairie du groupe à Strasbourg St Denis près de la Porte St Martin.

Ces librairies vieillottes étaient réputées, dans la capitale et les environs pour faire travailler les lycéens et les étudiants, y compris pour des périodes très courtes et pour les vacances.
N'allez pas vous emballer... les salaires y étaient si faméliques que l'on aurait presque pu parler de bénévolat.

Quoi que "pistonné" je ne bénéficiais d'aucun avantage salarial ou d'organisation lorsque j'y travaillais. Pire, l'ami de mes parents, lorsqu'il traversait son magasin comme un mandarin son hôpital, faisait celui qui ne me connaissait pas.
Le gérant du magasin des Grands Boulevards, une autre relation parentale, me reconnaissait, lui, mais en profitait pour me donner plus de boulot!

Le travail, chez Gibert Jeune, était considérable et se faisait dans de mauvaises conditions. Naturellement une pointeuse (instrument qui enregistre les heures d'arrivées et de départ des salariés mais aussi les pauses et les absences) trônait devant "la caisse centrale" où officiait une grosse bonne femme qui ressemblait étrangement aux vieilles prostituées qui travaillaient dans les ruelles sur lesquelles donnaient les fenêtres arrières du magasin de St Denis.

Un cerbère qui était les yeux de la "Direction", ce Moloch tout-puissant qui faisait trembler les "permanents" rapportait tout à "M Jean" ou M Régis", l'équivalent dual de Dieu le Père.
Les salariés à l'année qui travaillaient au magasin (pour un salaire de misère) détestaient les jeunes temporaires qui s'amusaient, riaient et se moquaient d'eux en sachant qu'ils n'étaient, étudiants, que de passage.

Les permanents étaient des ratés qui étiquetaient des gommes à longueur d'années, qui garnissaient des rayons de livres de poche ou d'agendas. Ils étaient encore en blouse blanche à l'époque où j'y ai fait des passages et ils se changeait dans des soupentes qui leur servaient aussi de pièce où "déjeuner". 

Il y avait aussi des personnages comme les chefs de rayon (pires que les précédents, les "petits-chefs" de Balzac et Daumier), les gérants de magasin (qui n'avaient quasiment aucune marge de manoeuvre) et quelques personnages (une fille éthérée qui s'occupait du rayon des Beaux-Arts), le responsable des disques au sous-sol (on y accédait par un escalier tournant en ferraille rouge) qui connaissait tout sur tout et avait des artistes connus comme clients...

Les process dataient du "Bonheur des Dames" de Zola. On choisissait ses articles, le rayon concerné faisait un ticket en conservant l'article, on allait faire la queue et payer à une caisse et on revenait avec le ticket tamponné reprendre l'article. Le tout dans des allées exigües et mal indiquées.

J'ai fait des papiers cadeaux par centaines à la période de Noël, fait des tris de livres scolaires ou pas pour ceux qui les rachetaient (un sur cinq!) pour le compte de Gibert Jeune, j'ai fait du "réassortiment", j'ai classé des trucs et rangé des machins.
On sortait du magasin épuisés et sales en attendant le samedi soir comme une délivrance.

Les jours de paie une employée passait dans tout le magasin avec un carton contenant des enveloppes nominatives. On choquait les permanents en comparant les montants et, plus encore, en dénigrant le radinisme proverbial des librairies Gibert Jeune qui ne vous faisaient pas grâce d'un franc. Voire qui vous flouaient d'une heure ou deux.

J'ai appris vendredi (28/04) que ces librairies d'un autre temps existaient toujours à Paris et que les branches cousines ("Joseph" et "Jeune") fusionnaient.
J'espère que ces librairies sont plus modernes que celle de Toulouse qui semble plus proche de celles que j'ai connues que de librairies du XXIème siècle.

 

 

 

 

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 07:00

(Je précise que j'ai écrit ce post avant la répugnante intervention du père le Pen et les plaintes du ministre de l'intérieur contre des commentaires sur les réseaux sociaux, paraît-il ignobles sur cette manifestation).

 

En France où tout est tourné en dérision et où la gaudriole remplace la réflexion (avant, parfois, de se transformer en drame) l'homosexualité se résumait souvent à "la cage aux folles" ou à "gazon maudit".
Serrault et sa biscotte, s'ils ont fait rire l'hexagone pendant des dizaines d'années ont aussi empêché le pays de réfléchir sur un "sujet de société" qui méritait mieux que sa caricature, même drôle.

A l'inverse les bataillons de rétrogrades catholiques, les fameux "Sens Commun" s'emparaient de ce sujet et d'autres (l'avortement, la procréation assistée, le mariage pour tous et même le divorce) pour vitrifier toute pensée libre et toute évolution de la société. N'oublions pas que l'horizon indépassable des religions en général et du catholicisme en particulier est l'accouplement pour la seule procréation.

Le révoltant attentat du jeudi 20 avril aux Champs Elysées a, à son insu, permis à cette autre sexualité d'apparaître pour ce qu'elle est: un non-évènement, quelque chose d'intime et de personnel et qui ne regarde que les protagonistes.

En effet la retenue, l'intelligence et la douleur du conjoint du policier tué a mis les rieurs de côté et (dé)montré que cette forme de couple valait bien les autres. Il fallait voir l'impeccable tenue des policiers présents, celle des ministres, celle du Président de la République pendant le discours du conjoint pour comprendre que quelque chose s'est passé qui a modifié notre regard ou en a acté la modification plus ancienne.

L'attachement, l'admiration et le respect que le survivant a témoigné à son ami mort étaient dignes et sincères et valaient tous les discours justificatifs..

 

 

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