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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 07:00

Juste avant le jour de l'an (qui est un jour parmi les plus féconds en conneries exprimées) la Maire de Paris, Anne Hidalgo n'a pas craint de sortir une ânerie éculée à propos d'Ernesto "Che" Guevara en le désignant, je crois, comme une "icône romantique et révolutionnaire".
3 clichés dans une phrase de 5 mots la dame est dans sa moyenne habituelle.
Encore que cette fois elle va plus loin qu'à  l'ordinaire: il faut être bouchée à la toile émeri pour continuer à véhiculer des idées aussi fausses et, disons-le, aussi scandaleuses.


Les photos de Guevara ont certes servi la cause castriste pendant des décennies tout en remplissant le rôle de propagande qui leur étaient assignées par le communisme. Les capitalistes, dont Lénine disait qu'ils lui vendraient la corde avec laquelle il les pendrait ont transformé le tchékiste impitoyable en héros révolutionnaire et reproduit son image par Alberto Korda en image visibles partout façon Marylin Monroe ou Elvis Presley. Des étudiants européens que guettaient seuls l'ennui, la consommation et le luxe refaisaient le monde sous les portraits de Mao, Lénine et Ho Chi Minh, qui devaient en sourire intérieurement à leurs rares moments de lucidité. Angkar, Stasi ou KGB trouvaient leurs défenseurs là où ils ne pouvaient (heureusement!) sévir. Même ce vieil obscurantiste haineux et meurtrier d'Ayatollah Khomeiny les fit reprendre leurs discours pompeux et faux!! Mais il faisait moins rêver la maire de Paris que le bel Ernesto!

Je ne m'abaisserais pas à conseiller des lectures pour savoir qui était Guevara: que celles et ceux qui veulent aller plus loin que les clichés journalistiques devenus vérités empesées fassent leur boulot qui est de se renseigner.

Les informations sur sa trajectoire politique, humaine et historique sont consultables absolument partout. L'homme a suscité une myriades de biographies et depuis la chute du communisme certaines sont moins hagiographiques que celles qui ont suivi sa disparition en Bolivie. On sait que l'homme tua et donna l'ordre de tuer, ordre impitoyable et justifié par les mêmes arguments ignobles que ceux de tous les bourreaux idéologiques du XX ème siècle.

D'accord pour ne pas admirer les Saints ou les héros, pas d'accord pour encenser les monstres!

 

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3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 07:00

jeudi 28 décembre je suis allé au cinéma avec le petit-fils de 6 ans de feue ma grande amie Marie-Eve. (quel dommage, elle ne connaîtra pas son petit-fils qui est beau, drôle et intelligent).

Marie-Amélie, sa fille et donc la maman de cet adorable petit garçon habite la sortie de Toulouse sur la route de Montauban-Agen. En principe une vingtaine de minutes de route pour rejoindre le Capitole mais, allez savoir pourquoi, il m'en a fallu dix de plus et du coup j'ai écouté "Pop Pop Pop", l'émission "décalée" de Antoine de Caunes sur France Inter.

J'ai déjà dit tout le bien que j'avais à dire sur de Caunes, je n'y reviens donc pas. Je n'écoute que très rarement cette émission qui est diffusée en pleine après midi mais j'en apprécie l'humour particulier, l'atmosphère déconnante et les sujets et invités souvent surprenants.
La "Charline" (et qui n'est pas la glousseuse de l'heure qui suit) qui donne la réplique (amusante) à de Caunes et le ton de l'émission me font penser que celle-ci gagnerait à être diffusée à heure de plus grande écoute...

J'en arrive aux faits. Antoine de Caunes délivrait un "best of" des émissions passées (j'exècre cette facilité mais je pardonne beaucoup à Antoine) dans lequel il diffusait le passage de Philippe Katherine dans l'émission.

Disons-le tout de suite je ne suis pas fan de ce vieux type pas très drôle qui prend le public pour des jambons et se sert des médias pour dire tout et n'importe quoi. Un type qui chante mal, qui joue mal, qui écrit mal et qui est souvent indigent. Le coup de la moustache, la chanson avec Barbara Carlotti et tant d'autres moments de ridicule me l'ont fait fuir.

Prisonnier dans la petite Peugeot j'ai écouté la joute entre Antoine de Caunes, Charline et Katherine et j'ai éclaté de rire à plusieurs reprises. Ce type est un imposteur mais il vampirise ceux qui le prennent au premier degré avec un art consommé.

Je vous recommande d'écouter le podcast de ce passage (et en particulier ce qu'il pense de Brassens (qu'il appelle Brassen) et la fin de sa digression en "s". C'est un grand moment!

Finalement ce Philippe Katherine ridiculise celles et ceux qui sont incapables de voir à quel point il se moque d'eux. Ce qui n'est pas le cas d'Antoine de Caunes qui en connaît un rayon.

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2 janvier 2018 2 02 /01 /janvier /2018 07:00

Moments de désoeuvrement mais aussi de calme j'ai profité de l'entre deux fêtes pour lire, écouter de la musique (à haute dose les "Vêpres solennelles pour un confesseur" avec Kiri te Kanawa en soliste, mais aussi le "Music for Queen Caroline" de Handel par les Arts florissants sous la direction de William Christie et une version surprenante de "Orphée et Eurydice" de Gluck version Juan Diego Florez, Garmendia - Marianelli le choeur et l'orchestre du Théâtre Real sous la direction de Lopez - Cobos). S'endormir avec l'une de ces 3 oeuvres distillées d'une pièce lointaine est un pur bonheur.

J'ai aussi regardé, sur "Youtube" des documentaires absolument remarquables sur la campagne présidentielle 2017 incluant la dramaturgie du dégagisme, des primaires de droite puis de gauche, des affaires et le résultat des deux tours: ce documentaire ("Le film de la campagne de la primaire de la Droite et du Centre") réalisé par Camille Vigogne le Coat et César Charbonnier pour C'Politique est remarquable à plus d'un titre. La campagne de Sarkozy, celle de Juppé et celle de Fillon y sont disséquées sans complaisance et la nature profonde des affrontements et divisions des 3 hommes (auxquels il convient d'ajouter Bruno Le Maire et Jean-François Copé) expliquées clairement. Les erreurs et les fausses bonnes idées sautent aux yeux ce qui n'était pas le cas dans le feu de l'action. Une surprise, et de taille pour moi, Copé, que je ne supportais pas, y est drôle et parfois subtil, bien supérieur à l'image qu'on s'en fait habituellement. Voilà un homme qui a tout perdu qui se croyait présidentiable et qui a obtenu 0,3% des voix de son propre camp et qui en rit et ne semble ni en souffrir ni le regretter. Ce n'est plus de la résilience, c'est autre chose! Ses analyses ne sont pas stupides, ses commentaires plutôt bien vus et sa vison des combats politiques dans son camp très pertinente. Une surprise, je le répète.

L'autre film, signe Patrick Rotman s'appelle "Les fauves" et est consacré à l'affrontement à épisodes entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. C'est un film palpitant et stupéfiant par la haine qui suinte des rapports entre ces deux hommes que tout oppose. Dans un autre monde que le monde politique cette violence est, me semble t'il, impossible dans une telle intensité sur une telle durée. En entreprise on aurait déplacé l'un des protagonistes.

Les mots utilisés ("nain", "nabot") et les phrases venimeuses ("comment confier la France à un type qui ne peut pas retenir sa femme?") laissent sans voix tant la violence est incandescente.

Il faut regarder ce document pour vérifier, une fois encore, que les affrontements les plus sanglants se font entre gens du même bord politique: Giscard et Chirac, Chirac et Balladur, Chirac et Sarkozy. Mais on se gardera d'oublier Mitterrand et Rocard, Fabius et Jospin....  qui n'avaient de leçon de haine à recevoir de personne!

Une constante, dans les deux documentaires: la présence silencieuse d'un notaire de province, bien habillé façon Rotary ou Lion's club, pendant des années et des années, la mèche sage et l'encombrement minimum de François Fillon qui fut de tous les combats et disputes, toujours deuxième ou troisième couteau mais toujours prêt à avancer son pion.
Comment cet homme terne et sans envergure, lieutenant de tous, a t'il pu arriver à être le "candidat officiel" de la Droite et du Centre cette année est une énigme et c'est une question à laquelle ces documentaires ne répondent pas mais qui mériteraient d'être posée!

 

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31 décembre 2017 7 31 /12 /décembre /2017 19:00

Faut-il que les gens soient morts et enterrés pour que je leur trouve, décédés, des qualités que je leur déniais auparavant?

Rassurez-vous je ne pense ni à Johnny Hallyday ni à Jean d'Ormesson qui m'indiffèrent autant morts que vivants.

Je pense à David Bowie que j'ai longuement écouté ce 31 décembre qui est une journée interminable et ennuyeuse comme peu de jours de l'année le sont.

"Hours", "Reality" et "Heathen" que je n'avais pas négligés mais presque sont de très grands disques et Bowie mérite infiniment mieux que ce que j'en ai dit et ressenti lorsqu'il est mort.

"The Wedding", "Stranger where we're", "putting out fire", "Slowburn" et "Modern Love" sont de très grandes chansons que "Absolute beginners" ou "Life on Mars?" ne renieraient pas.

Le personnage a un peu masqué l'auteur, le caméléon s'est perdu dans ses travestissements colorés et Bowie a parfois erré dans des paysages sonores ennuyeux ou incompréhensibles. Il n'en est pas moins qu'il a apporté d'authentiques "lettres de noblesse" au rock et à la Pop, ce qui, en soi, est un exploit tant cet univers est désespérant depuis la mort de Jackson (Michael) et celle de Prince et cela ne va pas s'arranger avec la mort de Chuck (Berry).

Et je profite de ce dernier post de 2017 pour souhaiter à tous mes lecteurs une très bonne année 2018 et me souhaiter à moi l'inspiration. Ca commence bien: j'ai une heure d'avance sur E.Macron, question voeux!

 

 

 

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29 décembre 2017 5 29 /12 /décembre /2017 07:00

J'ai eu une drôle d'idée pendant les "vacances de Noël": regarder un film avec Danielle Darrieux qui est décédée à l'âge de 100 ans à la fin de l'année. Mon choix s'est porté sur "Madame de ..." de Max Ophuls avec Charles Boyer et Vittorio de Sica.

Il s'agit d'une adaptation du roman de Louise de Vilmorin, roman "charmant" (dans le sens de léger) qui eut son petit succès.

Danielle Darrieux est une comtesse mariée à un général, frivole et dépensière qui aime séduire les hommes et se brûle à son propre jeu. On le voit l'intrigue ne donne pas mal à la tête!

Le film, naturellement, a considérablement vieilli: les rapports hommes et femmes sont stupéfiants: oisive Madame de n'a rien d'autre à faire qu'organiser des bals, aller à des bals, séduire des hommes qui tombent instantanément sous son charme, dépenser de l'argent et voyager pour oublier des sentiments qu'elle a malencontreusement fait naître.

Son général de mari est fat, imbu de lui-même, ridicule, le militaire Français typique qui a perdu toutes les guerres de 1970 à 1940.

Les rapports sociaux sont ceux que regrettaient tant Ormesson: chacun à sa place et les riches au sommet. Choyés, respectés, enviés et admirés. "Le Figaro" d'aujourd'hui souscrit.

Et "Mademoiselle Danielle Darrieux"? eh bien c'est la comédienne insouciante et superficielle qu'elle a si souvent joué. C'est un archétype de femme charmante et sûre d'elle qui domine les hommes par sa beauté et sa "race". On ne peut pas dire qu'elle joue "faux" ou "mal"; elle joue daté.

Les hommes ne sont pas mieux lotis: Vittorio de Sica est une gravure de mode sans épaisseur et Charles Boyer une vieille ganache risible.

Du dialogue restent les phrases "c'est seulement superficiellement que notre relation est superficielle" échangé par les deux époux et le célèbre "Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas, je ne vous aime pas" que laisse échapper Danielle Darrieux en pensant le contraire.

Le film est souvent cité comme un écrin pour l'actrice et comme représentatif de ce cinéma des années 40.

C'est peu dire que ce cinéma là est démodé et vain. Je ne dis pas que les pensums complaisants de notre cinéma contemporain sont meilleurs. Mais la femme et le portrait qu'on en a faits ont heureusement évolué.

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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 07:00

Avez-vous entendu cette annonce selon laquelle la publicité, omniprésente dans l'espace, va aussi s'installer au sol, dans une matière biodégradable?

La publicité, ce n'est pas un combat, ce n'est plus un combat, est un authentique fléau que les trois ou quatre arguments des professionnels ne justifieront jamais.

Des sommes considérables, monstrueuses mêmes, sont dépensées dans le monde entier pour promouvoir des produits, des services, des objets et des idées (principalement....) utiles ou pas.

Les supports sont quasi impossibles à recenser: cela va des radios à la télévision, à l'affichage, au net, des écrans dans la rue, des courriers et pratiquement tout ce qui est vu à un moment ou à un autre.

Des phénomènes comme "les marques" qui ornent les vêtements devraient susciter plus de critiques que cette observation presque positive.

On met toujours en avant les "réussites" de certains publicitaires mais c'est pour cacher que si il peut y avoir de la recherche, de la créativité et même du talent cela reste l'exception.

A peu de choses près la "réclame" d'antan, basse de plafond et frappant sous la ceinture reste la norme. Pour vendre de la m... on fait de la m....

Des études ont été faites qui démontrent toutes que nous sommes abreuvés de messages publicitaires, du dimanche au samedi, de janvier à décembre et qu'en une vie on a été soumis à un véritable matraquage de messages commerciaux. Nos enfants sont d'ailleurs particulièrement ciblés.

Bien que les industriels et leur laquais publicitaires dépensent des fortunes pour toucher le plus de consommateurs possibles ils ont encore l'idée de nous imposer plus de publicités, sur plus de supports.

J'ai vu récemment un jeune type tatoué dans le cou. Un code barre en bonne et due forme.

Les ilotes ne se plaignent pas et en redemandent!

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27 décembre 2017 3 27 /12 /décembre /2017 07:00

C'est en Espagne, en 1936, qu'ont retenti les 3 coups du suicide de l'Europe. Il suffit de relire Orwell ("Hommage à la Catalogne") mais aussi Koestler et tant d'autres pour se souvenir que cette terre voisine est gorgée de charniers et a été la grande répétition de la tragédie du vingtième siècle.
L'avènement de la démocratie, avec le roi Juan Carlos 1er a été une sorte de petit miracle après l'étouffoir Franco.

Chacun, en Espagne, connaît les enjeux et a ainsi évité de jouer avec le feu en soufflant sur des cendres encore vives.

Si le Franquisme reste à évaluer les actes des communistes, du "Poum", des "Brigades internationales" et des trotskistes en Espagne pendant la guerre civile devront fatalement un jour être étudiés avec détachement et objectivité.

 
Pour cela, le temps n'est pas venu. Certainement pas. Un charnier en ouvrira un autre et les déchirements forcément cruels rouvriront les plaies de l'Espagne, toutes les plaies de toute l'Espagne.

Voilà pourquoi je considère comme extrêmement dangereux ce qui se passe en Catalogne où des apprentis sorciers rouvrent la Boîte de Pandore au mépris de ce qui pourrait subvenir.

Le temps n'est pas, le temps n'est plus à ces pays constitués de bric et de broc et qui sont incapables d'exister par eux-mêmes.

Répétons le: l'Espagne n'est pas la Yougoslavie et son histoire séculaire ne peut se défaire en 20 ans.
A quoi rimerait une Corse, une Bretagne, une Catalogne ou un Pays Basque indépendant? n'avons nous pas, en Europe, payé le prix du sang pour le savoir, gravé dans la chair?

Ne laissons pas des artificiers fous, au nom de principes dépassés et irréalistes, rallumer les bûchers mal éteints.

 

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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 07:00

La chaîne Histoire, qui fête ses 20 ans d'existence est, selon moi, l'une des chaînes thématiques françaises les plus palpitantes.
Pour peu qu'on ait la curiosité de s'intéresser à elle ses programmes variés mais toujours passionnants vous le rendent bien en vous apprenant des pans entiers de l'Histoire.
Histoire de France (sa protégée), histoire des civilisations, des pays, des régimes politiques, des idées, des hommes et des guerres ; rien de ce qui concerne l'homme à l'échelle du temps n'est négligé.
Les documents diffusés sont presque toujours d'excellente qualité et l'on ressort de sa visualisation plus fort et avec l'envie d'approfondir les sujets abordés.
Jeudi 21 décembre la soirée sur Histoire était consacrée à "Louis XVI, l'homme qui ne voulait pas être roi".
Ce titre à la Kipling était un clin d'oeil et toute la soirée était d'une très haute tenue morale et historique. Le film illustrant le règne était une splendeur (avec un très vieux Jean-Claude Drouot en Malesherbes) magnifiquement interprété. L'acteur qui interprétait Louis XVI était l'un des plus justes, historiquement parlant, jamais vu. Loin du personnage falot que la légende a crée mais mal préparé à son rôle et encombré de lui-même. Une réinvention.
Naturellement les décors versaillais, les costumes, les personnages et les textes transportaient le spectateur à des années lumières d'Hanouna et Bourdin et de la sotte médiocrité de notre époque qui se croit "civilisée" quand elle n'est que décadente.

A l'issue de la diffusion du film une évocation de la vie de la reine Marie-Antoinette, certes plus anecdotique, était cependant intéressante par la course à l'abime que les pamphlets et dessins pornographiques préparaient. La légèreté de la Reine en fit sa propre victime mais le processus de haine et de démolition de l'image du "prince" qu'on a vu avec Sarkozy et Hollande (et qu'on aperçoit ici ou là avec Macron) est toujours virulent chez un peuple qui adore haïr ceux qu'il a élevés.
Le procès de la reine montre jusqu'où l'abjection peut être portée lorsque la fureur populaire est encouragée au lieu d'être canalisée. Toute cette boue, toutes ces horreurs, toutes ces violences et en fin de compte cette incapacité à appréhender une marche normale de l'Histoire restent dans les gênes de ce pays et ne demandent qu'à sortir de leur boîte.

J'ai toujours eu un recul devant l'Histoire de la Révolution Française. Non que je regrette l'Ancien Régime mais trop d'épisodes sordides entachent son histoire. Des personnages comme Marat, Robespierre, Fouquier-Tinville, Mirabeau même, Carrier, le général Tureau, des moments comme la terreur, les massacres de septembre, la foule qui envahit Versailles et massacre les gardes Suisses m'empêchent d'y adhérer.

Loin de la voir comme le "bloc" cher à Clémenceau j'y vois un glissement vers du mieux avec des scories affreuses et beaucoup de barbarie.

Ni plus ni moins que la matrice des grands totalitarismes du XXème siècle.

 

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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 07:00

Depuis que j'ai découvert l'opéra je considère que c'est un art qui oscille entre le sublime et le ridicule. La plupart du temps la musique comme le talent et l'implication des interprètes nous conduit sur les hauteurs dans un vertigineux cheminement vers la beauté.
Parfois aussi les ingrédients ne lient pas et nous avons affaire à une basse-cuisine assez grotesque.

Le "Bel canto", les compositeurs italiens, la mythologie empesée... tout cela est parfois bien édifiant et lourd que seule la beauté des récitatifs sauve de l'ennui.

Maria Callas est la cantatrice par laquelle je suis entré par effraction dans ce monde codifié. J'ai de suite aimé l'étrange tessiture de sa voix et sa personnalité particulière. Je ne l'ai jamais vue sur scène et le regrette.

Le film de Tom Volf Maria by Callas que je suis allé voir donne une belle image de ce qu'a été la vie, le métier, l'époque et l'art de la plus célèbre cantatrice d'après-guerre.

D'abord et à ma surprise je l'ai trouvée belle. Un physique étrange mais racé un regard froid mais intelligent. Une femme et une artiste frissonnante et vraie. Très sophistiquée mais très sincère aussi, connaissant ses limites ("je ne suis pas cultivée, mon art ne me l'a pas permis"), une femme inquiète et perfectionniste qui fut traquée par les médias mais idolâtrée par "son" public. A ce titre on peut parler de "Diva".

Le film donne un portrait sépia d'une femme d'un passé déjà lointain (les voitures, les habits, les coiffures, les appareils photos l'indiquent) qui avait du mal à concilier sa vie professionnelle et privée et ses aspirations profondes (ne pas être une star mais une femme aimée avec famille).  On sent déjà le fossé entre les médias de masse et l'exigence artistique qui s'élargira encore jusqu'à aujourd'hui.

Peu comprenaient toute l'âme que Maria Callas mettait dans ses interprétations et qui l'épuisait. Le documentaire montre aussi, à son corps défendant, l'élitisme de cette musique, de son public et de ses exégètes. Mondanités et têtes couronnées remplissent des salles ruisselantes de bijoux et de lumières...

Finalement Maria Callas semble assez abordable et les quelques pas de danse qu'elle exécute en clin d'oeil à Palm beach, à la fin de sa courte vie (53 ans) pour un photographe donne d'elle une image moins figée que celle de sa légende.

 

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 07:00

J'ai assisté, à la chorale, à une intéressante représentation de théâtre social qui m'a amusé et conforté: les adultes ne sont pas sérieux.

Je suis dans cette association pour la 3ème année consécutive et n'ai pas eu à m'en plaindre, du moins jusqu'ici. Il se trouve que notre chef de choeur, un homme talentueux et compétent est aussi doté d'un caractère impétueux et dominateur.
Ce trait de caractère s'est accentué depuis quelques mois et va croissant conjointement aux manques de progrès qu'il dit observer chez le groupe.

En conséquence son côté "tyrannique" se donne libre cours plus souvent et donne droit à des scènes parfois gênantes: il jette ses partitions, joue du piano en se réfugiant dans sa bulle et il accepte de moins en moins en moins la contrariété.

Une choriste qui osait lui rappeler que nous étions des amateurs guidés avant tout par une activité devant apporter du plaisir s'est faite jeter sans ménagement.
Ce fut si violent et si bref que personne, moi compris, ne lui vint en aide. Elle a annoncé quitter la chorale depuis.

Après cet épisode cruel il y avait eu un certain flottement dans les répétitions. Des absences et des remises en cause. Discrètes.

Les mails se sont échangés. La plupart soutenant le chef de choeur et lui accordant l'autorité et le savoir, le savoir et donc l'autorité. Certaines se sont dévoilées à cette occasion comme des soutiens indéfectibles de l'autorité morale au point que j'ai compris comment fonctionnaient des dictatures: avec des personnes qui les soutiennent sans réserve contre un peu de reconnaissance.

Certains mails étaient "poisseux" dans leur soutien et le schisme entre celles et ceux qui voulaient un peu de respiration dans les répétitions et les autres qui ne voulaient aucun changement éclatait au grand jour.

Le lundi de la répétition suivante, en grand tacticien mais aussi en habile manipulateur, le chef de choeur fit en sorte que la choriste partie fut responsable de tout, se montra à la fois plein de promesses et magnanime, câlina les vieilles filles de sa garde rapprochée tout en ne grondant pas ceux qui s'étaient rebellés et il obtint un soutien total du groupe sur les visages desquels revinrent les sourires. Il avait gagné!  Une campagne militaire en 1H45 qui lui amena le groupe plus soumis et docile qu'avant la rébellion. Il n'avait rien accordé et encore moins annoncé qu'il serait moins exigeant. Au contraire!

Mais cet étalage de virilité dominatrice, de fausse contrition et ses explications d'évidence lui avaient permis de retrouver son empire.

Oubliés les griefs, oubliées les revendications. Il faisait à nouveau ce qu'il voulait et on lui rendait grâce. De la belle ouvrage.

 

 

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