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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 07:00
Ferry à Bâle

Ferry à Bâle

Par égard à la mémoire de Marie-Eve qui l'aimait beaucoup je vais rester sobre dans la critique du concert "Baloise Sessions" qu'a donné Bryan Ferry et qu'Arte a diffusé le 15 décembre à 5H du matin (et que j'ai regardé, insomnies obligent).

Sur Bryan Ferry il n'y a rien à ajouter à ce qui est dit depuis 40 ans: c'est un dandy, britannique jusqu'à la coiffure (complète mais savamment désorganisée) qui croone des titres élégants et classieux qui se ressemblent tous un peu.
Comme notre homme a dépassé les 70 ans il ne danse pas ou plus mais réussit à bouger un peu: une main ici, un genou là. Parfois il pousse l'audace gesticulatoire jusqu'à battre la mesure avec ses pieds.

Comme nombre de ses confrères de la même génération il s'est très assagi et son répertoire s'est calmé; interprétations sages et mesurées qu'il a la pudeur de qualifier d'interprétations "Jazz", c'est fou le nombre de vieux rockers aux hanches et autres articulations fatiguées qui découvrent le Jazz à leur déclin...

Bryan Ferry fait plus British que jamais. habillé comme un Lord (légèrement) décadent son seul vrai jeu de scène consiste à se changer et chanter dans des tenues de grands faiseurs.

On a eu droit à des versions agréables et sans aspérités de ses plus grands succès ("Avalon", "More than This", "Jealous Guy") qu'il interprétait devant un public assis à table, public friqué et plutôt BCBG. On avait du mal à reconnaître le Ferry de Roxy Music et le public des concerts du passé.

Accompagné par une formation étonnante mais professionnelle et sympathique (choristes noir(e)s très talentueu-x-ses, batteur de sexe féminin noire également qui se donnait à fond, saxo-trompettiste-claviériste magnifique et douée, guitaristes assurant et jeu de lumières dans la norme Bryan Ferry allait jusqu'à siffler et même jouer de l'harmonica.

 

Un concert sage de chez sage qui montrait que ces vieilles gloires se donnent beaucoup de mal pour rester "bankables" et dont le déclin doit être difficile à vivre.

Le Bryan Ferry des folles années aurait ri de sa copie avec 40 ans de plus. Jaune, mais ri.

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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 07:00

Les animaux qu'on conduit à la mort, dans les abattoirs, se rendent au poste où on les tue sans se rebeller. La plupart d'entre eux, veaux, vaches, boeufs, taureaux, cochons, porcelets, agneaux, moutons, brebis, chevaux, lapins, canards, poulets, poules, dindes, pintades passent de vie à trépas sans poser de problème particulier et en si grand nombre que les "tueurs" ne leur accordent ni regard ni pensée.

Parfois la mécanique s'enraye et un mort en sursis s'échappe, gueule, ne se laisse pas faire et introduit un cailloux dans la mécanique bien huilée du massacre quotidien. Un tueur d'abattoir "repenti" de l'association L214 a dit que celui-là est désigné comme l'empêcheur de tourner en rond sur lequel on s'acharne et dont les derniers moments sont encore pires que ceux de ses congénères dociles.

Notre façon "libérale" de traiter les personnes âgées pourrait presque s'apparenter à ce qui se passe dans les abattoirs: la productivité et la recherche des profits immédiats oblige le personnel des maisons de retraite, publique OU privées, à des actions qui s'apparentent à des mauvais traitements sur personnes dépendantes. Toilettes bâclées en 3 ou 4 minutes, nourriture exécrable, abandon des heures durant devant la télévision, infantilisation et même châtiments corporels ou menaces.

L'excellent journaliste de France Inter Frédéric Pommier, tout frémissant d'indignation, a décrit ce que sa grand-mère de 95 ans lui a raconté sur les conditions de vie dans un EPHAD.

Nous savons tous, oui tous, ce qui se passe derrière ces murs et ne disons rien parce que la "loi du marché" s'applique ici aussi, comme dans les cliniques ou les...abattoirs. Recherche permanente du profit maximum, déshumanisation et caporalisme, salaires pitoyables et conditions de travail dégradées (pas assez de personnel, pas assez de moyens).

Pommier disait que la vieille dame qui s'exprimait bien et avait toute sa tête était maltraitée à cause de cela même.

Donner des leçons derrière son écran est facile (je le fais depuis 8 ans!!!) mais agir serait beaucoup mieux.

Nous sommes allés voir un vieil ami de ma belle-famille âgé de 92 ans dans un château avec grand jardin dans la région d'Angers. Pas de maltraitance mais une indifférence totale des "bonnes soeurs" qui gèrent malades, pensionnaires, personnels, immobilier et mobilier comme de bons soldats du capitalisme. A la hussarde et sans états d'âme. Un comble! Elles ne font pas grâce d'un timbre et tout ce qui bouscule leurs habitudes est malvenu. Elles disaient oui pour organiser le vote des vieux pensionnaires aux Elections du printemps, affichaient les meilleures intentions sur les panneaux d'affichage mais "in fine" ne faisaient rien du tout et n'ont pas utilisé les procurations.

A t'on idée de vouloir voter quand on a dépassé les 8 décennies?

 

 

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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 08:00
Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"

Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"

Je suis allé voir une drôle d'exposition "officielle" au Couvent des Jacobins à Toulouse. Vous le savez, depuis longtemps on ne dit plus "exposition" qui est un terme suranné à bannir mais "installation" qui est plus branché et correspond mieux à l'époque.
Notez que "déballage" conviendrait tout aussi bien.

Non que c'était mal ou inintéressant. Si, comme de nombreux visiteurs j'y suis allé c'est que j'étais attiré par ce que j'en avais lu ou entendu et l'idée que je m'en faisais.

Quelle était-elle cette idée? elle venait des photos des morts civils et militaires de la Commune de Paris (1871) que j'ai vues il y a très longtemps et qui m'ont beaucoup marqué: la mort y était inscrite sans fioritures et dans sa froide évidence. Les visages étaient d'ailleurs et les positions étranges. S'y ajoutait des représentations de la "chapelle des capucins" à Rome dont j'ai reçu un jour une carte postale très impressionnante avec ce commentaire: "fais attention Bertrand ou tu ressembleras à ces messieurs". C'était un message gentil venant d'une personne que j'aime mais ça a laissé une trace en moi d'intérêt pour cette crypte que je n'ai pas encore visitée. Catacombes, ossuaires et tombeaux royaux m'ont toujours attirés.

J'ajoute qu'au moment où j'ai décidé d'aller voir l'installation "Ci je Gis" ma fille m'a parlé d'une de ses connaissances, une jeune femme, dont le métier est thanatopractrice en soulignant que cette personne la choquait par la verdeur de son langage et le côté cru de sa conversation (qu'on peut comprendre...)

Bref j'étais en condition pour aller dans ce sublime écrin urbain qu'est le Couvent des Jacobins. Première surprise: le réfectoire où se tenait l'exposition était plongé dans un noir presque complet. Des boîtes en bois de taille humaine (rappelant un cercueil mais sans la forme caractéristique) étaient disposées dans toute la salle, à plat, debout contre un mur ou empilés. Un dispositif réfléchissant la lumière collé sur les parois extérieures en indiquait l'emplacement.
La lumière venait d'une lampe frontale qu'on nous remettait à l'entrée.
Dans les boîtes, entièrement noires, il y avait des photos d'hommes et de femmes (Toulousains contemporains) simulant la mort, habillés d'oripeaux d'un autre temps, souvent pieds nus et maquillés pour rappeler cet état définitif de celui qui ne respire plus. Position des mains, ouverture des yeux ou de la bouche tout ressemblait à la mort tout en étant (heureusement) un simulacre. Dans la salle, des tentes noires remplies de matériel audio, diffusaient en continu des bribes de phrases étranges qui ajoutaient à l'atmosphère macabre.

Je n'ai pas eu à réfléchir si je voulais me faire photographier dans cet équipage puisque c'était un jour sans. L'aurais-je fait? je crois que oui car je suis (un peu) exhibitionniste...

Je me suis lassé, assez vite, de ces photos qui se ressemblaient beaucoup et n'ai pas réussi à en comprendre l'intérêt. Une fausse-bonne idée sur un thème malsain ou une juste improvisation sur un questionnement profond? je ne saurais le dire.

 

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 07:00
interview Corinne Mariotto in "Ramdam"nov-dec 2017

interview Corinne Mariotto in "Ramdam"nov-dec 2017

Comme disait à peu près Pierre Desproges: "Marguerite Duras n'a pas dit et écrit que des conneries, elle en a aussi filmées."
Cette écrivaine (le féminin est obligatoire!) très largement surestimée est à la littérature ce que Lacan est à la psychanalyse: l'escroquerie de trop.

Cependant la vieille dame pas digne continue à inspirer des fans transis et le théâtre du Pavé, à Toulouse a programmé en novembre une adaptation sur scène de pensées et... de recettes de cuisine. De nos jours on publie tout d'une célébrité, de sa liste de courses à sa déclaration d'impôts, tout cela "faisant sens" ou "éclairant d'un jour nouveau une oeuvre passionnante" sic et re-sic).

La vieille pie à cols roulés qui voyaient des infanticides dans son sommeil et parlait "résistance" avec Mitterrand au réveil a donc été "adaptée" format théâtre pour que nous ne perdons rien de sa sublime pensée. Plus exactement c'est son indispensable ouvrage "La cuisine de Marguerite", présentée comme un patchwork de recettes, d'extraits d'interviews et de romans qui l'a été par une certaine Corinne Mariotto.

La tragédienne inspirée et exigeante donne des clés à propos du spectacle:

"J'ai une grand familiarité avec Duras. Ces "carnets de cuisine" me touchent particulièrement parce qu'ils évoquent des questions qui sont communes à la vie quotidienne de beaucoup de femmes. (...) parce que la suite pourrait vous faire douter j'ai joint le fac-similé de la suite de l'interview. Notre comédienne "concernée par la problématique des femmes" poursuit:

"Tout de suite j'ai voulu faire entrer les spectateurs dans ma cuisine. et préparer durant le spectacle une soupe aux poireaux, c'est un plat qui purifie le corps, qui fait du bien.Une soupe qu'on partagerait ensuite. J'ai eu envie de les nourrir, d'être avec eux, de partager. "

Voilà un spectacle à peine caricatural de ce qu'est devenu la "culture" en ce début du vingt et unième siècle. Fini Eschyle ou Ionesco. cuculterie et soupe aux poireaux feront l'affaire!

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 07:00

Je sors d'une salle de cinéma où j'ai regardé le film documentaire d'Eric Caravaca "Carré 35". C'est un film qui m'a profondément bouleversé sans que je sache exactement pourquoi.

Je sais ce que j'y ai aimé: le ton, la sincérité, l'intelligence, l'économie de moyens, le propos, la façon dont le commentaire réussit à ne pas être "lourd", la manière dont les choses sont dites, l'image, les documents d'archives utilisés, et la construction générale du film.

J'ai beaucoup aimé aussi les images de l'abattoir marocain désaffecté, les photos et films familiaux, la douceur des interviews, les images volées du père mort, l'enquête. Beaucoup encore qu'on ne se perde pas en analyses psychanalytiques ou psychologiques, qu'on dise les choses telles qu'elles sont (ou qu'elles étaient) et qu'on ne faiblisse pas en interrogeant des personnes fragilisées. J'ai été touché par la mère du réalisateur qui ne peut qu'avec mille difficultés reconnaître (sans les formaliser entièrement par la parole) les réactions qu'elles a eues dans le passé et la beauté fanée mais réelle de cette femme.

C'est une sorte d'ingérence dans le passé d'une famille mais nous y sommes invités par un homme extrêmement discret qui a été bouleversé d'apprendre le passé caché de sa famille et nous en restitue l'histoire telle qu'elle s'est imposée à lui et telle qu'il l'a vécue.

Eric Caravaca m'avait convaincu en comédien dans "La chambre des officiers" de François Dupeyron (à qui il a dédié "carré 35") et aussi dans "Son frère" de Patrice Chéreau. On le voit ce n'est pas un comique façonné par Canal + ou le cinéma -pop corn.

Son film est passionnant et ce qu'il dit et montre, rapidement, du départ des Français du Maroc et de l'Algérie souligne la profondeur de sa pensée.

A mille lieux des conneries dont on remplit nos malheureux cerveaux à longueur de journées.

 

 

 

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 07:00
Johnny et son ami Balkany avec le maire de Neuilly

Johnny et son ami Balkany avec le maire de Neuilly

Je me suis  posé la question de savoir si j'étais sincère ou si "j'en rajoutais" en détestant tout ce qui est trop Français de France, de Clo-Clo à Benzema en passant par Drucker, d'Ormesson, Lelouch et Hanouna.
J'arrive à la conclusion que je ne supporte vraiment pas celles et ceux qui représentent trop les travers de notre pays, ceux qui sont par trop hexagonaux, trop "franchouillards".

Il y a certes un monde entre feu Johnny et feu jean d'Ormesson mais, chacun à sa manière était le symbole de ce petit pays qui s'est toujours poussé du col pour paraître supérieur à ce qu'il est: une république corrompue, peuplée d'élites auto-reproduites dans laquelle les privilèges n'ont jamais été abolis et qui oscille en permanence entre l'élitisme prétentieux et la beauferie indigeste. Un pays qui se voile la face pour ne pas voir ses travers et qui ne les corrige jamais.

Si je n'avais rien pour je n'avais rien contre le chanteur défunt mais je n'ai pu empêcher la colère de m'envahir devant tant de ridicule emphatique. Les discours de Philippe Labro et Patrick Bruel, les gesticulations de Claude Lelouch, l'unanimité du monde de la variétoche et celui de la politique et même ceux des médias et des intellectuels. Deux ex-présidents et un président en exercice présents pour les obsèques d'un type qui était incapable de faire deux phrases justes d'affilée, qui chantait des niaiseries écrites par d'autres et qui surfaient sur la crête du grotesque... pour ne rien dire des manifestations d'amour de son public.

Aucun pays au monde ne se serait ainsi abaissé pour un chanteur à la longévité certes remarquable mais à l'oeuvre discutable.

Nous, français, sommes passés à côté de presque toutes les vraies personnalités et courants musicaux mondiaux faisant un triomphe à la soupe la plus navrante (Boney M, Patrick Hernandez, les Rubettes, Village People, Les Bee Gees...........................................) disputant au Japon la palme de la ringardise. Chuck Berry, à qui le rock n'roll doit tant est un quasi-inconnu ici. Sa mort récente est passée inaperçue. 

Alors ça y est, Johnny est enterré à St Barth'? (Brel c'est aux îles Marquises et Brassens au cimetière marin de Sète, on voit le contraste à des détails comme ceux-là) tant mieux. tant pis. vivement qu'on passe à autre chose!

 

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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 07:00
Ca peut ou ça pourrait servir

Ne comprenant rien spontanément aux spécificités chiantes des ordinateurs et tablettes Apple j'ai vite abandonné mon I-Pad de cette marque à quelqu'un qui en tire quelques chose.
Les I-tunes et autres sournoiseries, très peu pour moi.
J'ai acheté une tablette d'occasion à Montréal mais hélas elle est très lente. Extrêmement lente. Il faut ne faire qu'une chose à la fois sinon elle se bloque.
Je vais la quitter pour incompatibilité d'humeur. Plus qu'un sursis elle vit son préavis de départ.

Batteries, disques durs, câbles d'alimentation, chargeurs, fils, prises, oreillettes etc. m'envahissent et remplissent des sacs, des tiroirs, des cartons et des placards. Chaque marque et chaque modèle possède, pour des raisons commerciales, des standards propres. Les téléphones de marque Apple ont une prise spécifique qui a changé avec les modèles entre le 1 et le 10. Ce qui était valable sur le 1 à 4 ne l'est plus sur les autres.
Chaque appareil photo a son chargeur qui ne fonctionne qu'avec lui: Et puis il y a les disques durs externes qu'on grave, il y a les clés USB, les souris avec ou sans fil, les anciennes caméras externes, les I-pods, les lecteurs de MP3 et plein d'autres outils désuets et inutiles.

Et, naturellement, quand on égare un câble ou que celui qu'on utilise est déficient on cherche dans ce magma enchevêtré si l'un des fils ne pourrait pas faire l'affaire. Non! aucun!! parfois c'est presque ça mais ça ne marche pas.

A chaque fois que je m'attaque au rangement et au tri de ce magma arachnéen je renonce par peur de jeter juste le fil dont j'aurais besoin.

Et je colonise d'autres espaces de rangement. Avec des fils noirs ou blancs car question couleurs c'est limité!

 

 

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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 07:00

Je suis allé voir le film "seule la terre", film Grand-Breton daté de cette année tourné par un inconnu Francis Lee et interprété principalement par des inconnus Josh O'Connor et Alec Secareanu. un film dont j'ai entendu le plus grand bien et qui a été primé au Festival du film britannique de Dinard et a reçu le prix de la mise en scène à celui de Sundance.

Comme souvent le cinéma d'outre-Manche on n'est pas dans la gaudriole, les rires et la haute bourgeoisie. L'action se passe dans le Yorkshire, en hiver, c'est gris et, on le devine, froid. C'est très beau aussi mais on n'aimerait pas y être téléporté en même temps que les acteurs vivent l'histoire. A la mi-juillet, peut-être?

L'histoire est celle d'un jeune homme (je dirais 25 ans) pas très beau, ni sympathique ni heureux (ceci expliquant cela et réciproquement) vissé à la ferme familiale du fait que son père a eu un AVC et que la grand mère ne peut l'aider aux champs.
Pour oublier sa solitude, sa vie et le peu d'avenir qu'il entrevoit et parce que c'est sa nature, il a du sexe rapide et furtif avec des types (dont un blond pas farouche) près du pub de la petite ville proche.

Tout ça est assez sinistre et l'arrivée d'un ouvrier agricole roumain ne semble pas, au début, améliorer les choses. La mode étant à l'homosexualité ("Marvin ou la bonne éducation", "120 battements par minute" etc.) le film est centré sur cette attirance et le beau ténébreux barbu de l'Est va faire tomber les barrières mentales du fermier taciturne et lui faire exprimer ses sentiments, ce qu'il était incapable de faire auparavant. On le verra même pleurer et sourire ce qui n'était pas gagné!

Naturellement nous avons droit à des scènes de sexe (dont une assez crue dans la boue), des baisers réalistes avec bruits de succion - C'est obligatoire depuis "la vie d'Adèle" - et des scènes romantiques au coin du feu (avec éclairage orange diffus).

On y croit, les deux acteurs sont justes et plutôt sobres et le film est digne grâce à un scénario riche dans lequel on assiste à la naissances d'agneaux, à l'accident vasculaire du père, à la compréhension sobre et silencieuse de la relation entre les deux hommes par la grand mère qui ne dit rien sans approuver...

La Grande-Bretagne est un bien beau pays dont la campagne est souvent d'une beauté sauvage. Les britanniques ne sont pas des comiques et leur vie n'est pas toujours amusante: on le sait mais son cinéma creuse le sillon depuis des années pour qu'on ne l'oublie pas. Le "happy end" est difficile à gober mais il faut bien terminer un film et cette fin en vaut d'autres.

 

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 07:00
Concert à la Halle aux GrainsConcert à la Halle aux Grains

Samedi je suis allé à "la halle aux grains" voir un concert. Le chef d'orchestre était Hollandais (J.Van Zweden) et le violoniste tête d'affiche était Renaud Capuçon.

Ces deux là, sans qu'ils le méritent vraiment, ont bénéficié d'un "retour-public" proprement Hallucinant. Des applaudissement en cascade, une standing ovation et des rappels qui ont duré un temps presque obscène. A croire qu'ils avaient, tous les deux, coécrit la 5ème de Beethoven!

Le programme de ce concert était (un peu) du n'importe quoi: Chostakovitch dans une oeuvre très "réalisme soviétique", l'éprouvant Leonard Bernstein dans une "ballade" sirupeuse et (assez) laide et la fameuse 5ème de Ludwig Van.  Ce n'est plus de l'éclectisme, c'est un mélange hybride!

La symphonie ("Pom Pom Pom Pom") est une splendeur et, à chaque fois, elle nous cueille et nous ravit. Quand bien même on en connaît la charpente et les éléments par coeur.

C'est toujours aussi passionnant de regarder un orchestre jouer, de scruter les expressions des musiciens et de voir leur cohésion et leurs singularités.

L'orchestre et son chef, en moyenne, était largement plus jeune que son public. A chaque fois je le constate avec dépit la musique classique est élitiste et plaisir de vieux. La (très belle) salle faisait la part belle aux septuagénaires, qu'on reconnaît à leur toux dès qu'un entracte musical leur permet d'expectorer bruyamment. Il y a bien deux enrhumés ici ou là mais la bronchite chronique semble être ultra-majoritaire.

Les plus jeunes sont les ouvreuses qui, à ce que j'ai observé, reçoivent très rarement aumône et vendent encore moins ces programmes sur papier glacé qui font la part belle aux publicités et aux hagiographies.

Outre les applaudissements qui n'en finissent pas les "mondanités" qu'on fait dans ces salles dédiées à la musique m'agacent un peu. La comédie sociale faite de sourire faux, d'exhibitions de sa fortune et de son bon goût est un peu "provinciale" et guindée.

Cela constaté la majorité des personnes présentes paient cher un abonnement, affrontent le froid (ce samedi le thermomètre flirtait avec le négatif) et restent sagement assis sur des sièges plus inconfortables qu'autorisé pour écouter une musique qu'ils aiment, de façon manifeste. Etre en communion avec des personnes qui partagent votre goût est toujours un moment de choix.

Je reviendrais sur le nom de la salle ("Halle aux Grains". Vous l'aurez compris, on le doit à l'ancienne affectation du bâtiment qui a conservé son nom d'origine. On voit ainsi des apparentements surpenants: "Picasso aux Abattoirs", "récital de piano au Poids et Mesure"...tous ces noms de salle semblent parfois un peu perchés!

 

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 07:00

C'est l'un des signes de la démocratie: tout accusé, quelque soit les crimes dont il doit rendre compte, a droit aux services d'un avocat.

Cet avocat, parfois commis d'office, peut même avoir du talent et obtenir des résultats scandaleux en regard des torts causés par son client. Là aussi c'est la démocratie.

Les juges soviétiques ou nazis ne voyaient pas les choses ainsi et, à moins d'être partisan d'une justice à la Roland Freisler il faut soutenir les avocats et n'accepter aucun acte qui diminuerait leurs droits aux accusés et ceux de leur défense.

Lors de procès sensibles (Bertrand Cantat, Abb-el-khader Merah...) il est tentant de vouloir minimiser la partie défense du procès et de s'alarmer des "arguties juridiques" des avocats.

On connaît tous ces moments d'indignation lorsque les avocats emploient des grosses ficelles (enfance malheureuse, alcoolisme, pauvreté, chômage, déficience mentale...) pour obtenir pour celui qu'ils défendent, un peu de compassion traduisible en remise de peine.

Le procédé est vieux comme la justice mais il indigne toujours autant. Nous ne sommes plus au temps des "effets de manche" et de la grandiloquence verbale qui régna sur les prétoires.

Hitler eût-il vécu que ses avocats nous auraient attendri (?) avec la dureté du douanier Schicklgruber vis à vis de son fils et l'irremplaçable perte de la maman aimante de ce dernier à un âge tendre. C'est indéniable le rôle des avocats, parfois, est de défendre l'indéfendable et surtout d'obtenir que des criminels passent à travers les maille de la justice.

On retient surtout certaines affaires et la défense utilisée par les avocats justement parce que ce sont des affaires hors norme et qui défraient pour cela la chronique judiciaire.

Vous, moi, nous, avons affaire aux services d'avocats pour des affaires autrement banales où la différence, selon moi, ne réside que dans la préparation et la connaissance du dossier que possède l'avocat que nous avons choisi.

L'enfance malheureuse et la bonne conduite qui sont les nôtres n'interviennent en rien.

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