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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 07:00

Qui, de près ou de loin, est encore intéressé par Charles Maurras? Les élucubrations racistes d'un autre temps de cet homme complètement dévalué, j'en suis persuadé, ne font bander que quelques vieux croûtons d'extrême droite.

Et l'inévitable Eric Zemmour qui, dès qu'il y a un cadavre idéologique rance à touiller ne rate jamais une occasion.

Mais, franchement, une vieille barbe du dix-neuvième, un catholique obsessionnel, anti-protestant et tutti quanti... y a t'il une raison valable de commémorer ce triste polémiste? 

Qui, à l'heure d'Internet, des voyages intercontinentaux, de la culture mondialisée et de la baisse des fidèles aux religions veut encore d'une France repliée sur l'église, l'armée et l'instituteur? sur les races et autres fariboles qui ont démontré leur monstrueuse dangerosité, leur potentiel génocidaire?

L'Eglise, ne l'oublions jamais, maintenait les peuples dans la soumission et la pauvreté tandis qu'elle soutenait le pouvoir d'ancien régime et jusqu'à Pétain. L'église a peu combattu les déportations nazies mais aidé les criminels de guerre à se cacher en Amérique du Sud à la fin de la seconde guerre mondiale. Elle a été de tous les combats réactionnaires (pour la peine de mort, justifiant les tortures et les colonies  et contre l'avortement la contraception le divorce...) et, heureusement, n'a plus d'influence aujourd'hui.

Je regardais un documentaire sur les trois cours royales ou impériales dont deux disparurent à l'issue du 1er conflit mondial (la Grande Bretagne résista mais le Tsar Nicolas II et l'empereur Guillaume II d'Allemagne furent détrônés). J'ai été surpris par l'obsession antijuive de Guillaume II. Difficile de comprendre comment cette obsession et phobie, idée fixe tout autant que folle s'est emparée de l'Europe à la fin du dix-neuvième siècle.

Les ravages ahurissants de cette "pensée" qui, malgré la destruction des Juifs d'Europe ne demande qu'à reprendre du service, doivent non seulement être rappelés en permanence mais ce même antisémitisme ne doit pas être en quelque sorte discuté par l'intermédiaire de vieux textes inadmissibles.

Or c'est de cela qu'il s'agit. Parler de Céline ou de Maurras permet de remettre en circulation des textes (et discuter d'idées nauséabondes) qui tomberaient sous le coup de la loi s'ils étaient écrits (et proférées) aujourd'hui. Cette pornographie littéraire est un alibi qui permet aux extrémistes d'avancer masqués.

C'est pourquoi les divagations des Céline, Drumont ou Maurras doivent rester où elles sont: au purgatoire des bibliothèques, parcourus uniquement par la poussière et les araignées.

 

 

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8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 07:00

Rien de plus ringard, désormais, qu'une baignoire ou une douche-cabine.

Ces vestiges de la préhistoire ont été relégués dans les poubelles de l'histoire sanitaire. Remplacés par la douche à l'italienne qui peut être le paradis ou l'enfer; selon que la surface vitrée est suffisamment importante ou pas et aussi que le sol est pentu comme il faut. (la nôtre évacue bien mais un peu d'eau stagne dans un coin...)

Si ces deux conditions ne sont pas remplies vous vous surprendrez à maudire l'Italie.

Eponger le sol de la salle de "bains" nu et dégoulinant n'est pas un exercice des plus exaltants. D'ailleurs la douche dite à l'italienne nécessite un temps impressionnant pour nettoyer la vitre (avec une raclette qui se décolle au dernier tiers de la vitre), le carrelage, le sol et retirer la buée alentour.

Je n'ai pas le souvenir d'avoir passé autant de temps à rendre acceptable la salle d'eau lorsqu'une antique baignoire-douche-rideau la meublait.

Se rattrape t'on avec la cuisine? absolument pas. La mode, encore elle, supprime les murs et portes et l'évier trône désormais dans le salon. C'est la cuisine à l'américaine. (j'aurais dit à l'albanaise!).

Odeurs, bruits (rangement des ustensiles...dans le salon puisque la cuisine est DANS le salon) lumières crues... rien n'est épargné à celui ou celle qui n'a rien à faire derrière les vitrocéramiques ou les inductions. Allez grappiller discrètement quelque chose dans le frigo quand celui-ci trône dans un coin du salon!

Moi j'étais pour une séparation totale de la cuisine des autres pièces de la maison (comme de celle des WC et de la salle de bains). Au nom d'une modernité imbécile les murs ont été remplacés par du vent, le passe-plat condamné, le bar démoli et on a désormais une "console centrale" qui écrabouille la "pièce à vivre".

On a ainsi deux des pièces "stratégiques" d'une maison ou d'un appartement qui sont devenues mal-pratiques et stupidement agencées.

On peut résister mais les regards attristés des visiteurs (sans parler de l'accablement de l'agent immobilier à qui vous avez eu la faiblesse de demander une estimation) vous exhortent à passer subito presto à la douche à l'italienne et la cuisine américaine.

Je redoute, car le mouvement semble enclenché, le moment où il faudra obligatoirement installer des "toilettes à la japonaise" (un jet d'eau directionnel remplaçant le papier décrété anti-écologique). On y arrive!
 

 

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 08:15

Je m'interroge, depuis très longtemps, sur l'appétence maladive de nos sociétés pour ce que l'on appelle "faits divers".

De "l'affaire du courrier de Lyon" à celle du mari tueur de sa femme joggeuse en passant par Marie Besnard et Landru  (sans oublier les soeurs Papin) un nombre impressionnant de personnes s' intéressent aux crimes et affaires policières jusqu'à la passion.

Les échotiers locaux, les journalistes, les spécialistes du fait divers, la presse spécialisée, les psy de tous poils, les juristes, les sociologues, les historiens et les romanciers se penchent sur les crimes ou délits les plus "spectaculaires" tandis que le public se passionne pour telle ou telle affaire sans que l'on sache pourquoi celle-là et pas telle autre.

Je prendrais garde d'oublier les spécialistes auto-proclamés qui voient des "tueurs en série" jusque sous leur lit, les médecins légistes qui passent plus de temps à disséquer virtuellement des célébrités que dans leur laboratoire de médecine légale, et, une spécialité de l'époque ("Dexter" oblige) des professionnels originaux qui lisent dans les traces de sang, font parler les murs ou ressentent les lieux.

Déjà ancienne et donc privée des joies de la génétique et de la technique, l'affaire Grégory fut une de ces affaires ingérables où la bassesse et l'ignominie tinrent toute leur place jusqu'à la caricature: une écrivain sénile écrivant même un article dans lequel elle désignait la mère d'un enfant assassiné comme coupable en la trouvant "sublime, forcément sublime".

Une intelligentsia shootée suivant servilement son point de vue absurde et obscène. (Où va t'on si les "intellectuels, qui se trompent à peu près sur tout tout le temps font des enquêtes policières et livrent des coupables à l'opinion?). Il est vrai qu'en général l'intelligentsia voit plutôt des innocents dans ceux que tout accuse (les soeurs Papin, Patrick Dills) et des coupables lorsqu'ils ont le mauvais profil (le notaire de Bruay-en-Artois, le curé d'Outreau).

D'où vient l'engouement de tant de monde pour des affaires qui, à priori, ne concernent que peu de monde? Les médias montent en épingle des affaires locales qui ne sont ni "exemplaires" ni "spectaculaires". Personnellement j'ai été sidéré de la place monstrueuse qu'a prise dans l'actualité cette navrante histoire du mari éploré qui avoue 3 mois après l'assassinat de sa femme en être l'auteur. Je me fiche de cette histoire qui, à mes yeux, ne présente strictement aucun intérêt.

...mais a néanmoins occupé une place phénoménale dans "l'actualité" et ce pendant des jours.

Voyeurisme? je pense que le ressort d'une telle médiatisation tient de ce vilain travers. Auquel s'ajoute le frisson du jugement moral par procuration.

Alors, pourquoi le nier?, quelquefois on se surprend à prendre parti pour ou contre un protagoniste (en ne connaissant du dossier que ce que la presse en a rapporté!) et à suivre le procès (souvent cela consiste à n'en écouter que le verdict).

Le fait divers doit avoir une fonction sociale qui m'échappe encore!

 

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6 février 2018 2 06 /02 /février /2018 07:00

On m'a prêté le livre d'Olivier Guez "La disparition de Josef Mengele" (Grasset) qui a obtenu le prix Renaudot mais aurait pu avoir le Goncourt ou autre prix "prestigieux" car la critique et le bouche-à-oreille étaient dithyrambiques.

Je n'irai pas par quatre chemins: le livre est lamentable. Il surfe sur une mode idiote: prendre une personne connue, ayant connu une vie de préférence immonde ou violente ou ratée ou d'assassin ou de criminel ignoble (là on peut mettre tous les qualificatifs) et de réécrire l'histoire. On appelle ça roman (la rigueur historique n'est plus indispensable) et on prend, en interview des pincettes pour parler de son sujet.

"Ce n'est pas trop difficile de se mettre dans la peau d'un tel monstre?

- Ah! mais si, je n'en ai pas dormi pendant 5 ans!"

Qui demandait un tel livre? à quoi ça sert? qu'est ce que ça apporte? rien. Rien. Rien de rien.

Ou alors la confirmation chrétienne que "qui fait le mal est puni". Car le Mengele qui nous est donné à voir a une véritable vie pourrie après Auschwitz. Mais décrire une vie pourrie n'a que très peu d'intérêt et, je crois, le livre se complaît dans des descriptions idiotes et malvenues. Mengele rêve? on a droit à 2 pages grotesques de rêve, totalement inutiles.
Mengele a peur de se faire capturer par les chasseurs de nazis? on nous décrit les effets de cette peur (Page 185: "aux diarrhées succèdent des ballonnements, des vomissements, une forte constipation...") et cela ne présente pas l'ombre d'un intérêt.

Et que dire de la sexualité du criminel nazi: (page 75: "si seulement il (mon frère) me voyait ramoner sa femme") plus loin l'auteur nous donne une information capitale "Irène suce Josef". Quelle révélation. Quel talent d'écriture. Quelle richesse d'inspiration.

Il y a une sorte de jouissance morbide à détailler des horreurs (cf la scène des cadavres bouillis du père bossu et du fils boîteux) et une fascination (que j'espère inconsciente) à se mettre dans la peau de ces réprouvés ignobles et pathétiques qu'étaient les anciens nazis en exil en Amérique du Sud. Leurs rites, leurs regrets, leurs pensées et leur monde nous révulse et ne mérite assurément pas qu'on les détaille.

Guez, en fin d'ouvrage, nous apprend qu'il est allé au Brésil, en Argentine et au Paraguay pour les besoins de l'écriture de son pensum. Quel veinard! comment cela se fait-il que personne ne m'a jamais parlé de telles filières pendant ma scolarité? écriture de mauvais bouquins avec préparation géographique... je signais des deux mains!

Le livre est abject et son "alibi" ne fait pas illusion. Qu'il soit en tête des ventes, récompensé et considéré avec bienveillance ne m'étonne pas vraiment. Notre époque a le goût de la fange.

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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 07:00

Evidemment j'ai regardé avec avidité le documentaire de BFM TV "François Fillon, l'homme qui voulait être président".

D'emblée, je le confirme, j'ai été déçu.

Une longue année n'a pas suffi aux entourages du candidat et aux journalistes pour aborder ce sujet de manière concise et dépassionnée.

Qu'une Valérie Boyer ou un Gérard Longuet suintent la rancoeur je peux le comprendre mais ils empêchent, par leur discours resté partisan, l'objectivité de l'analyse.

Robert Bourgi, l'homme des costumes, apporte à ce dossier chargé un côté bouffon et, disons-le, pitoyable à cet épisode de la campagne électorale.

Il semble que la plupart des soutiens de François Fillon, déjà à l'époque des articles du "Canard enchaîné" mais ça reste vrai aujourd'hui, n'aient pas compris que le problème ne venait pas d'un complot mais des faits que Fillon a lui-même reconnus: oui sa femme a "travaillé" pour lui pendant 20 ans et pour un salaire considérable, oui ses enfants, sans être avocats, ont perpétué la pratique maternelle et travaillé pour leur père au Sénat, oui on lui offrait des costumes à 6000€ pièce et il ne trouvait rien à y redire ("Et alors?").

Le reste, c'est l'écume, le mouvement, la vie mais l'important était l'immense décalage entre l'image de François Fillon (austère, ennuyeux même mais honnête) pendant sa carrière et jusqu'à ce qu'il gagne la primaire et l'image qui se dessinait après les révélations de son rapport avec l'argent, public entre autre.

On conçoit la hargne et le dépit de ceux qui "s'y voyaient déjà" mais, ne leur en déplaise, le candidat qu'ils avaient choisi s'est piégé tout seul. Sa (juste) formule "Imagine t'on le Général de Gaulle mis en examen?) et sa réflexion sur ce qu'il ferait s'il était mis en examen (et qu'il n'a pas fait quand c'est advenu) ont condamné sa candidature.

Quand on voit l'état d'esprit des Français aujourd'hui je ne suis pas persuadé que la purge qu'était le programme Fillon/la droite, ce qu'étaient ses soutiens et l'image qu'ils avaient du pays que "Fillon" aurait été élu sans les affaires. Son électorat est parti chez Macron pour une part et chez Wauquiez ou Le Pen pour l'autre...

Je pense, contrairement à ses soutiens inconsolables, que nous avons, la France et les électeurs, eu de la chance d'être averti avant que François Fillon soit élu de ce qu'il nous cachait. Il n'y a pas eu "déni de démocratie" et "confiscation de l'élection" comme le glapissent ses groupies mais au contraire enquête journalistique nécessaire suivie de réaction de la justice proportionnée.

Il y a eu des excès, j'en conviens, mais le candidat irréprochable ne l'était pas tout en donnant des leçons. Il a été démasqué, cela a été long et douloureux, mais il l'a été. Pas mal pour la "République bananière" française.

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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 07:00

 

"Pentagon Papers"

Dans la veine de ses précédents films reconstitutions historiques ("Le pont des espions", "Lincoln") Steven Spielberg a tourné un film ("The Post", exploité en France sous le titre "Pentagon Papers", sans doute par crainte qu'on n'ait jamais entendu parler, ici, du "Washington Post"...) et, pour moi, c'est une déception.
Une déception honorable mais due essentiellement au choix des 2 acteurs principaux qui "ne collent pas". Trop vieux, trop  vus, trop "acteurs" pour les rôles. Tom Hanks, contre lequel je n'a rien est pénible d'avoir été vu dans 100 autre rôles identiques et Meryl Streep m'a lassé par une composition ultra-prévisible. Arrive un moment ou un comédien ne s'efface plus derrière ses personnages mais, au contraire, s'impose devant et les tue. Hanks et Streep, dans "Pentagon Papers" en sont arrivés à ce stade.

Le film lui même est intéressant et Spielberg sait raconter des histoires et les mettre en images. Il ne peut pas tourner un chef d'oeuvre à chaque fois!

"Les heures sombres" (Darkest hour)

Plus réussi est le film reconstitution historique de Joe Wright "Darkest Hour" qui raconte les débuts, en 1940, de Winston Churchill au 10 Downing Street qui est, commme chacun sait, la résidence des Premiers ministres britanniques.

Sa nomination, arrachée au roi, ne plaît pas à tout le monde (c'est le moins que l'on puisse dire) et il a deux ennemis irréductibles en les personnes de son prédécesseur Neville Chamberlain (qui a accepté l'humiliation de Munich en 1938) et celle du Comte Halifax, ami du monarque et partisan de négociations de paix avec hitler via l'Italie de mussolini.
Car nous sommes en 1940, en mai 40 précisément, et l'Europe s'effondre sous les coups de boutoir de l'armée allemande. La Belgique a capitulé, la France est défaite.(Et quelle défaite) Le corps expéditionnaire britannique, c'est à dire l'armée anglaise est "coincé" à Dunkerque.

Le film raconte magnifiquement les atermoiements de Churchill, sa conscience de son devoir, son opposition, comment il devient un excellent orateur très théâtral, comment il parvient à se ressaisir et nous fait toucher du doigt l'effondrement des démocraties devant celui qu'Hindenburg appelait "le caporal bohémien", un dictateur comme il n'y en eut jamais avant ni après lui.

"les heures sombres" nous montrent qu'en démocratie on peut s'engager dans la voie du déshonneur et de la lâcheté en toute bonne foi et que l'on peut, au contraire, suivre la voie de la dignité et de la sagesse, là aussi sans certitude d'être dans le vrai.

L'acteur principal, Gary Oldman, est excellent et fait revivre le Churchill de sa légende.

On mesure, à travers cette reconstitution, à quoi a tenu le sort du monde il y a 70 ans: à l'intransigeance et au sens de l'état d'hommes comme de Gaulle et Churchill. Une poignée d'hommes.


 

 

 

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 07:00

Je me suis trompé de séance ou de salle, peut-être même des deux et j'ai vu "3 Billboards" au lieu de "Pentagon Papers". Je ne sais pas (encore) si j'ai gagné au change.

En tous cas ce film américain d'un réalisateur Irlandais (Martin McDonagh) remue le spectateur par sa noirceur, sa violence et, en fin de compte, sa désespérance.

L'intrigue est solide, les rebondissements nombreux, les personnages étonnants et le scénario habile. Personne n'en sort indemne et, à la fin, c'est l'image des Etats Unis qui en sort essorée. Quel portrait. Le pays et ses habitants, les flics, les publicitaires, les prêtres, personne n'est épargné. Tous alcooliques, racistes, immatures, obsédés sexuels et détraqués psychiquement.

Ce film est un drame psychologique qui raconte les conséquences d'un acte au départ anodin. Une femme "grande gueule" un peu marginale vit dans une petite ville. On apprend assez vite qu'elle a perdu sa fille dans des circonstances effroyables et que son assassin n'a pas été arrêté. Elle fait éditer une affiche en 3 panneaux qu'elle fait apposer à l'entrée de la ville. Sur ces affiches elle demande au policier local pourquoi l'enquête n'avance pas et donne des détails sur le supplice de sa fille.
Cette initiative va déclencher des catastrophes en série et ne débouchera pas sur la vérité.

Entre temps des hommes vont se battre, mourir, se déchirer et être malheureux. Peu de personnages "positifs" dans cette douloureuse histoire. Le personnage principal lui-même, est interprété par une comédienne dont les critiques ont souligné la performance une femme dure et impitoyable, même si elle a de sérieuses raisons de l'être.
Elle n'est pas sympathique et personne, dans le film, ne l'est. Pas même le nain qui aimerait la séduire. Encore moins son ex-mari ou la très jeune "petite amie" de ce dernier.  Le policier qu'elle met nommément en cause sur ses affiches est, peut-être, le seul qui humainement a un peu de valeur. A l'inverse Dixon, son subordonné, en est totalement dépourvu et on ne croit pas à sa subite conversion au bien.

L'Amérique, telle qu'elle est dépeinte dans cette ville sensée être contemporaine montre le décalage entre les USA qu'on imagine (New York, la Silicon Valley, Los Angeles, Washington...) et le pays profond. Entre Obama et Trump.

 

 

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31 janvier 2018 3 31 /01 /janvier /2018 07:00

"Arte" a diffusé un "nanar" du début des années 90: "Riens du tout" de Cédric Klapisch un film qui mérite son titre. Sauf que, au générique, figure Karin Viard et que, déjà, elle est formidable. C'est une actrice qui a figuré au générique de très nombreux films, tous genres confondus et qui est parvenue à ne pas avoir une étiquette  actrice de films populaires ou films d'auteurs trop accolée à son nom. Chaque fois qu'on la voit on est étonné qu'elle donne une telle épaisseur au personnage qu'elle incarne.

Elle a tourné de bonnes comédies populaires ("Embrassez qui vous voudrez" de Michel Blanc dans lequel elle est excellente, "Les Randonneurs" de Philippe Harel) des comédies plus recherchées ("Adultère (mode d'emploi") de Christine Pascal) et des films exigeants ("Haut les coeurs" de Solveig Anspach). C'est d'ailleurs dans ce film que je l'ai découverte et je ne l'ai jamais trouvée inférieure à l'immense talent dont elle faisait preuve dans ce film "difficile". Je me souviens que ce film m'avait marqué et que j'avais pensé que l'actrice était peut-être elle-même malade pour atteindre un tel sommet de souffrance et de justesse.

Il me semble qu'elle a, à un moment de sa carrière, dû douter de ses choix ou craindre de lasser le public par surexposition. Elle a alors privilégié des films qui m'attiraient moins ("la haine" Mathieu Kassovitz, "Polisse" de Maïwen) mais sans que cela n'affecte son capital sympathie et, plus important, la perfection de son jeu d'actrice.

Je la vois moins souvent (je privilégie désormais un cinéma venant d'autres continents) mais suis toujours conquis par cette femme dont le métier est de ne pas montrer qu'elle le possède à la perfection.

On le sent sensible mais carapaçée, à fleur de peau mais pas commode pour autant, généreuse mais exigeante, drôle et profonde.

Dans mon tiercé elle le dispute à l'incroyable Isabelle Huppert et à Sandrine Kiberlain. C'est dire où je la place.
 

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 07:00

Le lui a t'on reproché! Un jour Michel Rocard, alors premier ministre de son ennemi François Mitterrand, a proféré cette forte sentence: "La France n'a pas vocation à accueillir toute la misère du monde". Je plaisante en qualifiant de forte cette phrase qui semble banale et frappée au coin du bon sens. Un truisme très "gauche américaine"!!!

En réalité nous nous sommes habitués à voir des hommes couchés de tout leur long sur un trottoir, des jeunes avec des troupeaux de chiens sales, des clochards et des pauvres étrangers quémander "un peu de monnaie", des gens tendre la main aux feux rouges, des personnes à la pauvreté parfois insoupçonnable réclamer de l'argent.
Sachant que j'allais en parler dans ce post j'ai comptabilisé, en une journée, une dizaine de demandes, trois quêtes à la fenêtre de la voiture et je ne parle pas de celles et ceux que j'ai vus assis sur le sol, une soucoupe devant eux.

Ici nous sommes épargnés des demandes sonores dans le tram ou le métro.

A Toulouse une nouvelle forme de mendicité est apparue. Des jeunes garçons tremblants et pieds nus le visage tourné vers un mur apitoient le passant par leur dénuement et le pathétique de leur situation. En pleine période des fêtes voir ces jeunes hommes insuffisamment couverts et tremblant comme des feuilles par temps de froid ou de pluie faisait vraiment de la peine.
...Mais, et je renvoie à la citation de Rocard, nous ne pouvons donner à tous ni nous émouvoir 8 à 12 fois par jour.  La commisération elle aussi s'émousse et nous passons devant ces mendiants avec une pensée fugace que lui ou elle semble vraiment "nécessiteux".

 

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 07:00

Il m'est arrivé de dire du bien d'un livre que j'avais détesté.

Peu importent les circonstances!

Il m'est aussi arrivé de dire du mal d'un livre que j'avais adoré. Et tout récemment je me suis surpris à donner un avis étayé et incontestable sur un livre dont je n'ai pas réussi à prolonger la lecture au-delà de la page 10.

Je le confesse: c'est un exercice séduisant que celui qui consiste à parler avec l'air de celui qui maîtrise le sujet de ce que l'on ne connaît pas. Pour cela il suffit de posséder culot et imagination.

En me livrant à cette (légère) imposture j'ai pris conscience que ma supercherie m'en rappelait d'autres. J'ai, petit à petit, acquis la certitude que des journalistes spécialistes, ou pas,  ont fait la même chose que moi: rendre compte de façon partisane de quelque chose en se basant sur leur intuition.

Une manière de rester dans les généralités, de faire des phrases (NDLR comme les marins) et de "noyer le poisson".

C'est un peu malhonnête mais ça ne prête pas à conséquences. La critique est, de toute façon, tellement déconsidérée que ce n'est pas cette petite tricherie qui la terrassera.

Ce qui reste culotté, en l'espèce, est la prise de position "j'aime", "je n'aime pas" appuyée sur rien de concret.

 

PS: je me suis pris la honte, ce mardi, en ne sachant pas la différence entre la trilogie et la tétralogie. (à propos de l'affreux livre de David Peace "1974" qui est un ouvrage de la Tétralogie qui en compte 4.

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