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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 07:01

Mon fils et sa compagne m'ont invité au Canada et j'ai pu découvrir mon petit fils qui est, il fallait s'y attendre, le plus beau et le plus mignon des bébés de toute l'histoire de l'humanité.
Et j'exagère à peine...

Nicolas a fait les choses en grand et nous a emmené à 1H00 de Montréal dans une sorte de réserve naturelle appelée les Laurentides. Il avait loué un chalet en bois avec jacuzzi et tout le confort, au milieu de forêts et à proximité d'un lac gélé de toute beauté.

Montreal--Les-Laurentides-Hiver-15-080.JPG

Nicolas qui a le sens de la formule m'avait assuré qu'à cette période de l'année la glace était tellement solide "qu'un camion de l'armée pourrait passer dessus".
De fait je me suis promené seul sur l'immensité gelée à plusieurs reprises et à aucun moment je n'ai eu l'impression d'un quelconque danger. Une couche épaisse et magnifique de poudreuse recouvrait la glace et je m'y enfonçais parfois jusqu'aux genoux. Je laissais de belles traces qui concurrençaient celles d'animaux que je n'ai pas su identifier (les orignals, les caribous et les wapitis sont rares avenue Etienne Billière à Toulouse).

Montreal--Les-Laurentides-Hiver-15-088.JPG

Je vous épargne le couplet du vent dans les branches, du chien qui aurait aimé me mordre le mollet gauche (le plus beau) et qui a aboyé pendant 25 minutes, le soleil sur la neige et toutes les images de trappeurs des Grandes Rocheuses. Je ne suis qu'un citadin difficilement transposable dans un autre milieu géographique.

 

Tellement enthousiaste sur la beauté sauvage de ma balade j'ai voulu convertir Françoise qui venait de découvrir qu'elle ne supporte le thermomètre qu'à moins cinq dernier carat. Les moins 17 du lac ne la tentaient guère...
Mais je sais aussi être persuasif.

Nous avons tourné le dos à la partie lacustre que je connaissais et avons marché vers l'endroit où le lac se resserre en un goulot d'étranglement pour aller se déverser dans un autre plus loin.
J'ai immédiatement vu (et entendu) que l'eau affleurait sur les berges et que la glace était moins blanche. En fait elle oscillait entre le bleu et le jaune.
J'ai dit à Françoise de revenir et c'est ce qu'elle a fait. Je me revois ajoutant que je ne sentais pas la glace à cet endroit.

J'ai encore en mémoire la sensation innée que la glace allait rompre. Aucun bruit ni évènement ne l'annonçait mais je l'ai senti.
J'ai donc reculé et tenté de rejoindre le chemin constitué par les pas de quelques promeneurs mais avant de l'atteindre un sifflement terriblement cinématographique m'a fait comprendre que la glace cédait sous mon poids. Sans toucher le fond. mes jambes ramaient dans une eau glaciale qui s'insinuait partout et alourdissait les couches de vêtements que je possédais sur moi.  La glace a sifflé à nouveau et, alors que j'étais presque à sec je me suis retrouvé encore dans l'eau; je me suis enfoncé jusqu'à mi corps et ai eu la subite impression qu'on m'enfonçait mille aiguilles dans la peau.

Françoise, tout en restant à l'écart du trou que j'avais fait me prodiguait de sages conseils et des propos rassurants.
Je ne sentais plus mes jambes mais n'ai à aucun moment pensé que je courrais un danger mortel.

Ayant vu le film "le territoire des Loups" avec Liam Neeson qui comporte une telle scène, j'ai abordé la glace la plus solide en me hissant sur elle de biais et en roulant sur moi même. Un film à grand spectacle peut donc avoir une influence vitale. J'irai revoir "Guerre et Paix"!
Le froid était insoutenable mais avec chance et l'aide de Françoise je suis parvenu à sortir de l'eau et à courir comme si j'avais le Diable à mes trousses, en l'occurence un monstre du Loch Ness de la belle province, cousin de celui d'Inverness.


Mon pantalon s'est instantanément transformé en béton, l'eau gelait sur moi.. je suis rentré au chalet sans perdre une seconde et mon fils a eu un instant de doute. Une telle maladresse héréditaire était-elle possible?

Je vous évite les développements sur la peur respective, sur les craintes à retradement ("et si ça s'était passé alors que j'étais tout seul" etc.)

J'ai plongé dans la jaccuzzi et y suis resté un long moment

Apprenant cette grotesque mésaventure Nicolas la publia sur Google, Tweeter, et autre suppo(r)ts de Satan qui m'ont habillé pour la vie en stupide preneur de risques.
Les messages des amis et ma mèthode pour casser la glace resteront à Montréal. 

L'appareil photo que j'avais acheté pour remplacer le précédent, tombé avec moi d'un barrage a subi l'épreuve de l'eau.
Les deux photos publiées ci-dessus montrent qu'il s'en est bien sorti, lui aussi.

 

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 07:13

J'ai dit ici mon double regret d'être pratiquement passé à côté de mon père (1928-2008) et qu'il soit passé à côté de moi.  Je n'y reviendrais donc pas.
Pourtant la filiation et la paternité sont des réalités et des concepts avec lesquels j'ai toujours eu des difficultés. Lorsque mon propre fils est né (1983) j'ai d'abord pris le contrepied absolu de ce que mon père avait été.

On se moquait de moi, parfois ouvertement; tant j'étais "présent" et inquiet. Nous avons perdu des nounous et des baby-sitters qui n'en pouvaient plus de mon interventionnisme ou de mes recommandations.

J'ai un peu loupé les ravages que l'arrivée de la petite sœur ont causé et, tant ma personnalité que mon caractère ont fait que je n'ai pas été vraiment meilleur père que mon propre géniteur.
J'aimais (beaucoup), j'admirais (souvent), j'enviais (quelquefois) la nature de Nicolas qui savait se faire aimer de tous et toutes et qui donnait l'impression d'être indispensable. J'aimais son enthousiasme, son humour, ses délires et l'atmosphère de bonne humeur qu'il savait créer autour de lui.

Toute mon attention et ma disponibilité étaient requis par ces conneries qu'on appelle la vie et je suis passé à côté, moi aussi, de beaucoup de choses le concernant. J'enrage du temps que j'ai donné à mes employeurs et qui aurait été utile ailleurs. Beaucoup plus utile si j'en juge par la façon dont j'ai été viré ensuite (mais je m'égare...)
Je faisais des crises d'autorité à contretemps et j'avais des exigences hors de propos.
Son adolescence fut donc moins comprise par moi que je ne l'avais souhaité et je lui ai fait des scènes et des reproches dont j'ai parfois honte aujourd'hui.

Sans pouvoir l'expliquer (et je refuse jusqu'à l'idée de psychanalyse) je n'aimais pas qu'il ait des traits de mon caractère et singulièrement ceux avec lesquels j'ai le plus de difficultés à cohabiter.

Je regrettais aussi qu'il ait hérité de mon peu de goût pour le travail et qu'il soit si fêtard. J'avais une idée de ce qu'il pouvait être et lui en voulais de s'en éloigner. Bien canalisée sa vitalité l'aurait conduite loin. plus loin encore j'en suis persuadé.

Tout ceci est absurde et je sais qu'on doit aimer les autres pour ce qu'ils sont sans rien enlever. Il m'a fallu plus de temps pour l'admettre et j'ai le souvenir que nous nous sommes parfois heurtés durement alors que nous nous aimions.

Heureusement nous avons su passer ces caps et ces difficultés et nos relations sont bienfaisantes et apaisées, ce qui est une sorte d'idéal.
Nicolas est bienveillant et, ce qui sauve tout, un vrai "gentil". Il l'était déjà enfant au point que je le forçais à l'être moins.

Tout ceci pour dire que j'ai sincèrement essayé d'être un bon père et que comme tous ceux qui s'y sont essayés, j'ai calé en milieu de chemin et n'y suis que très partiellement parvenu.
Je vois, maintenant que lui-même est tout jeune papa, qu'il a ma passion et l'envie lui aussi de faire mieux que les deux hommes de la famille qui l'ont précédé.

Je lui souhaite d'avoir un enfant aussi mignon qu'il l'a été et de réussir à créer ce lien extraordinaire mais si difficile qu'est le rapport père-fils.

Ce n'est qu'un vœux tardif de début février mais c'en est un, et très ambitieux.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 06:30

Post-scriptum au "post" de vendredi 6

 

Je ne sais pas si je suis un cas unique mais je suis exaspéré par la tournure que prend la période qui s'est ouverte après les attentats de Charlie Hebdo et le massacre de l'épicerie Casher.
En gros il y a deux camps qui s'affrontent et nous sommes presque sommés de choisir le nôtre.
L'un, constitué par les personnes qui détestent toutes celles et tous ceux qui ne leur ressemblent pas rejette en les amalgamant tous ceux qui leur font peur et les baptise tantôt  Noirs,  Musulmans,  Islamistes,  Maghrébins, tantôt Djihadistes ou Beurs.
En gros ils ne s'assimilent pas, nous détestent et sont quasiment complices des deux frères tarés de Charlie Hebdo et

du Black dégénéré de la prise d'otages. Pour ce camp il est trop tard, la faillite est avérée et nous sommes en présence sinon d'ennemis, du moins de personnes hostiles, à priori.

L'autre est constitué d'une grande part des médias, des "progressistes" et des "batteurs de coulpe". Ils tiennent le raisonnement inverse. C'est parce qu'on les brime, parce qu'ils n'ont pas d'espoir économique que les Musulmans se radicalisent ou ne condamnent pas la radicalisation de certains des leurs.


A les écouter il faut déverser immédiatement des millions d'€uros sur la Courneuve, construire des mosquées partout et nous repentir pour les croisades et la colonisation.

 

Boko Haram, que je sache, ne massacre pas des "riches" ni des Chrétiens mais des collégiens et des petites filles.

Le califat irako-Syrien massacre avant tout des Musulmans et les tarés de Paris n'ont pas hésité à abattre un policier blessé de même confession qu'eux, tout comme l'abominable Merah avait tué des militaires de sa confession avant de massacrer des enfants dans une école juive.

 

Je le craignais un peu. Notre force née du refus de l'intolérance a vécue et nous retombons dans nos combats stériles.
Certains, au nom de la laïcité sont prêts à rallumer la guerre scolaire en demandant la suppression des écoles privées.

D'autres demandent au contraire qu'on renonce à la loi de 1905 sur la séparation de l'église et de l'état...


Il y a déjà belle lurette qu'on a perdu de vue que les horreurs commises par les deux frères meurtriers, le fou-dingue du supermarché, Merah et les autres font naître ou raffermissent les convictions d'autres tueurs.
Au nom d'une religion qu'ils salisent et déshonorent ils tueront d'autres innocents et nous devons leur opposer un front ferme et uni.

 

C'est là notre absolu devoir.

 

 

 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 06:38

Un ami espagnol (qu'il soit espagnol n'apporte strictement rien à la description mais, c'est un fait, nos voisins d'outre-Pyrénées sont bien plus curieux et optimistes que nous) nous a parlé du jeûne qu'il pratique deux journées par semaine

et dont les résultats les plus surprenants ne sont pas les 8 ou 9 kilos qu'il a perdus.

Non! le plus incroyable des résultats du jeûne est l'exceptionnel bien-être qu'on ressent au bout de deux jours lorsque le corps s'est "habitué" à l'absence, à la diète, au vide, à l'inexistant, à l'horreur....

Les premières heures sont en effet très dérangeantes. Un mal-être déstabilisant s'empare de vous et vous identifiez la faim comme la cause de ces désordres.

On ne le sait plus mais la faim est un des pires fléau que l'homme a eu à combattre. Notre relative prospérité depuis la fin de la seconde guerre mondiale fait que, dans nos gènes, nous avons oublié les symptômes de la faim. Mais ils ne sont pas loin et lorsqu'elle se réveille on les reconnaît sans mal.

Ce jeûne que la paresse et les "bonnes mauvaises" raisons m'ont faites suspendre (Noël, le jour de l'an, le froid, la galette de rois, les crêpes, les invitations, les anniversaires, le restaurant et... le contenu de mon frigo) est pourtant une

très bonne chose et je n'ai pas oublié comme je me suis senti bien à l'issue des deux jours d'abstinence.
Il faudra le refaie.

 

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 06:32

 L'or

Signe extérieur visible de la «crise» les petites échoppes qui se sont ouvertes, ici et là, un peu partout, et où l'on rachetait votre or.

Toutes bâties sur le même modèle assez laid (couleur jaune dominante, évidemment), des vitrines occultées par des écrits en noir gras, un sas à l'intérieur et une personne qui parle derrière un guichet surprotégé.
On y proposait un prix de rachat ni faramineux ni obscène. Et c'était rapide.
C'était?

Oui! Car on est déjà passé à autre chose: le blanchiment des dents, la chaussure de sport,, la cigarette électronique ou le lunetier tendance ont remplacé l'achat d'or qui, une fois que la vieille alliance de la grand mère et la gourmette du petit ont été vendues n'avait plus grand chose à se mettre sur la balance.
Désœuvré l'acheteur d'or fumait sur le trottoir, ce qui lui a peut-être donné l'idée d'une reconversion en marchand de cigarettes à vapeur. 

les gauchers 

Sans doute pour ne pas s'encombrer, mais aussi pour tirer un trait sur le passé mon ex-femme n'a pas emporté des objets, des livres et... le chat qui faisaient partie de notre vie commune.
Par la force des choses j'ai donc récupéré les uns et l'autre, la bestiole étant le leg le plus contestable.

En modifiant l'ordre et l'arrangement de ma chambre dernièrement j'ai vidé une bibliothèque et suis tombé sur un livre remarquable que je lui avais offert et qu'elle a donc dédaigné.
Elle a eu tort, le "Dictionnaire des gauchers" de Pierre-Michel Bertrand (Imago, 2004) est un ouvrage passionnant et remarquable. Chaque page est instructive et c'est le genre de bouquin qu'on a plaisir à lire et à relire en y redécouvrant sans cesse un détail enrichissant.

Emmylou Harris

Dire qu'Emmylou Harris a une belle voix n'est pas suffisant. Elle a une voix superbe.
Elle chante depuis si longtemps qu'on ne fait pratiquement plus attention à elle. Et pourtant elle continue, année après année, décennie après décennie à publier des disques qui sont toujours aussi beaux et originaux.
Il n'y a qu'une Emmylou Harris.

Celle qui a chanté avec l'excellent Graham Parsons et qui continue son chemin, avec Mark Knopfler et tant d'autres.
Respectée par un public fidèle et une critique laudative elle est mal connue de ce côté de l'Atlantique où l'on a toujours préféré l'esbrouffe.

Sincèrement si vous ne connaissez pas Miss Harris il est grand temps de vous faire un plaisir que vous n'imaginez pas encore.
Fuyez ceux qui la classent en "chanteuse de country"; elle est chanteuse de country mais pas que. Vraiment pas que.

Découvrez par la même occasion les duos de Graham Parsons et Emmylou Harris qui datent des années 70 mais sont exceptionnels par leur qualité et leur émotion. Et, j'insiste, le récent disque avec Mark Knopfler "All the roadrunning" vous apportera beaucoup de plaisir (on peut l'écouter sur Youtube).

Cocardier?

    Aussi loin que je remonte j'ai toujours tenu à distance les manifestations de patriotisme trop voyantes. J'aime bien mon pays mais le nationalisme m'indispose. Ces agitations de drapeaux et ces chants guerriers m'ennuient et je les trouve aux limites du ridicule.
Et puis... quand on connaît la bêtise himmalayenne que le chauvinisme a pu déclencher par le passé, du "A Berlin" de 1914 aux poésies de Déroulède, de la Milice criminelle aux meetings de la franchise Le Pen on n'est pas très portés sur ces signes ostentatoires d'appartenance.  

Brassens l'a dit mieux que quiconque en parlant des "imbéciles heureux qui sont nés quelque part". Citoyen du monde me semblera toujours plus attirant que troupier hexagonal.

Agiter un drapeau bleu blanc rouge en proférant des insanités est à la portée du premier imbécile venu. Et ils sont légion actuellement.  

Lire

Le temps consacré à la lecture comme la lecture elle-même diminuent en France. On lit moins, on achète moins de livres et donc on consacre globalement moins de temps à une activité intellectuelle.

Une émission de radio donnait récemment des chiffres qui semblaient inquiétants mais Antoine Gallimard, Président de la maison éponyme et de Flammarion restait confiant et minimisait la diminution du nombre de lecteurs dans ce pays.

Pour lui, et c'est encourageant, nos compatriotes lisent encore beaucoup (45% des Français liraient tous les jours) et les livres se vendent encore très bien même s'ils pourraient se vendre encore mieux.
Tous ceux qui parlent du livre en France disent la chandelle qu'on doit à l'administration du ministère de la culture sous Jack Lang en août 1981. 

La loi bénie a empêché au livre de connaître les débâcles du disque...

Il faut se souvenir que le livre est un mot générique qui désigne une multitude de choses: du livre scolaire au livre de poche, du livre universitaire au Best-Seller, du prix littéraire de prestige au e-book, il en existe un grand nombre destinés à des publics souvent différents.

Dans le succès "du" livre on compte aussi la Bande dessinée et le livre d'art qui forment des marchés à eux seuls.

C'est un fait que les librairies semblent avoir cessé de fermer et même que des librairies thématiques ouvrent dans le coeur des villes.
C'est non moins vrai que les grandes surfaces de "culture" (Cultura, FNAC) ne connaissent pas de difficultés avérées même si la disparition des "Virgin" indique probablement que les choses ne sont pas aussi simples qu'elles paraissent.

On peut très bien vivre sans lire et une grande partie de nos contemporains n'ont que méfiance pour la lecture et les gens qui lisent.
Pour s'instruire, s'informer, connaître le monde et voyager par la pensée il n'est cependant rien qui soit aussi efficace qu'un livre. Un cerveau bien fait est un cerveau qui a voyagé par la pensée. qui se donne régulièrement du "comburant" intellectuel.

Autant le dire de suite les tentations de paresser intellectuellement sont nombreuses et encouragées de toutes parts.  

 

 





 

 

 

 

 

 

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 06:51

Jean Jacques Pauvert, récemment décédé, a consacré une partie de sa vie au Marquis de Sade. Pauvert était un homme de qualité et cette monomanie n'est pas anodine.
Beaucoup de personnes, des universitaires, des chercheurs et des historiens se sont penchés sur les écrits et la vie du

pornographe le plus célèbre du monde au point qu'il a donné son nom à une "déviation" (d'aucun diront une particularité)

sexuelle et comportementale.
... A ce sujet je ferais remarquer que Léopold Sacher-Masoch est à l'origine du mot "masochisme" ce qui ne retire rien au

marquis.

Mais revenons à notre célèbre embastillé. Si "Justine ou les malheurs de la vertu" est un livre irrésistible la plupart des autres livres qu'il a écrits sont au mieux pénibles au pire abjects. Certains sont répugnants et la plupart illisibles.
"Les crimes de l'amour" me sont tombés des mains et, après avoir essayé de voir le film que Pasolini avait tiré des "120

jours de Sodome" je n'ai plus essayé de lire quoi que ce soit d'autre de Sade.
Ce film, le dernier du cinéaste italien, est sans doute ce que j'ai vu de pire dans ma vie. Je n'ai d'ailleurs, je le confesse, pu rester que moins d'une heure dans la salle où on le projetait.

Je trouve infiniment plus choquant ce film que toutes les réprésentations du prophètes.

De tout ce que j'ai visionné dans ma déjà longue vie rien n'arrive à la hauteur (c'est une expression) de l'immondice qu'est la partie du film que j'ai vue. (Et la suite et fin est abominable m'a t'on dit).

Avec le temps le Marquis de Sade est connu dans sa réalité et le personnage est au moins aussi répugnant que ses écrits. Finie l'image de l'esthète injustement embastillé pour ses écrits "en avance sur leur temps" qui lui a longtemps été collée à la peau. Place à l'homme vicieux et cruel qui a vécu une partie des actes fous et monstrueux qu'il a décrits.

Cette folie est d'ailleurs ce que les personnes censées retiennent de Sade. Cet être pervers et imaginatif devait avoir une pathologie grave dont témoignaient ses écrits et sa vie.
Des belles âmes culturées trouvent leur miel dans les écrits odieux de Sade. Tant qu'il ne font que le lire on peut respirer.

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 07:00

Ca y est. La classe politique et son croupion, les médias a trouvé un nouvel os à ronger. Le "service civique".
Pour avoir fait le gugusse pendant 1 an à Mulhouse, ça s'appelait alors le "service militaire", je peux témoigner de l'inutilité absolue du temps passé là-bas et de l'incroyable injustice que cela représentait (les classes sociales ne se mélangeaient pas, les privilégiés se faisaient exempter ou nommer là où ils fallait, les militaires de carrière avaient des domestiques ou des souffre-douleur à disposition, l'Etat avait une classe d'âge à l'oeil pendant 1 an...). 

J'ai vu des types au QI de moineau se "biturer" à la bière des soirées entières, ne lire que des BD pornos et beugler des conneries et je ne suis pas sur que cela apportait quoi que ce soit à l'Etat ni aux conscrits.
Ils sortaient de là alcooliques et aussi stupides qu'ils y étaient entrés. Pour les occuper on leur faisait passer le permis de conduire (no comment) et aller au champ de tir, pour les éduquer il y avait la télévision abrutissante et branchée en permanence sur les programmes les plus débiles, on les fournissait en cigarettes "troupes" et il y avait les fameuses beuveries.
Ils étaient, le plus souvent, au contact avec ce que l'armée à de pire et que Cabu, le dessinateur assassiné récemment, appelait "l'adjudant Kronenbourg", une brute haineuse et sadique qui ne supportait que la bêtise identique à la sienne.
Vous lisiez? vous étiez un PD. Vous étiez végétarien? idem. Vous étiez non-violent? idem, vous refusiez la picole.... la liste est longue des avanies que devaient endurer ceux qui n'entraient pas dans le moule.
L'armée est un corps qu'il vaut mieux ne fréquenter que de loin...

Il y a d'ailleurs de moins en moins de casernes et de "soldats de papa" alors où mettrait-on les garçons et filles d'une classe d'âge? combien coûterait leurs repas, leurs blanchissage, leur médecine, leur couchage et leur occupation?

On répond stupidement "il y a les associations". On s'improvise brancardier ou visiteur de prison? on met n'importe qui n'importe où? les racailles avec les filles des beaux quartiers?

Mais qui peut proférer de telles insanités?

 

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 06:36

Les Islamistes radicaux, les sectaires terroristes, les "fous de Dieu" gagneraient la partie si dans toute l'Europe nous adoptions des attitudes de guerre civile, si nous favorisions le communautarisme et si nos médias jetaient de l'huile sur le feu.

J'ai été agréablement surpris, une semaine durant, que le ton du "Figaro" soit moins véhément et pour tout dire moins partisan.

L'espace de quelques jours il est redevenu lisible et l'esprit d'analyse semblait revenu à la rédaction du quotidien.

RMC, la radio des "beaufs" de droite, l'équivalent en radio de l'hebdomadaire "Valeurs actuelles" c'est à dire un média prônant la haine de tout ce qui est différent, de tout ce qui ne pense pas "Travail-Famille-Patrie" auquel il ajoute "Chrétienté" n'a pas connu cette trève. Eric Brunet, qu'il fasse des directs pendant les prises d'otages ou qu'il anime une émission pour enfoncer le clou droitise à mort son discours et appelle à la vengeance et au lynchage avec une irresponsabilité confondante.

 

Le discours sur les causes de la "radicalisation" de certains Musulmans liée à la pauvreté et à la "ségrégation" dont ils seraient victimes est pénible mais pas dénué de tout fondement.
Tant qu'il ne sert pas aux malades de l'auto-flagellation du moins.

 

Bien sur les femmes voilées et leurs jules sont (souvent) des provocateurs qui n'attendent que l'incident. Naturellement les réactions de certains ont été désastreuses et donnent la nausée. Il n'empêche que nous sommes condamnés à vivre dans une société multiculturelle, que le monde entier l'est et que ça peut (aussi) être une bonne chose.

 

Au lieu de faire des fixations sur des détails sans importance tel le voile qui est sans doute parfois un instrument de mesure de notre tolérance, pourquoi ne pas l'ignorer? La "mode" des jeans taille basse avec vue imprenable sur le caleçon ou la raie des fesses n'était pas des plus supportables non plus!

 

Il y a tellement plus grave que du rap provocant, des uniformes (le voile, le pull à capuche et les baskets) et des attitudes crispantes que nous gagnerions en tranquillité d'esprit si nous faisions l'impasse sur eux.

Ils aiment le rap violent et agressif? tant qu'on ne me force pas à en entendre je m'en fiche bien pas mal!!!

 

Nous devrions comprendre que les beurs de deuxième ou troisième génération ne peuvent se sentir Français si être Français c'est le samedi soir Drucker qui fait chanter Bécaud par Adamo et Ruquier qui reçoit Annie Cordy.

Personnellement cette évidence me saute aux yeux. Ce n'est pas Mimie Mathy, la comédienne* préférée de nos compatriotes si j'en juge par un sondage récent, qui me contredira.

 

Par "Apartheid" Valls a voulu dire que le fossé était immense entre les deux jolies filles de 20 ans que j'ai vues près de la fac de sciences de Toulouse, bien habillées au volant d'une rutilante Fiat 500 Abarth et le Franco-Algérien du Mirail qui n'a pas de quoi payer le ticket de tram.  Ce fossé là, la Révolution Française et les écrits de Marx l'ont défini à leur époque.

 

On hurlera au cliché mais on a tort. Des écoles pourries, des études minables, des boulots lamentables ne donnent pas vraiment envie de "s'intégrer".

Les deux beautés à la Fiat voyagent, se cultivent, voient des gens... le monde vient à elles.

 

Ce n'est sans doute pas en fermant les yeux sur des trafics, en punissant sévèrement des actes bravaches ou en inondant les associations de fonds pour qu'elles les calme qu'on s'attirera les bonnes grâces des habitants des "mauvais quartiers".

 

Reconnaître qu'on s'est fourvoyés et empêcher de nuire ceux qui sont irrécupérables (car il y en a) serait déjà bien.

 

 

* Personnellement je préfère Bette Davis, Julie Christie, Faye Dunaway ou Isabelle Huppert.

 

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 07:00

Je reviens sur Manuel Valls dont les sondages flatteurs masquent mal le vide absolu.

Notre pays sortait de deux années de l'ectoplasme Eyraud quand Hollande a bien voulu lui offrir la créature des médias et de la Com' pour Matignon. Succéder au maire de Nantes faisait immédiatement de vous un play-boy dynamique. Même de Sapin ou de Bartolone!
L'homme n'est pas antipathique mais applique depuis sa nomination une politique dans la lignée de celle de Raffarin et de tous ceux qui l'ont précédé et suivi.

Les Grandes Ecoles du pays ont truffé les cabinets des ministères de clones qui reproduisent à quelques nuances près les mêmes erreurs en suivant les mêmes dogmes.

L'électorat Français, à tort ou à raison, juge que la politique du pays, depuis le second septennat de François Mitterrand, a montré son inefficacité et, pire, son cynisme.

Le refus de la "constitution européenne" par les électeurs puis voté par les députés est un tour de passe-passe dont on n'a pas fini de payer les conséquences.

Valls, donc, ne sourit pas. Il lève le menton et parle dru. Ca ne fait pas une politique ni ne redresse une économie.
Derrière ses discours et ses "innovations" on voit les ficelles de la communication de ses "amis" Stéphane Fouks and Co (ceux qui drivèrent DSK et Cahuzac).

Je n'ai évidemment pas de solution ni même d'idée de solution mais je ne pense pas que Valls soit mieux pourvu que moi. Il fait la politique de la troïka (BCE-FMI-UE) et la fait sans imagination.

On gouverne aux sondages tout en veillant à ne pas froisser le Président de la République ni les courants du PS. C'est de la navigation en rivière très éloignée de ce que le pays traverse.

Aux primaires de la dernière Présidentielle il a fait 5,63% des voix. Le PS fait autour de 16-17% actuellement... Ces chiffres montrent que la communication ne suffira pas.

 

Il s'illusionne, la créature des sorciers de la com, s'il se croit le moindre avenir. Il risque d'être balayé comme un Rocard, un jospin. Il sera sans doute aussi oublié que ses devanciers Cresson et Bérégovoy.

 

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 07:00

Pour avoir joué, il y a bien longtemps, la momie Belphégor qui faisait peur, Juliette Gréco, sans doute marquée par le rôle a fini par lui ressembler, le masque en moins.

Juliette allait répétant les sempiternelles mêmes anecdotes (St Germain des Près, Sartre, Miles Davis) qu'à chaque sortie de disque on soupirait en se disant qu'un jour ellle ferait comme Marlene Dietrich, elle abandonnerait par K.O de l'arbitre.
Car tous les ans ou presque elle publiait un CD qui hormis sur les platines de Télérama, de Têtu et du Monde ne tournait guère.
Atones les ventes étaient confidentielles car, que voulez-vous, la muse de St Germain des Prés avait un public qui, Alzheimer aidant n'avait guère la tête à acheter des CDs.

Je ne dis pas qu'un temps elle n'eût pas de talent et qu'au pays de Vartan et Sheila (voire de Coeur de Pirate ou de Zaz) elle ne volât pas très au-dessus de ses "consoeurs" (Barbara exceptée). Mais tout ceci datait et la "Jolie Môme" avait pris de l'âge. Ses chansons de Queneau et ses (atroces) versions des chansons de Brel constituaient peut-être un répertoire mais un répertoire figé dans la glace et l'ennui.
Comme beaucoup de ses confrères en chanson elle courait après l'aventure Nougaro (jeté par sa maison de disque il a sorti ailleurs le disque de la reconnaissance et son plus grand succès) ou la chance Salvador ("Chambre avec vue" a été un immense et imprévisible succès) mais n'est pas parvenue à les imiter.
Le très grand Jean Claude Carrière a été mis à contribution mais le miracle n'a pas eu lieu. Exit Carrière, bonjour Benjamin Biolay. (tout ceci fait avec une élégance qu'on ne soupçonnait pas...)

J'ai un instant cru que pour rester encore dans l'industrie carnassière du disque Mlle Gréco allait solliciter l'auteur sarkozien Didier Barbelivien ou une autre pointure de ce type.
Mais l'âge et la raison allant de pair Gréco vient d'annoncer qu'elle mettait un terme à sa carrière. Elle a fait vingt ans de trop mais il "n'est jamais trop tard pour bien faire" et son physique de chauve-souris sous hypnose, son ton affecté et ses airs de baronne du grand monde ne manqueront sans doute pas à un milieu qui honore un Goldman comme "auteur" et

des "Brigitte" comme chanteuses. 

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Published by Bertrand P
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