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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 07:00

Il existe à Paris quelques musées préservés d'un modernisme hirsute qui n'apporte rien aux objets ou peintures exposés et qui semblent miraculeusement préservés des folies du tout numérique.Le Musée Jacquemart André, le Musée Marmottan en font partie.

Depuis toujours mes faveurs vont au merveilleux Musée Guimet à Paris, au métro Iéna. C'est un musée qui date des années 30 et qui bénéficie d'une luminosité exemplaire, d'une place considérable et d'un plan de circulation malin. C'est aussi un lieu d'exposition où sont montrés au public des objets splendides sans ces "audioguides" agaçants ni ces relais à écran tactile qui n'apportent rien et empêchent de se faire sa propre idée sur ce que l'on regarde.

Consacré aux arts asiatiques et présentant -entre autres- des merveilles récupérées à la fin du XIX ème siècle au Cambodge, le Musée Guimet a sauvé des chefs d'oeuvres de la destruction au siècle suivant qui a vu entre autres la destruction pour "raisons religieuses" des Bouddahs de Bamiyan (Afghanistan) et celles des ruines de la Cité de Palmyre.

Comme les animaux sauvages dont notre mode de vie précipite l'inéluctable disparition en tant qu'espèces, l'humanité est de plus en plus coupable de détruire les traces de civilisations anciennes. Un hypermarché contre des ruines antiques? le combat n'est pas égal.

Aller passer quelques temps au Musée Guimet c'est à la fois s'interroger sur des concepts tels la beauté, la sagesse, la pensée, la représentation des Dieux et beaucoup d'autres choses encore.
C'est aussi trouver des correspondances entre les différentes civilisations et les différents arts et, enfin, c'est (re)trouver sa place dans le mystère de la création.

Rien que ça!

Vous serez surpris par le nombre et la sagesse des visiteurs. Leur discrétion aussi. Les masques et les statues imposent un respect au visiteur par leur profondeur. Certains regards de statues s'incrustent en vous parfois.

Un musée qui ne vous prend pas pour des grands enfants et ne vous demande pas de "pianoter" sur un clavier.... que demander de mieux?

Toutes proportions gardées j'adorais le Musée Toulouse-Lautrec d'Albi (Tarn) qui a été irrémédiablement corrompu par une "modernisation" imbécile. Là où les dessins, les affiches et les toiles se découvraient il n'y a plus que des stupides intermédiaires informatiques entre le visiteur et des commentaires pré-mâchés. Le beau parquet qui faisait tant pour la visite a disparu et tout y virtuel, le plaisir de la visite inclus.

Je croise les doigts pour que cette calamité soit épargnée au Musée Guimet que je vous recommande...

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 07:00

Bien que j'aime passionnément Toulouse il m'arrive de vitupérer sa saleté, ses tags, ses pisseurs fous, son bruit et beaucoup d'inconvénients que la langue de bois appellent "incivilités".

Je ne suis pas le dernier à maudire celles et ceux (surtout ceux) qui rendent "ma" ville sale et inhospitalière.

Mais... j'oublie ce qu'est la condition des Parisiens qui vivent dans un bruit que l'on oublie dès que l'on quitte la capitale. La circulation automobile y est terriblement bruyante et  bus, camions, taxis, motos et scooters font de certains itinéraires et de certains feux rouges des antichambres de l'enfer.
Le périphérique n'est pas une antichambre de l'enfer mais l'enfer lui-même.

 

Paris reste une ville magnifique mais elle se mérite et le provincial a du mal à faire abstraction d'un bruit permanent qui envahit ses tympans du lever au coucher du soleil.

Nous nous sommes promenés dans le superbe parc des Tuileries, jardins sublimés par ce début de printemps et un soleil franc et vif. La Rue de Rivoli et les quais qui les bordent à l'Ouest et à l'Est étaient plus dérangeants que la poussière soulevée par les innombrables marcheurs. Les concerts de xlaxons et les sirènes de véhicules prioritaires ne cessant pratiquement jamais.

Même les endroits plus piétonniers comme la fameuse cour carrée du Louvre et sa Pyramide générent un piétinement agressif qui bourdonne aux oreilles.
Sans parler de l'intérieur de la Pyramide qui amplifie ce bruit.

Toulouse, à l'aune de ce que j'ai été contraint d'entendre à Paris est une ville calme et débonnaire. Quand le train a abordé la gare Matabiau et que j'ai pris le VAL cela m'a frappé: quel calme!

 

 

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 07:00

En ce début de printemps ma paranoïa fait de la résistance. Je vois, comme le martyr enfariné des Républicains des complots partout.
Ce vendredi 7 au réveil j'ai appris que l'évêque de Dax (40) avait démissionné après avoir été dénoncé par des parents qui trouvaient qu'ils s'intéressaient de trop près à leurs chers petits dans des marches sportives et religieuses.
Oh! pas de pédophilie ni d'attouchements. Avec les pudeurs de gazelle dont parlait Mélenchon au 1er débat France Inter parlait de gestes inappropriés. de "proximité" trop prononcée.
on n'en saura pas plus et c'est tant mieux.
Mais il s'agit d'un évêque (dont le Pape François a accepté la démission avec une célérité notoire) de la religion et l'on sentait la gène et l'envie manifeste de ne pas s'apesantir d'un journaliste qui en aurait fait des tonnes si on avit eu affaire à quelqu'un de moins... mitré.

Deux poids, deux mesures. Comme Barbarin à Lyon qui a couvert de nombreux prêtres aux penchants répugnants est passé entre les gouttes. Ni sanction ni "droit de suite". Circulez il n'y à rien à voir" puisqu'on vous le dit.

Ce qui est effarant dans ces abominables histoires c'est le déni de l'Eglise. Sa volonté de "passer à quelque chose d'autre" et de "régler ça en interne".

Alors on en parle 1 petite minute, en passant, sur france Inter un vendredi matin entre un raid aérien décidé par Trump (et le congrès? il n'a pas son mot à dire le congrès?) et une intervention rigolote de la bécasse Vanhonecker.

2000 ans que ces hommes et femmes d'église s'interdisent toute sexualité (et la vivant certainement dans l'angoisse et la honte) tout en se mêlant de diriger la nôtre.

Je n'ai jamais compris comment cette imposture a pu durer aussi longtemps et sous toutes les latitudes.
 

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 07:00

Le temps a passé, on est dans d'autres "problématiques" tout aussi artificielles et inutiles mais je voudrais, rapidement, revenir sur la tempête qu'a déclenchée Philippe Poutou, du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) au débat à 11 de BFM télé mardi 4 avril 2017.

Relisez ma première phrase et vous avez mon argumentaire. Vous voyez? non? NPA et BFM télévision. Tout est dit. d'un côté un média qui se pousse du col pour avoir l'air dans le coup ("envoyer du rêve") avec la Bourse, les people, le fait-divers et le buzz hors sol. Un média qui recycle une Ruth Elkrief et une Laurence Ferrari dont personne, même en Guyane, ne voudrait. Le libéralisme indépassable des ami du "Siècle". De l'autre des gens, un parti, un Poutou qui ont "une autre logique".

La cravate, les courbettes aux puissants, le costume, la politesse et les salamalecs ce n'est pas pour eux ni pour lui. Question de pureté idéologique.

Alors Philippe Poutou "n'a pas joué le jeu". (quel "jeu"); il a choqué "le Figaro" qui trouve les affaires de Fillon infiniment moins vulgaires ou choquantes que ne pas porter de cravate!

Le philosophe des croisières, Luc Ferry a cru porter la critique; il s'est couvert de ridicule qui, on le sait, ne tue pas. (sinon ses obsèques auraient lieu ces jours-ci avec d'Ormesson, Serge Dassault, quelques académiciens presque morts et ses amis si chics de "Valeurs actuelles").

Je ne suis pas du bord de Philippe Poutou (depuis que j'ai étudié la terreur de 1793 je suis vacciné) mais j'ai trouvé utile que Poutou dise leur vérité aux deux candidats ployant sous les affaires d'argent et de concussion. Personne ne le faisait!!! personne.

"L'immunité ouvrière" crachée au visage blafard de Madame Le Pen (j'ai cru que Laurence Ferrari allait faire un malaise!) c'était ce que je n'espérais plus. la tirade était courte mais la déflagration est encore dans les airs plus d'une semaine après. Ah, ce "piquer dans la caisse"...

Qu'est-ce qui est plus blâmable: se faire offrir des costumes à 7000€ par un sulfureux intermédiaire des affaires africaines de l'ex-UMP ou venir sur un plateau de télévision sans cravate?

Alors... Poutou et l'autre candidate Trotskiste sont certainement peu aimables et ne prennent pas de gants pour s'exprimer. Leur parole vaut bien celle de l'élégant Fillon et de sa proche voisine de St Cloud.

 

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 07:00

Il y a fatalement un moment où l'on devient un vieux con. Je crains d'avoir atteint ce moment fatidique.
J'ai des I-Pod nano offerts par Pascale qui a préjugé de mes capacités cognitives. Sans doute par chance, certainement par hasard je les ai remplis de chansons il y a des années mais n'ai jamais pu en retirer ou en ajouter depuis.

Les titres en question ont vieilli ou ne me plaisent plus mais ces lecteurs de musique Apple sont plus capricieux que la première femme que j'ai aimée et plus obscurs de fonctionnement aussi. Avec le temps les titres ne s'affichent plus sur l'écran où ils ne correspondent pas au morceau joué. Contrariant. Vous me direz: "Tu as -merci Nico- un téléphone Apple, charge le". Il s'est chargé tout seul.

Avec la même playlist que les 2 I-Pods.

Je me suis racheté ce qui se faisait avant, à savoir un lecteur de MP3 qui fonctionne avec une carte SD. Cette carte est compatible, je crois, avec le téléphone, l'auto-radio, les ordinateurs de la maison mais pas la tablette Apple ni le grille-pains.

De toute manière avec la quasi impossibilité de télécharger des chansons sans payer (on ne peut plus le faire via YouTube) mon stock de vieilleries et de mochetés ne s'est pas agrandi depuis au moins 1 an. J'ai rempli la carte SD mais, objectivement, il y a de sacrées similitudes avec l'I-Pod gris et avec le rouge. Raté!

Je disais que je sentais que les vieux cons qui me font peur semblent reconnaître en moi l'un des leurs: j'ai en horreur -tout comme eux- la domotique et tout ce qui va avec. Les portails qui s'ouvrent électriquement, les stores qui se baissent par commande électronique, les chauffages qui se mettent en route quand on le leur demande et les baignoires qui se remplissent à heure fixe. Ca a le don de m'agacer.

Je trouve inutile et un peu idiot de rester dans sa voiture alors qu'une lampe clignotante orange clignote tandis que le portail s'ouvre pour laisser entrer une voiture "intelligente". Les gens sont gros et gras mais descendre de voiture pour ouvrir une porte les insupporte.

On trouve fabuleux de donner des ordres à un bidule qui va allumer les lumières dans une pièce... l'interrupteur qui a fait la fortune de Legrand me semble pourtant indépassable.

Il faut, comme moi, être resté dix minutes à essayer de comprendre une table de cuisson à induction se mettant en sécurité pour comprendre que tout le monde ne se fera pas forcément au "progrès technique". Envoyer une lettre coûte 0,85€ et 11 minutes de votre temps. la machine qui les affranchit étant plus bête que le personnel pourtant crasse de feues les P

Pour revenir à mon point de départ je ne regrette ni le Gramophone ni le Teppaz-valise mais j'aimerais parfois qu'écouter de la musique ne me demande pas des efforts intellectuels dont je suis si peu capable.

 

 

 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 07:00

Comme tout le monde j'ai connu Jean Paul Kauffmann quand il a été otage au Liban. 3 années pendant lesquelles sa femme Joëlle essayait d'intéresser un pays qui ne manifestait qu'un intérêt à éclipses pour ce journaliste, le premier d'une longue et douloureuse liste, prisonnier des factions libanaises pour lesquelles, il faut bien le dire, nul ne se passionnait

Je me souviens aussi de sa libération et de cette scène inédite de Kauffmann découvrant avec surprise que le petit garçon qu'il avait bien malgré lui quitté avait grandi. Ces deux là, en bout de piste de Villacoublay, ne se reconnaissaient pas et cette douleur ils devaient la partager avec 65 millions de voyeurs.

J'ai aimé qu'il disparaisse rapidement sans squatter les plateaux de télévision et les studios de radio. Pas de Kauffmann chez Foucault ni Ruquier. "Les grandes douleurs sont muettes" dit-on.

Puis Kauffmann a écrit un beau livre sur la captivité de 5 ans de Napoléon vaincu sur l'île de Sainte-Hélène. Un livre inclassable, traversé par sa propre douleur, par ses propres expériences. Un livre "La chambre noire de Longwood" que j'ai beaucoup aimé et même relu.

Ont suivi, de temps en temps, d'autres livres, tout aussi inclassables, qui tenaient du récit, du livre d'histoire, de l'article de reporter, du psychologue, du philosophe même.

C'est un homme qui s'intéresse au vin (de Bordeaux notamment), aux cigares, à la littérature, au cinéma, à la peinture et à l'histoire. Il fait partager ses intuitions, ses pensées, ses doutes, ses regrets et, en un mot, sa réflexion au fur et à mesure qu'elle s'élabore. Un homme discret et talentueux.
J'ai lu avec beaucoup de plaisir son dernier livre qu'il consacre à un voyage à Kaliningrad (ex-Köenigsberg) et à la bataille d'Eylau. Ce n'est pas Napoléon qui l'intéresse (il dit préférer Bonaparte) mais le souverain invaincu qui sent la chance l'abandonner. Ce livre aborde des sujets connexes et d'autres qui n'ont strictement rien à voir. Il est remarquable de bout en bout.

Cet "outre-terre" est assurément un de ses meilleurs livres. J'y ai retrouvé ce qui faisait le charme des précédents en plus abouti peut-être.

J'en ai terminé la lecture à Béziers ce lundi et ai appris que Kauffmann affrontait ses lecteurs à la bibliothèque de l'avenue Jean Rieux (une bibliothèque de quartier) ce jeudi par un mail circulaire. J'ai réussi à assister à ce petit évènement.

L'homme est comme l'auteur: modeste, profond, timide, chaleureux et intéressant.

 

 

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 07:00

J'ai pris le train hier et ai été frappé, une nouvelle fois, par la vétusté, la saleté et la laideur de nos trains et de nos gares. frappé aussi par l'indigence du service "à bord" (rarement bu un café aussi dégueulasse, 2 € sous traité à la chaîne Illy), le j'm'en foutisme du personnel de la compagnie nationale de chemin de fer (fringué comme des clochards, coiffés comme des vagabonds, mal polis, peu aimables) et le manque de fiabilité des informations données au client.
A Narbonne les haut-parleurs disaient que le train pour Cerbère partait du quai A mais le panneau d'affichage indiquait B et, effectivement c'était B.
Enfin, j'ai été sidéré de voir des voyageurs courir en sortant du train pour une correspondance sur le quai opposé et n'avoir pas assez de temps -pour la plupart- pour le prendre.

Bien que le contrôleur ait sifflé le chef de traction attendait quelques précieuses secondes pour laisser ces voyageurs essoufflés monter dans son convoi.

Que dire de ces tortillards prétentieusement appelés TER (trans express régional) qui s'arrêtent partout et mettent plus de 2H pour parcourir 100 km?

Que dire de ces milliers de tags immondes qui maculent les locomotives, les voitures, les wagons, les quais, les immeubles et les abords des voies?

Que dire des sièges usés et sales des voitures? que dire des toilettes des voitures?

Vraiment nous avons un réseau ferroviaire de pays du tiers-monde. Le "tout-TGV" a détruit la crédibilité de la SNCF et a paupérisé l'ensemble du système.

Je crois me souvenir que les trains Corail et même les autorails "Picasso" rouge et jaune étaient moins indignes...
 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:00

Ils sont nombreux ceux qui, sous le prétexte bienveillant de nous éclairer, obscurcissent à loisir le paysage de cette élection présidentielle.

Cette absolue crétinerie qu'est le "décryptage" de l'information sévit partout et plus les clercs le pratiquent plus la situation est floue ou incompréhensible.

La règle numéro 1 que nous devrions tous garder en tête est que nous avons chèrement gagné le droit de vote dans ce pays (celui des femmes n'étant acté que depuis 1945) et que celui-ci ne nous est pas octroyé par la classe politique mais que nous le lui avons arraché.

Un autre paramètre important est que nous disposons, si nous le voulons, de l'ensemble des éléments pour faire un choix en connaissance de cause. Nous avons à notre disposition plus d'informations qu'il n'en faut pour voter à bon escient: constitution, livres de droit, journaux, télévisions, radios, programmes des candidats, analyses de spécialistes... il y a profusion plutôt que manque.

Libre à nous de ne se baser que sur les sondages, les articles ou documents partisans, le doigt mouillé ou la bêtise militante pour décider de notre vote.

Nous ne changerons pas la vie (comme le proclamait le slogan de François Mitterrand et du PS en 1981) mais nous pouvons influer, par le vote, sur des pans non négligeables de notre vie quotidienne en votant pour tel ou tel programme.

Supprimer l'impôt sur la fortune, augmenter la TVA de 2 points, repasser au Franc, choisir le revenu universel, condamner le nucléaire, négliger l'écologie etc. sont des décisions qui nous engagent mais aussi moralement. En tant qu'agent économique, que citoyen, qu'humain et que personne. on ne doit donc pas se déterminer "à la légère".

Notre pays n'est pas isolé du reste du monde et l'isolationnisme est non seulement une absurdité mais un danger. L'autarcie n'existe pas et les frontières, qu'on le veuille ou non, sont des symboles du passé et de deux guerres mondiales.

Voyons comme une chance cette élection et essayons de ne pas oublier que les médias, par goût du spectacle et sens du commerce ont tout intérêt à "scénariser" l'élection, en caricaturer les enjeux, en exagérer les rebondissements quitte à les inventer ou, du moins, les interpréter.

Notre vote de 2007 et celui de 2012 a porté à l'Elysée deux personnalités exactement contraires qui n'ont pas brillé ni donné des résultats dont on puisse vanter les mérites: faisons tous en sorte que celui de cette année soit moins décevant et, par exemple votons "pour" plutôt que "contre".

Le désastre, le ridicule, l'absurde et l'insultant spectacle de la présidence Trump aux Etats Unis doivent nous marquer suffisamment pour que nous ne fassions pas la même erreur en confiant la présidence de la République pour 5 ans à la famille Trump du manoir de Montretout de St Cloud. On ne confie pas ses clés à un cambrioleur!

Enfin, et c'est le sens du titre de ce post ("on verra bien") nous sommes un pays de 67 millions d'habitants. Un petit pays dont nous nous exagérons l'importance. Prenons nous pour ce que nous sommes et votons comme une vieille démocratie, imparfaite, pleine de cicatrices, fatiguée mais encore vivante. Cessons de jouer à la guerre civile de peur de la vivre vraiment.

Si nous faisons cela alors nous choisirons un président conforme aux besoins de la période et du pays.

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 07:00

Il y a (presque toujours) un programme regardable sur la chaîne Histoire. Cette chaîne de télévision a, c'est certain, un tropisme "guerres mondiales" et parmi elles une sorte de vertige pour Hitler et la seconde mais pas que. Heureusement.

Récemment elle a diffusé un programme long (1 heure) sur l'assassinat de Martin Luther King et la traque de James Earl Ray, son meurtrier.  C'était passionnant de bout en bout et on l'oublie un peu, King était un homme hors du commun.

En avril 1968 sa campagne pour la déségrégation et pour les droits civiques était encore aussi nécessaire que combattue par des forces du style de celles qui ont élu Trump l'année dernière: blanches, racistes, obtuses, haineuses et sûres de leur bon droit de blancs "supérieurs".

Edgard G. Hoover, l'inamovible Directeur du FBI avait tout fait pour déconsidérer le Révérend King en faisant fuiter des rapports sur sa vie sexuelle et privée. Ne pouvant abattre l'Homme sur sa pensée et son action, exemplaires, on avait tout misé sur la réputation. Sans succès heureusement. Les quelques grands hommes qui ont exalté le meilleur de leurs contemporains sont le plus souvent haïs et éliminés par les plus médiocres de leurs adversaires...

Abattu comme à la fête foraine malgré un déploiement policier conséquent (mais on "surveillait" King, on ne le protégeait pas) le défenseur des Droits civiques de 39 ans aurait encore pu faire beaucoup, même malgré elle, pour civiliser l'Amérique.

Son assassin, un raté comme les USA en fabriquent à la chaîne, fusil à pompe dans une main et bible dans l'autre, a d'abord reconnu le meurtre puis l'a démenti jusqu'à sa mort.

Il n'a été arrêté qu'à la suite d'une enquète-poursuite rocambolesque qui essayait de tenir compte des enquêtes sur l'assassinat du président John Kennedy (novembre 1963) et  de son frère Robert en juin 1968.

Une histoire expliquée avec intelligence, temps, archives incroyables, reconstitutions (je ne suis pas fan) et interviews de personnes ayant occupé des postes de témoins à un moment ou à un autre (avocats, frère de James Earl Ray, leader des Droits civiques, amie de Martin Luther King, armurier.....). 

Cette émission donnait envie de creuser le sujet et, avant tout, de revoir qui était Martin Luther King, un homme plus grand que sa légende même si ses discours mi-religieux mi-politiques ont beaucoup vieilli.

 

 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 07:00

Le bon chanteur Gaetan Roussel et la bonne comédienne Brakni se sont unis dans un combo appelé "Lady Sir". Les premiers signes visibles de cette union musicale sont deux clips et les deux chansons qu'ils illustrent: "Le temps passe" et "je rêve d'ailleurs".

Commençons par ce "Je rêve d'ailleurs" qui est une très jolie chanson admirablement chantée. Les deux voix de Gaetan Roussel et de Rachida Brakni se mêlent harmonieusement et le refrain, une liste de lieux géographiques et touristiques qui donnent envie de sauter dans le premier avion, sans être original ("Belle île en mer" de Voulzy et "Syracuse" de Salvador étaient déjà bâties sur ce schéma) est plaisant et doux aux oreilles.

L'autre chanson, "Le temps passe" est magnifiquement orchestrée. nappes de guitares, batterie solide mais discrète, voix maîtrisée... une perfection classique dès la première écoute.
Le "clip" réalisé pour l'occasion est une compilation d'actualités en noir et blanc qui toutes, sans exception, montrent des manifestations politiques, des grèves, des mouvements politiques ou des occupations d'entrepôts ou d'usines. Ces manifestations sont toutes datées des années 60-70. Il y a cette grosse fille à chapeau qu'on voyait, elle ou ses clones dans tous les défilés de l'époque, les gauchistes farouches, les syndicalistes déterminés, les cégétistes aux convictions inébranlables, les étudiants chevelus, les jeunes filles timides aux coiffures crêpées, les sufragettes MLF, les piliers de grêve violents et toute une France qui a disparu depuis longtemps. Sans d'ailleurs que je la regrette: les Français sont plus intelligents, plus beaux aussi de nos jours. La clope maïs vissée au coin des lèvres comme la casquette ouvrière ont (heureusement) disparu.Le clip donne à voir un pays qui est déjà englouti par l'Histoire avec un H majuscule. Une Histoire qu'on ne renie pas mais qui est bel et bien du passé enterré.

Notre époque accouche dans la douleur d'une autre vie, d'autres réalités avec lesquelles il faudra aussi combattre mais différemment. La chanson et les images le disent en filigrane.

 

 

 

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