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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 07:00

J'ai conscience de "caféducommercer" dans ces lignes et de ne pas (souvent) apporter un regard original sur les sujets que j'aborde.

Je suis souvent tenté d'arrêter et cet état d'esprit ne survit pas à la pensée. Sans doute le premier plaisir que je ressens est d'écrire ces posts qui, à la relecture, ne sont pas tous indignes.

Mardi, en rentrant de l'aéroport, j'ai pris le tramway qui est moins cher qu'un taxi et qui me dépose devant chez moi. Lent retour à la réalité j'ai entendu dix ou douze bribes de conversations téléphoniques qui ne m'intéressaient pas, des éclats de voix causés par un contrôle (les resquilleurs sont furieux... d'être contrôlés, découverts et verbalisés!) et enfin mes yeux ont été choqués par un autocollant collé de biais sur une des portes et qui, en lettres noires sur fond blanc disaient: "boycot total d'Israël".

J'étais trop fatigué pour en prendre ombrage. Il se trouve que je venais de lire l'excellent livre de Pascal Bruckner "La tyrannie de la pénitence" dans lequel il parle longuement et magnifiquement du rapport des intellectuels Français, des Français, des médias et enfin des fils d'immigrés vis-à-vis d'Israël. ce papillon lui donnait une acuité incomparable et prouvait que rien ne changerait. Quand on ne veut pas savoir, quand on a des oeillères des slogans et une vision simpliste vous servent de boussole.

Le plus étonnant est que, dans le même tramway, je venais de lire la réflexion du responsable Palestinien Mamhoud Abbas à propos de l'ambassadeur américain en Israël qu'il traitait de "fils de chien".

Si l'on veut voir la passion dévoyée s'exercer, l'intelligence disparaître et la violence s'auto-former il suffit de prononcer les mots "Israël, Palestine, Palestinien et juif".

Immédiatement la diatribe et le racisme, la colère dévastatrice et la pulsion (qui est l'opposé de la réflexion) apparaissent et les lieux communs suivent.

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 07:00

Pris en flagrant délit le "Canard enchaîné"! cet hebdomadaire, auquel sont fidèles les mâles de ma famille depuis 3 générations, lecteurs exilés compris, est un bon journal qui agace parfois, qui peut casser le moral par les turpitudes impunies qu'il relate mais qui a le mérite de dire ce que l'on tait, de montrer ce que l'on cache et d'éclairer ce que les politiques préfèreraient laisser dans l'ombre.

Ses faits d'armes sont nombreux et des "diamants de Bokassa" (aussi appelés "diamants de Giscard") aux emplois fictifs de Penelope F*** il y a tout lieu de dire que quand le Canard tient un scoop il ne le lâche pas.

Certes la formule pourrait être rajeunie, les coups de griffes répartis avec plus d'équilibre et certaines rubriques supprimées ("Sur l'album de la Comtesse", "Plouf"...) mais même tel qu'il est, pour 1,20€ par semaine on en a pour son argent.

Je commençais ce post par annoncer que je l'avais pris la main dans le sac... je le prouve!  dans le numéro de ce mercredi 21 mars dans la rubrique littéraire "La voie aux chapitres" il y a une (gentille) critique du livre de Stéphanie Mesnier.

Mon fils m'a fait découvrir les publications sur Facebook de cette jeune femme drôle et très censée qui les signe de son nom entier: Stéphanie Mesnier-Angeli.

Angeli? ce nom dit tout de suite quelque chose au lecteur régulier du "canard enchaîné": c'est celui du rédacteur en chef de l'hebdomadaire.
Le "Canard" publie donc une critique laudative* d'un livre publié par l'épouse du rédacteur en chef... C'est digne du népotisme des gens du spectacle et des coups fourrés du monde de l'édition ou d'ailleurs que dénonce l'hebdomadaire tous les mercredis, non?

 

* sans doute méritée car elle a du talent d'écriture et de l'humour.

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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 06:45

Songez qu'il y a 1 siècle, une grosse centaine d'années, l'aviation balbutiait. Les "aéroplanes" étaient de véritables coucous et les vols commerciaux encore du domaine du rêve.
Aujourd'hui, je m'en étonne et m'en réjouis, les avions sont des engins magnifiques, énormes qui ne font quasiment plus d'escales, sont supérieurement fiables et surtout DE-MO-CRA-TI-SES.

Des très jeunes enfants, des vieillards, des handicapés voyagent en avion et nous tous ne nous étonnons même plus de ce formidable moyen de transport.

Les aéroports sont des vitrines des villes qu'ils desservent, en général ils sont pratiques et faciles d'accès (sauf Charles de Gaulle, conçu par des mabouls!) et dans lesquels tuer le temps n'est pas ennuyeux à défaut d'être bon marché.

De plus en plus abordables les trajets en avion sont souvent de bons moments et dans les airs le temps est différent. On y sert de la nourriture qui n'est pas indigne, sur les longs courriers on vous offre des films récents et le personnel est fermement serviable.

J'aime que toutes les nationalités, tous les styles, tous les continents soient représentés dans l'avion.

Et quel bonheur: du décollage à l'arrivée au point de stationnement pas de conversations téléphoniques aussi ineptes qu'ennuyeuses.

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 07:00

Comme souvent, de peur de perdre mes (trop peu nombreux) lecteurs, je ne m'arrête pas de publier des posts en mon absence. Depuis le 4 mars j'étais, je serais, je suis au Canada et les textes publiés ont été écrits d'avance.
Après tout je fixe moi-même les règles et écris quand je veux et sur ce que je veux.
Je regarde très régulièrement la courbe qui me dit les posts qui ont plu et ceux qui, au contraire, ont déçu.

Impossible de prévoir à l'avance: ceux qui plaisent sont parfois ceux que j'ai écrits en toute hâte avec le sentiment du faire du remplissage, ceux qui atteignent un pic de lecture (tout est relatif!) peuvent ainsi me paraître mauvais tandis que certains que j'ai ciselés et dont je suis satisfait ne pas trouver de visiteurs.

Une règle mais très difficile à observer: le titre. C'est lui qui donne (ou pas) envie de lire le post. Une autre: plus vous vous dévoilez plus c'est lu.

Alors que certaines périodes génèrent des critiques (plutôt négatives que positives) d'autres ne génèrent rien du tout.

Ces 15 derniers articles n'échapperont sans doute pas à ce constat.

Et ce post, normalement, est le dernier écrit d'avance et je dois être de retour en France et dormir du sommeil profond dû au décalage horaire.

A très bientôt!

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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 07:00

Tout le monde disait du bien du film "Le sens de la fête" (Eric Toledano et Olivier Nakache) et l'unanimité spectateurs et critique étant parfaite je suis allé à une séance de rattrapage le dimanche soir au merveilleux cinéma d'art et essai "Utopia" de la banlieue chic de Toulouse, Tournefeuille.
Aller à Utopia c'est déjà être certain de voir un film dans les meilleures conditions: une salle superbe, un cadre magique, pas de publicité et aucun risque de croiser des bouffeurs de pop-corn ou de hamburgers.

Disons le tout de suite pour évacuer la critique: Jean-Pierre Bacri fait bel et bien du Jean-Pierre Bacri mais reconnaissons-le, mieux que personne. Il n'y a que lui qui puisse, de film en films, incarner ce personnage bougon, malheureux mais au fond humain et bienveillant.
Dans "Le sens de la fête" il tient le rôle principal, un rôle très important (même quand il n'est pas à l'écran on parle de lui!) tout en laissant les autres exister.

Les autres sont TOUS excellents avec un bonus pour Hélène Vincent qui est exceptionnelle et Jean-Paul Rouve qui est devenu, au fil du temps, un comédien de premier plan. Il est un photographe de cérémonies pitoyable avec un tel naturel qu'on lui passerait commande pour qu'il vienne immortaliser un des nôtres! il a des scènes de bravoure comme celle ou son jeune stagiaire lui dit son fait ou celle où le même stagiaire lui explique une application smartphone où il est vraiment très bon.

Gilles Lellouche est moins bon mais son personnage est moins intéressant et plus prévisible.
Il donne la réplique (et plus car affinités) à une Omar Sy au féminin qui crève l'écran (Eye Haidara).

Vincent Macaigne, que je ne connaissais pas, est lui aussi très bon et campe un parasite sympa mais collant avec un naturel qui risque de lui coller à la peau!

Le film est une bonne comédie, au rythme régulier (pas de ces moments d'émotion idiots qui ne servent à rien dans une comédie). Le scénario est excellent et malin, les gags sont réfléchis et intelligents (le feuilleté aux anchois, la montgolfière, le discours, les serviettes, le mariage cow-boy, l'odeur pomme d'amour etc.) et les acteurs et actrices en état de grâce.

Ce n'est pas vulgaire, pas "eau de rose et bons sentiments mielleux", pas putassier et pas dans l'air du temps tout en étant vrai et bien de notre époque.

C'est un film joyeux, drôle et réjouissant qui met de bonne humeur sans qu'on ai honte de ressentir ces impressions. Une réussite, quoi.

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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 07:00

Je ne suis pas "complotiste" et ne vois pas des gens animés de mauvaises intention derrière chaque homme doté d'un peu d'influence.
Cependant je suis persuadé que l'ensemble des dirigeants formels et informels de la société humaine (cela va des Rois et reines aux gouvernants en passant par les artistes, le monde du spectacle et du divertissement, les industriels et les opérateurs du tourisme), tous ont un programme "caché" qui est de nous abrutir par la consommation et le loisir.

Nous amener à réfléchir le moins possible, à nous cultiver moins encore.

Le but ultime des vendeurs de téléphones, de consoles de jeux, des professionnels du cinéma, de la chanson, des parcs de loisirs, des fabricants d'automobiles etc etc est de nous amener à ne pas penser et à dépenser. (pardon pour ce jeu de mot).

Rien ne démontre plus ce but qu'un regard critique sur la plus grande machine à décerveler qu'est, quasiment depuis son invention, la télévision: J'ai vu en Corée du Sud des programmes de divertissement qui feraient passer Hanouna ou Castaldi pour des poètes-philosophes.

Je ne dis pas que quelques exceptions n'existent pas, des ilots d'intelligence et de culture assiégés de toutes parts par la vulgarité mercantile. Le monde, cependant, à l'image d'un Trump, ne cache pas son ambition de nous ravaler à l'état d'unités de consommation, du berceau au cercueil.

Je reviens sur le téléphone portable, esclavage plus ravageur encore que l'automobile individuelle.

Qui a décidé un jour que nous avions besoin de nous "amuser"? ces consoles de jeux, que l'on donne aux enfants dont le cerveau n'est pas achevé ne sont-elles pas la preuve d'une volonté totalitaire de prendre contrôle de nos pensées et actes?

La nourriture omniprésente, la drogue en libre-service (le show-business donnant l'exemple), la mobilisation permanente de nos sens... Il n'y a pas de Deus ex machina mais des milliers de manipulateurs à travers le Monde qui ont tous un objectif précis: plus de guerres ou de révolution grâce à un contrôle des cerveaux qu'on aura, au préalable, endormis par des plaisirs artificiels mais consentis et recherchés.

On gloussera béatement avec Hanouna, on glougloutera avec Harribo ou Nutella, on s'occupera avec Star Wars et Disney, on crèvera dans l'huile de palme ou pire.

Vive le futur!

 

 

 

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15 mars 2018 4 15 /03 /mars /2018 07:00

Je ne sais pas (mais ne crois pas) que toutes les familles sont comme ce que je sais de la mienne.
Je veux parler de celle qui fut la mienne entre l'enfance et la fin de l'adolescence et qu'à un ou deux éléments près je n'ai pas revue depuis des siècles.

Mon père n'avait, sa mère à part, aucune famille connue et fils unique, il n'était encombré ni de frère et soeur ni de cousins ni d'aucun autre lien familial. Sauvage et peu aimable comme il l'était la nature avait bien fait les choses! même avec sa mère il était rien moins que démonstratif et lui en voulait de mille choses que je n'ai pas connues ni voulu connaître.

Côté maternel c'était au contraire le trop plein: 2 frères et 1 soeur tous à moitié fous. Je n'ai quasiment aucun souvenir du frère aîné qui était médecin et "jouait du piano": un accident de la route l'a rendu infirme et diminué et il est mort assez tôt. Laissant deux veuves et une myriade d'enfants tous plus cinglés les uns que les autres. Les 3 enfants du premier lit sont tous morts avant leur 30 ans dans des circonstances "scandaleuses" pour une famille si bourgeoise et si "comme il faut".
Ma cousine Isabelle a été enterrée dans la ferveur maoïste, son cercueil recouvert du drapeau rouge tandis que son frère insultait leur père...Le plus jeune des frères, drogué et voleur, à fini dans la Seine. Stéphane avait réussi l'exploit de cambrioler sa tante, ma mère, la seule personne qui ne se soit jamais intéressée à lui. Depuis elle a hérité du sobriquet de "Madone des barjots". Quand au second lit je n'ai jamais su combien d'enfants il y avait eu et ce qu'ils étaient devenus.
Avec mépris (tout était dit!) on n'avait rien à voir avec une femme qui travaillait et en plus qui travaillait au péage d'autoroute.....

le second frère de ma mère était persuadé, j'imagine, que ses gènes étaient de qualité supérieures puisqu'il les a disséminés au-delà du raisonnable. Des enfants officiels comme adultérins, des jumelles, des adoptions.... il a dû être père plus de 15 fois sans en savoir lui-même le nombre exact.
Paternité est un mot fort puisque l'oncle B*** a été incapable d'élever le quinzième de son "cheptel". Tous ratés. Tous malheureux et semés à tout vent, comme les pissenlits de Larousse.

La soeur de ma mère cumulait la folie des grandeurs de sa famille avec un surmoi explosif. C'était (elle vient de mourir) une très belle femme, intelligente mais à moitié siphonnée. Les apparences comptaient plus que la réalité et la beauté plus que les apparences. Elle a eu 3 enfants qui sont sans doute les personnes les plus malheureuses que j'aie jamais croisées. Délaissés, esclavagisés, niés, méprisés, rejetés... et sacrifiés comme leur père le jour où il a cessé de plaire. Ma tante était tellement égocentrique qu'elle en a oublié son rôle de mère.

Nous avions aussi des cousins dont les S*** qui vivaient dans une belle maison près de la Seine en banlieue parisienne chic. les rares fois où nous y allions l'harmonie familiale y semblait un leurre et, sans aimer notre atmosphère familiale, nous remarquions bien que nous n'aurions pas gagné au change. La compétition, sous toutes ses formes, y régnait et les études était le seul et unique critère d'appréciation.

Il y avait aussi ceux de Grenoble (que nous voyions encore moins) et leurs parents qui étaient gentils et bienveillants et qu'on voyait aux alentours des fêtes lorsqu'ils venaient à Paris.

Nous attribuions à "la capitale" le fait d'être isolés et de ne voir les cousins et alliés que lors de mariages, d'enterrements et de noces d'or.

J'ai voulu que mes enfants voient leurs cousins et la famille en général mais n'ai pas obtenu, sur ce plan, de meilleurs résultats que mes propres parents.
Frère(s) et soeur(s), le statut génère de tels malentendus, de telles incompréhensions que les liens se distendent rapidement à la fin de l'adolescence.
L'affection qui reste ne suffit pas, n'a pas suffi en ce qui nous concerne, à transférer sur les enfants ce sens de la famille dont on parle tant mais vérifie si peu.

C'est dommage car l'on sent des affinités possibles, des caractères et des personnalités qui s'entendraient. Je me console en me disant qu'avec le Net on peu désormais retrouver la première fille qu'on a embrassée et le type à qui l'on a vendu sa DS break ambulance municipale (jouet) alors un cousin et une cousine si on veut....

 

 

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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 07:00

Quand j'entends Jack Lang, profiteur de la République depuis son entrée en politique définir Donald Trump comme un "président de merde" je ne peux m'empêcher de penser à la façon dont son idole, François Mitterrand, a mis le pays en coupe réglée pendant ses deux mandats présidentiels et combien il a fait bénéficier ses affidés des largesses d'un état qu'il ne respectait guère qu'en paroles.

C'est entendu la présidence de Donald Trump est une anomalie, un accident politique et une calamité mais tant qu'elle est dénoncée par des étrangers et par des Jack Lang cela ne signifie strictement rien. Je dis calamité et anomalie en rappelant que je suis Français, pas électeur américain.

La presse française jette des tombereaux d'ordures sur le mandat Trump mais c'est juste une posture et cela n'a aucune conséquence. Il a été élu pour 4 ans et ses électeurs ne semblent pas donner raison à Jack Lang ni à nos "bonnes consciences" hexagonales.

Notre pays a un taux de chômage autour de 10% depuis de très nombreuses années quand tous les pays d'Europe ou presque ont vu le leur diminuer. L'endettement est très important, les chiffres du commerce extérieur sont consternants, l'industrialisation du pays décroît à une vitesse alarmante, l'extrême droite la plus à droite d'Europe a été présente au second tour de la Présidentielle 2017 mais... nous jugeons Trump et le condamnons.

Que ce président soit doté d'une personnalité discutable, qu'il tienne des propos lamentables et indignes nul n'en disconvient mais, au lieu de faire sempiternellement son "procès" on ferait mieux de voir ce qui se passe ici.

Une presse appartenant à des groupes industriels (Lagardère, Dassault, Bouygues...) des passe-droits ahurissants pour les plus fortunés (Pinault, Arnaud), des impôts élevés pour ceux qui ne peuvent s'y soustraire et la liste est longue de ces travers qui, s'ils ne font pas (encore) de la France un "pays de merde" l'apparentent plus à une république bananière qu'à une démocratie exemplaire.

Pratiquement tout ce que l'on déplore d'attitudes immatures et offensantes chez Trump a été vu chez le Président Sarkozy (2007-2012) avec, en plus, le hold up des biens de l'état. Trump n'a pas besoin de voler l'état: il était milliardaire avant d'être président. Les largesses de Liliane Bettencourt, les comptes truqués de Bygmalion et l'argent des Bruni-Tedeschi, Sarkozy les a eus tardivement!

De plus nos dirigeants faisaient moins de manières pour accueillir et aller voir Berlusconi qui n'était qu'un Trump avant l'heure, le "bunga-bunga" déjà présent.

Alors, les donneurs de leçons, les fesses bien casées dans un fauteuil des bords de la Seine devraient la jouer modeste. Hyper-modeste  même.

Rien n'est plus stupide que de faire entrer quelque chose dans une grille faite pour une autre. Or, avec Trump, on juge un rapport avec les armes, avec le bon goût, avec une discrétion et un public avec des critères inadaptés.

... et en traînant dans la boue le président qu'on a élus, nous, il y a moins d'un an, sans la moindre bienveillance. Mauvais juges chez nous, serions-nous qualifier pour juger à l'extérieur? je ne le crois pas.
 

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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 07:00

Pendant plus de vingt ans et toute mon enfance, j'ai habité le XVI ème arrondissement de Paris, entre Passy et la Muette. C'était déjà un quartier "chic" mais pas encore le temple du bon goût et de la fortune qu'il est aujourd'hui.

Curieusement cet arrondissement avait ses chapelles et la richesse était plus importante dans le périmètre Victor Hugo-Belles-feuilles que Porte de St Cloud, à Auteuil Molitor qu'à Chaillot.

On ne se mélangeait pas ou alors seulement à l'âge du lycée.

Mon école était rue des Bauches, près de la rue de Boulainvilliers. La gare de Boulainvilliers était alors désaffectée et abritait le cabinet (immense j'imagine!) d'un dentiste. Toute mon enfance j'ai imaginé des trains sur cette voie et ai été fort déçu lorsque mon espoir s'est réalisé et qu'un vilain RER l'a empruntée!

L'avenue Mozart, pour moi, c'était avant tout "le train bleu", un magasin de jouets situé près du métro la Muette. L'autre point d'attache était la boulangerie "A la flûte enchantée".

A Passy il y avait le magasin d'habits pour enfants "Mamby" qui faisait sa publicité sur les wagons ouverts du petit train du jardin d'acclimatation de Neuilly. Mon frère, je crois me souvenir, avait été choisi pour illustrer la collection une année sur leur catalogue. J'en avais conçu une certaine jalousie et n'avais pas compris le choix du commerçant car il perdait alors ses dents de lait et offrait un sourire incomplet.

A côté de Mamby il y avait la banque des parents où, adolescent, j'ai déposé des chèques et pris du liquide pour eux dans des opérations qui ne se font plus maintenant. La caissière ne craignait pas les hold ups et comptait les billets devant moi. Elle humectait ses doigts avec une petite éponge orange. Aller "aux coffres" était une expédition qui donnait le frisson.

Rue de Passy il y avait les Nouvelles Galeries, le Prisunic (méprisé mais fréquenté!) et, plus tard, "Inno". Dans les 3 la nourriture était au sous-sol et le reste au niveau rue. J'aimais le rayon disques d'Inno. Il était plus important que celui de la FNAC de Toulouse aujourd'hui. Le vendeur acceptait de me faire écouter les 45t que je convoitais. Forts! il les passait forts sur sa platine et le magasin s'emplissait de "ma" musique.

J'avais moins de chances avec le disquaire de la rue de Passy, face à Franck & Fils (habits pour femmes gigantesque et désert qui a survécu jusqu'à il y a un an ou deux):  il mettait (souvent) en vitrine les disques que j'aimais mais ne les faisait pas écouter. Et puis il était plus classique que pop, comme ses clients.

L'autre magasin de jouets du quartier c'était "au bonheur des enfants". J'y ai des souvenirs éblouis et ne comprends toujours pas comment Monsieur Shermann et sa mère avaient autant de choix dans une surface aussi réduite. C'était le Graal pour nous: les Dinky Toys et leurs boîtes jaunes, les trains Jouef (bon marché), Hornby (mieux) et Marklin (le top), les meccano, les legos.... ils avaient tout et le rayon "garçons" était au sous-sol.

Le marché de l'annonciation a longtemps été mon passage obligé. Quand j'y passe parfois il me fait l'effet de l'enclos pour la chèvre de monsieur Seguin: "que c'est petit".

Luce, le magasin d'alimentation incontournable de Passy m'a laissé un souvenir ineffaçable: j'ai, à tort, été accusé d'y avoir volé un article. Comme ce n'était pas le cas la fouille n'a rien donné mais le jeune adolescent que j'étais a été choqué de cette  suspicion et je n'ai jamais remis les pieds dans ce magasin. (la seule fois où j'ai volé, à Inno justement, j'avais l'impression que le magasin entier le savait!).

Place de Passy il y avait les magasins où l'on m'envoyait faire les courses en tant que garçon et cadet. LLe pain chez "Bourbonneux", la charcuterie chez "les dames": elles étaient deux à la caisse et donnaient un sucre d'orge aux enfants. (Mon Dieu! on dirait un souvenir datant d'avant le premier conflit mondial!).

A côté de chez Luce il y avait une boucherie comme on n'en fait plus. "Chez Roger" ça s'appelait. des deux côtés d'une allée centrale une dizaine de garçon-bouchers et une caisse qui trône. Le rouge-sang dominait partout. A l'automne une biche entière, un cerf ou un sanglier pendu par les pattes arrières à l'entrée sans vitrine.

La poissonnerie m'a laissé un souvenir inoubliable le jour où une otarie vivante était devant son entrée: ses cris, sa force et la curiosité m'ont éblouis.

Ma mère donnait des noms de fantaisie aux commerçants ou à leur magasin. "Rosalie", "le bandit" "6 Francs" étaient ainsi une charcutière, un droguiste et un marchand de boutons. Car il y avait une mercerie, rue Vital précisément.

Et un dispensaire de la Croix rouge, dans le saint des saints du fric, rue de Passy!

Ma géographie du quartier était précise et secrète: je savais passer par les entrée d'immeubles et sortir par l'arrière, les jardins du Ranelagh où nous jouions les jeudis puis les mercredis, la "Piste" sur laquelle nous avons tous les 5 appris à "faire du vélo" et du patin à roulettes (l'ancêtre du roller), le kiosque des bonbons, le guignol du XVI ème (pas le surnom de l'inamovible crétin, maire du XVI ème pendant des décennies mais un vrai théâtre de marionnettes qui existe encore), la gare de Passy, la voie ferrée d'Auteuil, celle dite des "souverains" qui traversait le quartier, la "Maison de la Radio" (Radio-France).

Et le Trocadéro. Ah! le Trocadéro... le jeu était d'aller jusqu'à l'école militaire à pieds. Là on était respecté: on était "allé loin"! 

Comme quoi même un quartier parisien pasteurisé et dédié au Dieu Argent peut avoir un âme.

 

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 07:00

Je me suis "tapé" l'intégralité des Césars. Comment dire élégamment qu'on a supporté un tel pensum?

Le cinéma Français ne m'intéresse plus guère et d'ailleurs je ne l'intéresse pas beaucoup non plus.

Je ne suis pas le genre de spectateurs à payer 12€ ma place pour voir les "Tuche 3" ou "les Ch'tis" de Dany Boon. J'aggrave mon cas en n'achetant pas de seau de pop-corn et en ne réservant pas ma place sur le net 3h à l'avance.

Honte à moi qui ne suis que très peu sensible à la demie-heure de publicités qui précède le film et qui n'est pas non plus concerné par le "placement de produits" dans ledit film.

J'aurais mérité ma condamnation quand j'aurais dit que je ne suis pas attiré par les films coup de poing sur le sida, sur les coups de foudre entre deux filles ou deux types qui forment l'essentiel de la production hexagonale (avec le divorce conflictuel).

Donc les Césars. 43 ème fois que ça existe. Manu Payet animait la soirée cette fois. Il est sympathique, talentueux et plein de bonne volonté mais comment "animer" un truc plus sinistre qu'une cérémonie des Pompes Funèbres? en voulant ressusciter "l'esprit Canal+" on nous montrait au contraire l'étendue de l'imposture.

PFG... d'ailleurs les hommages aux disparus ont occupé du temps dans le déroulement de cette soirée interminablement ennuyeuse. Certains "gags" tombaient à plat (la plupart!) tandis que les traits d'humour volaient bas. Qui a dit qu'à la suite de de Caunes, de Lemercier ou de Florence Foresti il était obligatoire de faire drôle? le clan Amalric ou le clan Garrel donnent envie de plaisanter peut-être?

La grande famille du cinéma n'arrive pas à masquer ses détestations et Guillaume Canet, Elsa Zylberstein (très seule), Julie Gayet (idem) ou Sophie Marceau ont été applaudis avec une retenue glaciale.

Dany Boon a reçu un César du public inventé pour la circonstance et qui récompense le nombre d'entrées de ses "films" plutôt que ceux-ci qui sont indigestes et de plus en plus navrants. Penélope Cruz a bien fait d'être là, Vanessa Paradis a frôlé la gaffe plus d'une fois et Line Renaud a fait un triste dernier tour de piste. On peut radoter avec talent, hélas elle a dépassé ce stade aznavourien.

Dans les "espoirs féminins" il y avait de belles révélations et c'est la fille de ses parents, qui joue comme un fer à repasser débranché qui l'a emporté. La famille élargie est la seule valeur sur laquelle le cinéma ne transigera jamais. On en est à la 3ème ou 4ème génération, artistes et techniciens confondus.

Marion Cotillard s'est abstenue de faire appel à une thèse complotiste ou de divulguer une fake-new. Elle s'est contentée de venir dans une bâche bitumineuse du meilleur effet.

La soirée a été lourde, longue, barbante, convenue... Lambert Wilson a dit du Lambert Wilson, Vincent Elbaz s'est essayé à l'humour (ça lui va comme un béret basque à une girafe) et l'idiot du Gorafi, Monsieur Poulpe a montré l'étendue de son manque de talent. Un naufrage!

Quand le film hystérique sur Act-Up a été désigné comme film de l'année je suis allé me coucher en me reprochant d'avoir passé 3 heures devant cette cérémonie mortelle.

On ne m'y prendra plus!!!

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