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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 07:00

J'ai tellement espéré la chute du mur de Berlin que je lui en ai profondément voulu de m'avoir gâché le grand soir.

Lorsque ce mur de la honte a enfin été attaqué au burin je ne me sentais plus de joie. L'Allemagne se réunifiait, les Ossis pouvaient aller voir librement les Wessis sans craindre les tirs meurtriers de la Stasi. Un vrai miracle auquel nous n'étions guère préparés tant le rideau de fer semblait encore solide.

Je le dis tout net: lorsque de cette inimaginable soirée (11 novembre 1989) s'est produite en direct j'ai haï Mstislav Rostropovitch et son violoncelle et je les ai trouvés sinistres alors que l'ambiance était, à juste titre, à la fête ce soir là.

La suite pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach qu'il a interprétée ce soir là m'a parue non seulement déplacée mais ennuyeuse et triste.

Depuis je n'ai pas révisé mon jugement et me souviens toujours de cette prestation comme d'un pensum.

Dans "la récréation" cet après midi (France Inter 28/03/2017) l'invité était un violoncelliste de renom qui a dit que sa vocation venait... de Rostropovitch à Check-Point Charlie en 1989.

Ce n'était pas la première fois que quelqu'un citait ce moment comme un de ceux qui avaient marqué sa vie.

Je suis passé à côté.

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 07:00

Il y a des personnes, comme ça, qui vous donnent l'impression que l'humanité est moins laide et stupide. Ils vous aident à accepter la médiocrité du quotidien en l'analysant sans complaisance ni dégoût. Juste en donnant leur avis, basé sur l'intelligence et la réflexion.

Lorsque Nicolas était encore à la maison (et qu'il se réveillait avant 14H00, l'émission débutait le dimanche vers 13H00) nous regardions ensemble une des très rares émissions de télévision digne et appelant au meilleur de soi. Daniel Schneidermann animait alors "Arrêt sur images", une émission qui réfléchissait sur les médias, sur l'information et, fatalement, sur les processus de désinformation en cours dès cette époque lointaine (années 2000).

J'allais dire "naturellement", cette émission fut supprimée et remplacée par une ânerie faux-jeton qui, sous le couvert de continuer à réfléchir sur les médias s'empressait au contraire de les dédouaner. Animée par ce pauvre Paul Amar (un larbin multimédia déjà usé à l'époque)  cet animateur tous-terrains n'avait pas hésité à participer à cette mauvaise action qui consistait à remplacer une belle émission par du n'importe quoi.

On sait qu'il y a et qu'il y aura toujours quelqu'un pour s'abaisser en se reniant.

Daniel Schneidermann qu'on a lu dans "le Monde" et qu'on lit dans "Libération" a crée un site Internet baptisé aussi "Arrêt sur Images" qui est d'un même niveau que sa défunte émission. Rigoureux, prenant l'abonné pour un être réfléchi, fouillant ses sujets, refusant la facilité et vérifiant plutôt deux fois plutôt qu'une ses sources et ses informations.

Dans ce monde du journalisme ou une Léa Salamé ou une Alexandra Bensaïd discréditent France Inter par l'incroyable nullité de leurs prestations il est rassurant de savoir que certains ont le respect du lecteur et de leur métier.

Ils sont rares, autant leur accorder un maximum d'attention.

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 07:00

Non vraiment. Son programme ne passe pas. Une purge pour ceux qui ont déjà tellement donné. Et l'homme non plus ne passe plus: indélicat, menteur, égoïste, profiteur, hypocrite... la litanie des qualificatifs est infinie depuis que nous nous sommes aperçus que le "Chevalier Blanc" de l'histoire était un Sarkozy-bis le bling-bling en moins mais pas les méthodes.

Son air de jeune homme frais et volontaire plaît bien. Sa jeunesse aussi. Ses handicaps lui sont presque des qualités. Nouveau venu (donc pas compromis) il ferait une politique différente. Reste que sa jeunesse et la liste déjà longue de ceux -contestables- qui l'ont rejoint peut inquiéter.
Avec qui gouvernera t'il s'il est élu? aura t'il une majorité? qui nommera t'il?

Beaucoup (trop) d'incertitudes même si l'homme séduit.

Elle dit que son mouvement a changé. C'est faux. Il est construit sur tout ce qui dégrade l'homme: la jalousie, la rancoeur, la haine, la bassesse et la médiocrité. Contrairement à ce qu'on dit ses électeurs savent pour quoi ils votent et ils le font délibérément: pour une politique aigrie et ringarde de nationalisme obtu. L'Europe nous "tombera" dessus si par malheur son parti arrive au pouvoir. On nous montrera du doigt, on nous claquera les porte au nez et on se retrouvera dans nos frontières avec des grands hommes comme Philippot ou Collard.

Il est à la fois jeune (pas tant que ça mais quand même...) et sympathique. Il croit à ses idées et à son programme mais il a concouru à l'élimination du candidat naturel du PS, à savoir le président de la République sortant. Il faut aussi convenir qu'il lui a pourri le quinquennat. Il est donc le candidat d'un parti divisé qui ne s'accorde sur (presque) rien. Son programme n'arrange rien qui est dépensier et utopique à un moment ou la dette du pays ne permet rien.

C'est un tribun qui la joue perso. Il est enfin en campagne et il excelle dans l'exercice. Ses propositions sont frappées au coin du bon sens mais feraient hurler un comptable, même jeune et amoureux. VIème République, accueil de tous les migrants... rien n'est trop beau pour lui qui sait d'évidence qu'il ne sera pas (il ne le souhaite d'ailleurs pas!) élu.

C'est un ancien UMP et il en a gardé une sorte de raideur droitière. Entre Fillon et Le Pen, mais quand même plus proche de cette dernière ce candidat présente un programme à l'huile de foie de morue et fait don de sa personne à la France. Adepte de la méthode Coué il se voit au deuxième tour alors qu'il est à peine au premier, obligé de quitter les plateaux de télévision pour faire semblant d'exister.

Ils sont deux à représenter l'extrême-extrême gauche. LO et le NPA. Elle a la coupe de cheveux idoine et les propositions glacées de rigueur tandis que lui essaie tant bien que mal d'exister. On est parfois d'accord avec (certaines) de leurs analyses mais pas avec les remèdes qu'ils proposent. Pour eux la société est restée la même que sous De Gaulle et Pompidou. La société qu'ils proposent fait fuir jusqu'à leurs adhérents...

Il y en a deux autres dont je ne sais rien. L'un a collé ses affiches jusque sous les ponts d'autoroute l'autre se représente tous les 5 ans pour on ne sait quelle(s) raison(s).

Je m'interdis de penser que le choix qui nous est proposé pour cette élection n'est pas bon ou insuffisant. Tout l'arc politique est représenté et même des zozos se présentent librement à nos suffrages. On peut reconnaître et regretter que l'absence du Président sortant déséquilibre l'ensemble mais il a renoncé à le faire et son premier ministre ne s'est pas qualifié pour défendre le quinquennat. C'est un fait; les incroyables révélations sur le candidat de la droite et celles plus prévisibles sur celle de l'extrême droite faussent ce choix.

 

 

 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 07:00

Joies d'Internet je ne peux plus (pas?) retrouver mes posts antérieurs à 2015. Je ne me souviens donc pas si j'ai déjà parlé de ce drôle de film "Super Size Me" que la chaîne LCP - Public Sénat a diffusé dimanche 26 au soir et que j'avais vu à sa sortie.
C'est un film documentaire américain de Morgan Spurlock qui date (déjà) de 2003 mais qui, j'en suis certain, reste toujours d'une brûlante actualité.
Spurlock fait partie de ces histrions un tantinet illuminés (du style Michael Moore) qui mélangent grande cause, publicité personnelle et outrances de leurs propos et des images qu'ils réalisent.

Cependant ces types dénoncent d'authentiques scandales et n'hésitent pas à affronter des ennemis infiniment plus puissants qu'eux.
Dans "Super Size Me" Morgan Spurlock affronte ni plus ni moins que les Fast-Foods, l'industrie de la confiserie industrielle, les marchands de soda et, last but not least, la firme McDonald's.

Son film n'est pas rigoureux qui passe de plans en caméra cachée d'obèses tels qu'on ne les voit qu'aux Etats Unis, puis qui diffuse des publicités pour des produits industriels saturés en graisse et en sucres, pour montrer ensuite des interviews de médecins, d'industriels, d'avocats, de particuliers puis on passe à Spurlock lui-même, à ses états d'âme et à la dégradation de son état physique....

...Car, et c'est le côté spectaculaire mais aussi la limite du film, le cinéaste-cobaye a décidé de ne se nourrir, pendant 30 jours, que de produits que l'on trouve chez McDonald's. Exclusivement et à l'exception de toute autre chose (donc pas de médicaments).
Ce régime, outre qu'il est franchement peu photogénique, est littéralement écoeurant.
Spurlock montre qu'aux USA les portions sont toutes gigantesques (le "super size" du titre) et que le soda se vend par 2 litres là-bas. On le sait, cette junk-food est effroyablement malsaine. Trop sucrée, trop grasse, insuffisante en vitamines, crée à partir de déchets carnés (les fameux nuggets) et de produits transgéniques (les frites). C'est immonde à regarder et, on s'en doutait, à ingurgiter.
Fallait-il, pour le démontrer, se gaver pendant un mois de cette "nourriture" atroce? je ne le crois pas et la démonstration aurait été tout aussi pertinente si Spurlock était allé chez le clown du fast food trois fois par semaine.

Mais le côté "héroïque" du personnage et la dramaturgie (on le voit vomir, on voit des boutons éclore sur sa figure, il prend -beaucoup- de poids, il avale quantité de bouffe répugnante et sa femme, son médecin et sa nutritionniste parlent de lui...eussent été moins "spectaculaires".

On sort de là le coeur au bord des lèvres en se félicitant de n'y aller jamais, même avec leurs victimes préférées, les enfants. C'est à se demander comment cette chaîne mondiale d'empoisonnement, un but commercial que tout le monde connaît, fait des milliards de dollars de chiffre d'affaires. Un suicide lent et consenti de la part de consommateurs dont le préfixe du mot définit bien ce qu'ils sont. 

 

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 07:00

Je ne crois pas que l'on ait pris à sa juste mesure la folie dangereuse que représente pour l'humanité toute entière le fait pour le président Donald Trump de se référer à "une autre vérité" que la vérité des faits.
Que l'homme chargé des destinés du pays le plus riche et le plus puissant du monde s'appuie non plus sur les faits visibles et justes mais sur son appréciation subjective pour commenter son action et, pire, la décider est potentiellement une catastrophe majeure.
Sans agiter les dictatures du siècle dernier ni faire référence à l'Histoire; les dirigeants qui prenaient leurs désirs pour des réalités ont conduit le monde et les hommes à des calamités que nous payons encore, au propre comme au figuré.

Si les USA sont la première puissance mondiale ils le doivent aux projets fous de Hitler et du tandem Lénine-Staline.

On le voit déjà: Trump est persuadé ou s'est persuadé que le réchauffement climatique n'était pas une conséquence de l'activité des hommes. En fonction de quoi il prend des décisions abjectes et dangereuses qui auront un impact négatif considérable.

Cette notion de "vérité alternative" est un faux-nez du mensonge et est à la fois absurde et intenable. Mais elle sème la confusion chez des personnes simples ou endoctrinées qui peuvent aller jusqu'au meurtre pour elle.
Nous n'en sommes pas encore là mais il faut impérativement empêcher ce grotesque incapable de nuire en trouvant le moyen de réduire légalement la durée de son mandat. J'ai lu, et j'en suis ravi, que des juristes, des intellectuels, des constitutionnalistes et des politiques étudient jour et nuit les textes pour trouver la faille.

J'espère qu'ils trouveront.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 07:00

C'est bien connu (et hélas vérifié) passé 20 ans on se répète, passé 40 ans on radote.
Je prie celles et ceux qui connaissent ma lubie de me pardonner d'y revenir encore...
Voilà.
Depuis des dizaines d'années le monde de la culture se pâme devant les films chantés réalisés par Jacques Demy.
Et "Les demoiselles de Rochefort" par ci et "Les parapluies de Cherbourg" par là. De soupirs orgasmiques en critiques laudatives on assiste depuis toujours à un éloge panégyrique d'un cinéaste ennuyeux comme tout et largement fantasmé à défaut d'être vraiment étudié.

Images vilaines et démodées, acidulées et mièvres (c'est mon point de vue!) musiques et chansons ringardes et le plus souvent stupides (commises par l'insupportable Michel Legrand) et scénarios plus minces que celui de "l'entrée du train en gare de La Ciotat" des Frères Lumières on est en face non pas d'une évaluation cinématographique mais d'un culte aveugle auquel se soumettent docilement des sectaires en transes.

Il faut entendre ces passionnés parler des cadrages, de la bobine utilisée ou des prodiges du montage d'une demie-douzaine de comédies musicales niaises et ennuyeuses comme si un souffle divin les avaient enfantées.

Pour d'autre raisons que Truffaut, autre icône des critiques toute aussi surestimée et à la filmographie aussi mince sur le plan qualité mais de la même manière outrancière il y a une sorte de "totalitarisme" de la critique qui fait qu'on aime, quoi qu'il arrive, envers et contre tout et définitivement des Godard, Hitchcock, Eastwood, Truffaut, Kaurismäki, Moretti et donc Demy.

Ces hommages à répétition ne concernent que des convaincus qui communient en tremblant en évoquant les mânes de "Jacquot de Nantes". Cons boursouflés et pathétiques qui, heureusement ne se voient pas dans leurs cérémonies grotesques..

 

 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 07:00

Stéphane Plaza, Michel Cymès.... on ne peut quasiment pas passer une journée sans voir ou entendre -et parfois même voir et entendre- ces deux animateurs de télévision.
Si le premier s'est fabriqué avec succès un personnage un peu factice de gaffeur le nombre d'agences immobilières portant son nom montre qu'il n'a pas oublié son portefeuille et que sa maladresse, si elle est sincère (ce dont je doute parfois) ne va pas jusqu'à affecter sa situation économique.

Le second, encore plus omniprésent, est absolument partout, donne son avis sur tout et a complètement oublié d'être modeste ou humble. Son statut claironné de médecin est censé le crédibiliser sur à peu près n'importe quel sujet.
Si Plaza se commet dans des émissions bon-enfant, Cymès se voit en caution morale et s'il parsème ses interventions de plaisanteries au-dessous de la ceinture c'est pour montrer que malgré son savoir il reste abordable.
Les couloirs souterrains de la Gare Matabiau étaient, ce matin, constellés d'affiches vantant le dernier livre de Cymès sur le cerveau. A peine 6 mois avant les mêmes couloirs étaient tapissés d'affiches sur son livre sur les médecins nazis.

Il faut remonter au Max Gallo d'avant sa maladie pour retrouver une telle frénésie éditoriale!

Allez... à la librairie j'ai parcouru ce bouquin sur les médecins maudits. Christian Bernadac a écrit dix fois mieux il y a quarante ans! ce petit livre est à peine un article de journal étiré et contient des erreurs factuelles que même moi j'ai trouvées.
Mais comme c'est signé Cymès ça se vend.
Ainsi va notre époque!

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 07:00

Il me suffit d'entendre la critique dithyrambique, parsemée de soupirs de jouissance et de superlatifs pour comprendre qu'il faut passer au large du film d'Aki Kaurismäki.

Je connais ces engouements pour des films dingos et ennuyeux qui, parce que les spectateurs normaux les fuient éblouissent la critique intellectuelle qui n'aime rien tant que les auteurs maudits et les films non-regardables.
Jean-Luc Godard a fait plus de cinquante ans de carrière sur ce snobisme là.

On se souvient, même si un milliard d'images, d'informations et de "buzz" sont passés par là depuis qu'aux Oscars 2017 le meilleur film a été quelques secondes "La La Land" avant d'être "Moonlight". Vraie erreur d'enveloppe? rattrapage in extremis d'un film remarquable? volonté d'envoyer un message à Trump ("Moonlight est TOUT ce que ne peut pas comprendre Trump et son électorat, je dis bien tout.)

Moins j'en dirai sur ce film meilleur ce sera. Par contre le conseiller est le minimum que je puisse faire. Si, au début, la caméra s'essaie (en vain) d'être virtuose pour nous mettre à la place de l'enfant noir qui sera le sujet du film cette (mauvaise) idée de départ sera bien vite oubliée.
J'évacue les deux ou trois critiques pour, ensuite, souligner le bon et le très bon. La bande originale est de qualité mais pourquoi, oui, pourquoi, avoir interrompu le "Laudate dominum" des Vêpres solennelles au premier quart? et ce d'autant plus que le petit groupe d'enfants noirs qui joue et se dispute pendant que ce chant superbe est diffusé "colle" parfaitement, après une ou deux secondes d'adaptation, aux images.

Rien à dire sur les 3 comédiens qui incarnent Chiron, le personnage principal du film. Ils sont exceptionnels et on n'oubliera pas de sitôt la montagne de muscles et les dents en or de l'adulte. Ni son regard ni ses silences.

D'ailleurs il n'y a que des compliments à faire sur la distribution de "Moonlight". C'est un film où tout le monde est parfait et crédible. Une partition pourtant difficile.

L'histoire est aussi intéressante et bien traitée. On y croit et on est partie prenante contre ou avec la méchanceté, la colère, la tristesse, le dégoût, la pitié, la violence et tous les autres sentiments que le traitement de cette histoire fait naître.

C'est assurément un film difficile et singulier qu'on ne va pas voir comme "Les visteurs3". Mais on en sort ébloui comme après la lecture d'un beau livre, la vision d'une belle exposition ou l'écoute d'un beau disque.

 

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 07:00

On devrait donner la légion d'honneur ou élever des statues au "Canard enchaîné". Oui, cet hebdomadaire centenaire a bien mérité de la patrie.
Dans le "Pénélope-gate", tout récemment, il a permis à une escroquerie d'être dévoilée. François Fillon portait un masque: un homme dur mais honnête qui s'avançait avec droiture devant les électeurs pour proposer au pays une politique de "redressement" austère et rigoureuse. Une authentique purge que les classes moyennes allaient supporter "pour le bien du pays".

L'image de l'homme pas drôle mais rigoureux, on est un pays entier à y avoir cru.

Grâce au journal satirique la vérité s'est faite jour: Fillon a un rapport nauséeux avec l'argent en général et l'argent public en particulier. C'est, contrairement à l'image qu'il a patiemment construite en 35 ans de vie politique à tous les postes de la république un homme prêt à tout (dénoncer la justice quand elle lui est défavorable, lui qui, Président, serait garant de son indépendance, jeter l'anathème sur la presse, être parjure 4 semaines après avoir pris le pays à témoin, ameuter les plus droitiers de ses soutiens...) pour décrocher le rôle de sa vie: être enfin N°1.

Depuis cette étourdissante métamorphose on a vu qu'il dissimulait, qu'il mentait, qu'il méprisait (son célèbre "et alors?"), qu'il s'arrangeait avec les faits (200 000 manifestants au Trocadéro sur une place qui n'en peut contenir que 45000, ses enfants diplômés alors qu'ils ne l'étaient pas encore, les mêmes qui ont remboursé qui son mariage qui la location de son studio à leurs parents...) et qu'il ne reculerait devant rien pour atteindre son but.

Le "Canard enchaîné" a été relayé par "Le Journal du dimanche" pour l'affaire des costumes et on a découvert le prêt de l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière (déjà cité pour les articles de la "Revue des deux Mondes" et la grand croix de la légion d'honneur que Fillon lui a remise) soient 50 000€ à taux 0%, remboursé -hasard?- il y a moins d'un mois.
Enfin "le Monde" a donné le nom (Robert Bourgi) de l'ami qui lui a offert ses costumes à 7000€ pièce, et c'est un barbouze de la Françafrique au passé sulfureux...Encore une ou deux "révélation(s) de ce genre et Sarkozy est réhabilité par comparaison!

Le "Canard" a fait oeuvre de civisme et, n'ayons pas peur des grands mots, de morale. On ne peut plus, on ne pourra pas dire: "nous ne savions pas". Si Fillon est président c'est en connaissance de cause que le pays l'aura élu. Il bénéficiera de 5 ans (10 en cas de réélection) d'impunité totale due à l'immunité présidentielle.

Personnellement je suis tellement abasourdi par ce que j'ai découvert à propos de l'honnête Fillon que je ne voterais par pour lui, quand bien même cette abstention ferait élire la fille Le Pen.

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 07:00

Le "café-théâtre", invention des jeunes années 70, a connu ses heures de gloire avec la troupe du "Splendid", avec Coluche et quelques autres. C'était un joyeux bordel et, il faut bien le dire, un lieu où régnait l'improvisation et l'amateurisme.

Des comédien(ne)s qui y ont débuté ont maintenant leur villa dans le Luberon, leur mas provençal ou leur villa en Corse et sont reçus comme des stars par Hanouna ou Arthur. (c'est dire s'ils ont réussi!).

Le "comique" a beaucoup évolué mais il y a toujours une place pour ces spectacles et des salles approximatives pour les recevoir.

L'ambiance y est bon enfant, le rire téléguidé et souvent assez basique mais c'est une atmosphère dans laquelle il est bon de se plonger de temps à autres.

Certaine de nos amies nous avait recommandé la "pièce" de Laurent Baffie "Les bonobos" et nous sommes allés la voir aux "3T", la salle de Toulouse qui programme ce genre de spectacles.

Le public y est mélangé, jeunes et moins jeunes, branchés et has-been, chics et ploucs... une salle gaie et sympa venue en confiance rire et passer un bon moment.

La salle comprend une rangée de sièges aux noms de célébrités (Stan Laurel côtoie Dany Boon....) et une rangée de chaises avec petites tables. Sur ces dernières on sert des boissons, du pain à l'ancienne et du fromage du même tonneau.

Avant de décrire ce que j'ai vu et entendu sur la scène je voudrais préciser, au cas où certain l'ignoreraient, qui est Laurent Baffie. C'est un homme d'une cinquantaine d'année dont le métier est de "sortir des vannes". Entendez par là qu'il est connu pour sa répartie et une certaine forme de méchanceté drôle et qu'il est invité pour la mettre en pratique. Sur les plateaux de télévision ou de radio on attend de lui une sorte de ponctuation amusante et mordante qui mettra en valeur l'émission, l'invité et l'animateur. Un ingrédient typique de notre époque. Il s'acquitte d'ailleurs assez bien de sa tâche qui l'a rendu célèbre et lui a permis de faire un film comme metteur en scène (un des bides les plus retentissants de ces dernières années) et d'écrire quelques "livres" qui se sont vendus car il y a un public pour ça..

Donc "les bonobos" dans la version toulousaine de Gérard Pinter vue hier est signée de cet immense talent de plume. Le sujet en est le sexe et le besoin de sexe des hommes en général et de 3 crétins en particulier. Ces 3 pauvres types se trouvent être un sourd (pardon, un mal-entendant), un aveugle (pardon, un non-voyant) et un muet (il n'y a pas d'euphémisme pour lui). Voilà pour le titre. Singes de la sagesse.

Le moins voyant des trois invente un stratagème pour que lui et ses amis de trente ans puissent "baiser des filles gratuitement et ne plus aller aux putes". Sic. On sent que l'on n'est ni chez Claudel ni chez Becket. Pas plus chez Feydeau d'ailleurs. Mais pourquoi pas?

Il crée un site de rencontre, organise un speed-dating et ils reçoivent, chacun leur tour, 3 filles qui ne découvrent leur infirmité qu'en toute fin de la pièce (on voit par là qu'elles sont limitées mais pas de mauvais esprit, c'est Baffie, on se marre.). Il y a une vendeuse de chaussures consternante de bêtise, une femme policier caricaturale et un canon à la personnalité improbable.

Les 3 types, obsédés absolus faisant des gestes obscènes avec une régularité de métronome disposent des filles qu'ils dupent facilement car ils sont des mecs qui en ont.

Tout se passe au niveau des parties génitales (quoi que l'anus et les fouilles anales aient une certaine importance dans le texte et les gestes) et j'ai eu parfois en tête le "pipi-caca-prout" des enfants de maternelle en surimpression. (on a d'ailleurs droit au comédien en string, un préservatif enfilé sur la tête, gag dont le génie comique m'a échappé mais pas à la salle).

Si le dialogue est accablant il y a des moments drôles et mêmes des moments de grande comédie. J'ai beaucoup ri aux scènes du dispositif des phrases enregistrées qu'utilise le muet. C'est un gag qui marche toujours (cf le discours de Michel Serrault dans "La gueule de l'autre"). Le gag de la télévision qu'utilise le sourd pour qu'on lui dise comment agir pourrait être du même niveau si le comédien filmé par la caméra n'en profitait pour cabotiner vulgairement. Très vulgairement.

Ca s'éternise un peu, c'est peu crédible, macho et régressif mais la salle se tordait de rire et les deux heures ont passé plus vite que chez le dentiste.

Les théâtres parisiens programment du Baffie ou du Ruquier. Ce sont nos Giraudoux et Ionesco d'aujourd'hui!

 

 

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