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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 07:00

Nous ne sommes pas, en Europe, très familiers avec la "country-music" américaine que nous assimilons à une musique de ploucs avec danse ridicule, chapeaux de cow-boys, violon et fiddle,voire banjo. L'image de Dolly Parton ou de Johnny Cash s'interpose et peut donner envie de fuir.

On a tort. Si la country-music est souvent inécoutable tant le pire côtoie le meilleur, avec un bonus pour le premier il y a, dans ce style musical aux origines marquées de quoi rassurer l'homme et la femme de goût. Aux États-Unis le courant musical qu'elle représente est respecté et prolifique. De très nombreux artistes de renommée mondiale s'y sont frottés. 


Je retiens des gens comme Arlo Guthrie, Kris Kristofferson, Rita Coolidge et l'immense Emmylou Harris qui méritent largement qu'on leur prête une oreille (et même les deux) attentive(s). Kristofferson est un chanteur, un song-writer et un interprète remarquable. Un bon comédien aussi. Elle fut un temps sa femme, Rita Coolidge est plus  connue pour ses interprétations ("Your love has lifted me (Higher and Higher") sa très belle carrière de choriste (de Joe Cocker à Roger Waters) et même l'une chansons de générique des James Bond des plus réussies  ("All time high"). Sa voix transcende ce qu'elle chante.

Quant à Emmylou Harris il suffit d'écouter tel ou tel titre de son éblouissante discographie pour se convaincre de son authenticité. Une voix splendide qui défie le temps et une fidélité à toute épreuve à un style qu'elle a profondément marqué en le faisant évoluer. Des titres enregistrés avec l'inoubliable Gram Parsons à ceux qu'elle enregistra avec Mark Knopfler ("All the roadrunning") ce ne sont que des pépites.

 

 

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12 août 2021 4 12 /08 /août /2021 07:00

L'autorité on l'a d'office... ou pas. Elle ne se décrète pas.

Je ne l'ai jamais vraiment eue. Je criais pour obtenir un semblant de résultats. De ce fait j'ai été un père pas terrible et un salarié à qui on ne confiait pas d'équipes à manager. Je serai sincère en reconnaissant que "ce n'était pas mon truc".

J'ai su très jeune que je n'étais pas un chef charismatique. Si on me choisissait au ballon-prisonnier, à un autre jeu collectif ou à un sport c'est parce que je courrais vite. Je n'ai pas souvenir d'avoir une seule fois été chargé de constituer une équipe! Ni à l'école primaire, ni en colonie de vacances, ni au "service militaire", ni en séminaire d'entreprise ni en randonnée avec des amis, jamais on ne m'a donné le commandement.

J'ai participé à "Fort Boyard" mais... en tant "qu'intellectuel"!

On m'a, au cours de ma carrière professionnelle, fait suivre des stages au titre évocateur: "conduire et animer une réunion" entres autres. Je me souviens d'un fiasco retentissant à une épreuve bizarre: un type avait les yeux bandés et je devais le conduire où je voulais. J'avais spontanément choisi un parcours compliqué et lui s'était laissé mené sans se plaindre. Le commentaire après coup était que je faisais prendre des risques, que j'étais dangereux, que mes choix n'étaient pas clairs ni évidents etc... celui que j'avais mené n'importe où était plaint alors qu'à aucun moment il ne s'était rebellé. Je me souviens vaguement que l'on ne s'était pas bousculé pour s'asseoir à côté de moi au déjeuner et que la fin du "stage" avait été pénible.

J'adore mon fils mais ce n'est pas le critiquer que dire qu'il a été un enfant compliqué. Il m'en a fait voir de toutes les couleurs et savait comme personne obtenir beaucoup de moi. Récemment il m'a avoué avoir poussé à fond la Golf que je lui avais laissé (jeune possesseur du permis) avec maintes recommandations. "à 220 km/H" a t'il précisé. Il signait ses carnets, trafiquait les bulletins mensuels, utilisait mes cartes de crédit le tout avec une figure d'ange miséricordieux. Je ne voyais RIEN. Il me faut le recul pour comprendre pourquoi livres et disques disparaissaient: il les revendait.

Quand il est né mon père m'a dit que ce serait justice s'il était "au moins la moitié chiant que je l'avais été".

Je n'ai rien dit de tel à la naissance de ses fils mais je crois que la malédiction s'accomplit de génération en génération!

Mes petits fils et ceux de Françoise, quatre en tout, savent que je suis gentil et "cool". Ils ne me craignent pas et c'est tant mieux. Je suis ainsi fait. 

 

 

 

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11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 07:00

Comme d'habitude je découvre avec des mois de retard une série que tout le monde a vue et aimée. Je n'en avais pas entendu parler et personne ne m'en avait vanté les qualités. Du moins me semble t'il.
C'est une série qui vient du Danemark et qui traite de la politique en général et de la Démocratie en particulier. Elle s'appelle "Borgen".
Nous suivons le parcours d'une femme, bonne bourgeoisie aisée, mari enseignant de haut-niveau, deux enfants, belle maison dans la capitale qui fait de la politique (elle est plutôt centriste avec velléités écologiques et un tropisme pour les droits de l'homme). Elle est finalement en passe d'être nommée premier ministre (le pays est une monarchie constitutionnelle) et , naturellement, les soucis commencent.

Les hommes comme les femmes qui font de la politique l'essentiel de leur vie (au détriment de leur autres vies et particulièrement celle qui concerne leur famille), on le sait, sont souvent prêts à tout pour arriver à leur fin. Trahisons, manœuvres, coups-bas, mensonges, arrangements, tricheries ils et elles ne reculent devant rien pour obtenir le poste convoité et la célébrité qui va avec. Pour être appelé "Monsieur le Ministre" certains ne sont pas avares de bassesses, de courbettes ou pire.

Notre histoire nationale nous donne presque quotidiennement des exemples de cette cour des miracles où seuls les initiés (et c'est rarement la presse qui les informe) savent à quel prix untel et une-telle est devenu(e) Ministre et ce qu'il ou elle est capable de faire pour le rester!

En soi cette quête frénétique du pouvoir pourrait être ennuyeuse mais il n'en est rien. Du fait que c'est une fiction on suit les pensées et actions des personnages et les conséquences prévisibles ou pas de celles-ci. C'est passionnant quand ça se passe à une époque ancienne ("Game of thrones"), à une époque déterminée ("The Crown") ou lorsque ça narre des évènements fictifs ("Boss", "Borgen") mais largement inspirés par des faits réels.

La série alterne les histoires dans l'histoire en pimentant celles-ci d'affaires de cul ou de cœur jamais vulgaires. Il y a une authentique réflexion sur le Pouvoir, sur ceux qui le recherchent comme sur ceux qui l'exercent et aussi sur ses effets à long terme. La femme Premier Ministre n'est pas longue à comprendre que les reniements et les compromissions font partie du job ni que la réalité s'impose et que les jeux et enjeux du pouvoir s’accommodent mal avec la morale. Le rôle de la presse est intelligemment montré et ses déviances également.

En visionnant cette série je comprends que la course aux pouvoirs est réservée à des personnes qui ont théorisé leur désir d'arriver et la façon de le satisfaire que cela ne s'improvise pas et qu'il faut pour cela des qualités (et des défauts) que peu possèdent en quantité suffisante.

Cette série-là est intéressante, intelligente et instructive. Bien interprétée, suffisamment rythmée elle donne en plus à réfléchir. C'est presque trop beau pour être vrai.

 

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11 août 2021 3 11 /08 /août /2021 07:00

Autour de moi une nouvelle manie accapare mes contemporains: se pensant atteints d'allergies ils racontent leurs peurs et leurs difficultés en imaginant que celles-ci peuvent m'intéresser. Non que je sois insensible aux heurs et malheurs des autres mais "trop c'est trop" et les rétifs aux cacahuètes, aux kiwis, à la salive de chat ou au gluten me les brisent.

En écrivant qu'ils "se pensent" atteints et non qu'ils sont affectés d'allergies, je donne un jugement de valeur et par définition il est subjectif. Je ne suis pas médecin et n'ai qu'une expérience limitée des allergies et de leurs effet.
J'observe juste que ces personnes se gâchent l'existence en s'inquiétant exagérément des conséquences de l'ingestion d'une pistache ou de passer sous une ligne à haute-tension. Une allergie ne suffit pas. La plupart du temps elle cohabite avec d'autres toutes aussi improbables les unes que les autres.

A mon humble avis il y a de l'auto-persuasion dans l'air. Certains produits sont tellement décriés qu'ils véhiculent une image entièrement négative. De là à décréter une allergie pour éviter d'en consommer le circuit mental est direct.

Alors, les personnes qui veulent ne consommer que des produits aseptisés, BIO, provenant de circuits courts ou anti-allergiques nous font part de leur vie un enfer quotidien à éviter la rencontre avec la fraise-des-bois déclenchante, avec le sel ou le crustacé qui les mettra à terre.

Je ne me connais aucune allergie hormis une intolérance critique à Anne Hidalgo ou à Bernard Tapie. Mes anticorps fonctionnent. Je me sens coupable de ne pas frémir devant du lait ou de la charcuterie!

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10 août 2021 2 10 /08 /août /2021 07:00

J'avoue que je suis bluffé lorsque je vois un livre comme "La nuit du chasseur" - une esthétique cinématographique de Damien Ziegler (édition Lettmotif - 2008 réédité en 2021 - 24€) parce que, même si j'aime le film de Charles Laughton (1955) que j'adore regarder de temps en temps avec des longues années entre deux visionnages.

Oui, "La nuit du chasseur" est un de mes films préférés, sans doute même est-il dans les 10 premiers de mon panthéon personnel. Comme tous les sujets je comprends qu'un passionné ait une multitude de réflexions à faire et à partager sur un sujet qu'il maîtrise et le qui le passionne mais en même temps je me demande si trop n'est pas trop et si une exégèse aussi fouillée ne passe pas à côté du film en le disséquant d'une façon trop approfondie. A trop creuser un sujet on peut l'épuiser. Du moins me semble t'il.
J'ai acheté le livre en question à la librairie "Ombres Blanches" du cinéma qui est spécialisée dans un cinéma "exigeant". On y cherche la petite bête, on emploie des mots de professionnels, on analyse les mouvements de caméra, on s'interroge sur l'image, les intentions du scénariste, du metteur en scène et du producteur, le son, les décors, les costumes, le découpage, le montage, le story-board, l'impact du film et, naturellement, on le fait pour des films ambitieux et réputés difficiles. Ce n'est pas la librairie idoine pour chercher une biographie de Fernandel ou les mémoires de Jean Lefèbvre!

J'avoue m'agacer parfois de ces livres thèses destinés à quelques fous de films qui croient déchoir s'ils ignorent le nom du perchman ou de la monteuse d'un film japonais muet. Je lève un sourcil dédaigneux devant ces monographies "complètes" de Robert Guediguian ou une Nième filmographie laudative de Jean-Luc Godard.  Mais c'est là que je trouverai le DVD/Blue ray de "Deep End" de Jerzy Skolimowski. Ni chez Joseph Gibert ni à la Fnac. Pareil pour l'étude sur "Shining" ou "La comtesse aux pieds nus".

Revenons, car on s'en éloigne, à ce film magique, étrange, bouleversant, merveilleux, brillant, curieux, maudit, "culte" et singulier qu'est "la nuit du chasseur". Seul et unique réalisation de l'acteur britannique Charles Laughton il réunit à l'écran l'actrice du muet Liliane Gish, l'excellentissime Robert Mitchum dans le rôle d'un prédicateur fêlé et assassin, Shelley Winters une fois encore malmenée dans un film ("Lolita") et deux enfants chargés de nos peurs enfantines.

Je ne vous ferai pas l'injure de raconter l'histoire, le film est suffisamment connu pour m'en dispenser. La narration, la musique, l'image, le scénario, le jeu des comédiens (et tout particulièrement celui de Robert Mitchum) la mise en scène et le film dans son entier vous transportent dans ce que le cinéma peut faire de mieux: ailleurs. Un endroit où nulle préoccupation autre que l'action se déroulant sur l'écran ne peut vous atteindre.

Le livre, que j'ai évidemment acheté, m'a donné envie de revoir -en V.O naturellement- la nuit du chasseur. Un de ces soirs je regarderai, c'est certain, le combat entre l'amour (LOVE) et la haine (HATE). C'est tout le mal que je vous souhaite également.

 

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9 août 2021 1 09 /08 /août /2021 07:00

samedi 7 août la petite ville ariégeoise de Foix, à une centaine de kilomètres de Toulouse, était bloquée par les manifestants anti-pass Covid. Pour une petite cité comme Foix il y avait du monde.

La police bloquait les entrées et sorties des voitures qui, fatalement, constituaient de gros et impressionnants bouchons. Le centre-ville, souvent thrombosé en temps ordinaire, était totalement inaccessible. Les commerçants, qui en douterait?, s'arrachaient les cheveux devant cette matinée commercialement perdue. Le château, admirablement restauré et réorganisé ne pouvait compter que sur une infime partie des visiteurs prévus.

Et, comble de malchance, il faisait beau et (relativement) chaud en ce début août. De quoi, effectivement, regarder d'un œil torve ces bataillons de râleurs qui scandaient des slogans à ras de bitume.

On comprenait que Macron ne leur plaisait pas et que le vaccin dont il est question depuis des mois ne leur agréait guère. C'est une litote.

Foule pacifique constituée de "baba-cools" la manifestation était vraiment pacifique, impression confirmée par le nombre important d'enfants brandissant des pancartes artisanales dont, à l'évidence, ils ne comprenaient ni le sens ni l'absurdité de certains propos.

Car enfin, même à Foix il est possible de s'informer et donc ridicule de crier à la dictature et à l'atteinte aux libertés.

Qu'on ait des préventions contre les vaccins en général est déjà inquiétant: la polio-myélite, le tétanos, la rougeole, la rage et tant d'autres maladies ont disparu non par l'opération du Saint-Esprit mais grâce à la vaccination généralisée. Mais que l'on soupçonne les "Labos" (comprendre "le grand Capital" ou "Satan") de vouloir injecter un poison aux habitants de la planète est un délire que je ne m'explique pas.

Je vois là les preuves que certains de nos contemporains croiraient sans doute aux sorcières, au Malin, au protocole des sages de Sion et à toutes autre sornette tant ils sont prompts à accepter l'idée d'un complot mondial, à l’injection de nano-particules etc.

Tant qu'on y est, effectivement, pourquoi ne pas croire au désir de devenir tyran d'Emmanuel Macron même si la simple formulation de cette extravagance dépasse l'entendement. Et je n'ai pas parlé de la 5G maléfique et autres délires.

Je le redis; ce qui m'a étonné (et consterné) samedi en regardant cette foule passer c'est le décalage entre les slogans et la sagesse apparente des hommes, des femmes et des enfants qui défilaient.

J'avais l'impression (je l'ai depuis le début) qu'ils avaient été abusés et qu'ils n'étaient pas capables de raisonner. Qu'ils allaient sortir de leur somnambulisme abêtissant.

Les commentaires des journaux parlés et écrits, le soir même, indiquaient nettement que la contagion s'auto-alimentait.

 

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6 août 2021 5 06 /08 /août /2021 07:00

Je reviens rapidement sur les manifestations anti-pass Covid qui, depuis 3 samedis permettent à n'importe qui de dire n'importe quoi.

Où l'on voit le Président de la République Emmanuel Macron soupçonné de fomenter un complot contre la République, l'état de droit et "nos" libertés.

Oubliant que le virus est mondial et qu'il est combattu partout ailleurs avec sensiblement les mêmes armes ils feignent de croire ou, pire, croient que le président Macron est sur le point de se transformer en dictateur d'un nouveau genre: un tyran qui s'en prendrait à notre santé. Écrit c'est complètement idiot mais ils étaient 200 000 à manifester samedi dernier comme si c'était plausible ou en train de se faire.

De grands médecins, des virologues, des philosophes et une noria d'intellectuels de tous bords et origines viennent dire que la vaccination est, en l'état actuel, le seul frein à la progression du virus.

Nos contestataires, soutenus par des calibres comme Florian Philippot* et Dupont-Aignan campent sur leur position et répètent des slogans ahurissants de bêtise. Leur viatique est constitué des âneries complotistes qui feraient rire si elles n'étaient crues et répétées par des milliers de cocus contents de l'être. Plus les arguments utilisés sont grotesques plus ils sont crus.

L'entrée graduelle en campagne présidentielle permet aux moins scrupuleux de jeter de l'huile sur le feu.

Après les gilets jaunes (prêts à reprendre les rond-points) les complotistes et les antivax trustent les plateaux de radio et de télévision où on leur tend des micros plus que complaisants.

Parfois la "vieille France" déliquescente, celle du Général Boulanger et des ligues des années 30 reprend du service. Nous sommes dans une de ces médiocres périodes. En plein dedans.

 

* Philippot dont la livraison du 4 août du "Canard enchaîné" nous apprend qu'il possède le pass sanitaire qu'il a récemment utilisé pour se rendre à Rome.

 

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5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 07:00

Sur l'autoroute j'ai écouté par hasard, une émission de France Culture, "la grande traversée" qui diffusait un des 9 épisodes consacré à la Comtesse de Ségur.*

Inutile de dire que cette auteure ne fait pas partie de mes préoccupations immédiates et qu'hormis "les malheurs de Sophie" et "Les petites filles modèles" que ma mère lisait à ma sœur prénommée ainsi;  je n'ai pas souvenir d'avoir lu quoi que ce soit de la Comtesse en question.

C'était une émission rafraîchissante et bon-enfant. Pas question d'employer des grands mots et de manier des concepts piégés. Simplement l’œuvre, l'auteure, le contexte et des commentaires de personnes l'ayant lue.

J'avais oublié que la dite Sophie était censée être une petite fille de 3 ans et demi 4 ans. Il m'avait échappé que sa mère, la redoutable Madame de Réan, était sévère jusqu'à la cruauté avec sa petite fille qui, en fin de compte, se sentait très seule et essayait d'attirer l'attention en faisant des "bêtises".

M'avait échappé également le fait incontestable que Sophie faisait surtout souffrir les animaux.

Je n'avais pas retenu que le petit Paul, insupportable enfant sage, avait disparu dans le naufrage du bateau qui emporta aussi la mère de la petite héroïne.

Par contre je me souvenais que le livre était publié dans la bibliothèque rose, réservée aux filles. Que les dénommées Camille et Madeleine étaient d'horribles poseuses (de 7 et 8 ans!!) et surtout que la morale , le moralisme, la classe sociale supérieure et une certaine mièvrerie y étaient distillés au point d'affecter le récit.

Jean-Claude Brialy en avait fait une adaptation cinématographique difficile à supporter parce que les enfants y étaient mauvais comme des cochons.

J'ai trouvé amusant le passage sur "les fruits confits" qui était lu avec subtilité. Je n'ai jamais été convaincu par les textes lus mais ai pensé que des textes "mineurs" y trouvent une sorte de rédemption littéraire. "Les malheurs de Sophie" me sont apparus comme bien écrits et plaisants à écouter.

 

* disponibles en podcast.

 

 

 

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4 août 2021 3 04 /08 /août /2021 07:00

Je suis tombé sur deux petits livres de poche, des éditions Press-Pocket d'occasion dans un vide-grenier. Il m'en a coûté deux euros le lot.

Ils sont signés Georges Hyvernaud et sont comme des signaux qui nous sont faits de de très très loin. L'un est intitulé "la peau et les os" et raconte la captivité calamiteuse de l'auteur entre 1940 et 1945 en Allemagne. L'autre, "Le wagon à vaches" le retour, après cette même captivité, dans un pays dévasté, moralement et physiquement.

J'ai été surpris de l'infinie misère du pays de la défaite. Pendant les plus de 70 années écoulées depuis l'effondrement du pays, de ses élites, de son armée et de sa population la France a plus changé qu'en aucun moment de son histoire. C'était nécessaire! la défaite sanctionnait un pays que la guerre précédente avait traumatisé et qui n'avait plus le ressort indispensable. Pacifique à contretemps et face au bellicisme sans fard de l'Allemagne, appauvrie, sans ressort, repliée sur elle-même, inégalitaire comme jamais la France était à bout de souffle. Ses mauvais choix et le sort allaient s'acharner sur elle pendant la période la plus sombre de sa longue histoire.

Hyvernaud, qui fut enseignant décrit ce pays vaincu, exsangue, sale, pauvre, misérable, vaincu. Des mentalités mesquines, des hommes et des femmes sans ambition et subissant leurs vies, des différences sociales infranchissables, une misère se contractant par héritage, des fléaux insurmontables (alcoolisme, déterminisme social, défaillance politique, poids de l'église et des conventions sociales etc.) qui, une fois que le rouleau compresseur Allemand eut défait nos "forces armées" empêchèrent longtemps le pays de se remettre, voire de se complaire dans cette fange à la fois grotesque et honteuse du "Régime de Vichy"*.

On pense souvent à Céline à la lecture de ces vies sinistres et sans espoir. La captivité poisseuse salit, humilie et détruit ces milliers d'hommes capturés par les Allemands et traités comme du bétail. On ne parle pas de camps de concentration et encore moins de camps de la mort mais de casernements sordides où l'individu est nié et réduit à un organisme souffrant. Le prisonnier de guerre est sous-nourri, méprisé, battu et humilié dans sa chair et son âme. Les Français pas encore moyens affrontaient ces terribles années sans préparation morale, intellectuelle et physique. La description qu'en fait Hyvernaud semble concerner d'autres êtres humains. Un autre monde, une autre époque. Dieu merci, même s'il y a des permanences dans le caractère national on peut penser que les Français de 40-45 ont disparu avec le retour de la paix.

Curieusement, moi qui ai toujours eu des problèmes avec les transcriptions trop réalistes des aspects médicaux de l'organisme ai été impressionné par les descriptions crues des latrines, de la saleté, de la promiscuité de la vie quotidienne des prisonniers. Hyvernaud ne juge pas -ou alors avec une certaine mansuétude- ses contemporains et, parmi eux, ses compagnons d'infortune. Cette humanité réduite aux fonctions dites naturelles on a tendance à ignorer qu'elle sommeille et pourrait se réveiller sans crier gare.

J'ai lu ces deux livres comme on lit des livres d'histoire. Derrière les grands thèmes tels "la France de Vichy", "la drôle de guerre", "mai 40" il y a une humanité qui a connu l'effondrement absolu et qui en a payé le prix fort. Savoir ce qui se cache derrière la "grande histoire" est une nécessité.

 

* Je ne dirai jamais assez qu'il faut lire et s'informer sur l'ignominie absolue que fut "l’État Français" de Pétain. Son abjection le dispute à sa bêtise, son inutilité à sa malfaisance. Tout y est sordide et dégradant. Seule "la grande terreur" Robespierriste peut lui disputer la place ignominieuse de période la pire de notre longue Histoire.

 

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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 07:00

Bon! notre équipe de jokari a failli grimper sur le podium des jeux olympiques à Tokyo. Vincent Lindon s'est remis de Cannes et les Français possédant le passe pourront aller dans les salles de cinéma pour voir le dernier chef d’œuvre comique avec Alexandra Lamy et Franck Dubosc. Ouf! on revient de loin. La Covid, cette pelée, cette galeuse, n'empêche pas les restaurateurs de fermer pour les vacances. Bison bossu signalait des centaines de kilomètres de bouchon dès le 30 juillet.
France Éternelle!

Et pourtant on l'aime ce pays! malgré les Français et leur fichu caractère.

Ils seraient, ces Hexagonaux, 40% à soutenir celles et ceux qui s'opposent à ce fameux passe. Ils seraient plus de 60% à rejeter Emmanuel Macron. Ils seraient, nous serions contre les éoliennes, contre le nucléaire, contre les centrales à charbon mais pour le téléphone et le tout rechargeable. Même les brosse à dents sont électriques. J'ai vu récemment des poivrières et des salières à piles!.

Nous sommes chauvins, pas accueillants, infichus de parler correctement une langue étrangère, nous sommes indisciplinés et individualistes. Un peuple insupportable et prétentieux mais aussi humble et courageux. La contradiction est notre marque de fabrique.

Pourquoi ce constat désabusé? parce que ce dimanche 1er Août, sur France Inter au "journal de 8H00" j'ai entendu un reportage qui m'a navré, déçu, consterné, choqué, abasourdi... rayez les mentions inutiles.

Les Français, y disait-on en substance, ne veulent pas payer pour les surcoûts engendrés par le télé-travail. Le radiateur d'appoint, sa consommation d'électricité, la chaise et le bureau, la lampe...les interviewés s'indignaient d'être contraints de régler des notes d'électricité élevées, notes augmentées des consommations directement dues au travail à la maison.

Le bureau fournit (souvent) les salariés en feuillet A4, en stylos et en d'autres articles de papeterie et quantité d'autres choses. Une "démarque inconnue" passée par pertes et profits. On n'y est pas regardant sur la consommation d'énergie (lumières, chauffage, machines branchées du matin au soir, micro-ondes...). L'entreprise, bonne fille, ferme les yeux sur ces larcins qui, multipliés par le nombre de salariés "indélicats" doit coûter cher.

Revendiquer, à la radio lors d'une interview, le remboursement d'une chaise n'est pas que ridicule, c'est aussi obscène. 100% des personnes travaillant dans des entreprises y rechargent quotidiennement leurs téléphones portables privés. Imagine t'on le tollé que susciterait la demande d'indemnité de l'employeur?

Nous ne rendons plus compte des incroyables espaces de liberté dont nous bénéficions. Nous vivons dans une démocratie certes imparfaite mais réelle et nous osons parler de "dictature".

Prenons garde qu'à force de la dénigrer et de la contester elle laisse la place à une authentique dictature. Rien ne nous garantit à vie de vivre dans un des pays où l'on est libre.

 

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