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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 09:10

J'ai regardé, effaré, une émission de télévision sur la consommation. ("Enquète d'action" 29/01/14)

diffusée sur un robinet à pub de la TNT, W9.

C'est une émission qui concentre les tics de la télé trash d'aujourd'hui (coupures de publicités

permanentes, utilisation de caméra cachée, interviews agressives...) et qu'on regarde en étant

vaguement honteux de le faire.

 

Mais on ne peut pas non plus toujours regarder le théâtre d'Eschyle ou le cinéma de Dreyer.


Le sujet en était "les produits du terroir". Le moins que l'on puisse dire est qu'on n'avait guère

envie de les déguster ou de se les procurer après les reportages.
Les saucisses "knack" d'Alsace, la vaisselle de Limoges, les couteaux Laguiole, la charcuterie

Corse et le savon de Marseille étaient étudiés avec soin.
Le constat d'abord: 90% des couteaux estampillés Laguiole viennent de Chine. 90% de la

porcelaine dite "de Limoges" est fabriquée en Tunisie ou ailleurs que dans la cité du Limousin

et 90% de la charcuterie Corse vient de Bretagne ou des pays de l'Est.

 

Ce qui entre dans la fabrication des saucisses "Knackies" donne envie de vomir quand on le

voit de près et les "saucisses d'âne" corse sont fabriquées en Corse avec des viandasses

venues d'Amérique du Sud et du Brésil.

Figatelli, Copa sont faits en Corse à partir de viande de porc en provenance des élevages en

batterie de Bretagne. Une viande de qualité médiocre qui n'a rien à voir avec celle produite
par les cochons d'origine Corse qui vivent en liberté. Une véritable escroquerie.

 

Le discours des fabricants qui jouent sur les mots est révélateur de la vision méprisante qu'ils

ont du consommateur: les industriels interrogés sont d'une mauvaise foi absolue: "ce sont bien

des produits Corses puisqu'on les fabrique en Corse".


A décliner pour les couteaux Laguiole (de Hong-Kong) vendus, c'est un comble, comme tels sur

le salon de l'Agriculture!!!, l'huile industrielle d'olive d'Espagne (de méchante qualité) vendue comme

venant de Provence sur les marchés touristiques et le savon de Marseille à base de graisse animale

et fabriqué, lui aussi, en Tunisie.
Le savon était exemplaire à plus d'un titre: il n'avait de Marseille que le nom (n'importe qui peut écrire

"Marseille" sur ses savons), il était constitué à plus de 82% de graisses animales -dont du porc-!

et les emballages, conformes à une législation inexistante indiquent qu'ils contiennent de l'huile d'olive

alors que celle-ci ne constitue que 0,2% du produit.

Celà signifie quand même que 99,08% du savon ainsi vendu ne contient pas d'huile d'olive!!!!!!!

 

On a laissé l'industrie nous gaver de produits innommables et les scandales ne nous atteignent pour

ainsi dire pas. L'affaire du cheval et des "minerais" de viande a choqué mais a vite été oubliée.
Je n'ai pas entendu dire que les lasagnes au cheval, les raviolis et autres recettes utilisant des

rebuts ne trouvaient plus preneur. Les chevaux de labos expédiés en moins de temps qu'un 5 à 7
avec Julie Gayet en unes de la presse.
Il suffit d'utiliser des leurres et le public tombe dans le panneau. Un bout de tissus à carreaux, le

mot "grand mère" et le tour est joué: le produit industriel standard devient un souvenir d'enfance

et gagne en humanité...

 

Les publicitaires sont grassement payés pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes

(et de l'infâme jambon pour un produit naturel)  et nous gobons le tout.

 

Vraiment dans la forme et le fond cette émission m'a retourné le coeur. Je prendrais un somnifère

la prochaine fois!

 

 

 

 

 

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 06:46

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Incroyable ce que notre pays profond peut-être réactionnaire et attaché à des rites vieillots.
Lundi soir la cinémathèque de Toulouse diffusait dans une salle de prestige un film qu'elle

a restauré et qui date de 1928.

C'est un film qui reconstitue la bataille de Verdun il est signé Léon Poirier.

Sa présentation était censée ouvrir les commémorations du centenaire de la guerre de

1914-1918.

Le film était prévu avec un accompagnement de piano suivant la partition originale.


A l'heure dite la salle s'est à moitié remplie et cinq fauteuils Louis XVI rouge velours ont été

disposés autour d'un pupitre transparent.
A vingt heures tapantes les cinq messieurs "importants" de Toulouse et de la soirée sont

apparus sur la scène. Inutile de dire qu'on ne les attendait pas.


Le maire a fait un discours qu'a répété Martin Malvy qu'a complété le président de la

Cinémathèque et qu'a synthétisé Kader Arif, le ministre des anciens combattants.

Un catalogue de poncifs, de phrases creuses et de langue de bois.

"on" se gargarise de République, d'Egalité et de Liberté mais on se conduit comme des

potentats locaux. Cherchez l'erreur!

 

Les cinq barbons n'avaient que le "sacrifice" des poilus à la bouche. On leur avait laissé

le choix aux poilus? les "déserteurs", si je ne m'abuse, étaient promis au peloton* et la

mort au "champ d'honneur" ne se négociait pas... C'était sans doute les prédécesseurs

de la brochette en question qui y veillaient. Et de manière pointilleuse.

 

Ces quatre édiles, tous de la même couleur politique et présents sur la scène régionale depuis

la fin du règne de Charles X se sont auto-congratulés, félicités, complimentés et remerciés

devant un public impassible et sous les flashs des photographes de la presse régionale.

Ca y allait les gros plans des élus. De quoi enrichir leurs "books", assurément.

 

Rien de plus grotesque que ces "vivas" au conseil régional ou au conseil général pour telle

ou telle réalisation. Après tout il s'agit surtout de l'utilisation de l'argent de nos impôts,

régionaux ou nationaux!

 

L'indécence de cet élitisme (eux en haut, nous en bas), ces discours d'une ringardise presque

comique (on aurait dit un sketch), cette suffisance et ce protocole moisi... tout cela était si

"IVème République" que je n'ai pas attendu le film pour m'en aller, manquant ainsi le discours du

cinquième.

Ce "Clochemerle" grandeur nature était par trop écoeurant. 

 

Confite en respect la salle applaudissait les discours pompeux et l'autocomplaisance des

intervenants.


La pluie, dehors, m'a remis les idées en place.Tout cela n'a finalement aucune importance.

 

 

 

*Qu'on relise "le pantalon" d'Alain Scoff si on veut se faire une idée de l'humanité de cette

époque.

 

 

 

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 06:45

Comme tout commerce organisé, et assurément celui de la drogue en est un, le commerce

des stupéfiants, de l'herbe à la cocaïne en passant par le crack et les amphétamines est

un système pyramidal avec ses "smicards" (les guetteurs) et ses "patrons" (ceux qui financent).

Les émoluements des ces messieurs vont de pair avec leurs fonctions.

 

De nombreuses "professions" le composent dont chacun a entendu parler. Cela va du

convoyeur au chimiste, de l'homme de main à la "mule" et les échelons sont nombreux et

distincts entre le fournisseur des particuliers et celui qui organise le trafic pour son compte

ou celui d'une mafia.

 

Si un homme ou une femme appartenant à ce trafic perd la confiance, même

momentanément, de ses chefs on imagine bien que la mise à pied aura ses propres

caractéristiques et que le licenciement, s'il intervient, n'aura guère de possibilité d'être

discuté au tribunal des Prud'hommes local...

 

Lorsqu'un conflit oppose deux bandes rivales il n'est évidemment pas plus question d'avoir

recours à la justice classique, mais à une justice qui a ses codes, ses rites et ses sentences

exécutables rapidement.

 

Tout ceci semble logique et on imagine assez bien que ceux qui transgressent l'ordre

mafieux de leur clan le font en connaissance de cause et savent ce à quoi ils s'exposent.

 

Pas de sentiment ni de seconde chance. Les voyous n'ont pas voté pour l'abolition de la

peine de mort et celle-ci conserve pour eux un caractère exemplaire.

 

la possibilité de faire appel du jugement ou de se pourvoir en cassation n'existe pas non

plus, on le conçoit et on le comprendrait presque...

 

La presse s'émeut de ces nombreux règlements de comptes, de la jeunesse des "victimes"

de la brutalité des gangs et de l'impuissance de la police à y mettre un terme.

 

C'est être terriblement hypocrite et refuser de voir la vérité en face. Les banlieues  (pardon,

les quartiers sensibles) vivent en grande partie de cette économie parallèle et l'Etat ferme

les yeux sur ces trafics qui lui assurent une forme de paix sociale.
Tout le monde sait que les jeunes maghrébins Bac-5 qui roulent en BMW, en Mercedes ou

en Porsche Cayenne ne les ont pas payées avec le RSA ou les contrats aidés.

Tout le monde sait que la drogue est un marché qui ne connaît pas la crise.

Les bobos, les mondains et les animateurs de télévision qui en prônent la consommation

qui en fument ou qui se font des lignes n'achètent pas ou ne font pas acheter leurs produits

au Carrefour Market du coin.


Les morts de Marseille ou d'ailleurs sont les scories visibles d'un feu souterrain. Il faut avoir

la bêtise crasse d'un commentateur radio pour s'étonner qu'un "caïd" soit tué devant son

enfant de 9 ans. Depuis quand les tueurs feraient du sentiment?
Les dresseurs de putes africaines ou des pays de l'Est seraient des sentimentaux? assez

de grands mots ("République", "répression") et de faux semblants.
Nous savons tous ce qui se passe dans ce pays en matière de drogue et de prostitution.
Qu'on ne vienne pas nous raconter "la belle au bois dormant" et jouer les pleureuses

parce qu'un gangster s'est fait descendre par d'autres gangsters...

 

Ce sont les risques du métier pour le flingué et la société toute entière a accepté sa

condamnation et son exécution. En fermant les yeux ou en détournant le regard.

 

Du haut en bas de ces organisations on admire le Al Pacino de "Scarface" dont la

violence est prise au premier degré. Il ne faut donc pas s'attendre à des règlements de

compte avec des fusils à bouchons!

 

 

 

 

 

 

 

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 07:01

Je ne peux pas vous faire croire que je suis né il y a vingt ans et que Stromae est mon genre de

musique préférée...
Quand on aime Balzac ou Audiard, qu'on adore Kubrick ou Manckievicz, qu'on a des souvenirs

émus de Cassius Clay ou de Pelé, qu'on révère Mozart et qu'on adore Jérôme Bosh ça signifie

que l'on a vu le jour entre Charlemagne et Louis le Pieux.

 

Pour les voitures c'est un peu le même topo. Ma génération a connu les "quatre roues sous un

parapluie" (alias la 2cv Citroën), la 4L et l'inconfort rugueux des VW "coccinelles".

 

Aujourd'hui la moindre "Panda", "Up" ou même "Smart" sont des parangons de confort, de luxe

et de technologie si on les compare avec ce que j'ai connu enfant, des "Arondes ¨P60" aux

"Renault Dauphine" (une voiture si bien conçue qu'elle terminait souvent dans les fossés),

des "Taunus" aux "404".
Encore les Peugeot étaient-elles "bien finies", comme on disait alors pour signifier que les

finitions en étaient remarquables, avec cuir et baguettes chromées.

Les voitures de sommet de gamme de "mon" époque, principalement la Renault 16 TS, la

DS 21 et la Peugeot 504 offraient des prestations qui paraîtraient incroyablement spartiates

à nos contemporains.

L'allume cigare, c'est un exemple, était considéré comme un luxe et était en option!

 

Pour le travail que je fais en ce moment j'essaie pratiquement tous les modèles de voitures

disponibles en Europe et suis presque stupéfait devant la qualité des motorisations et la

richesse des équipements des voitures modernes, et ce qu'elle soit la petite 4CV citadine

ou la belle limousine stylée, le 4X4 comme le Pick-up.

C'est simple: même les véhicules utilitaires sont bien conçus et possèdent des équipements

que l'on considérait comme superflus lorsque j'étais ado (climatisation, poste de radio de

qualité, rétroviseurs réglables de l'intérieur, dégivrage vitre arrière, feux de recul, essuie

glace arrière....)

 

La liste de ces possibilités, toujours plus nombreuses et sophistiquées m'éblouit: témoin

lumineux de pression des pneus, toit panoramique ouvrant, prise USB, ordinateur de bord

aussi compliqué qu'un "apple" moyen, allumage automatique des phares ou des essuie

glaces, système d'assistance au stationnement, radars de recul, frein à main automatique,

GPS et j'en oublie.

A titre de comparaison la Renault 4L possédait des sièges de toile tendue sur des barres de

fer façon transat, un changement de vitesse au tableau de bord (les premiers modèles n'avaient

que 3 vitesses!), pas de totalisateur journalier ni, évidemment de réglage de la hauteur du volant,

une clé pour ouvrir toutes les portes, un rétroviseur collé au pare brise et qui se décollait avec le

temps, des fenêtres coulissantes (oui, vous avez bien lu!) et elle atteignait parfois les 100km/H,

oui mais uniquement avec vent arrière et en descente.
Une voiture apparue au salon de l'auto en 1963 et qui partage avec la "Ford T" et la VW

"coccinelle" l'envieux statut de voiture la plus vendue au monde.

 

Les voitures d'aujourd'hui n'ont pas plus à voir avec celles d'il y a 50 ans que le TGV avec

les locomotives à vapeur et les "Caravelles" avec les Airbus.
Quand on dit que tout va mal et que c'était "mieux avant" il suffirait de faire faire un tour en

Ford Escort ou Renault 8 celui qui a eu son permis sur une Clio IV ou même une C3 .

On passerait ensuite devant la machine à laver, le frigo, l'éclairage, les vélos.... toutes choses

matérielles qui simplifient la vie au point qu'on ne se rend pas compte de leur évolution

positive.

 

 

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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 06:31

Le moins que l'on puisse dire, en guise de conclusion à cette regrettable affaire privée concernant

le président Hollande et sa compagne, c'est que l'élégance et la discrètion n'ont pas été à la fête

ces derniers jours.

 

Hollande a peut-être eu tort de négliger de ménager Valérie T: peut-être "ne sait-il pas ce qu'est une

femme qui se venge"?

 

Si, comme moi, il avait vu le film de Robert Bresson (1945) "Les dames du Bois de Boulogne"

dialogué par Jean Cocteau et interprété par l'excellentissime Maria Casares il s'y serait pris

autrement...

 

Ma mère nous a, mon frère, mes soeurs et moi, initié au cinéma. C'est à elle que nous devons toutes

et tous, une grande connaissance des films "du répertoire", des "classiques" et des films peu connus

mais remarquables.
Elle nous a accompagné à la cinémathèque qui se trouvait alors au Palais de Chaillot au Trocadéro

pour nous faire découvrir des films du monde entier, en V.O

"Orfeu negro", "La Ronde", "Le voleur de bicyclette", "Senso", "Gilda", "La comtesse aux pieds nus",

et tant d'autres nous les avons découverts bien avant le ciné-club de la télé et avant l'apparition de

la vidéo puis des DVD.

 

Lorsque le cinéma rencontrait la littérature ("La chartreuse de Parme", "Pot-Bouille", "Madame de...")

nous étions doublement heureux.

 

C'est le cas avec le film "Les dames du Bois de Boulogne" qui est une adaptation de l'histoire de

Madame de la Pommeraye de "Jacques le fataliste et son maître" de Diderot.

 

Maria Casares y interprète une femme du monde qui a des doutes sur l'amour que lui voue l'homme

qu'elle aime et qui feint, pour le vérifier, de ne plus l'aimer.

Celui-ci ne voit pas le piège tendu et avoue qu'il s'est détaché d'elle et que ses sentiments se sont

estompés.
Elle va monter une cabale qui (je vous épargne les détails, l'histoire est ancienne et a été "rajeunie"

à la fin de la guerre) va consister à jeter une femme "perdue" dans les bras du traître, l'en rendre

fou-amoureux, la lui faire épouser et révéler ses turpitudes le jour même du mariage.

 

Elle tire toutes les ficelles et son ancien amant est incapable de le voir.

 

Tous ceux qui ont vu le film se souviennent du mariage qui voit le malheureux jeune époux essayer de

dégager sa grosse voiture et la cogner dans les autres voitures tel un hanneton dans une lampe et, à

chaque passage devant la femme qu'il a délaissée, apprendre à quel point il a été manipulé.

Lorsqu'il demande pourquoi elle a fait tout celà il s'entend répondre par une voix glaçante: "Vous ne

savez donc pas ce qu'est une femme qui se venge"?

 

C'est un film en noir et blanc absolument magnifique. les plans sont lents, les images sont belles,

les dialogues surprenants ("Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour") et le jeu des

actrices (Casares mais aussi l'impressionnante Lucienne Bogaert et Elina Labourdette) sont parfaites.
L'acteur, Paul Bernard, est plus contestable: c'est un lourdaud un peu ridicule et j'ai toujours eu du

mal à imaginer que la femme jouée par Maria Casarès comme celle, ô combien différente, jouée

par Elina Labourdette pouvait l'aimer aussi totalement. Au physique (cf mon post d'hier!!!) c'est

un fromage blanc.

 

Mais revenons à François Hollande. Il a humilié devant 66 millions de Français la femme qu'il

disait en public être celle "de sa vie". (Là aussi belle élégance pour celle qui a vécu vingt ans avec

lui et avec qui il a eu quatre enfants).

On se vengerait à moins! et la dame a prouvé, en vingt-trois mois qu'elle était de cette trempe, 

celle des femmes qui avaient la rancune tenace et le faisaient savoir sans calculer les

conséquences....

 

PS: Le top 100 des audiences télévison de 2013 a été publié hier. 99 fois c'est TF1 qui a obtenu

la meilleure audience et "les enfoirés" sont le spectacle préféré du pays.
J'ai dû être échangé à la maternité ou adopté! je dois venir de Guinée-Bissau.

 

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 07:00

En rentrant d'Astaffort, jolie petite ville du Lot et Garonne proche d'Agen et dans laquelle le Gers

avait spectaculairement quitté son lit j'ai écouté l'émission de France-Culture "Du côté de chez soi"

consacrée à la "tyrannie de la beauté" de notre époque.

 

Un trajet d'une heure et demie que je n'ai quasiment pas vu passer.


C'était un programme passionnant (hormis l'intervention d'un biographe amoureux de son sujet,

Michel Foucault dont l'oeuvre et les pensées n'avaient pas beaucoup de rapport avec le thème

abordé) et qui mettait de façon intelligente en lumière l'un des aspects les plus grotesques de

notre époque.
Une femme qui a étudié le sujet parlait de "morphophobie" en évoquant des personnes perdues

pour la psychiatrie et persuadées d'être disgracieuses au point de se gâcher leur propre vie.

 

Un autre aspect de la beauté ou de son contraire était évoqué (dont j'ai oublié le nom savant):

celui qui concerne le sentiment qu'on a que les personnes en surpoids sont faibles et sans

volonté et donc un peu responsables de leur sort.

La prime à la beauté, dans les recrutements entre autres était évoquée et illustrée par la politique

RH d'une chaîne américaine de vêtements* qui ne dépasse pas la taille 38 et ne recrute que des

"modèles" qui correspondent à cet idéal. Il était précisé que le mépris affiché des 95% de la

population adulte qui n'entrent pas dans des vêtements de cette taille 38 s'étaient retourné contre

ces apprentis sorciers lorsque les médias se sont rebellés et que la compagnie avait essayé de

redresser son image.

 

Autre point abordé: le fait qu'on n'accepte pas un jugement de valeur raciste par exemple mais

que personne n'est choqué si l'on dit de quelqu'un qu'il est moche ou gros, voire pire. 

 

La culture (Oscar Wilde, le dandysme) et le Cinéma (la Belle et la bête de Jean Cocteau) étaient

évoquées pour illustrer ce que l'intervenante a qualifié de recherche de l'impossible: que des

femmes soient minces de partout tout en ayant des fesses et des seins imposants et que des

hommes soient minces aussi tout en ayant une musculature de supermen.

La nature n'a pas prévu de telles formes et, si quelques un(e)s y parviennent exceptionnellement

c'est pour une période courte et ça n'est pas sans conséquences.

 

Le nourrisson se tournerait d'instinct et fixerait plus longtemps les "beaux" visages.

 

Il a aussi été dit que la beauté est un accélérateur d'études et de carrières et l'explication qui en

a été donnée était incontestable.

 

Il est vrai, quand on y réfléchit, qu'il faut une bonne dose d'inconscience pour essayer de se

forger ce corps improbable alors qu'à tout bout de champ les mêmes vous vendent de l'alcool

et des nourritures industrielles qui ont l'effet inverse.

Pour une Beyonce ou un Georges Clooney combien de personnes "normalement constituées"?

 

Un spécialiste des séries américaines a montré, à travers l'analyse comparée des types

féminins qu'elles mettaient en scène comment on s'affranchissait petit à petit de cette

obligation d'être beau et de correspondre à des archétypes "Sex and the city", "Nip & Tuck"

et "Girls" donneraient ainsi la preuve de cette (salutaire) évolution.

 

Terminant sur une note très optimiste le présentateur a démontré que les "télé-crochets" de la

télévision s'affranchissaient de cette dictature de la beauté et que les vainqueurs étaient

souvent des personnes au physique hors norme.

 

En une heure d'émission (disponible en podcast) un tour d'horizon sur une question beaucoup

moins anecdotique qu'il n'y paraît.

 

 

* Abercrombie

 

 

 

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 07:00

Après m'être fait voler deux vélos en 2013 l'envie de leur trouver un successeur avec roues

guidon et selle a fait son chemin et je suis sur le point de refaire cet achat qui s'apparente

au tonneau des Danaïdes.
Je veux dire par là qu'en donnant ma carte bleue la durée de vie de mon vélo en tant que "le

mien" sera scellée. Entre 2 mois (mon minimum) et 3 ans et quelques mois.

 

Vous me direz: "Oui mais pourquoi ne pas prendre les Vélib"? ma réponse est multiple:

parce qu'on y est inconfortablement installé, parce qu'ils sont lourds, parce qu'ils sont

souvent détraqués et parce que la machine qui les délivre nécessite BAC+7 pour les

débloquer.

 

Vous rétorquerez: "Un vélo neuf c'est tenter les voleurs". Vous avez certainement raison

mais le vélo d'occasion est bourré de vices cachés qui expliquent qu'on s'en soit

débarrassé. De plus on les vole tout autant. J'en ai fait l'expérience.
Guidon qu'on ne peut règler, dérailleur faussé, freins capricieux, selle tournante, roue

subtilement voilée (et j'en passe) sont monnaie courante sur un biclou d'occaze.

 

Vous direz alors: Pourquoi ne pas prendre un vélo de gamme moyenne, style Décathlon, si

votre peur de vous le faire dérober est si forte et si vous n'avez pas de solution nouvelle pour

le stocker? " Effectivement, je n'ai rien à répondre. Mes précédents vélos possédaient

3 antivols deux pour le cadre plus une roue et un pour la selle.
Cela n'ayant pas découragé les voleurs je l'ai sagement rangé dans mon cellier/cave dont

l'accès se fait par deux portes closes par une serrure sécurisée (là j'entends ces abrutis de

MMA ou de GMF...) et ça n'a rien empêché.
Je ne vais pas le mettre dans mon lit même s'il est king-size! j'ai une autre idée de la déco

de mon balcon-terrasse et, surtout, je ne vois pas pourquoi je roulerais avec un vélo moyen

alors que j'ai déjà acheté, rien que pour moi et à Toulouse, cinq ou six vélos de bonne

qualité. Donnerais-je raison à mes voleurs en roulant sur un vélo de clown pour qu'ils n'aient

pas envie de me prendre celui-là aussi?

 

Je vous entends:"Il ne faudra pas se plaindre que ce vélo disparaisse comme ses devanciers".

je réponds: "En effet".

Et je vous rappelle que je parle d'un vélo virtuel puisque, à ce moment de mon post, je n'ai

pas acheté la moindre bicyclette, le moindre vélo.

Je pourrais être un journaliste tout à fait acceptable: je viens d'écrire une trentaine de lignes

sur du vent! et j'aurais pu en pondre beaucoup encore mais je crains de vous lasser et d'avoir

de mauvais commentaires.

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 07:31

Pour l'anniversaire d'un ami j'ai acheté hier une clé USB de grande capacité.
Je voulais y graver un film que, même compressé, je ne suis pas parvenu à

lui envoyer en pièce jointe d'un mail.

 

Je ne sais pas (et lui non plus) comment ouvrir ma dropbox à quelqu'un

d'autre que celui qui me l'a installée.

Restait donc la solution clé USB. Avec une capacité de16GB, inutile de dire

que le film tenait sur celle que j'ai achetée et que je pouvais en inclure pas

mal d'autres.

 

Ayant tenté, avant d'aller en acheter une neuve, d'effacer ce qui se trouvait

sur certaines de mes clés USB et de le remplacer par le film en question

j'avais noté, sans y faire vraiment attention, que celles-ci "marchaient" moins

bien. L'ordinateur refusait d'en reconnaître certaines.
Soit elles ne s'ouvraient pas, soit elles s'ouvraient mal, soit j'avais du mal à

avoir accès aux documents gravés dessus.

Au moment de payer la clé USB neuve une inspiration subite me fit demander

au vendeur du magasin dédié à la micro informatique et ne faisant que cela

si les clés USB avaient "une durée de vie" connue.

 

A mon intense surprise il n'hésita pas une secondes et répondit que oui, "comme

tout le matériel électronique en général et les supports de stockage en particulier

4 ou 5 ans était une bonne durée de vie probable".

Abasourdi je lui demandais si les disques durs externes étaient eux aussi sujets à

cette obsolescence prévisible et il acquiessa en précisant que, comme on les

manipulait moins (surtout au niveau du port USB) ils résistaient mieux mais qu'eux

aussi avaient une durée de vie inférieure à 10 ans.

 

Un monde s'effondrait.

 

Toutes ces chansons, toutes ces photos, tous ces documents enregistrés ici ou là et

sur l'ordinateur... comment être certain de les conserver ad vitam aeternam?

 

 

Je me souviens de ces "diskettes"qui les ont précédées ces fameuses clés USB et qui,

à l'époque, me paraissaient le fin du fin.

 

Et si vieillir c'était ça? vouloir conserver des vieux trucs sur des supports obsolètes?
Aïe......

 

 

 

 

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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 07:14

Comme il est parfois difficile de conserver ses réflexes démocratiques et de supporter l'écoute

d'arguments allant contre vos idées.


Enhardis par le consternant retour en arrière de l'Espagne en matière d'avortement certains se

croient autorisés à en réclamer l'interdiction de ce côté des Pyrénées. 

 

Personnellement je ne me sens pas concerné par l'avortement mais je suis pour que toute

femme qui le souhaite puisse y avoir recours et qu'il soit un acte médical fait avec le moins

de douleur possible pour celle qui l'a demandé.
Je refuse de me prononcer sur l'acte et encore moins de m'occuper du statut de l'embryon. Cela

ne me regarde pas et il me semblerait obsène et dictatorial d'imposer  mon point de vue à ce

sujet à quelqu'un que je ne connais pas.

 

Les femmes qui ont recours à l'avortement n'ont pas à se justifier auprès de personne et encore

moins auprès de la police de la pensée des religieux.
S'ils veulent leur Paradis qu'ils agissent comme ils le doivent mais qu'en aucun cas ils imposent

aux autres un corset moral dont ils n'ont que faire.

 

Je ne crois pas au paradis et s'ils y sont promis, par définition les retrouver rendrait infernal ce

paradis pour moi .

 

Je me contrefous d'être écarté de la table de communion parce que divorcé, je me fiche comme

de l'an 40 d'être dans le péché parce que je vis avec une femme sans être (re)marié, je me fous

d'être éloigné des vertus morales de telle ou telle religion que je ne revendique pas et à qui je

n'ai  rien demandé.

vade retro ligues de vertu, valeurs morales et bondieuseries !

Je n'accepte pas qu'on vienne me faire la leçon, qu'on me dise ce qu'il faut et ce qu'il ne faut

pas faire.

Je n'oblige personne à penser ni à vivre comme moi et, en retour, j'interdis à quiconque de

vouloir se mêler de mes affaires.

Féru d'Histoire, je sais ce qu'il a fallu de temps, de sang et de larmes pour se débarrasser de la

chape de plomb que les interdits et les oukases de l'Eglise faisait peser sur le monde et il n'y a

rien que je souhaite plus que de ne plus la voir se mêler de nos moeurs et de nos pensées.

 

Ces jours ci j'entends des discours qui me font frémir et je deviendrais presqu'aussi intolérant

que ceux qui les tiennent, mais vis-à-vis d'eux.

Ces gens-là veulent s'occuper de ce qui ne les regarde pas et imposer leur vision étriquée et

peine à jouir du monde.
Qu'ils aillent à leurs rallyes où ils se ressemblent tous, qu'ils fassent carême, qu'ils n'aient des

rapports sexuels que pour la procréation, qu'ils aient leur mariage à vie et qu'ils vivent comme

au dix-neuvième siècle si ça les chante mais qu'ils ne s'occupent pas de "l'enfant" des femmes

violées ni des "bébés" avortés.

On ne s'intéresse pas à eux, pourquoi la réciproque n'est-elle pas vraie? Desproges le disait:

"Pourquoi le Pape s'occuperait-il du stérilet de ma belle soeur?".

 

 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 07:25

Le centrisme politique a souvent, dans notre pays, été représenté par des personnes au caractère

difficile (Poher, Barre, Bayrou) ou, au contraire, par des fromages mous (Lecanuet, Méhaignerie,

Borloo).


Du fait de la constitution de la Vème République et de la bipolarision qu'elle induit, le Centre, même

s'il peut de temps à autre atteindre les 15 voire les 20%, ne peut qu'exceptionnellement et faute de

concurrent à Droite, voir son candidat arriver à l'Elysée.

Ce fut le cas avec Valéry Giscard dit d'Estaing qui, de centriste n'avait que le nom et fit une solide

politique de droite (C'est loin mais Papon, Poniatowski ou Peyrefitte n'étaient pas, à proprement

parler, des centristes.)

Voilà pourquoi après le lancement raté en 3 campagnes présidentielles de Bayrou le Centre essaie

d'envoyer une nouvelle fusée à ses couleurs, en l'occurence Jean-Louis Borloo qui, comme ses

devanciers, est autant centriste que moi ingénieur nucléaire ou danseur mondain.

 

Borloo n'est pas un perdreau de l'année, loin s'en faut.


Il a d'abord été avocat et, ce qui ne manque pas de sel, celui de Tapie à l'époque des premiers

scandales. En tant que tel il a vite fait fortune et s'est acquis une réputation que plus personne n'a

remise en cause.

A valenciennes, commune dont il fut longtemps le maire, Borloo a réellement eu des (bons)

résultats. Un bilan ne peut pas être complètement négatif.


Comme politicien et responsable de parti c'est autre chose. Ménageant en permanence la

chèvre et le chou il s'est noyé dans la politicaillerie parisienne et s'est ridiculisé avec ses prétentions

à se présenter en 2012 contre Sarkozy pour finalement se retirer avant d'avoir commencé.

Bayrou étant seul et monomaniaque les Centristes poussent Borloo devant les caméras et l'on

assiste à cette étrange chose qui est une promotion tous supports d'un personnage que l'on

connaît déjà par coeur.

Comme le furet de la chanson enfantine, Borloo est passé par ici, il est passé par là, on le

reverra.... La presse écrite, parlée ou télévisée, ravie d'avoir un "bon client" qu'elle connaît déjà

l'invite à tour de bras et c'est  un défilé permanent du bonhomme qui a adopté un look plus

présidentiable

Cette retenue nouvelle et ce sérieux feraient rire si le mépris de l'électeur n'était pas sous-jacent.

 

Non que les "idées" de Borloo soient nulles. Ni que son discours soit indigne. En réalité on sent

bien qu'il ne s'agit que d'un positionnement et que la guerre picrocholine des partis du centre bat

son plein.
Devant la perspective d'une quatrième candidature Bayrou en 2017 Borloo se cabre et se dit que

cette fois c'est  "son tour".

Il a beau savoir qu'à moins d'un miracle l'édition 2017 des Elections Présidentielles sera une

revanche de 2012 et que Sarkozy essaiera de reprendre la couronne qu'Hollande lui a volée

Borloo pense, comme Michel Blanc dans "les Bronzés" : "qu'on sait jamais, sur un malentendu

ça pourrait marcher". !

En fonction de quoi, l'oeil de velours et les cheveux sagement rangés il vient, patelin, apporter la

bonne parole centriste qui, comme les autres paroles politiques est aussi crédible que celle

du loup végétarien ou du pornocrate amoureux de la poésie...

 

 

 

 

 

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