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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 07:00

Comme une immense partie de nos chers contemporains dès que j'ai disposé d'un peu de temps j'ai couru m'inscrire dans une chorale.
Que le solfège soit un lointain souvenir et que mes cordes vocales soient proches de la corde à linge ne m'a pas fait hésiter.
Voilà plus d'un an que je n'ai manqué aucune "répète" et que mes progrès sont aussi invisibles que les remords dans le regard de Nicolas Sarkozy.

Le chef de choeur a renoncé à dire que je chante faux car il ne ferait plus que ça.
J'éprouve du plaisir à chanter et cet exercice, auquel je porte toute mon attention et pour lequel je fais d'authentiques efforts reste sans résultat tangible.
Casserole j'étais, casserole je demeure.

Au fil du temps j'ai d'ailleurs constaté que nos soeurs étaient bien plus douées pour cet art: elles ont souvent le sens du rythme, la justesse de la note et l'oreille musicale.
Mes confrère basses et ténors sont plus rustiques.

Pour nous donner envie de nous améliorer et celui de nous faire entendre d'un public la chorale est invitée à donner des petits récitals dans des églises (répertoire oblige) ou dans des "matchs" entre chorales.
Bien que l'enjeu soit proche de zéro (le public est rien moins que sévère) la tension est forte lorsque nous arrivons pour chanter.
Mon expérience est limitée mais à chaque fois nous avons donné le pire de nous-mêmes. Comme un fait exprès nous n'avons pas respecté le tempo, pas suivi le chef, donné des notes improbables, oublié le texte, trop regardé les partitions et pas écouté les autres pupitres.
Une bérézina chorale.

Par contraste, une fois le stress évacué dans l'interprétation trop rapide de nos 7 ou 8 morceaux, nous écoutons les autres chanter et, invariablement, nous les trouvons meilleurs que nous.

Leur répertoire nous apparaît plus "évident" et la direction musicale plus souple.
(et les chanteuses.... plus belles).

Un sentiment inopportun m'envahit alors. La chorale c'est ringard, les chants sont convenus (curieux le nombre de titres que des chorales sans rapport entre elles choisissent simultanément), le discours du maire, la présentation des chants.....

Le sens de la dérision que véhicule notre société s'insinue partout et nous sommes tentés de tout moquer. C'est facile et regrettable. Mais c'est.

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 07:02

Mon ami Alain a raison. Il me disait de ne pas me faire de souci et que si Trump était élu aux Etats Unis... eh bien il serait élu. Que je ne peux rien y changer et que finalement cela n'a pas une importance capitale pour moi.
J'admire ce recul et ce sens de la relativité dont je ne suis pas encore parvenu à les faire miens. Que l'ex-président Sarkozy, battu en 2012, dont tant d'affaires qui ne sont pas des vues de l'esprit soient à l'instruction le concernant, qui a un comportement indigne et des propos électoraux scandaleux puisse encore être dans la position d'être élu me met hors de moi.
Je n'arrive pas à m'en ficher.

En fait, depuis toujours je n'arrive pas à remettre les choses en perspective et elles me bouleversent comme si j'étais seul concerné.

Je prends fait et cause pour un cas et, du coup, sa réussite ou son échec m'impactent personnellement.

Je ne suis certainement pas le seul que la perspective possible sinon probable (nous sommes le 6 novembre) de l'élection à la tête des Etats Unis d'Amérique (pas de la principauté d'Andorre) d'un homme effroyablement vulgaire, veule, manichéen, populiste, misogyne, incapable et pas au niveau empêche de dormir.
"Libération", dans son édition de vendredi 4 novembre traitait de 4 précédents psychiatriques aux USA dont la stupéfiante névrose sexuelle (et l'exhibitionnisme) de Lyndon B.Johnson: l'article concluait que malgré ces signaux inquiétants les mandats n'avaient pas été plus catastrophiques que cela.

Ce qui augmente mon inquiétude c'est que la presse internationale focalise sur la grossièreté et le tape-à-l'oeil de Trump au lieu de souligner, l'inculture politique, la méconnaissance historique et la dangerosité de ce milliardaire limite véreux qui aurait en face de lui non plus des juges éblouis par ses fortunes mais un Poutine ou la Chine.

Madame Clinton n'est certes pas la candidate démocrate idéale et il y aurait beaucoup à dire. Mais comparée à l'effrayant Trump elle est incontournable. Puissent les Grands Electeurs avoir cette donnée en tête mardi.

 

 

 

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 07:00

Dans la salle d'attente du cabinet de kiné il y a une collection de vieux numéros défraîchis du magazine "Géo".

C'est une belle revue bien faite et intéressante qui est au papier ce que "Nat Geo Wild" ou "Voyage" sont à la télévision.
Outre des reportages complets et originaux le magazine géo traite de l'actualité géographique, touristique, climatologique et écologique en évitant deux écueils: l'élitisme et être rasoir.

Dans un des anciens numéros dont je parle une page était consacrée au sanctuaire historique Inca de Machu-Picchu. Il nous expliquait qu'un nouvel aéroport, aux capacités gigantesques, risquait de déstabiliser les ruines, déjà mises à mal par un tourisme de masse incontrôlé et de plus en plus nombreux. Déjà les terrasses s'affaissent sous un piétinement permanent.
L'article précisait que l'Unesco, qui a inscrit les temples péruviens sur la liste des sites du patrimoine mondial s'indigne de cette fréquentation anarchique et des retombées de cet aéroport qui, fatalement, va attirer plus de monde encore.

Quelques pages plus loin, ou était-ce dans un autre numéro, Géo remarquait que le Vietnam, en s'ouvrant au tourisme, voyait ses plus beaux sites tels le delta du Mekong, les villages flottants de la côte ou la fameuse baie d'Ha Long menacés, eux aussi, par un tourisme moutonnier et intrusif.

On ne trouvera sans doute jamais l'idéal entre le tourisme élitiste des premières heures où seule une aristocratie financière voyageait et le tourisme de masse qui voit des charters remplis de personnes qui "font" la Thaïlande ou le Costa-Rica en espérant y retrouver leurs habitudes de consommation. Les deux sont critiquables et la seconde porte des coups fatals à des joyaux du patrimoine mondial de l'humanité.

L'exemple des "répliques" des grottes Chauvet montre que nous n'avons pas encore trouvé de solution et qu'il risque encore longtemps d'y avoir des chasses privées pour des "happy fews" comme l'ex-Roi d'Espagne Juan-Carlos d'un côté et des safaris photos pour la multitude (enfin... une multitude qui peut se payer le voyage tout de même) au Kenya.
 

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 07:00

Je reviens sur une des mes vieilles obsessions qui reste heureusement gérable (je n'y pense pas souvent) et malheureusement toujours d'actualité.

Elle s'est ranimée en lisant le profond et beau livre de Svetlana Aliexevitch "la fin de l'homme rouge".

Cette obsession concerne le procès du communisme, le procès des Staliniens, des maoïstes et de tous leurs suiveurs. Il n'y a pas eu et il n'y aura plus de procès de l'idéologie marxiste et de son application qui a toujours donné le jour à des régimes criminels, liberticides et invivables.

En passant récemment devant la Place St Cyprien à Toulouse j'ai vu un autocollant de la "MJC" ou mouvement de la jeunesse communiste qui appelait les jeunes à la rejoindre. Imagine t'on un autocollant avec "rejoins le parti nazi" ou "la jeunesse hitlérienne t'attend"? pourtant le bilan effroyable du communisme marxiste-léniniste est connu du monde entier. Les ravages humains et écologiques de cette funeste idéologie aussi. Il y a encore des personnes qui se réclament de ce régime maudit et des jeunes qui les suivent. Peu nombreux, certes, mais sans mémoire et avec le même aveuglement que leurs anciens.

Un "Procès de Nuremberg" n'a jamais été fait pour les innombrables forfaits de ce régime implacable et meurtrier qui voulait "changer l'homme" et y est parvenu en le rendant craintif, alcoolique,veule,sournois, inculte,peureux, médiocre et inhumain.

Tant d'hommes, de femmes et d'enfants reposent dans des charniers de par le monde qui sont tombés victimes d'une pensée totalitaire impitoyable.

Les victimes du nazisme ou des régimes militaires ont été réhabilités, pas eux.


"Sur les cent millions de personnes qui peuplent la Russie soviétique, nous devons en entraîner derrière nous quatre-vingt-dix millions. Les autres, on ne peut pas discuter avec eux, il faut les anéantir" (Zinoviev 1918)

"A vous conserver en vie point de profit, à vous mettre à mort point de perte" (slogan Khmer rouge)

"Moscou est littéralement en train de mourir de faim, avait dit le professeur Kouznetsov à Trotski. Ce n'est pas ça la faim. Pendant que Titus faisait le siège de Jérusalem, les mères juives mangeaient leurs propres enfants. Quand j'aurai obligé vos mères à manger leurs enfants vous pourrez venir me dire : "nous avons faim" (Trostski 1919)

Cessons là ces citations qui n'étaient pas que des menaces et oublions que le communisme est terrassé aujourd'hui. Ne devrions nous pas l'étudier encore et toujours pour éviter non pas qu'il revienne mais que des idéologies mortifères utilisent certaines de ses méthodes?
Observez le djihadisme et vous verrez combien leur mode de recrutement et d'endoctrinement sont proches.

 

 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 07:00

Sur la petite chaîne France Ô, chaîne de télévision appartenant au groupe d'état France-télévision et consacrée à la "France d'outre-mer" je regardais distraitement un document sur les salles de sports l'autre soir. 
Distraitement? pas vraiment. J'eusse aimé la regarder et l'entendre mais, cuisine "américaine" oblige, le bruit du lave-vaisselle, celui du lave-linge, la fenêtre ouverte pour que le chat puisse aller sur le balcon et le voisin du dessus qui maniait la perceuse malgré l'heure relativement tardive m'ont empêché de tout suivre.
Une thèse était développée dans ce documentaire et qui a fait "Tilt" en moi. Les salles de sports, à moins d'y passer 12 ou 13h par semaine sont de parfaits placebo. Elles ne font pas de mal (quoi que) à défaut de faire du bien (quoi que).
S'il suffit d'ouvrir un oeil dans la rue pour croiser des personnes obèses ce n'est pas parce qu'elles ne vont pas assez en salle de gymnastique. Le conseil (insupportable par sa répétition et hypocrite parce que masquant la réalité) de bouger n'y change rien: si les industriels de l'agro-alimentaire nous gavent de sucres, d'huiles, de graisses saturées et d'autres poisons que leur goût infantilisant rend séduisants nous grossirons et continuerons à grossir.

L'escroquerie qui consiste à nous culpabiliser de ne pas résister est inadmissible: la tentation est partout. Jusqu'au début des années soixante c'était la rareté qui était la norme. On mangeait peu et mal. Aujourd'hui on peut manger de tout, en quantité et à tous moments. Notre attention est sans cesse sollicitée et les produits inutiles et dangereux sont placés de telle façon que nous soyons tentés de les acheter et de les consommer.
Les aliments ont des goûts, des couleurs, des aspects artificiellement améliorés pour que nous craquions.

La publicité, la profusion de points de vente, les messages publicitaires alléchants mais fallacieux... sont les vrais responsables de l'évolution vers le culbuto adipeux de l'homme occidental.

Si l'on ajoute que les industries pharmaceutique, esthétique, agro-alimentaire, textile profitent des désordres entraînés par cet auto-gavage consenti on comprendra que nous ne sommes pas prêts d'en voir la fin.

La suprême hypocrisie consiste à poignarder quelqu'un et accuser du crime la victime et le couteau. "Bougez" nous disent-ils. Qui peut croire que deux fois 50 minutes sur un tapis électrique peut "effacer" des burgers, des bolognaises et toutes les friandises que l'on consomme? Notre corps, disait l'émission de France Ô, est le fruit de l'évolution. La rareté des la nourriture, la dureté de nos vies passées se lisait dans l'adaptation de nos corps à la vie que nous menions. Depuis la fin de la guerre nous avons complètement modifié nos activités et changé notre manière de nous alimenter.
Ce sont ces nourritures addictives et ces comportements (travailler dans des bureaux, des autos, prendre des escaliers mécaniques, des ascenseurs....) qui nous font nous délabrer aussi rapidement. Il faut être fort pour résister aux sirènes de la consommation (et aussi posséder des gènes de qualité)
Hier, sur France Inter* une femme parlait des problèmes liés aux yeux et dont le travail sur écrans était en partie responsable. Pensons aussi aux oreilles d'une ou deux générations qui auront été malmenées par les casques..... grosse, dure d'oreille et mal voyante... l'humanité marche vers un avenir triomphal!

Le tour de passe-passe le plus magnifique est de se faire remonter les bretelles par ceux qui nous empoisonnent: fumer tue disent les cigarettiers, buvez avec modération conseillent les producteurs d'alcool, bougez et mangez des fruits et légumes disent ceux qui inventent les recettes les plus aptes à nous faire faire de la mauvaise graisse.

Ils nous empoisonnent, nous poussent à en redemander et nous engueulent par dessus le marché!

*(12H30 le 27/10 dans le cadre de "Carnet de campagne" de Philippe Bertrand

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 07:00

On parle à nouveau beaucoup de Hergé à l'occasion d'une exposition à Paris cette fois ci. Les uns et les autres se plagient en parlant toujours des mêmes choses concernant le dessinateur: la ligne claire, l'amitié avec Zhang Chongren, la dépression, la passion pour l'art moderne et les lithos signées par l'imposteur international Andy Warhol.

Naturellement ces donneurs de leçons ne peuvent s'empêcher, encore et toujours, de spéculer sur une éventuelle collaboration avec les nazis, jamais étayée, mais qui les fait fantasmer.
En salissant un des rares personnage noble de l'art du XXème siècle ils le mettent -pensent-ils- à leur niveau.

Ceux qui, il y en a, respectent l'homme s'attaquent alors à l’œuvre en utilisant les grands mots.
Démodées, édifiantes, dépassées même, les bandes dessinées d'Hergé se vendraient moins (est-ce un signe de qualité alors que plus les «Astérix» sortis ces dernières années sont consternants plus ils se vendent?) et peineraient à toucher des enfants qui n'y reconnaissent pas leur environnement.
Il est entendu que Robinson Crusoé, Robin des bois, le Comte de Monte Cristo, la créature du Dr Frankenstein étaient contemporains des baby-boomers!

Et le triomphe mondial d'Harry Potter est une vue de l'esprit.

Nos chères têtes blondes, et même leurs parents font le succès de films à épisodes sur des hommes chauve-souris, des hommes araignées et autres supermen. Moulinsart vaut bien Gotham City et Séraphin Lampion est aussi dangereux que le Joker.

Alors c'est vrai, Tintin n'a pas de meuf, ne roule pas en quatre-quatre, n'a pas de micro-ondes mais il affronte des méchants-méchants, va sur la lune, voyage partout dans le monde et la liste est longue des choses qu'il fait et qui parlent aux enfants, de quelque époque qu'ils soient.

Je me souviens que, tout jeune, je préférais, du même Hergé, «les aventures de Jo Zette et Jocko» pour les mêmes raisons: l'identification (encore que le garçon d'une quinzaine d'années qui pilote un avion stratosphérique, un sous-marin, une charrette à chevaux était assez loin de moi...). Il avait un père, ingénieur en blouse blanche et une mère qui s'inquiétait tout le temps. Le rêve.

Hergé s'est expliqué sur tous les points et il a donné toutes les clés pour comprendre, aimer et admirer une œuvre pleine de qualités.

Au lieu de dire perpétuellement les mêmes choses les journalistes devraient travailler et trouver d'autres angles d'attaque pour parler de l'auteur et de sa production.

Et se demander pourquoi il leur est si difficile de dire du bien d'Hergé.
Pour ça il faudrait oublier la pseudo-biographie d'Assouline qui vise ni plus ni moins qu'à diminuer l'objet qu'elle étudie. Oublier les rabâchages passés présents et à venir des jaloux et des haineux et essayer de trouver les points communs (il y en a!) entre l'imagination, la créativité et l'intérêt des enfants des années 40, 50, 60 etc. jusqu'à aujourd'hui.

Bref faire du journalisme.

 

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 07:00

Je reviens sur Patrick Modiano et son "pedigree". (voir le post du15 septembre) En y repensant les lettres de son père sont stupéfiantes. Ahurissantes même.

J'avais déjà lu un livre, de Michel Del Castillo je crois, qui racontait que son père l'avait aussi dénoncé adolescent à la police et ce en pleine période de Vichy.. Et je précise que ce n'était pas un roman.

Quand de temps à autres je me penche sur mon parcours de père j'ai de nombreuses et fâcheuses raisons de ne pas m'éterniser et même d'éprouver un sentiment se rapprochant de la gène, voire de la honte. La sérénité ou quelque chose qui lui ressemble ne m'est tombée dessus que très tardivement!...

Au moins ai-je -mal je le reconnais- aimé mes enfants. Si mes actes étaient douloureux pour eux parfois, ils n'étaient pas malintentionnés au départ. Ca n'excuse rien et, même si c'était dit avec humour, je me souviens que mon fils m'avait dit un jour: "j'ai un carnet sur lequel j'ai noté tout ce que je te reprocherais toujours". Il a laissé passer un silence. Et a ajouté: "...Et un post it pour les bonnes choses".

Pour la majorité des hommes et des femmes l'amour de leurs enfants débute au moment de leur naissance mais il peut ne pas exister, être à éclipse ou disparaître tout à fait. Dans tous les cas, et je ne fais pas exception à la règle, cet amour a du mal à trouver son chemin et ne sait pas bien s'exprimer, donnant parfois l'impression contraire qu'il n'existe pas ou qu'il lui est difficile de donner des preuves de son existence.

L'amour obligé de ses descendants n'est pas une vérité révélée et certains parents n'ont pas la fibre parentale sans être des monstres dénaturés pour autant. Maigre consolation, on voit chez d'autres parents les erreurs que nous commettons nous-même et les conséquences de ces erreurs. Et nos enfants deviennent parents à leur tour, découvant par là qu'ils sont faillibles eux aussi.

Des ascendants à leur progéniture il y a presque toujours bienveillance, amour et aide mais le mot "presque" souligne les possibles exceptions. La littérature est remplie de ces plaintes d'enfants mal ou pas aimés. On a du mal à croire que des parents puissent être aussi inconséquents et on oublie les moments ou soi-même, sans être ni cruel ni dénaturé, on a été cet adulte dur et froid. Il m'est arrivé d'être témoin furtif d'un échange entre mon fils et ma fille relatif à la façon dont je me comportais lorsqu'ils étaient enfants et dont ils le ressentaient et j'ai compris que je n'avais fait qu'un tout petit peu mieux que mon propre père.

Lui-même, à qui je ne trouve pourtant guère d'excuses, était à des années lumières du père de Modiano ou de celui de Del Castillo.

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 12:07

Il existe une sorte de Nosferatu libéral qui vient en permanence agiter ses grelots sur toutes les ondes bien-pensantes. Il s'appelle François Lenglet et me foutrait les jetons s'il ne m'exaspérait pas tant. Hier ou avant-hier à une question sur les raisons de la croissance suédoise, avant qu'il ait lui-même répondu j'ai cherché l'argument le plus con et l'ai donné en même temps que lui: la flexibilité du travail.
Pour Nosferatu travailler 2 jours par ci, 6 mois par là, sans salaire minimum, sans CDI sans la moindre perspective de carrière et pour un salaire indécent est la panacée.

Lui qui cumule les emplois, les participations, les articles, les livres et les ménages est loin de son merveilleux modèle. Le pignouf! le Tartuffe, l'enflure.

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 06:40

Une amie qui dirige une école primaire me racontait récemment que des parents affolés (mais, d'ordinaire, les parents sont-ils autre chose qu'affolés?) lui avaient téléphoné parce que leur enfant scolarisé chez elle en maternelle, section moyens, «pissait du sang».

Elle eut toutes les peines du monde à les rassurer. Leur idole avait mangé des betteraves au déjeuner et celles-ci peuvent colorer les urines.

A propos de betteraves elle me faisait remarquer qu'il y a une trentaine d'années celles-ci étaient la salade du plouc, des cantines et des selfs. Aujourd'hui elle fait fureur chez les hommes en chemise à carreaux de bûcherons qui ne jurent que par les Amap.

Ils détestent qu'on les appellent «bobos» mais ils forment une caste immédiatement reconnaissable et que cette appellation de «bourgeois-bohèmes» décrit assez bien.

Ils ont un pouvoir d'achat élevé mais adorent Ken Loach le cinéaste du prolétariat britannique.

Notez qu'ils adorent aussi Woody Allen qui n'a pas fait un film regardable depuis au moins vingt ans.

Ils roulent en Land Rover ou en BMW 4X4 série X et à vélo électrique. Ils habitent des quartiers autrefois populaires dont ils ont fait grimper la valeur immobilière: la Bastille à Paris, les docks à Londres ou Amsterdam.

Ils ont des enfants aux prénoms impossibles qui font des études poussées dans les meilleures écoles, en France ou à l'étranger et qui se destinent à des métiers bien rémunérés qu'ils aborderont dans les meilleures conditions, aidés par les relations parentales. La petite Jazz est aux States en stage chez son parrain qui a une start-up. Tout va bien.

Nos bobos qui refusent ce vocable, portent des chemises en jean de marque et des pantalons décontractés en velours de chez Barbour le week end; voyagent Air-France plutôt que Easy. Ils vont à Cape Cod plutôt qu'à Lanzarote.

Chez eux on mange des plats à base de légumes improbables (panais, carottes noires), des mixtures bizarres (émulsions, vérines) et on boit des vins «de petits récoltants amis».

On lit le Monde, on vote Mélenchon (si!) et on se retrouve dans le Luberon ou à Verbier et on se plaint des impôts tout en devisant sur la dernière saison à l'Opéra de Paris.

Le bobo trouve décidément Sarkozy «impossible» et se sent proche du maire de Bordeaux qui a «tant fait pour sa ville qui est devenue magnifique».

Il faut dire que l'on a acheté, en défiscalisation, un ravissant petit deux pièces avec vue sur la Garonne et un atelier aux Quiconces dans cette ville si bien gérée...

Le bobo ne trouve pas absurde de payer à son coiffeur des sommes dignes d'honoraires d'avocat et de payer les cadeaux pour le petit fils Charles des sommes qui feraient vivre une famille de Jakarta pendant 3 semaines.

Parallèlement on râle contre le racket fiscal.

L'île de Ré, bien que droitière, tient la corde tout comme le Lubéron. Cependant Barcelone, la Grèce et la Toscane voient les migrations familiales estivales. La glisse se fait en Suisse ou en Italie voire en Autriche car les Français sont trop «ploucs» pour être fréquentés.

On trouve Christine Angot ou Michel Houellebecq un peu pénibles mais ils sont dans la bibliothèque à côté de cette vieille barbe réac d'Ormesson («si élégant»).

Naturellement le fils Delerm tourne en boucle et en vinyl dans le salon au sol en ardoise ou en tek brossé.

Caricature? Ma foi! Dites moi que vous n'en connaissez pas....

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 07:00

Deux poids deux mesures: on va plus retenir une bourde somme toute vénielle (je parle de Copé et de son prix du pain au chocolat) que sur des scandales autrement révoltants. L'entrée en Libye et la déstabilisation du pays, l'exécution de Kadhafi (sans doute pour éviter qu'il révèle des "dons") passe par pertes et profits mais pas la bourde du maire de Meaux.

L'opinion publique, souvent aidée en cela par une presse peu regardante, retient souvent des choses anecdotiques pour oublier celles qui le sont beaucoup moins.

Les notes de taxi de la présidente de l'INA feront scandale tandis que les différents "fromages" permettant à Papy Jack Lang de vivre sur un grand pied, accumulant les fonctions honorifiques et rémunératrices sans rapport avec ses maigres compétences et sans tenir compte de son âge passeront comme lettres à la poste.

On assiste, juppémania oblige, au retour sur le devant de la scène de l'ancien ministre des finances Hervé Gaymard qui fut contraint à la démission lorsqu'on apprit que le contribuable payait l'appartement de fonction pour lui, sa femme et leurs huit enfants tandis qu'eux touchaient les loyers de leur appartement personnel qu'ils avaient mis à la location. Qui le rappellera?

En réalité c'est lorsque les faits reprochés sont symboliques qu'ils interpellent l'opinion. Quand le conseiller élyséen fait cirer ses chaussures au palais, quand le coiffeur de François Hollande (coiffeur dont le talent, à ce qu'il me semble, est éminemment suspect si l'on s'en tient au résultat) est payé 5000€ par mois, et donc quand un membre de l'élite se trompe sur un chiffre qui concerne la vie quotidienne des Français (prix du pain, du transport public, du journal, de l'essence, du péage.....) "ça" ne passe pas.

Copé, déjà carbonisé par différentes affaires beaucoup plus graves (son amitié avec Ziad Takkiedine, immortalisée par la photo d'icelui dans la piscine du marchand d'armes, ses amitiés suspectes avec les dirigeants de Bygmalion et les tricheries industrielles privant Fillon du secrétariat général de l'UMP) le sera sans doute définitivement parce qu'il a donné un prix imbécile pour une viennoiserie...

Fabius est passé à côté de sa carrière non pas à cause de l'affaire du Rainbow Warrior, du "trouble" à la réception de Jaruselski par Mitterrand, de la haine qui l'a opposé à Jospin ou des millions gagnés au jeu par son fils mais parce qu'il n'a pas accepté que Chirac le traite de roquet un jour d'octobre 1985. Son vrai visage -celui que l'opinion gardera- s'était démasqué plus franchement ce jour là et sa morgue et sa haine se retournèrent contre lui. 

C'est ce visage là  qui ne passe pas que ces scandales traquent. le cynisme et le mépris.

Les exemples sont légion de ces moments de vérité qui valent à certain(e)s un purgatoire hélas jamais définitif. Jean-François Kahn parlant de "troussage de domestique" à propos de Strauss-Kahn à New York, Sophie de Menthon, pour la même affaire déclarant à la radio que c'était la meilleure chose qui pouvait arriver à Nafissatou Diallo, Copé (encore lui!) disant off the record "que 5000€ par mois est un salaire de minables" l'ont prouvé en revenant malgré des casseroles plutôt bruyantes.
Le contraste avec le salarié moyen qui paie toute sa carrière le mot de trop, la réflexion maladroite ou les relations conflictuelles avec le protégé de la direction n'en est que plus violent.
Lorsqu'on est licencié, le plus souvent, on retrouve tardivement un job et il est moins bien payé. Allez demander à jack Lang si son niveau de vie a diminué....

Voilà pourquoi, symboliquement, ces histoires de pains au chocolat révèlent -par le bruit que l'on fait autour- leur puissance d'évocation de l'abime qui existe entre les "élites" (qui incluent les sportifs, les acteurs, les gens de la mode, du luxe, les politiques) et la population du pays qui sait que la chocolatine n'est pas à 10 ou 15 centimes mais à dix fois plus.

 

 

 

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