Le temps a passé. Suffisamment pour apaiser les passions. Je reste cependant dans le même état d'esprit vis avis de François Mitterrand et de ses deux septennats: je n'aime ni l'homme politique ni l'homme public et je considère qu'il n'a pas été bénéfique pour le pays. Loin s'en faut.
Qui suis-je d'autre qu'un simple électeur Français pour juger un tel homme? la question peut être posée et je me la suis posée.
J'ai beaucoup lu sur l'homme et sur son action politique et m'estime bien informé, très bien informé même pour avoir une opinion personnelle étayée.
Je reconnais sans difficulté que le premier Président socialiste de la V ème République n'était pas d'un modèle courant et que sa personnalité, à l'image de son action, était des plus tortueuses. Elles lui ont valu, toutes les deux, le surnom de "Florentin" qui lui allait comme un gant.
François Mitterrand avait des convictions à géométrie variable et une morale élastique. Il mentait avec un aplomb stupéfiant (et reconnaissait lui-même qu'il jouait avec la vérité) ayant sur les hommes en général et ses partisans, soutiens, proches et alliés une opinion sévère; pour lui la fin justifiait les moyens et ses fidélités successives n'avaient que peu de rapport avec une quelconque sincérité.
On connaît bien la trajectoire, de la 4ème République à l’Élysée, de Vichy au Parti socialiste de cet homme qui fit voter l'abolition de la peine de mort avant de l'avoir beaucoup faite appliquer au moment de la guerre d'Algérie. Il n'était pas, on le sait, à une contradiction près.
Là où je l'ai trouvé intéressant c'est dans ses rétablissements miraculeux et osés: la première cohabitation qui fit de Chirac, en moins de 2 ans, une serpillière dévaluée, la réélection de 1988 qui s'ensuivit, la maladie cachée pendant 13 ans, le crépuscule de l'homme et du Président, la grande affaire de sa mort théâtralisée, son maniement des hommes et le respect craintif qu'il suscitait.
Sa mort mise en scène, l'interview de la "résurrection", ses deux enterrements, ses deux familles, "les forces de l'esprit"... quel talent!
Sinon, que reste t'il de l'action de François Mitterrand? très très peu de choses, assurément.
