J'ai une fascination morbide pour les documentaires animaliers sur les animaux de la savane. A des images paradisiaques se substituent des carnages répugnants qui illustrent bien le Ying et le Yang de l'existence.
J'ai suffisamment compati à la difficile existence des gnous pour n'y pas revenir. Mais le zèbre est aussi à plaindre quand des félins n'attendent pas la mise bas complète pour dévorer le petit qui n'aura pas vécu plus de 10 minutes extra utero. Et que dire de ces horribles hyènes qui arrachent des morceaux de muscle à même l'animal vivant?
En voyant ces films animaliers j'en arrive (presque) à trouver moins cruelle nos vies!
La migration des gnous et le passage à gué du Massaï Mara au milieu de crocodiles qui se prennent leur dîme est un spectacle insoutenable.
En Tanzanie nous avons vu une meute de lycaons mettre en pièces une gazelle de Thomson : en moins de quinze minutes il ne restait que quelque os, du sang sur l'herbe jaune et la tête que se disputaient des vautours ensanglantés.
Varans, guépards, loups, ours ou requins la nature est pleine de machines à tuer aussi parfaites qu'impitoyables.
J'avoue avoir été remué par la capture en un dixième de seconde d'un grand singe Babouin par un crocodile admirablement caché dans une "flaque". Je ne l'avais pas vu et c'est à peine si j'ai compris ce qui se passait tellement ce fut rapide. Un éclair.
Le crocodile a plongé avec sa victime, l'a noyée puis démembrée en effectuant des tours très rapides sur lui-même. Le babouin, avant d'être déchiqueté ressemblait tellement à un humain que c'en était dérangeant.
Ces scènes qui mettent mal à l'aise tout en fascinant ne sont pas sans rappeler nos guerres en Ukraine, à Gaza ou au Mali. Les animaux ont un alibi, eux: ils tuent mais pour manger. Ils tuent aussi pour la possession d'un territoire. Du fait de la civilisation et de l'accès à toute la nature nous ne devrions pas le faire nous aussi.
