Je terminerai cette semaine de posts sur un sujet déjà beaucoup abordé: le cinéma.
Ce fut, pour moi, une authentique passion qui s'est progressivement éteinte faute de "carburant". J'y vais encore régulièrement et suis parfois enthousiasmé par un film mais le coeur n'y est plus. Trop de business, d'affaires d'argent et de fausses valeurs artistiques ont, selon moi, détruit le rêve.
Hollywood était un décor mais de temps en temps un film brillant en sortait. Ce ne sont plus que des adaptations de bandes-dessinées, des films de super-héros ou des histoires de dinosaures et, disons le tout net, ça ne vaut rien.
Le cinéma italien est mort et enterré, le cinéma anglais agonise et le cinéma hexagonal est atone. Toutes les Miss Météo, les gagmen et les chauffeurs de salles de Canal+ sont devenus des acteurs "bankable" (même Omar Sy !) et le scénario idéal une farce avec Alexandra Lamy ou un pensum façon Jacques Audiard..
Dans ces conditions un remake du chef d'oeuvre de Joseph Manckievicz, "Sleuth" ("le Limier" 1972) réalisé par Kenneth Branagh d'après un scénario d'Harold Pinter avait de quoi attirer le regard. Il date de 2007 mais est resté (à juste titre!) confidentiel.
Ce n'est pas la distribution (quoi que..) qui coince (Jude Law et Michael Caine) mais plutôt le caractère vain de l'entreprise. Sa "modernisation" inutile et, reconnaissons-le, ratée.
Si le film d'origine a vieilli les rapports sociaux, le contexte sociétal, la place de la femme et les caractères des antagonistes étaient justes et justifiés. 35 ans après ils ne sont plus.
Michael Caine, qui jouait dans la première "version" est aussi de la partie mais il tient l'autre rôle: celui de l'écrivain pervers qui veut humilier son rival. Trop grimaçant, un peu léger sans doute;
Jude Law tient un double rôle écrasant et ne s'en tire pas trop mal. Mais "ça ne passe pas": il est trop intelligent pour accepter le rôle que son rival lui fait jouer en 1ère partie de film.
La première version était un peu lente mais permettait de comprendre les caractères et justifiait à priori leur comportement futur. Cette version modernisée va droit au but et on a du mal à accepter qu'un homme accepte si facilement de se livrer à son ennemi.
Le décor et le remplacement de la monomanie pour les automates de l'écrivain par une passion pour tout ce qui est technique n'est pas une bonne idée: elle ne cadre pas avec l'histoire ni même avec Michael Caine en écrivain de polars.
Les dialogues sont corrects mais trop triviaux et l'homosexualité suggérée dans la version de Joseph Manckiewicz est amenée avec des gros sabots dans le remake.
Si je voulais -méchamment- caricaturer le film de Branagh par rapport à celui de Manckievicz je dirais qu'il a bien réévalué le prix des bijoux qui, de 300 000 £ est passé à 1 000 000£.
Tout est de cet ordre.
