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6 février 2018 2 06 /02 /février /2018 07:00

On m'a prêté le livre d'Olivier Guez "La disparition de Josef Mengele" (Grasset) qui a obtenu le prix Renaudot mais aurait pu avoir le Goncourt ou autre prix "prestigieux" car la critique et le bouche-à-oreille étaient dithyrambiques.

Je n'irai pas par quatre chemins: le livre est lamentable. Il surfe sur une mode idiote: prendre une personne connue, ayant connu une vie de préférence immonde ou violente ou ratée ou d'assassin ou de criminel ignoble (là on peut mettre tous les qualificatifs) et de réécrire l'histoire. On appelle ça roman (la rigueur historique n'est plus indispensable) et on prend, en interview des pincettes pour parler de son sujet.

"Ce n'est pas trop difficile de se mettre dans la peau d'un tel monstre?

- Ah! mais si, je n'en ai pas dormi pendant 5 ans!"

Qui demandait un tel livre? à quoi ça sert? qu'est ce que ça apporte? rien. Rien. Rien de rien.

Ou alors la confirmation chrétienne que "qui fait le mal est puni". Car le Mengele qui nous est donné à voir a une véritable vie pourrie après Auschwitz. Mais décrire une vie pourrie n'a que très peu d'intérêt et, je crois, le livre se complaît dans des descriptions idiotes et malvenues. Mengele rêve? on a droit à 2 pages grotesques de rêve, totalement inutiles.
Mengele a peur de se faire capturer par les chasseurs de nazis? on nous décrit les effets de cette peur (Page 185: "aux diarrhées succèdent des ballonnements, des vomissements, une forte constipation...") et cela ne présente pas l'ombre d'un intérêt.

Et que dire de la sexualité du criminel nazi: (page 75: "si seulement il (mon frère) me voyait ramoner sa femme") plus loin l'auteur nous donne une information capitale "Irène suce Josef". Quelle révélation. Quel talent d'écriture. Quelle richesse d'inspiration.

Il y a une sorte de jouissance morbide à détailler des horreurs (cf la scène des cadavres bouillis du père bossu et du fils boîteux) et une fascination (que j'espère inconsciente) à se mettre dans la peau de ces réprouvés ignobles et pathétiques qu'étaient les anciens nazis en exil en Amérique du Sud. Leurs rites, leurs regrets, leurs pensées et leur monde nous révulse et ne mérite assurément pas qu'on les détaille.

Guez, en fin d'ouvrage, nous apprend qu'il est allé au Brésil, en Argentine et au Paraguay pour les besoins de l'écriture de son pensum. Quel veinard! comment cela se fait-il que personne ne m'a jamais parlé de telles filières pendant ma scolarité? écriture de mauvais bouquins avec préparation géographique... je signais des deux mains!

Le livre est abject et son "alibi" ne fait pas illusion. Qu'il soit en tête des ventes, récompensé et considéré avec bienveillance ne m'étonne pas vraiment. Notre époque a le goût de la fange.

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