Le Rwanda et d'autres "opérations spéciales" selon la terminologie hypocrite de W.Poutine ont eu lieu qui sont sinon oubliées du moins négligées.
Parmi elles la mal nommée "génocide Cambodgien". Pour qu'il y ait génocide il faut qu'il y ait une volonté de rayer de la carte un peuple à raison de ce qu'il est, non de ce qu'il a fait. De plus un peuple doit s'opposer à un autre pour l'exterminer.
Au Cambodge une minorité organisée, gavée de slogans et d'idéologie communiste (apprise en France) a conquis le pouvoir et ensuite procédé au meurtre programmé d'une immense partie de la population. Celle qui était porteuse de valeurs universelles. Il y avait aussi, dans la masse de la population de fait condamnée à mort et composée de petits fonctionnaires, des marchands, d'instituteurs, de religieux, de minorités, des étrangers et de beaucoup d'autres.
Le régime ultra imposé à la population fut d'une violence meurtrière réellement stupéfiante. En 4 ans, d'avril 1975 à décembre 1979 on estime que 2000 000 de personnes (sur7 millions) moururent de faim, de sévices, d'exécutions, d'épuisement, de maladie et de mauvais traitements.
Lorsque ce régime abject et sanguinaire s'installa à Phnom Penh (après avoir évacué la population urbaine, récente ou d'origine) il se trouva, ici en France mais ailleurs également des "idiots utiles" pour applaudir et trouver mille qualités à la barbarie sanglante des "Khmers rouges" ainsi que les avait baptisés Norodom Sihanouk, ancien monarque puis chef de l'état qui, à force de fausse habileté et de tergiversations ouvrit le pays aux massacres de masse perpétués par ses alliés Khmers rouges du moment.
Les "révolutionnaires" du quartier latin, par principe, applaudirent la collectivisation, le saccage des temples et des villes, la séparation des familles et l'esclavage de la population. Ils trouvèrent positifs les interminables autocritiques à la chinoise et le meurtre de familles entières pour la faute d'un seul.
Il y a 51 ans que ce régime s'effondrait, suite à des provocations des Khmers rouges. Depuis on a su, on a lu et on a vu les (rares) images de ce génocide. Les assassins avaient eu le temps de faire disparaître la majorité des traces de leurs tueries et quelques survivants purent raconter l'enfer sur terre que fut le Cambodge sous le joug des Staliniens maoïstes asiatiques.
Depuis qu'il s'en est sorti le cinéaste Rithy Panh consacre sa vie à décrire ce régime de folie. Il fait parler les survivants et raconte ceux qui ne sont plus. Hommes, femmes et enfants, tous étaient des victimes en sursis.
Rithy Panh a réalisé des films qui s'ancrent en vous. Vous ne voyez pas de massacres et pourtant vous les visualisez. "S21 la machine de mort Khmère rouge", "La terre des âmes errantes", "Bophana une tragédie cambodgienne", "l'image manquante" et le dernier "Rendez-vous avec Pol Pot" sont des films qu'il faut avoir vus: du génocide des Arméniens par les Turcs à celui des Tutsis par les Hutus il y a toujours des traces, des textes, des photos et des survivants qui livrent le récit de ce qu'ils ont vu et de ce qu'ils ont vécu.
Rithy Panh filme de manière personnelle. C'est un cinéaste habité qui veut hurler sa douleur et faire comprendre au monde entier que ce qui a eu lieu (en Pologne, en Syrie, en Irak, en URSS, en Allemagne...) peut revenir. Dès que nous baissons la garde nous envoyons un signal à tous les Douch (chef de la prison mouroir de Phnom Penh S21) du monde pour leur dire: "allez-y".
Il faut avoir vu ceux qui "en" sont revenus; Flip Müller de la Shoah et tous les autres. Nos petits jeux démocratiques et nos flirts avec l'infâme (Donald Trump...) ne nous mettent pas à l'abri d'un cataclysme génocidaire. Les Tchétchènes et d'autres n'ont pas réussi, à ce jour, à nous faire prendre conscience du danger.
Rithy Panh, de son petit pays, nous a averti. Nous ne pourrons pas dire "On ne savait pas".
