Les insomnies sont une plaie. Elles arrivent sans prévenir et s'installent durablement sans qu'il n'y ait de vrai remède.
Il y en a de toutes sortes mais les pires sont celles qui vous réveillent vers 4 ou 5H pour ne plus vous laisser (ou juste avant que le réveil ne sonne) vous rendormir.
Chacun a vécu ces longues périodes, impossibles à quantifier (20 minutes?, 1 heure? 1 heure et demie? deux heures?...) rythmées par la respiration tranquille du conjoint et les bruits de la rue.
Dans ces moments là pas question -trop déprimant- de regarder l'heure exacte et son défilement sur le réveil électrique bien qu'il suffise d'enfoncer une touche pour être fixé.
Le premier tramway (5H35), le ramassage des poubelles, le premier avion qui décolle à Blagnac ou les débuts des travaux sur le chantier en face sont des petits signes qui me renseignent sur la durée restante du supplice.
Quand, derrière le store je devine la lumière du jour, timide mais certaine je soupire de soulagement en oubliant que les 3 heures de sommeil manquantes me gâcheront 3 autres heures de la journée. C'est un minimum!
Je ne m'étendrais pas sur le lieu commun du constat qui dit que les soucis deviennent insolubles et angoissants pendant les insomnies. Je ne le ferais pas non plus sur l'impossibilité à trouver une position confortable pour somnoler: curieux comme la conscience du squelette (et du poids des os -surtout des jambes-) s'impose en ces moments et de coq-à-l'âne des pensées qui vont d'une personne à l'autre et de tout ce que l'on n'a pas fait (ou pas bien fait) ces derniers temps.
Et je garde pour la fin le bruit assourdissant (et exaspérant) que fait notre coeur en pompant le sang, bruit qui vient confirmer l'insomnie en lui ajoutant du carburant.
La fin? le lit trop serré (ou trop lâche), la chaleur (ou le froid), l'oreiller trop dur, le drap qui accroche, le chat qui mène sa propre vie dans l'appartement et les voisins qui rentrent tard et bruyamment, sans oublier la machinerie d'ascenseur....
C'est fou qu'il soit possible de dormir la majorité du temps, finalement!
