Compter sur la naissance du bébé Elyséen pour amorcer une remontée dans les sondages et voir
passer sa cote négative en son contraire est pour le moins aventureux.
Si, par le passé, on a vu un Président sortant au bilan, disons contrasté, se faire réélire (Mitterrand,
Chirac) on en a aussi vu se faire battre et même un premier ministre fier de son "bon bilan" se voir
refuser l'accès au second tour d'une présidentielle.
Baser une remontée des intentions de vote sur ce qu'on croit être un bilan acceptable (forcément vu
d'une autre manière par l'électorat ) est hasardeux.
Tout cela pour relativiser et reconnaître que la réélection de N.Sarkozy, si réélection il devait y avoir,
se ferait sur un ensemble de paramètres, ceux-ci pouvant être réalistes ou pas.
La naissance de son 4ème enfant étant de ces évènements qui ne devraient avoir aucun effet.
Quelques faits objectifs montrent que cette réélection est loin d'être acquise.
Avec les pincettes d'usage, force est de reconnaitre que les sondages indiquent tous que l'envie de
voir le président actuel réélu est très peu partagée. Ajoutée à sa cote personnelle et aux projections
ces chiffres soulignent qu'à 10 mois de l'élection le Président est loin d'être le favori de la compétition.
Etre le challenger peut présenter des avantages à condition que la situation soit favorable.
Economiquement il n'y a aucune chance que la situation s'améliore d'ici mai 2012 et les chiffres du
chômage, même passés à la javel, resteront mauvais. Le coup de force sur les retraites, la guerre en
Libye qui s'encalmine et les postures soufflées par des communiquants ne feront pas illusion.
Tous ces points ne seront pas oubliés au moment du vote, pas plus que les aléas honteux du
quinquennat.
C'est devenu une "tarte à la crème" de dire que N.Sarkozy est un excellent candidat. On verra bien si
après 5 années de présidence cahotique le candidat aura les mêmes atouts que celui qu'il était en
2007. L'épreuve des faits et l'exercice solitaire du pouvoir ont dessillé les yeux de ceux qui acceptent
de voir les choses telles qu'elles sont.
L'homme a maintenant un bilan personnel et présidentiel qu'aucun artifice ne saurait masquer.
C'est sur ce bilan et sa personnalité qu'il faudra juger le président-candidat: pas sur ses promesses
de devenir un autre!
Il faudra aussi ne pas se laisser influencer par la presse: de Balladur en Strauss-Kahn elle se fourvoie
régulièrement. Elle est capable de faire prendre, selon l'expression imagée, des vessies pour des
lanternes et des présidents dévalués pour des perdreaux de l'année (on l'a vu en 1988 avec la réélection
de François Mitterrand).
2012 devrait être l'occasion de tirer un trait sur 5 ans de pouvoir erratique, injuste, partial, méprisant et
inefficace.
