J'ai lu quelques pages du livre de Thierry Ardisson "Baby Boomer" que j'ai trouvées assez consternantes. A plus d'un titre. Le narcissisme de l'auteur n'est pas une surprise mais il dépasse de loin ce que j'avais pu rencontrer jusqu'ici. Certes il s'agit d'une autobiographie mais quel égocentrisme! Pour donner le change il donne, rarement, des arguments contre lui. Ceux-ci concernent surtout son physique, c'est dire si ce sont des alibis.... Quand on n'a que ses "grosses fesses" à déplorer sur presque 400 pages c'est qu'on a rien à se reprocher. Et que l'on s'aime et auto-admire plus que de raison (CQFD).
Ardisson est très fier de lui et s'admire beaucoup. Il est ébahi de sa vie, de ses succès, de son aura et de sa célébrité. L'argent, la dope, les femmes, le sexe et la fréquentation des personnages de la télévision constituent ses passions exclusives. Il feint de s'intéresser aux arts, au cinéma, à la littérature (ce qui nous donne d'autres pages d'auto célébration) mais chaque page témoigne du fait que la seule passion d'Ardisson c'est Ardisson. Il célèbre avec faste et pompe le culte de lui-même, homme de plume, créatif dans la publicité (un monde creux fait pour lui), animateur de télévision (le summum du vide), producteur etc.
L'homme aime choquer et il le fait en conscience. Il est ébahi de ses propres audaces et en relate quelques unes qui témoignent non de la richesse de sa vie mais au contraire de son vide sidérant. Il est encore (au moment où il écrit "Baby-Boomer") à s'extasier de fréquenter des people, de tutoyer untel ou d'embrasser une-telle. Il termine d'ailleurs le livre par son exaltation pendant une rencontre du désormais proscrit Harvey Weinstein producteur pervers aujourd'hui déchu.
Sa description du monde télévisuel est, sans qu'il s'en rende compte, absolument pathétique. Des personnes dont la médiocrité est inversement proportionnelle à la notoriété. ou à la fortune. Un microcosme d'égos boursoufflés et de sous-culture. Des personnes qu'on ne voudrait voir sous aucun prétexte tant ils sont vains. Après certains sportifs de "haut niveau" les gens de la télévision remportent aisément la palme de la nullité prétentieuse.
Ardisson se tire par une pirouette de l'affaire de plagiat de son livre "Pondichéry" et rase le lecteur avec son goût pour la monarchie. Le seul passage drôle et vivant du livre est la préparation, le réalisation, le succès puis les disputes internes de l'émission de femmes "frou-frou": quelle dérision!
Je suis sans doute un cas en n'admirant pas ce septuagénaire imbu de lui-même et répétant toujours les mêmes choses. J'avoue que, un temps, j'ai aimé certaines de ses émissions et rit de ses questions abruptes et du ton de certaines de ses émissions du samedi soir. En entrant dans les coulisses par ce récit on s'aperçoit que tout était calibré, réfléchi, planifié... La présence de faire-valoir aux saillies longuement préparées, les questions choquantes aux réponses ciselées; toute la scénographie décrite dans le livre démontre que la spontanéité était feinte, l'humour calibré et le spectateur pris pour un c...
Je n'avais pas tort de cantonner Ardisson à sa question à Michel Rocard: "est-ce que sucer c'est tromper". Il se limite quasiment à ça. Pourtant, dans la galaxie des animateurs télé c'est "un des moins pires"!
