Les grands concepts sont parfois plus facilement assimilables lorsqu'ils sont illustrés par des exemples vivants.
J'avais acheté une petite imprimante EPSON qui, malgré une utilisation absolument parfaite et maîtrisée s'est brutalement arrêtée de fonctionner en indiquant dans un message: "pièces à changer".
Le documentaire d'Arte sur le PRET A JETER et donc sur l'obsolescence industrielle a repris cette même imprimante pour illustrer le message. Si mon imprimante ne fonctionnait plus c'était parce qu'elle contenait une puce qui lui avait dit de ne plus fonctionner. Elle a été programmée pour ne fonctionner qu'un certain temps.
C'est ça l'Obsolescence programmée (qu'on appelle plus communément, de nos jours, le "cycle de consommation"). Pour que nos appareils, nos jouets, nos vêtements, nos équipements soit régulièrement changés il faut que ceux que nous achetons ne durent pas trop longtemps.
Les industriels, et ça a commencé avec les ampoules (qui pouvaient durer plus de 30 ans et ont été conditionnées pour fonctionner 1000H) ont donc introduit un élément qui détruit ce qu'ils fabriquent dans tous ce que nous achetons.
Que ce soit nos voitures, nos frigos ou les I-Pod, chaque appareil porte en lui, artificiellement, sa date de fin.
Pour les I-pods, Arte a montré que les batteries, non remplaçables, lâchaient assez vite et que la seule solution était d'acheter un nouvel appareil.
Les consommateurs américains ne se sont pas laissés faire et Apple a dû, en catastrophe, allonger leur cycle de vie, remplacer celles de ceux qui avaient porté plainte et trouver un accord avec ses contradicteurs pour que l'affaire ne s'ébruite pas.
"Prêt à jeter", documentaire intéressant plus par les perspectives de réflexion qu'il ouvrait que par son traitement (brouillon, mal ficelé, ennuyeux parfois et même répétitif) montrait aussi que ce mode de consommation, par les dommages qu'il causait à la terre était arrivé à bout.
L'exemple hallucinant du Ghana qui voit arriver d'immenses porte-containers remplis de nos déchets électroniques est à la fois instructif et révoltant. Pour pouvoir contourner les lois qui interdisent qu'on exporte des déchets, les pays riches mettent aussi quelques ordinateurs en panne "présentables" que
les Ghanéens réussissent à réparer en moins d'1/4 d'heure, preuve que ces appareils pourraient fonctionner longtemps encore sans cet exorbitant principe de l'obsolescence programmée.
A la fin du reportage le propriétaire de la même imprimante que moi a téléchargé un logiciel en Russie qui a reprogrammé son imprimante. Celle-ci a immédiatement re fonctionné.
La mienne a été jetée à la déchetterie du Ramier et, naturellement, j'en ai acheté une autre.
Canonisé à sa mort, Steve Jobs, patron de Apple, n'a semble t'il, jamais eu pour l'environnement les attentions qu'il a eues pour le marketing. Ses productions ont le même cycle de vie court que les marques concurrentes et rien n'a été fait pour collecter et recycler les appareils de la marque à la pomme. Dans ces temps d'idéalisation laïque il était bon de le préciser.
