M'étant engagé à le faire auprès de lui, et Dieu sait s'il bonne mémoire, ce dimanche 5 décembre j'ai emmené mon petit-fils Raphaël au centre ville de Montréal, par une température glaciale et "ressentie" de moins 13 degrés C. Le deal c'était de prendre le bus "accordéon" (articulé) puis le métro sur la ligne verte. (Il est beau et il va vite). Après les pompiers (en disgrâce) les transports en commun tiennent le haut du pavé.
Une fois ce grand tour effectué la nuit était largement tombée et nous étions heureux de rentrer chez lui. Toutes les lumières étaient allumées dans le grand appartement et donnaient déjà, de l'extérieur, un sentiment de bien-être.
Le petit frère regardait l'Ours Grizzly et les Lemmings tandis que sa maman lisait à côté de lui. Une douce chaleur régnait et la voix de Stevie Wonder résonnait agréablement sur l'enceinte connectée disposé au centre de la salle-à-manger. "Isn't she lovely" est une belle chanson, la bonne humeur incarnée. Les tubes" de Stevie Wonder se suivaient et tous ne m'ont jamais parus aussi "évidents" que ce soir: pour moi ils risquent de toujours me rappeler cet instant de grâce.
Il faut dire qu'un trajet en bus au Québec c'est dépaysant. Les passagers vous interpellent (en vous tutoyant), le chauffeur vous raconte sa vie, on vous demande d'où vous venez (j'ai pô l'accin) le tout dans une ambiance bon-enfant. Raphaël ne connaît que le Canada et est comme un poisson dans l'eau. Sa façon de dire "Allo" ("bonjour") et d'interroger sans discrétion les voisins de siège passait mal cet été, à Toulouse.
On s'habitue vite à cette familiarité et à ces rapports décoincés. Mieux on ne comprend pas qu'ils ne soient pas la norme chez nous aussi. Le "salut, tu vas bien" qui m'accueille chez Tim Horton's ou chez Simons ne lasse pas de me surprendre tout en me plaisant.
J'ai ajouté Stevie Wonder à la bande-son de mes présences ici.
