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13 décembre 2023 3 13 /12 /décembre /2023 07:00

Le père et la grand mère de Yeong, touchés par notre sollicitude vis à vis de leur fille et petite fille de dix-neuf ans seule en France lancèrent l'invitation; Et si vous veniez en Corée? la proposition, sur le moment, nous sembla au mieux baroque au pire infaisable. 

Pour être franc la Corée ne nous attirait guère. C'était loin de Toulouse, un pays presque détruit par la guerre dans les années 50, des homo economicus tout à leur volonté de concurrencer la Chine et le Japon. Nous ne connaissions guère l'Histoire de ce pays divisé en 2 et partant, avions peu de raisons de boucler nos valises pour nous y rendre. 

Mais Yeong était une merveilleuse ambassadeur et une diplomate de talent. Elle sut nous convaincre que la retrouver dans son pays serait une bonne chose pour nous trois. 

Une fois vaincues nos réserves et les derniers freins desserrés nous prîmes l'avion pour Séoul. L'aéroport d'Incheon est l'un des plus immenses que j'aie jamais vus. Une sorte de ville illuminée et ultra moderne. Dans la foule, une fois les formalités rapidement effectuées; nous reconnûmes Yeong qui nous fit un petit signe. Les Coréens ne sont pas démonstratifs. Les signes d'affection sont rares. 

Elle nous conduisit à notre hôtel, un building sans personnalité mais confortable selon les standards des hôtels de luxe internationaux. Nous discutâmes quelques instants puis elle prit littéralement congé de nous. J'emploie le mot congé à dessein parce que de congés il n'est pas question en Corée ou alors très peu. Elle avait obtenu 1 journée et demie et nous avait bâti un programme pour quand nous serions seuls. 

Nous avions pris date pour le dernier jour qu'elle nous consacrerait. 

Ce temps passé avec elle à découvrir la gigantesque ville de Séoul (14 millions d'habitants!) fut un plaisir que je revis rien qu'en y pensant. Sourires aimables partout, gens prêts à aider, offrant de nous indiquer notre chemin sans qu'on l'ait demandé, nous donnant les lignes de métro et les rudiments de la vie dans une telle mégapole.

Tout nous plaisait, tout nous surprenait. Bien sur nous vîmes des clochards dans un dénuement absolu, des baraques en tôles et planches, des quartiers lépreux mais aussi une richesse incroyable. Je m'amusais à regarder les voitures aux feux rouges: des cylindrées inconnues ici qui devaient consommer l'équivalent d'un yacht. 

Ce qui, à Séoul, nous frappa particulièrement était la toute nouvelle sensation de sécurité absolue que nous ressentions. La police était présente mais pas voyante. Il y avait bien des caméras nombreuses mais c'est une sensation que nous avions. 

Dans le métro nous étions les 2 seuls européens dans une rame grande comme un TGV. Nous n'osions plus parler. 

Evidemment la propreté, l'absence d'animaux domestiques et le bruit de la circulation nous frappa. Traverser la moindre avenue nous semblait traverser les Champs Elysées.

Très sages et disciplinés les Coréens respectaient les signaux (traversez piétons) et semblaient patients. 

Nous visitâmes un temple et eûmes un rendez-vous très intéressant avec un  écrivain qui vivait dans une maison ancienne restaurée  qu'il nous fit visiter avant de nous offrir le thé dans sa sublime bibliothèque. 

Nous traversâmes des jardins publics assez nombreux et vîmes enfin des enfants qui, curieusement sont peu visibles dans les rues. Eux montraient de la curiosité devant notre apparence d'étrangers bizarres. 

Quand la nuit tombe, d'étranges motos carapaçonnées comme des chevaux de tournois s'arrêtent le long du trottoir et en moins de dix minutes un restaurant pour 4 personnes assises est monté et prêt à servir des "Bibimbaps", le plat national. Ill y en a partout et leur plats sont aussi bons que rapidement préparés. Là aussi l'amabilité est invraisemblablement partagée. 

Le talon de l'une de mes chaussures a témoigné une inquiétante propension à se décoller. J'avise un cordonnier ambulant qui regarde mes chaussures, taille deux pièces de semelle, les recolle avec soin et me demande une somme ridicule pour un travail si efficace que les chaussures ont duré deux ou trois années après mon retour. 

J'ai découvert les traces des combats entre les 2 Corée (dans laquelle s'affrontaient les 2 puissances de l'époque, les USA et l'URSS).  vu d'atroces prisons et d'autres choses encore comme ces statues de très jeunes filles ou femmes, prostituées sous la violence de l'envahisseur Japonais et désignées par l'euphémisant nom de "femmes de réconfort" . Certaines n'avaient pas dix ans. 

Heureusement les jardins et les temples bouddhistes ramenaient la paix intérieure après ces visites déstabilisantes. 

Nous sommes allés en bus au centre de la Corée, la partie du pays qui n'a pas encore été touchée par la modernité. Je raconterais une autre fois ce moment très étonnant. Entre autre un dîner typique d'accueil grandiose mais surprenant, une nuit dans un hôtel de passes (nous ne la savions pas) et une promenade dans la Corée ancienne. 

Nos pas nous ont amenés à Busan, autre mégapole située en bord de mer. 

Puis un TGV nous a ramené à Séoul que nous avons quitté à regret.. 

 

 

 

 

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