Il y a un peu plus d'un mois je suis allé avec une amie voir une exposition dans un des musées parisiens que j'aime le plus: le Musée Guimet. C'est le Musée National des Arts Asiatiques et il se trouve Place d'Iéna, au Métro Alma-Marceau dans le 16ème arrondissement. C'est un des endroits de la capitale où j'ai passé beaucoup de temps. Je peux rester longtemps devant les statues, têtes et sculptures de l'exposition permanente. Certaines sont si belles que je crois; en les regardant, pouvoir comprendre le "syndrome de Stendhal" qui est un ensemble de troubles générés par la profusion de chefs d'oeuvres en un même lieu dans un même temps.
Ce petit musée a été restauré entre 1996 et 2001 et n'a pas (trop) souffert de la modernisation au marteau-piqueur qui est trop souvent imposée à des bâtiments anciens pour les adapter à l'époque. (J'ai dit ici le désastre qu'a été -pour moi- la modernisation du Musée Toulouse-Lautrec d'Albi et celui d'Ingres à Montauban). J'éxècre les guides sous forme de casque qu'on se met sur les oreilles et qui déversent un commentaire calibré.
Au Musée Guimet la sérénité des têtes de divinités anciennes semble avoir un effet calmant sur les visiteurs qui restent longtemps près des objets exposés. Bien éclairés, exposés dans des salles lumineuses ouvertes sur les rues avoisinantes les oeuvres délivrent leur secret: elles s'adressent à notre âme et la touchent par leur beauté mystérieuse et singulière.
Si j'étais médecin spécialiste des troubles psychiques (dépressions, fatigue morale et intellectuelle...) je prescrirais une visite aux salles d'art Khmer ou d'Afghanistan, à celles du Japon ou de l'Inde, de la Chine ou de la Corée. Je suis certain que la contemplation de ces splendeurs redonnerait à ceux qui souffrent de ces maux le choc nécéssaire pour qu'ils aillent de mieux en mieux.
