Je me suis mis tard à la lecture. A la faveur d'une immobilisation d'un mois pendant lequel j'étais traité pour une hépatite B qu'on appelait encore "jaunisse".
Je ne saurais dire la déflagration intérieure qu'a été la lecture de "l'Odyssée" d'Homère. Entre la passion et l'enchantement. Je me souviens de la pochette du livre de poche Garnier-Flammarion dans lequel j'ai découvert ce texte qui me séduit toujours autant et que j'ai souvent relu.
Je l'ai offert en édition adaptée à leurs âges à mes petits-fils Nathan et Raphaël et, le moins que je puisse dire, est que j'ai fait un "flop" retentissant.
Tous les deux lisent mais pas des "classiques".
J'en conviens après coup; les subtilités de l'histoire, la violence, la cruauté, la mythologie, le chant guerrier ne supportent pas la comparaison avec Harry Potter. Ce n'est pas une critique, ni du mépris, Juste un constat.
J'ai essayé de résumer la scène du cyclope, et leur dire le chant des sirènes, le passage de Charybde en Scylla, la fée Calypso, Nausicaa, Circé... en pure perte.
Même la reconnaissance d'Ulysse par Euryclée sa nourrice à cause d'une cicatrice, ni le massacre des prétendants, rien n'a donné à ces deux garçons l'envie d'en savoir plus.
C'est de ma faute: je crois trop souvent que des choses éprouvées font la différence. Or les Lego, Tintin et tutti quanti sont d'un autre temps, d'une époque qui ne fait pas rêver les enfants d'aujourd'hui.
C'est évident lorsque l'on regarde un instant les robots transformables, les dinosaures articulés, les jouets ultra sophistiqués qu'on leur propose et dont ils disposent.
Avec mon "Odyssée" j'avais l'air d'un con comme chantait Brassens, un autre con d'autrefois!
