Nous étions une centaine de riverains bravant la nuit en ce premier jour d'hiver et la neige fondue qui tombait ne nous réchauffait pas vraiment. Pourquoi battions-nous le pavé ainsi? parce que, comme je vous l'ai déjà raconté, le Groupe Carrefour et l'un de ses franchisés veulent installer un petit supermarché à cette enseigne dans notre micro-quartier qui est pourvu en abondance de ce qu'il faut en commerces de bouche et autres. L'offre est large et les heures et jours d'ouvertures des magasins existants est parfaite parce qu'issue de concertations entre les gérants. Il suffit de faire un tour du quartier pour s'en convaincre.
Avec un simulacre de concertation la mairesse du quartier Croix de Pierre, les commerçants et les riverains sont restés chacun fermement sur sa position: la municipalité disant qu'elle n'a aucun moyen de s'oppposer à un contrat commercial entre deux investisseurs privés, les commerces du quartier n'en démordent pas: il n'y a pas une zone de chalandise suffisante pour eux et Carrefour et enfin les habitants du quartier Fer à Cheval - Muret Marcel Cavaillé - Croix de Pierre dont le moins que l'on puisse dire est que ce sont des pacifistes politiquement modérés ne sont pas demandeurs d'un "Carrefour Market".
Malgré cela tout a été fait pour que le Carrefour soit implanté: la mairie a inventé un théâtre d'ombres qui disait non devant et oui derrière, la société exploitante du Tramway qui passe au raz du futur magasin n'a, semble t'il, rien opposé à cette prétention (et pourtant les livraisons se feront sur les implantations du tram (voie et à-côtés, caténaire et rails).
Je l'écrivais il y a peu: cette affaire minuscule est révélatrice du déficit démocratique dans lequel nous vivons dès qu'il y a un imprévu. Cette année, côté Garonne du même quartier les travaux de la passerelle qu'il a fallu refaire en partie: aucune "vraie" communication sur le pourquoi, aucune excuse pour les travaux "exceptionnels" qui se sont déroulés en été de 6h00 du matin à 23 heures.
... Et dire qu'il y a encore des personnes qui se déplacent pour les "voeux du maire"! cocus et contents!
Le délai pour stopper l'ouverture du magasin est achevé depuis 3 semaines (on avait appris, par hasard qu'il était question d'implanter un carrefour 3 semaines avant!) et, sauf miracle de Noël, le "carrouf" sera là avec ses climatiseurs, ses poubelles, ses voitures en double file, ses clodos à chiens et ses médiocres produits de sa marque.
Regardant la foule qui manifestait hier je me demandais combien -moi compris- arpenterait furtivement les rayons dans quelques mois!
Je revenais sur cette affaire parce que l'espoir était né qu'on ferait "bouger les choses" En réalité la dame qui citait Zola et "Au bonheur des dames" mercredi 20 décembre au soir ne croyait pas plus que les autres que des habitants d'un quartier puissent obtenir le moindre report.
