A quelques minutes du début du "discours de politique générale" de Michel Barnier, le premier ministre d'opposition à lui-même que la France a mis plus de deux mois à trouver alors qu'il est entré en politique en 1973, les radios et autres médias vintages nous apprennent que la question des impôts divise la "majorité très relative" voire "supposée" qui dit le soutenir.
Il faut en convenir; notre pays est champion du monde ou fait partie des meilleurs des pays question "prélèvements obligatoires". Il n'existe sans doute aucune taxe qui n'ait été essayée ici. Telle la vignette auto certains impôts ont disparu (ils se comptent sur les doigts d'une main) mais pour réapparaître sous un autre nom ou reprendre ailleurs ce qu'elle avait feint de rendre aux contribuables.
L'impôt est un marqueur de gauche dit-on: en effet l'électeur de cette obédience trouve toujours qu'il y a d'autres Français à taxer et sur d'autres critères. Son credo est que taxer les riches rendra les pauvres moins pauvres.
A contrario la baisse (toute relative) de l'impôt est une exigence de la droite qu'elle justifie par des fariboles aussi incongrues que "le ruissellement".
Le peuple, lui, avec son bon sens et une solide expérience vécue sait que les uns comme les autres ponctionnent la classe moyenne qui se laisse faire sans trop de difficultés.
Le discours de politique générale du nouveau premier ministre est comme le discours de Clermont Ferrand de Michel Serrault dans "la gueule de l'autre" (Pierre Tchernia, 1979) il pourrait être enregistré une fois pour toutes et être diffusé à chaque arrivée d'une nouvelle équipe ministérielle. Je plains les journalistes politiques d'être contraints de faire l'exégèse d'un tissus de platitudes, de promesses absurdes ou mensongères et de lieux communs.
Y a t'il un seul de ces discours convenus qui soit resté dans les mémoires pour son originalité ou son élévation de pensée? qui a dit celui de Jean-Marc Ayrault?
Nous nous imposons (enfin... pas nous) comme ça des corvées qui ne servent à rien et qui ennuient tout le monde. Quand j'étais ado le "Cours de la Bourse", à la fin du journal télévisé était pour moi le comble de l'ennui. Je doute que les 12-15 ans et suivants jusqu'à 50 et + soient réellement intéressés par le discours de politique générale. Ils suggèreraient sans doute de le remplacer par une partie de Mario contre Luigi. Personnellement je préférerais le discours, je suis un peu pervers.
Ce moment de félicité par lequel passent ces messieurs (et deux dames) est sans doute le but de toute une vie. Si, en plus, le premier ministre devient président de la République tels Pompidou, Chirac, Fabius (attention, il y a un piège!), l'impétrant a dû connaître le Nirvana.
