Hier soir nous avons dîné chez des amis qui habitent Toulouse dans un de ces quartiers périphériques entièrement neufs qui poussent comme des champignons. La ville est couverte de grues, les bâtiments se suivent à un rythme effréné tandis que les programmes de construction de quartiers entiers se suivent. Et ce dans tout Toulouse et son immédiate banlieue. La Cartoucherie est en cours de remplissage. Les magasins se sont ouverts et la vie de quartier a débuté. L'immense programme de Montaudran est en pleine activité. On construit, on construit . Le quartier adjacent au nôtre, face à la Garonne et à l'îe du Ramier s'achève. Des centaines d'appartements, là encore.
Le groupe d'immeubles où nous sommes allés est beau, harmonieux, entouré de beaux arbres et d'un parc "paysagé". Les rues qui permettent d'y accéder sont désormais sur les GPS mais pas faciles d'accès pour autant. Une frontière invisible sépare pourtant ces nouveaux quartiers des anciens: le bâti est différent et nous pourrons aussi bien être en banlieue de Bordeaux, de Lille, de Dijon ou de Montpellier. Rien ne rappelle qu'on est dans la "capitale" de l'Occitanie". Architecture banale et reproduite à l'infini.
Tout cela ne serait rien si au moment de partir nos amis avaient tenu à nous raccompagner chez nous (un orage considérable et des embouteillages inextricables nous avaient contraint à laisser la voiture en stationnement et à poursuivre notre trajet en métro). Ils nous expliquaient avec résignation que la nuit le métro n'était pas sur (il n'était que 22H30), que des "points de deal" (de drogue) étaient aux portes de leur résidence, que les taxis ne venaient pas dans ce coin etc..
Je tombais des nues! ainsi la résidence arborée et la piscine se payaient d'un sentiment d'insécurité tel que, à la nuit tombée, plus personne n'était à l'abri d'un mauvais coup.
Pour économiser l'énergie les led éclairent moins les rues et moins longtemps. De ce fait les trafics se font dans l'ombre et les trafiquants n'aiment pas être dérangés!
Nous avons accepté d'être déposés à la station de métro la plus proche et, si nous n'avons pas été importunés il serait mensonger de dire que la sensation dominante était le bien être et la sécurité.
J'imagine que lorsque les rues seront équipées, que les constructions seront achevées et que les habitants auront investi ces quartiers en devenir la vie (re)prendra ses marques.
Aujourd'hui nous 'en sommes pas là.
