Le jour de la mort de Pierre Soulages, le 26 octobre 2022 nous étions à Rodez au Musée qui porte son nom pour voir l'exposition Fernand Léger qu'il abritait. Fertile en rebondissements la journée a été fatigante mais riche de ses péripéties même. J'avais eu l'idée -qui se révéla baroque- d'y aller par le train pour nous éviter les routes difficiles de l'Aveyron.
Nous avions prévu large mais, à la gare SNCF Toulouse-Matabiau le personnel jouait les cow-boys en faisant sauter des bagages oubliés. Fil jaune tendu (comme dans une série Netflix), agents de sécurité avec matraque et chaînes et attitudes viriles, ils se sont estramassés pour que cette plaisanterie dure 28 minutes, temps insuffisant pour exiger un remboursement partiel du billet mais suffisant pour mettre mon programme par dessus tête. Le train "Intercité" se débrouillant pour s'arrêter en pleine campagne et dans une gare improbable, une panne de passage à niveau étant invoquée pour excuser les attentes.
Le déjeuner dans la brasserie que j'avais choisie était annulé puisque nous sommes arrivés devant elle à plus de 14H00. A Rodez, à 14H00, on ne sert plus.
Nous avons visité l'exposition Léger qui valait mieux que je ne pensais. J'attendais du "réalisme socialiste" lourdingue et ce n'était pas ça. Certaines peintures, certains dessins m'ont même enthousiasmé. En particulier une de 1931 qui annonçait Keith Haring.
Comme le train du retour était tardif nous avons, au pas de charge, regardé quelques salles de l'exposition permanente Pierre Soulages. J'avais déjà visité l'exposition ainsi que l'église de Conques et ses drôles de vitraux. C'est peu dire que j'avais trouvé le tout.... incompréhensible. Comme Yves Klein ou Nicolas de Staël il faut être vierge de parti-pris pour apprécier et (essayer de) comprendre et je ne le suis pas assez.
...Et les explications savantes sur cet art qui m'échappe ne me sont d'aucune utilité. Je reconnais la beauté de la toile mais ne comprends pas sa signification.
Alors que nous visitions "son" musée Soulages, âgé de 102 ans mourrait concomitamment.
Nous nous sommes ensuite baladés dans un Rodez presque printanier et sommes restés interdits devant des photos d'Afrique (Ethiopie) signées Hans Silvester et exposées place de la Cité, en plein air. Magnifiques.
