Je suis arrivé par le premier avion "Easy Jet" lundi 1er janvier. Paris était ville morte. Pratiquement personne dans les rues, aucune boutique ouverte et un circulation qui a dû faire fantasmer Anne Hidalgo, l'édile débile.
Hier mardi 2 janvier 2024 je marchais dans mon ex-quartier parisien en attendant l'heure décente de pouvoir aller chez qui m'attendait après 10 heures. J'aime cette imprécision typiquement parisienne et un rien désinvolte. "Venez quand vous voulez", "On s'appelle en fin de semaine", "Venez mardi après 10H00". C'est à vous d'interpréter ces invitations qui n'en sont pas vraiment.
Je reviens à Paris. J'étais au Pont Mirabeau (oui, (dessous) coule la Seine et mes amours), du mauvais côté c'est à dire cette pâle imitation d'un Manhattan pour nains. (Chers lecteurs et lectrices, autrefois on appelait "nain" une personne de petite taille doté d'une grosse tête et de toutes petites jambes. Aujourd'hui on les appelle "personne de petite taille"). Ce quartier; Beaugrenelle ça s'appelle.
Passons.
J'ai donc pris le Quai Louis Blériot -sous une pluie battante et un vent mauvais qui retournait mon parapluie- longé la "Maison de la Radio" remonté la rue Raynouard, je suis passé devant la maison de Balzac et j'ai bifurqué par la rue de l'annonciation et suis arrivé place de Passy. là j'ai constaté que j'avais 45 minutes d'avance et ai décidé d'aller voir "la petite gare" et le Ranelagh. Encombré par mon sac (un sac "cabine" Easy Jet" qui peut contenir une pomme, ou un livre (de poche) ou une paire de gants!) et le parapluie qui gouttait dans mon cou je suis allé jusqu'au théâtre de marionettes et ce qu'enfants nous appelions la "piste", une allée goudronnée réservée autrefois aux vélos, tricycles et "patins à roulettes".
Trop engoncé, le froid, l'eau qui s'infiltrait, la grisaille, les très nombreux chiens qui déféquaient partout et le bruit des voitures m'ont fait faire demi-tour. J'ai pris un café au Tabac de la Muette et suis allé -en avance- là où l'on m'attendait.
Cette fois là pas de souvenirs d'enfance ni de langueur due à la traversée du quartier où je vivais étant enfant. Ca n'a guère changé pourtant mais c'est moi qui n'était pas connecté.
Ma vraie vie c'est Toulouse; je le sens au plaisir que je ressens en entendant le pilote de l'avion annoncer: "Nous commençons notre descente vers Toulouse..." Passy, le Bois de Boulogne, les lacs, la Muette, le Trocadéro... c'est déjà une autre vie. Lointaine.
