Les Allemands ne souhaitent pas devenir co-belligérants dans le conflit armé qui oppose violemment la Fédération de Russie (l'agresseur) et l'Ukraine (l'agressée). Le Chancelier fédéral Olaf Scholz et le peuple Allemand ont des souvenirs et doivent se rappeler l'inexorable progression de l'armée soviétique après Stalingrad en 1943, jusqu'à l'assaut du Reichstag en mai 1945 et la sauvagerie de la soldatesque soviétique.*
Cette mémoire est suffisante sinon pour justifier du moins pour expliquer la terreur qu'inspire le retour possible d'une guerre contre les Russes chez les Allemands. D'autres pays se cabrent, eux aussi, contre l'idée d'une aide de "troupes" diverses sur le sol Ukrainien évoquée par le Président Macron. La France à aussi quelques souvenirs dont l'humiliante équipée Franco-Britannique à Munich en 1938 n'est pas la moindre. Notre passivité devant le non respect du Traité de Locarno par Hitler, (devant la remilitarisation de la Rhénanie) et notre défaite absolue de 1940 restent de véritables traumatismes enfouis mais vifs. Macron ne réagit pas comme Scholz: il sait qu'en termes militaires la pusillanimité est annonciatrice de catastrophes.
Les autres pays de l'OTAN réagissent en ordre dispersé mais tous comprennent qu'on ne traite pas avec des arguments un dictateur agressif et rempli de haine. L'Europe a cependant été unie jusqu'ici et c'est presque un miracle que des armes et de la technologie aient été fournies à l'Ukraine malgré les menaces implicites de W. Poutine. Personne ne sait jusqu'où ce dernier est prêt à aller dans l'escalade à la fois guerrière et verbale. Tant qu'il ne fait qu'insulter les dirigeants européens cela n'est pas grave. Nos vieilles nations en ont vu d'autres! Ses propos martiaux et ses menaces à peine voilées de recourir à des frappes en Europe sont plus inquiétantes.
Il était nécessaire de "mettre les pieds dans le plat" et Macron a eu raison de dire haut et fort que l'option d'aller aider "physiquement" l'Ukraine qui, ne n'oublions pas, a été déstabilisée en 2014 et amputée de la Crimée et du Donbass puis envahie en 2022; est un pays souverain qui a été attaqué et que nous, Européens, ne pouvons nous permettre de laisser un pays en envahir un autre.
Nous ne pouvons, nous ne devons pas accepter cette situation qui sera interprétée comme un feu vert par W.Poutine pour en attaquer d'autres. (Lettonie, Estonie, Lituanie...)
Les rodomontades du maître du Kremlin à propos des armes nucléaires, ses menaces et ses mensonges doivent, pendant qu'il est encore temps, être prises pour ce qu'elles sont: des actes de guerre ou, si vous préférez, des menaces sur la paix.
* je ne fais pas de simplifications et l'Allemagne nazie a tellement torturé, tué, blessé, violé et massacré des populations qu'elle devait bien s'attendre à des représailles si elle perdait la guerre. L'Union Soviétique a tellement subi de destructions que son entrée en Allemagne s'est faite dans une soif de revanche d'un niveau rarement atteint. On ne peut pas dire "bien fait, elle le méritait" parce que les civils n'étaient pas ceux qui gazaient ou fusillaient des juifs ou des partisans. Mais ils avaient soutenu jusqu'à la fin ce régime infernal.
