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21 avril 2026 2 21 /04 /avril /2026 07:00

Parfois, inexplicablement, je m'interdis de parler de quelque chose que j'aime infiniment ou d'écrire quelque chose à son sujet. La crainte de lasser.  Je m'autocensure et sans doute ai-je tort. 

Il me semble qu'il y a déjà bien longtemps que je n'ai pas parlé de ce film que je considère comme le meilleur que j'aie jamais vu, à savoir "Barry Lyndon" de Stanley Kubrick. Je me suis offert le gros livre qui lui est consacré ("Barry Lyndon" éditions Simeio 2025)* qui est une somme et qui m'a encore appris des choses sur la genèse du film, sa préparation, les à-côtés de sa réalisation, le tournage proprement dit, la sortie, la réception critique et publique et la place qu'il a pris dans le cinéma. 

Je m'efforce de ne le voir qu'au cinéma, naturellement en version originale et pas plus d'une fois tous les 7 ou 8 ans. Vous ne le croirez pas mais à chaque visionnage je découvre un détail qui fait sens, une image importante ou un un détail de décor significatif. 

Dans ce film je crois bien qu'il n'y a que quelques scènes du début qui me semblent trop longues et je tique au passage du foulard parce la cousine Nora est trop vieille pour se livrer à de tels enfantillages. 

Puisque je suis dans le regret je considère Ryan O'Neal comme l'interprète idéal mais peut-être un peu âgé dans certaines scènes. Mais il est magistral dans 99,9% du film.  

Pour avoir lu "Vanity fair" et "les mémoires de Barry Lyndon" de William Makepeace Thackeray je retrouve dans l'adaptation cinématographique les images mentales que je m'étais faites de l'époque et des personnages. 

Je ne vais pas récrire le couplet sur la lumière extraordinaire du film, sur la musique**, sur les vêtements, les paysages, le jeu des comédiens, l'intelligence du découpage, les rapports humains, la vanité de la vie etc: Barry Lyndon est un condensé de la vie d'un homme qui n'a pas les talents personnels nécessaires à la vie qu'il s'est choisie et pour laquelle il n'est finalement pas fait. 

Dans le désordre je citerais "mes" scènes préférées: la rencontre avec le brigand, la colère du vieux comte de Lyndon devant l'audace de Barry, la scène muette de séduction, le léger sourire du Révérend Runt lorsque Barry Lyndon a été remis à sa place, le duel dans l'écurie, la rencontre avec l'Irlandais tricheur, la bagarre entre Barry et l'Irlandais, la scène de campagne avec la femme "souvent conquise", le regard de Lady Lyndon (Marisa Berenson) lorsqu'elle surprend son mari embrassant une autre femme et les scènes de O'Neal avec son fils. 

Mais il y a tant d'autres choses à dire sur ce film… Les Américains l'ont trouvé trop long et lui ont préféré "les dents de la mer"... Ca se passe de commentaire. Personnellement je donne tous les "Matrix" et autres "Star Wars" pour une minute de Barry Lyndon. 

Mais je m'emballe! Kubrick ne faisait pas des films: il réalisait des œuvres cinématographiques.  De son niveau, bien qu'avec intermittences, je n'en vois pas beaucoup (façon polie de n'en voir aucun). 

Et la formule écrite qui termine le film, banale mais si bien formulée. Il y a chez Kubrick du génie qu'on trouve parfois chez Milos Forman, Andrzeg Wajda, Jerzy Smolikowsky et quelques autres. Un cinéma intelligent.

* il est épuisé et non réédité (59€)

** L'abruti Philippe Labro avait dit qu'une musique composée exprès pour un film était mieux adaptée que des musiques préexistantes. Il aurait préféré une mièvrerie à la Michel Legrand? 

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