Le 23 décembre après midi je n'ai rien trouvé de mieux à faire que remplir mon dossier d'admission au CHU de Toulouse pour une opération (la seconde) en chirurgie du genou. Ma démarche de type tout juste descendu de cheval après un galop de 5 heures étant inesthétique et, ce qui est nettement plus grave, douloureuse.
Le médecin qui m'a opéré en 2020 a raté son coup. C'est l'évidence. Mais que faire? le poursuivre en justice? il ne faut pas même y songer.
Quand j'écris "remplir mon dossier" c'est "sur place" qu'il faut comprendre. Le dossier est tellement important, on me demande tant de choses qu'il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour que je conserve ma démarche chaloupée.
Mais outre les deux inconvénients cités plus haut je dois aussi donner un détail navrant: j'use une seule chaussure et à une vitesse folle. Et je ne peux pas intervertir la gauche à la place de la droite et la droite à celle de gauche. J'ai l'air encore plus pinpin.*
Bon. parlons en de ce dossier. Financièrement il est extrêmement précis: au centime près je sais combien coûte l'opération, l'anesthésie, la chambre pour 3 nuits, le séjour en clinique de rééducation (Ma femme a un souvenir nuancé de ma précédente convalescence), les plateaux repas et j'en oublie.
Il y a des examens à faire, des bilans à établir et des passages devant des médecins importants à prévoir. Ils demandent tous des examens et je me demande si ils sont tous nécessaires. (les examens, pas les médecins).
Sans mentir ni exagérer le dossier constitué (j'en suis à la moitié) contient une quarantaine de pages A4. Je dois préciser ce que je veux qu'on fasse de ma dépouille si l'opération rate, dire si je veux qu'on donne tel ou tel organe (c'est pas un cadeau!) et rassurer l'hôpital: je ne risque pas de trépasser pendant l'opération.
C'était incroyable comme sensation: l'hôpital -qui d'habitude ressemble à une ruche, était presque vide. Les gigantesques couloirs étaient parcourus par une ou deux personnes. Les innombrables ascenseurs semblaient en panne. le personnel en blouse blanche était invisible. J'ai enfin vu une secrétaire médicale qui m'a dirigé vers le bon service. Là une personne a pris la peine d'organiser mon dossier et de m'expliquer ce que je ne comprenais pas. Je lui ai offert un mauvais café de la machine devant laquelle j'étais passé et dont je me suis souvenu de l'emplacement et je suis rentré chez moi.
Nous étions le 23 décembre "veille de la veille de Noël". Le week end des "fêtes" avait pris un peu d'avance...
