Sans doute beaucoup plus inquiet que je ne le pensais sur le déroulement de la journée je suis allé hier à Lyon, au siège de la société qui m'employait (jusqu'à ce soir) afin de rendre la voiture de fonction, l'ordinateur, l'I-phone et un carton de paperasse sans (grand) intérêt.
Réveillé à 4H30 du matin, le sommeil avait déserté mon appartement. J'avais 500 km à faire je les ai parcourus à une moyenne ridiculement basse.
Après avoir signé une rupture conventionnelle qui m'exonérait de la moitié du préavis, le dernier jour dans une société dans laquelle je ne me suis jamais plu était arrivé.
On devrait toujours se fier à ses premières impressions. Ce sont souvent les bonnes: dans les trois entretiens d'embauche le contact avec le DG-Actionnaire-DC et malheureusement pour moi N+1 s'était mal passé. Il n'écoutait pas mes réponses et m'interrompait tout le temps, je n'écoutais pas ses questions et répondais à côté.
En le quittant (les 3 entretiens s'étaient déroulés à Vitrolles) je m'étais dit que la cohabitation serait difficile si j'étais pris et aussi, concomitamment, que je n'aurais pas le poste.
J'avais tort. Des circonstances originales ont contourné cette perception des choses: Je n'étais pas leur premier choix mais la personne engagée a vite pris la tangente et le poste m'est échu.
Dès les deux premières semaines de formation à St Etienne j'ai eu confirmation de deux choses: l'entreprise était aux antipodes de ce qui me convient et le personnage qui m'avait engagé était fou à lier.
Quatorze mois plus tard je suis soulagé et heureux de ne plus avoir à traiter avec eux (la boîte et son principal représentant hiérarchique) et je jure qu'on ne m'y reprendra pas.
Les hommes sont bizarres: celui que j'ai appris à détestiser (contraction entre détester et mépriser) s'est montré absolument charmant lors de ma restitution du matériel.
Il ne m'interrompait plus, ne commençait plus chaque phrase par moi ou je et... n'a pas parlé travail une seconde. Il m'a même évité le train et le Rhônexpress en m'accompagnant à l'aéroport alors que tout le monde m'avait dit que ce serait à moi de me débrouiller.
...Je crois même que je l'ai vu sourire!
Je raconterais peut-être ici l'atmosphère stupéfiante qui règne dans cette société. Mais je dois d'abord laisser décanter mes souvenirs et me persuader que ce que j'ai vu et vécu parfois n'est pas le fruit de mon imagination.
