L'industrie agro-alimentaire ne se contente pas de nous empoisonner: parfois elle nous démoralise aussi.
Plus insipide qu'une chanson de Pascal Obispo, plus consternant qu'un film signé Luc Besson et plus agaçant qu'une interview de Christine Angot il existe un fromage industriel particulièrement sournois.
Il s'appelle "Capitoul" et c'est un monument d'insignifiance. Comme "Capitoul" ne dit rien au cochon de consommateur le raffineur de pétrole qui le fabrique a dû ajouter, sur un emballage en trompe l'oeil des fausses références qui achèvent de tromper l'acheteur.
On lit donc que la part de caoutchouc contenue dans l'emballage est du Tomme des Pyrénées. Il est précisé que cette tomme est noire, qu'elle est fabriquée à partir de lait de vache et, suprême escroquerie, qu'elle fait partie des fromages des bergers.
Pour nous en convaincre on a droit à une photo couleur d'un berger avec béret basque, canne et habit en laine vierge sans manches. Il ne manque que les échasses et l'agneau émouvant.
Le berger en question est artificiellement vieilli (merci Photoshop) pour correspondre aux bergers que les émules de Séguéla croient croiser au marché bio de Gordes en Luberon un soir d'août...
Malgré tous ces artifices marketing la savonnette au lait pasteurisé est au fromage ce que la crème Nivéa est à la chantilly maison: un artefact.
De même qu'il ne viendrait à personne de plonger pour la déguster une cuillère dans une boîte bleue de crème pour le corps personne -à part moi mais je ne le ferais plus, j'en fais le serment- ne songerait à mettre du "Capitoul" dans sa bouche.
Je suis même persuadé que la pseudo laiterie qui fabrique cette honte fromagère en interdit la consommation à ses salariés: leur empoissonnement retarderait la chaîne de montage.
