Un fait récent m'a amené à me poser la question de la transmission et des formes qu'elle pouvait revêtir.
J'ai entendu une émission de radio consacrée à la mise en BD du "journal d'Anne Frank". Ma première réaction a été un mélange de consternation et d'incompréhension. Elle a été suivie du rejet et enfin de la réflexion selon laquelle, finalement, il valait mieux découvrir ainsi Anne Frank que l'ignorer.
Le célèbre "Journal d'Anne Frank" est un des livres les plus vendus au monde. Je n'ai pas dit lu. C'est un livre "scolaire" souvent étudié en classe, ce qui ne signifie pas forcément lu en son entier. Ce livre qui est connu dans le monde entier pose un problème.
Beaucoup souhaiteraient qu'ils ne soit plus soumis au copyright et que les droits d'édition en soient publics. (dans le but, louable s'il est vérifié, de l'éditer dans des versions économiques).
Ce témoignage si sensible d'un éveil à la vie, si atrocement contrarié, a remué des générations de jeunes filles et aussi de lecteurs ou lectrices plus âgées. L'intelligence, la dualité et le monstrueux destin de cette Anne Frank à qui il est si facile de s'identifier a marqué toutes celles et tous ceux qui l'ont lue.
Aux autres, ils sont nombreux aussi, les films tirés de l'oeuvre ont laissé une trace de "l'annexe" et de la vie si ténue et douloureuse mais aussi d'espoirs de ces personnes emmurées aux Pays Bas.
Les vicissitudes de l'édition du livre (duquel furent retirées les critiques souvent sévères qu'Anne Frank faisait à propos de sa mère mais aussi les remarques crues sur son éveil à la sexualité) sont elles aussi passionnantes et expliquent les difficultés que rencontrent les juristes pour définir l'année de l'édition "originale" qui semble cependant rester celle de la première, 1947.
Il semble que sa mise dans le domaine public pose des questions à n'en plus finir. On dit que celle-ci pourrait être retardée puisqu'il existe donc plusieurs versions (dont une expurgée par le père de la jeune fille) et que la dernière est loin d'être dans le délai prévu. Selon moi le "journal" se suffit à lui-même et les 150 ou 200 pages qu'il contient ne devraient pas être de nature à rebuter un adolescent à peu près éduqué. Il semble que non et que, pour lui faire toucher un autre public, il ait été nécessaire d'en faire une bande dessinée. Nos ados incultes et paresseux apprendraient le martyre juif par des bulles.... pourquoi pas?
Je regrette simplement que les "éducateurs" n'essaient jamais de promouvoir l'effort et aillent au plus simple, voire plus simpliste.
Je suggère à ces braves gens un album à colorier comme étape suivante tandis que Luc Besson ferait un film avec Mylène Farmer en Anne Frank, à moins qu'un jeu sur playstation...
