Aujourd'hui j'enfonce des portes ouvertes et je me rends complice de candidat à la présidentielle (j'écris vendredi 3 et il l'est encore!) qui partagent cette opinion puisqu'il veut en supprimer 500 000, je veux parler de l'administration, des fonctionnaires, de la Fonction Publique, de la bureaucratie, du monde des salariés de l'état.
Pour les critiquer?
Eh bien non, ou pas seulement.
Quand, en tant que particulier, on a affaire au privé (banque, assurance...) on voit que les mêmes fonctionnements exaspérants y ont cours: attente, renvoi d'interlocuteur vers un autre, coupure de la communication, anonymat des contacts, dossier inconnu de celui ou celle qui devrait le traiter, travail pas ou mal fait, retards, courriers intempestifs etc. et donc qu'il n'y a pas une incurie spécifique à l'administration mais que cette dernière cumule parfois les désagréments.
Il y a de quoi perdre toute patience et toute éducation lorsque vos interlocuteurs vous "baladent" de service en service en vous mettant en contact avec des personnes qui se renvoient la responsabilité du non avancement de votre dossier de l'un à l'autre.
George Courteline, Kafka, ils sont nombreux à être évoqués lorsqu'on réfléchit à ce qu'est une matinée au service des cartes grises de la préfecture, aux passeports ou aux impôts. Les réponses à la même question fluctuent pour n'être jamais certaines. Les cérémoniaux datent du siècle dernier (guichets, numéros d'attente, ligne de confidentialité) et le sentiment de perdre son temps dans une organisation désuète et réellement chronophage vous ronge tandis qu'une horloge souligne votre impuissance "d'usager".
Essayer de traiter l'affaire au téléphone n'est guère plus encourageant: lignes qui sonnent dans le vide, messages en boucle, disques stupides répétant le prix de l'appel ou incitant à parler à un robot tout en appuyant sur des touches successives, interlocuteurs semblant tomber de Mars la rouge, personne en charge du dossier qui le découvre, coupure subite de la ligne et j'en passe.
Il n'empêche que, malgré leur lenteur et souvent leur mauvaise volonté les administrations sont efficaces et à moindre coût. mon âge et mon expérience m'ont maintes fois prouvées que les missions de service public confiées au privé étaient encore plus effroyables. (France Telecom => Orange)
Supprimer 500 000 fonctionnaires est un mot d'ordre inepte et qui flatte les bas instincts d'électeurs jaloux et injustes. La question n'est pas de supprimer des postes mais de les rendre (plus) efficaces.
