Je ne m'y habitue pas et pourtant c'est une expérience que je vis régulièrement depuis que je suis enfant.
La musique, une musique, peut m'émouvoir aux larmes et, de tous les arts existants, elle est la seule à provoquer en moi cette émotion belle et puissante.
Toutes les musiques n'ont pas cet effet sur moi, loin de là.
Seule la musique dite classique a ce pouvoir et, parmi les nombreux sous-groupes de cette musique le chant a cette capacité unique de libérer mes glandes lacrymales.
Lorsque j'étais enfant certains chants religieux repris par l'assemblée à l'église éveillaient en moi ce trouble. Depuis j'ai souvent constaté que les chanteurs et chanteuses, les choeurs et les Opéras déclenchaient en moi cet émoi qui pouvait, je l'ai dit, aller jusqu'aux larmes.
Lors de l'audition en public de la Cantate 46 de Bach dimanche dernier l'air de la basse était tellement beau que je n'ai pu retenir ma larme. Le fait qu'il répète son air en le prenant à un endroit précis et qu'il l'arrête à un autre n'empêchant pas mon émotion.
C'est une technique, c'est un travail, c'est un métier. La qualité du chant est aléatoire et sujette à des variations en fonction de l'état mental du chanteur et de l'auditeur, de la manière dont est dirigé l'orchestre et de la façon dont les instrumentistes jouent mais aussi de l'intention de l'auteur. Tous ces éléments conjugués donnent à ce moment la grâce de me -nous- toucher au plus profond.
Parmi les innombrables oeuvres qui me touchent "le Messie" de Haendel, la "Messa di Gloria" de Puccini et, je l'ai déjà dit et redit, le merveilleux "Orphée et Eurydice" de Gluck ont la vertu de me transporter immédiatement quelqu'en soient les interprètes.
