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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 06:55

Re!

Je me permets de revenir sur mon post de mardi 9 consacré aux deux adaptations cinématographiques du livre de François Mauriac "hérèse Desqueyroux".

J'ai pu me procurer la version de Georges Franju avec Emmanuelle Riva, Philippe Noiret et l'incroyable Edith Scob et la revisionner. 

C'est un film en noir et blanc assez impressionnant par l'équilibre entre une histoire solide et bien racontée, des comédiens exceptionnels (Emmanuelle Riva est magnifique), des décors et une musique parfaits. La mise en scène, classique, est au service du scénario et les conventions du cinéma sont respectées (pour montrer qu'une soirée s'éternise  on montre une cheminée remplie de bûches puis la même cheminée avec des braises).

On connaît l'histoire: Thérèse Desqueyroux est une femme qui réfléchit. Elle lit et se pose des questions alors que dans sa classe sociale (la grande bourgeoisie propriétaire terrienne dans les Landes) on ne pense pas. Elle a une amie d'enfance, Anne, dont elle épouse, sans amour le frère Bernard. tous les deux, par ce mariage, agrandissent leur patrimoine.
Cette union décevante ne satisfait évidemment pas Thérèse Desqueyroux qui prend ombrage de l'amour que rencontre Anne avec un voisin qui ne peut convenir à la famille.

Un jour où l'incendie menace les pins de son mari elle le laisse prendre une seconde fois son traitement à base d'arsenic. Son mari est malade et Thérèse Desqueyroux l'empoisonne sans vraiment l'avoir décidé.

Le médecin de famille s'aperçoit que ses ordonnances ont été trafiquées et fait venir un confrère de Bordeaux.
Il y a plainte déposée en justice mais les relations du père de Thérèse et celles de la famille de Bernard permettent d'étouffer l'affaire et d'obtenir un non lieu.
Pour sauver les apparences, Thérèse est maintenue dans la propriété jusqu'à ce que l'on oublie cette histoire.
Cloîtrée dans sa chambre elle se laisse aller et s'ennuie dans une immense solitude.
L'histoire se termine à Paris, à une terrasse de café. Thérèse Desqueyroux espère encore une réaction de son mari mais celui-ci n'a que les conventions bourgeoises et la famille à la bouche.

Je le redis ici: Emmanuelle Riva, sans être belle, possède un regard et une démarche dans laquelle se lit une intelligence et de la révolte. Elle ne joue pas son personnage, elle l'incarne.
Noiret, encore jeune, est ennuyeux et conventionnel. Il n'est pas méchant (quoi qu'il le soit par bêtise avec sa soeur lorsqu'elle fugue) mais incapable de comprendre sa femme et le monde. Les apparences lui suffisent et que les choses soient immuables lui convient parfaitement.
Il ne remet rien en question et, s'il aime sa femme, il est incapable de le lui dire et moins encore de le lui témoigner.

La mère de Bernard est un personnage insupportable et les idées qu'elle défend sont celles des partisans de Fillon au Trocadéro cette année.

Anne, jouée par l'actrice Edith Scob, surprenante, fait partie de ces femmes qui finissent par entrer dans le moule. Son amant, Sami Frey ne s'y trompe pas.

C'est une histoire dépassée mais "les 3 mousquetaires" aussi et on prend plaisir à suivre ces personnages qui souffrent à cause de leur incommunicabilité et de leurs préjugés.

 

 

 

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