De très grands écrivains ou cinéastes se sont inspirés de faits divers, parfois sordides, pour écrire de grands livres ou pièces de théâtre. Je pense à Gustave Flaubert et à "Madame Bovary" ou à la pièce "les bonnes" de Jean Genêt.
Les exemples sont nombreux de pièces mais aussi de films voire de chansons ("Bonnie & Clyde") s'inspirant de faits réels servant de point de départ pour devenir une oeuvre personnelle.
Parallèlement les crapules, les salauds, les bandits, les meurtriers et les ordures inspirent aussi les auteurs qui savent qu'avec de tels personnages sulfureux on peut transgresser des interdits et -qui sait?- réussir à magnifier une matière première assez immonde. "Orange Mécanique", "Scarface", "Le Parrain" en sont de dignes exemples cinématographiques.
Lorsque le fait qui inspire l'oeuvre est ignoble ("Roberto Succo") ou lorsque il s'agit de raconter la vie de quelques déchets de l'humanité, criminels de guerre, terroristes, tueurs en série, la crapulerie absolue consiste à réhabiliter ou tenter de réhabiliter ces salauds. Ou a leur trouver des excuses.
Le pire est de se cacher derrière un alibi culturel ou politique, ce que certains n'hésitent pas à faire.
J'ai lu récemment qu'un spectacle, joué à Avignon je crois, s'inspirait de l'ignoble parcours de Mohamed Merah et je trouve qu'une ligne blanche est franchie. Pas de spectacle, pas de chanson, pas de film sur cet abject salaud qui a, je le rappelle, poursuivi une petite fille dans une école, l'a attrapée par les cheveux et lui a tiré une balle à bout portant dans la tête parce qu'elle était juive. Comme les nazis des camps d'extermination il a ôté la vie à une petite fille parce qu'elle était juive. Ce crime contre l'humanité n'a pas à recevoir d'apologie.
Il avait, rappelons-le, tué auparavant le frère et le père de cette pauvre enfant.
Ce spectacle est une insulte à l'intelligence, au respect des morts et à l'honneur. Je n'écoute ni ne lis les justifications des auteurs et ne comprends pas la bassesse de leur démarche. Parler de ce funeste salaud c'est forcément lui donner (un peu) raison. Il y a des cloaques où, même par curiosité, il ne faut pas descendre.
La perversité de certains théâtreux n'a jamais eu de bornes; cette affaire l'illustre une fois de plus.
(j'ai retrouvé ce "post" dans les brouillons. J'ai du hésiter à le publier en juin ou juillet. Je le fais aujourd'hui car mon indignation reste entière). (30/08/17)
