Ecoutant d'une oreille agacée une émission de France Inter vendredi 15 au matin je n'ai pas réussi à passer à l'antenne pour dire son fait à une dinde qui se faisait appeler Caroline Web.
Les auditeurs sélectionnés étaient de doux allumés et j'aurais détonné...
Le sujet de l'émission était l'ambiance au travail, les relations au travail, une journée au travail et cette Mrs Web, une anglo-saxonne qui prenait sa vessie pour une guirlande LED disait une ânerie toutes les deux secondes.
Elle parlait de "bienveillance", de "se parler", de respect et autres sujets totalement inconnus en entreprise voire interdits. Un DRH ici et maintenant est aussi loin de ces concepts qu'une girafe d'un brin de muguet.
J'ai une expérience d'un grand nombre d'années en entreprise, de la très grosse (Sacilor) à la plus petite (Bébé Confort) en passant par toutes formes et modèles de société.
Partout, je dis bien partout, j'ai retrouvé les mêmes cadres puants, les mêmes femmes insupportables, les hiérarchies incompréhensibles, le même arbitraire et, en fin de compte, le même enfer. Je maintiens ce mot car il désigne bien les sommes de stress et de dégoût qu'on ressent à l'année dans nos délicieuses unités économiques "à la française".
Le carburant des boîtes françaises c'est, du haut en bas et de bas en haut le mépris et l'absence presque totale de communication. Les patrons sont sur leur aventin et ne s'abaissent que très rarement à frayer avec la piétaille tandis que les soutiers s'en prennent à leurs semblables et leur pourrissent la vie à défaut de s'en pendre aux vrais responsables de l'atmosphère critique, des salaires minables, des augmentations décidées arbitrairement, des promotions données aux plus ternes, des écarts de salaires scandaleux et des consignes incompréhensibles.
Les commentaires et réflexions des animateurs et invités de France Inter étaient non pas décalés mais grotesques. Un idiot céleste qui a dû avoir sa place par copinage proposait des solutions toutes plus invraisemblables les unes que les autres. "Aimez-vous les uns les autres", "écoutez-vous", "rendez les réunions apaisantes par la respiration" et autres fadaises qui montraient clairement qu'il vivait sur le Mont Canigou et en redescendait assez rarement.
Je cite le modéré Jacques Julliard (Marianne N°1069 15/09/17) : " Toute l'histoire sociale française depuis le XIX ème siècle le démontre: si l'entreprise française a été et reste le lieu de la lutte des classes, c'est au patronat Français, à son autoritarisme, à son égoïsme catégoriel et à l'étroitesse de ses vues qu'on le doit." Il poursuit : "Nous avons depuis longtemps en France un des patronats les plus bêtes du monde. Aussi longtemps que la lutte sociale s'identifiera à l'affrontement stérile entre ces deux dinosaures, le Medef et la CGT, le chômage y jouira d'un bel avenir". Et j'ajoute, les entreprises seront gérées comme des casernes où les salariés deviennent fous à force de n'être que des pions interchangeables, maltraités et mal payés.
Proposer des espaces siestes comme France Inter ce matin c'est soit de l'humour au second degré soit se f... de la gueule du monde.
