La bienveillance dont on se gargarise toujours beaucoup mais qu'on pratique rarement a pour moi les traits de deux femmes aujourd'hui décédées.
L'une, Antoinette de L*** était une amie de ma mère et ce fut, à mon niveau d'enfant et d'adolescent mais aussi de jeune marié et de jeune père un vrai bonheur de l'avoir comme amie et jamais je n'ai oublié ses bienfaits.
Sa gentillesse, sa simplicité et sa personnalité parfois naïve lui ont valu bien des reproches et des difficultés. Un naturel agréable peut susciter la méchanceté de ceux qui en sont éloignés. C'est une des rares personnes que j'ai aimées et pour lesquelles je ne me reproche rien: je lui ai rendu son affection et elle connaissait mon coeur.
L'autre femme était allemande et a beaucoup compté dans mon enfance et les débuts (difficiles) de mon adolescence. Je lui dois les moments d'attention dont je manquais et l'étincelle qui m'a fait aimer la musique classique. C'était une femme discrète, observatrice et discrète. Elle savait "faire passer des messages" et a beaucoup compté pour moi. Je l'ai beaucoup aimée et ne le lui ai pas dit. J'aurais dû aller la voir à Dortmund où elle vivait mais ne l'ai pas assez fait.
J'ai rêvé d'Annegreth cette nuit et nous avons parlé. C'était mieux qu'un rêve parce que le temps ne nous était pas compté et que nous nous comprenions parfaitement. Curieusement elle avait perdu son accent qui faisait tant partie de sa personnalité.
Je me suis réveillé avec le sentiment d'avoir vraiment passé un moment avec Annegreth, Elle avait les cheveux blancs alors que je ne l'ai vue ainsi qu'en photo.
Quand je pense qu'Antoinette et Annegreth se sont "connues" et ont été dans la même pièce je regrette de ne pas m'en souvenir.
