L'été dernier, en Corse, le calme et la sérénité d'une petite auberge ont été
provisoirement mais brutalement mis à mal par l'arrivée inopinée d'un ouragan
en vacances qui tenait à faire savoir qu'il était là et qui n'imaginait pas qu'on puisse
ne pas le reconnaître.
Accompagné d'un très belle blonde gloussante et bon public (elle riait fort et
systématiquement aux plaisanteries de son médiatique chaperon) Thierry Ardisson
faisait savoir aux quelques Allemands, Anglais et Toulousains présents, donc, qu'il
n'était pas n'importe qui. Pied nus et parlant fort; il était impossible de l'ignorer.
Depuis qu'il officie sur les chaînes de télévision Ardisson a mis au point un
numéro de charme, de cynisme mondain et de culture à la portée de tous qui
fait son charme et explique sa longévité.
Loin d'être idiot, ayant une culture transversale et remplie de tout ce qu'il faut
savoir pour épater Séguéla et Stéphane Fouks, l'homme n'est pas désagréable
même s'il aime être grinçant avec ses invités en perte de vitesse.
Comme le personnage jadis incarné par de Funès Thierry Ardisson flatte l'homme
et la femme de pouvoir, l'écrivain en vue, l'artiste arrivé.
Il est implacable avec celle qui ne vend plus de disques, celui qui a essuyé un revers
de fortune ou, pire, qui a vu sa notoriété fondre.
On l'aura compris, Thierry Ardisson est un ludion du fenestron, qui passe le temps
qu'il ne consacre pas à sa royale personne (entre 80 et 85%) à briller en société.
...de préférence sur un plateau de télévision et de préférence sur une chaîne prisée
par les CSP+.
Il est ainsi, Ardisson. On l'imagine bien au volant d'une énorme voiture noire mat,
une blonde de 40 ans de moins que lui à sa droite et écoutant en boucle le disque
improbable d'un Iggy Pop.
Car, et c'est à porter à son crédit, Thierry Ardisson ne renie jamais ses anciennes
amours : la monarchie, les Beatles ou Ferrari.
Par rapport à la production moyenne ses émisisons sont plutôt mieux foutues
même si l'effet de "système" et les gimmicks en alourdissent le rythme.
"L'homme en noir", comme il aime à se faire appeler dose un cocktail parfois
réussi, parfois pas d'invités, de reportages, de chroniques et de discussions.
Vaine, futile, mais pleine de charmes, son agora accueille toujours un participant
venimeux qui a pour tâche de dire des vilenies à la place d'Ardisson. Les Baffie,
Guillon et aujourd'hui Proust sont là pour mettre le piment que les blagues écrites
par d'autres mais dites avec gourmandise par Ardisson ne suffisent pas à instaurer.
Beaucoup d'esbroufe et peu de choses à l'arrivée en somme.
