Comme à presque toutes les Présidentielles depuis 1981 les Le Pen père et fille nous
ont refait le coup des signatures.
La comédie des "laura-l'aura pas" a duré des semaines et a permis aux plumitifs otages
de tartiner des pages sur le scandale qu'aurait été une élection sans l'extrème droite, sur
le déni de démocratie etc etc.
Mouais.
La fille Le Pen a ainsi occupé les ondes et a pu donner des leçons de démocratie à bon
compte. Cette tragicomédie de la quète des signatures aura été, une fois de plus, un
formidable accès au médias.
Bravo!
Autre point à signaler: la dictature des sondages.
Après chaque élection on se jure de ne pas tomber dans le panneau et dès les premières
semaines de campagne on retombe dans cette obsession sondagière.
Les officines sont les mêmes, la marge d'erreur aussi mais cela n'empêche pas les
commentateurs de dauber comme des fous sur des résultats aléatoires et erronés.
...Quand ils ne sont pas manipulés.
Les commentateurs....
Depuis des décennies ce sont les mêmes qui glosent à tout va sur la politique et les
politiciens. L'arrivée de la TNT n'a rien changé: ceux qui avaient été virés (Mazerolles,
Chabot et tant d'autres) se sont incrustés sur ces chaînes sans audience pour poursuivre
leur travail de médiocres.
Les radios, les journaux et les télés sont colonisés par des journaleux qui les occupent
comme les Kim occupent la Corée du Nord: en ne laissant pas un espace de libre.
On "duhamelise", on "elkabachise" et on "Laurentjoffrinise" en boucle en utilisant des
arguments qui servent depuis l'élection de 1965...
Les candidats nous servent leur partition, à la note près et il faut un sens de l'humour egal
à l'abnégation pour les écouter plus de dix minutes.
Chevaux de retour (Sarkozy, Bayroux, Le Pen) ou de manège (Arthaud, Poutou, Hollande)
on a l'impression d'un disque usé qu'on vient de remettre des années après.
Les magazines pondent des enquètes spéciales qui sont dépassées deux semaines
après leur parution et les télévisions des reportages démentis par les faits dans le
mois qui suit.
Les grands meetings avec musique, drapeaux, tee-shirts, foules extatiques et lampions
n'impressionnent que ceux qui y viennent en cars affrétés par les partis politiques.
Pas une once de vérité ni d'improvisation dans ces manifestations réglées au cordeau.
Ca ne sert à rien mais ça fait croire, un instant, aux candidats qu'ils déplacent les foules.
...Quand ce ne sont que des intérêts.
Ce cirque démocratique à bout de souffle ne peut nous faire oublier que, on l'a vu avec la
Grèce et le traité de Lisbonne, les décisions nous échappent et se prennent ailleurs.
On amuse la galerie, on fait semblant mais les dés sont pipés.
Bayrou, Sarkozy ou Hollande sont les mêmes reflets d'une classe politique dévaluée.
