En lisant un petit article en rendant compte j'ai lu un livre* absolument passionnant
sur les malades "psychologiques" de la guerre de 14-18.
En gros ceux qui, au lieu de se faire arracher un bras, une jambe, la figure ou les
3 à la fois se trouvaient courbés en deux ou tremblants de la tête aux pieds,
choqués, sourds, muets ou inertes.
A cette (merveilleuse) époque la France et ses médecins avaient à coeur de
remettre le plus vite possible sur pieds ses poilus afin qu'ils concourent au salut
du pays.
Pour les médecins militaires et l'opinion les malades psychologiques étaient soit
des personnes que des chocs électriques remettraient d'aplomb et qui iraient
rapidement retrouver le front soit des simulateurs qu'on devait traiter avec la rigueur
qu'on imagine (conseil de guerre et peloton d'exécution).
Certains médecins militaires ont vite privilégié la partie militaire de leur casquette
(galonnée) et ont entrepris de "torpiller" (c'est le nom officile de la méthode à
l'époque), y compris contre leur gré, ces pauvres bougres que la vision dantesque
des tranchées ou le bruit assourdissant du feu avait gravement perturbés.
Un procès retentissant à l'époque montre l'âpreté de ces querelles.
Ce livre a eu un autre intérêt pour moi: montrer que nous donnons des noms de rues
ou de bâtiment à des personnes qui ne le méritent guère, du moins une fois que le
temps permet de mieux juger leurs actes et pensées.
Ainsi l'Institut Gustave Roussy de Villejuif porte le nom d'un de ces tortionnaires
électriques pour qui les soldats qui n'étaient pas blessés physiquement étaient
des "boches de l'intérieur". Rien que ça!
Etonnez vous qu'à ces mauvais soldats on administre des chocs électriques quand
on ne les rendait pas à l'armée qui les expédiait ad patrès avec 12 balles dans la
peau.
Il paraît qu'après la guerre ce Gustave Roussy a eu des "actions et pensées
humanistes"... Encore heureux!
* Les soldats de la honte de Jean Yves le Naour (Perrin)
